‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 17 sur 113 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

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influences, et agissant sous l'empire des mêmes causes, On les trouve dans les vallées (1) que nous avons dites, dans celles du Wyoming, de la Susquehannah, du Yazoo, du Tennessee, sur les rives du lac Ontario jusqu'au Saint-Laurent, dans toute la partie ouest de l'État de New-York, dans les États de Missouri, de Mississipi, de Michigan, de Wisconsin, d'lowa et de Nebraska. La Louisiane, les vallées de lArkansas et de la Rivière-Rouge ont été peuplées par les Mound Builders et on signale auprès de Carthage (Alabama), un groupe remarquable de grands mounds tronqués, entourés de remblais que la charrue fait chaque jour disparaître Mais dans le sud, les travaux paraissent moins anciens que dans l'Ohio ou le Mississipi; les constructeurs avaient été graduellement repoussés par une invasion ennemie, venue du Nord.

Les tertres ne sont pas moins nombreux dans le nouvel État de Washington; leur hauteur n'excède guère six à sept pieds et ils sont disposés comme les carreaux ou les piques dans le cinq de nos jeux de cartes (2). De semblables tumuli s'étendent sur toutes les côtes du golfe du Mexique, depuis la Floride jusqu'au Texas. Dans ce dernier État et dans celui de la Caroline du Sud, on rencontre surtout des tertres coniques, qui forment une transition avec les tencallis (3) du Mexique, où un temple vient couronner une pyramide tronquée, cette fois construite en pierres (4). Dans le Yucatan et dans le Chiapas, des tertres ariificiels servent de base aux monuments remarquables que nous aurons à décrire et qui étaient déjà vieux lors

(1) D'après les calculs du Prof. Foster, la vallée du Mississipi comprend une aire de 2,455,000 milles carrés, mesurant 30° de longitude, sur 23° de latitude (Mississipi Valley. Chicago, 1869, p. 3).

(2) Bancroft, The Native Races of the Pacific States of North America, t. IV, p. 753. — Wilkes, United States Exploring Expedition, 1841.

(3) Les Mexicains reconnaissaient un dieu suprême Teut ou Theot; de là le nom de teocallis, les maisons de dieu.

(4) Brasseur de Bourbourg signale dans la province de Vera-Paz, un grand nombre de tumuli qui offrent, dit-il, une ressemblance frappante avec ceux du Mississipi. Ils sont en terre de couleur rougeâtre, et les Indiens les appellent Cakhay, les maisons rouges (Hist. des Nations civilisées, t. 1, p. 15).

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LES MOUND BUILDERS. 85

de la conquête espagnole (1) et Wells rapporte que, dans le Honduras, les baqueanos (2) trouvent, et cela jusque dans les forèts où il faut se frayer un passage la hache à la main, àvs mounds souvent d'une hauteur remarquable. Chacun de ces mounds fournit de dix à trente poteries diverses, grossières comme exécution, mais très curieuses par leur forme et par leur ornementation (3). Nous voyons des tumuli semblables sur les bords du grand Lac Salé, dans l'Utah, dans l'Arizona, Is existent aussi, mais avec des dimensions moins considérables dans la Californie, dans l'Orégon, dans les vallées formées par le Colorado et ses affluents; et c'est par millieis que M. Taylor les comptait, du haut d'une éminence qui domine la rivière Merced. Leur nombre diminue à mesure que l'on se rapproche de l'océan Atlantique. Rares au delà des Montagnes Rocheuses, ils le sont plus encore dans l'Amérique anglaise (4).

Telles sont les limites approximatives du territoire occupé par les Mound Builders. Le nombre, la forme, la disposition de ces mounds si étranges souvent dans leur conception, si originaux dans leur exécution, les objets que les fouilles ont mis au jour sont, répétons-le, caractéristiques et ne permettent guère de les confondre avec les tertres presque toujours destinés à marquer

1} « The whole central region is strewnwith mounds bearing ruined buildings » (Bancroft, Ze, t. IV, p. 200). On remarque ces tertres artificiels à Uxmal, à Nohpat, à Kabah, à Labnah. Les Mayas élevaient toujours un mound, comme fondation de leurs édifices ; et quand une éminence naturelle existait, ils avaient soin de l'agrandir. Auprès du port de Silan, on signale deux mounds sur lesquels on aperçoit des ruines considérables (Stephens, Incidents of Travel in Yucatan. New-York, 1858, t. I, p. 427 et s.). « Tout près du Rio Lagarto se voient deux pyramides au sommet desquelles croissent maintenant des arbres élevés et touffus. » (Baril, Mexique. Douai, 1562, p. 129.) Le Monte Cuyo auprès de Yalahao, que l'on découvre de loin en mer, était déjà signalé par le vicux voyageur Dampier comme l’œuvre de l'homme.

(?) Wells les appelle Vagreros et c'est sur sun autorité que nous l'avions répété ; mais il résulte d'un renseignement qu'a bien voulu nous transmettre M. Ch. Barbier, que les Vaqueros, gardiens des immenses troupeaux du pays, ne se livrent pas à ces recherches. Tout au plus, peut-on les attribuer aux Baqueanos, qui servent de guides et d'explorateurs ; mais leur respect religieux pour les sépultures parait à M. Barbier un grand obstacle à ce que l'on raconte de leurs fouilles.

(3) Explorations of Honduras, p. 533.

(4) Lubbock, l’Aomime préhistorique, trad. Barbier, p. 236.

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des sépultures qui se rencontrent dans tous les pays du globe. C'est parmi ces derniers, qu'il faut classer les mounds que les voyageurs signalent dans la Colombie anglaise, dans l'ile de fancouver, au Pérou, au Brésil et jusque dans les pampas de la Patagonie. Le père Acuña raconte des tumuli innombrables dans les plaines de Terraba (Costa Rica), centre d'un empire jadis puissant (1). D'autres tumuli non moins nombreux viennent témoigner d'une vieille histoire dans les déserts qui s'étendent sur toute la côte des Mosquitos (2). Auprès de la rivière Balize, des monticules, érigés en l'honneur des morts et entourés de cercles de pierres rappellent les cromleehs de nos pays (3). Le D' Zeballos enfin nous donne la description d'un tumulus auprès de Campana (Buenos-Ayres) (4). Ce tumulus avait 2",50 de hauteur et ses deux axes mesuraient 79 et 32 mètres. Les fouilles ont amené la découverte de vingt-sept squelettes. Autour d'eux gisaicnt des pointes de flèche, des haches en silex, des pierres de fronde, et une quantité considérable d'ossements d'animaux et de fragments de poterie.

Sur d’autres points, les explorateurs racontent des amoncellements de pierres ; ces amoncellements pourraient bien dater d’'époques plus récentes ; car de nos jours encore, les Indiens ont l'habitude de déposer un caillou, en passant près des lieux, qu'une longue tradition désigne comme la sépulture des anciens chefs. C'est ainsi que les Ozark-Hills sont couverts de cairns ou murgers (5). On a voulu y voir des postes d'observation. Leur nombre seul exclurait cette hypothèse et les fouilles ont constamment donné des ossements humains, qui ne peuvent laisser de doutes sur leur destination (6).

Nous retrouvons ces cairns dans le Honduras et auprès de San

(1) Harper’s Magazine, t. XX, p. 317.

(2) Boyle, À Ride across the Continent, t. I, p. 216.

(8) G. Henderson, 4n Account of the British Sett'ement of Honduras. London, 1811. Frobel, Seven Years Travel in Central America. London, 1859.

(4) Rev. d'Anthropologie, 1879.

(5) Habel, {nvestigations in Central and South America. Smith. Cont., t. XXII. (6) Americ. Ant., Juil. 1879, p. 59.

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