‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 41 sur 113 · MÉTAUX · texte numérisé non relu

MÉTAUX

} pieds de largeur et 2 pieds d'épaisseur, d'un poids de près de

six tonnes (1). Cetie masse était posée sur des rouleaux d'un diametre de six à huit pouces, dont les extrémités portaient encore les marques d'un instrument tranchant. Les mineurs l'avaient fait monter de cinq pieds environ ; puis ils avaient renoncé à une entreprise au-dessus de leurs forces ou des moyens dont ils disposaient. Les procédés d'exploitation élaient des plussimples; les ouvriers allumaient dans la mine de grands feux, et quand le rocher était friable, îls le brisaient à grands coups de maillet. On a recueilli plusieurs de ces maillets, les plus lourds pèsent jusqu'à trente-six livres, et un nombre plus considérable encore de petits marteaux en serpentine ou en porphyre. M. Knapp, qui, le premier de nos jours, à dirigé ces exploitations, raconte avoir retiré de ces mines, la charge de dix charrettes en outils de pierre de toute sorte. Dans une excavation plus profonde que les autres, on rencontrait une échelle toute primitive ; c'était ie tronc d'un jeune arbre, dont les branches coupées à des hauteurs inégales remplaçaient les échelons ; sur d’autres points, des pelles, des leviers, des écuelles en bois de cèdre, préservés de la destruction par l'eau dans laquelle ils baignaient. Partout avec les outils de pierre, on a découvert des outils en cuivre, portant pour la plupart les traces d'un long service (2).

Différentes analyses du cuivre du lac Supérieur ont montré son identité avec celui recueilli sous les mounds. Les unes et les autres donnent la mème proportion d'argent ; et l’on sait que ce dernier métal se trouve en quantité toujours variable, dans les divers gisements de cuivre.

Les dépôts de l'ile Royale étaient plus riches encore que ceux de là pointe Kenenaw (3). Ils s'élendaient sur une longueur de quarante miles, et le sol est encore couvert d'excavations anciennes, creusées pour atteindre le minerai. On estime que la

(1) La tonne anglaise usitée en Amérique vaut 10,181 kilogrammes,

(2) Un maillet pesait plus de vingt livres. Comme tous les autres objets en cuivre, avait été obtenu par le martelage à froid.

(3) H, Gillman, Ancient Works Isle Royal, Smith, Cont., 1873.

végétation qui s'élève sur les exploitations minières des grands lacs, aceuse une durée approximative de dix siècles, A l'époque de l'arrivée des premiers Européens, ces exploitations avaient cessé depuis plusieurs siècles (1); ce sont les seuls faits chronologiques que nous puissions avancer avec quelque certitude.

Il a été trouvé des traces d'exploitations minières sur plusieurs autres points de l'Amérique du Nord, dans l'Arkansas, dans le Missouri, sur les flancs des monts Ozark (2). Le capitaine Peck a observé auprès de la rivière Ontanogen (3), à une profondeur de huit mètres, des maillets et d'autres outils en contact avec une veine ‘de cuivre (4). Un peu plus haut gisait le tronc abattu d'un vieux cèdre; un sapin en pleine vigueur entourait le cèdre de ses racines. Ce sapin avait au moins trois cents ans. A cette durée, il faut ajouter celle du cèdre qu'il remplaçait, puis un temps plus long encore, pour que la tranchce abandonnée fût remplie par les lentes accumulations des hivers successifs et offrit aux arbres, la terre végétale indispensable à leur croissance.

Le cuivre parait avoir été le seul métal employé d’une maniere usuelle par les Mounds-Builders. On ne connaît nulle découverte d'or bien authentique ; l'argent était rare et on ne l’a rencontré jusqu'ici, que sous quelques tertres de Mound-City et là seulement en feuilles très minces qui recouvraient soit des coquilles, soit des ornements en cuivre et cela avec tant d'art, qu'on ue peut reconnaitre qu'avec beaucoup de peine le travail de l'ouvrier. Cet argent devait provenir du lac Supérieur où il se trouve quelquefois en petites masses à l’état natif.

Le fer était inconnu (5) ; telle est l'opinion genéralement ad-

(1) Stronck, Repères chlu'onologiques. Cong. des Américanistes. Luxembourg, 1811; t. I, p. 318.

(2) Schoolcraft, Archives of Aboriginal Knowledge, t. I, p. 101. Des mines de cuivre existent également au Mexique; mais rien ne prouve qu'elles aient été exploitées avant l’arrivée des Conquistadores. F. von Hellwald, Cong. des Americ. Luxembourg,

(3) Petite rivière de l'État de New-York.

(4) Lubbock, l'Homme préh., trad. Barbier, p. 258.

(5) « Iron ore and galena occur. but no iron or lead. » Bancreft, /. c., t, IV, p. 178.

, mise

point d'en.

tendu Cinci un tr chant A Pa:

lette d'acie trop $ profes dans t bue u trouve conset situé i de nor en cor paru ; forme autre

dentes de troi

miroir fusion nières

assista

(1) Foo (2) Am dustry. 1 ner leurs même hé des journ (3) Alc cains et 4 jusqu'à G

grands l'époque avaient chronoude,

lusieurs as, dans apiltaine ine proen c6ngisait le vigueur ins trois d'il remranchée s hivers nsable à

maniere couverte encontre là seuleoquilles, ue peut ouvrier. trouve

ent ad-

burg, 1871;

es de cuiexploitées ixembourg,

IV, p. T8.

MÉTAUNX. [ET

mise : et dans les nombreuses fouilles entreprises sur bien des points et dans bien des régions différentes, il a été impossible d'en relever le moindre fragment. M. Conant cependant a prétendu prouver le contraire (1) ; en ereusant un puits auprès de Cincinnati, nous dit-il, on rencontra à 94 pieds au-dessous du sol, un tronc d'arbre qui portait les marques d'un instrument tranchant et sur lequel on crut reconnaitre quelquestraces de rouille. A Payson Farm (Utah), sous l'un des mounds explorés, un squelette tenait, encore une arme, dont la lame parut être de fer ou d'acier ; mais sa rapide décomposition ne permit qu'un examen trop superficiel, pour hasarder une conclusion (2). Une lettre du professeur Tice, météorologiste distingué, raconte la découverte dans un des comtés de l'Illinois d'un outil en fer, auquel il attribue une grande antiquité. Un sabre de vingt pouces de longueur, trouvé sous un mound et présentant un tranchant très affilé est conservé au Peale Museum à New-York. Sous un grand tertre situé à Circleville, gisaient plusieurs squelettes et à côté d'eux de nombreux objets en pierreet en os, parmi lesquels un manche en corne d'élan (3) avec une virole en argent. La lame avait disparu ; mais un amas de poussière brune indiquait encore sa forme et le métal employé. Dans ce même mound, à côté d’un autre squelette, qui comme les premiers portait des traces évidentes de crémation, on recueillait une grande plaque de mica de trois pieds de longueur, sur un pied de largeur : c'était un miroir enchâssé Cans un cadre de fer très mince obtenu par la fusion et qui se puivérisa au premier contact de l'air. Ces dernières observations dues à M. Atwater, archéologue distingué qui assistait personnellement aux fouilles, sont les seules qui méritent

(1) Foot Prints op Vanished Racss, p. 110.

(2) Amasa Poiter, Eureka Sentinel of Nevada-Western Review of science and Industry. M. Conant cite ces découvertes comme récentes ; mais il oublie de nous donner leurs dates. L'évidente exagération du récit détruit toute confiance. Nous avons même hésité à le reproduire, tant il faut se défier des rapports toujours à sensation des journaux américains.

(3) Alces Mal:hi, Alces antiquorum (Ruppell), Cervus alees (Linné), l'Elk des Améritains et des Anglais. C’est le plus grand cervide connu, ses bois pèsent quelquelois jusqu'à 60 livres.

Culture,

quelque créance; mais en admettant même leur complète exact. tude, ces faits isolés feraient supposer un remaniement et ne sauaient contredire les preuves si nombreuses et si positives de l'absence du fer, à l'état de métal utile, chez les premiers habitants de l'Amérique.

Ces hommes ignoraient aussi tout procédé de fusion (1) et leurs armes ou leurs outils de cuivre étaient obtenus, nous l'avons rappelé à plusieurs reprises, par le martelage. Une découverte récente tendrait à modifier cette opinion et à prouver que sur un point tout au moins, les Mounds-Builders connaissaient l'art de fondre les métaux, Des fouilles récentes dans le Wisconsin, on! donné non seulement des instruments en cuivre fondu, mais encore les moules qui avaient servi au moulage. Il serait utile que d'autres faits vinssent confirmer une assertion qui détruit ce qui était généralement admis jusqu'ici (2).

Les traces d’une ancienne culture attribuée aux Mound-Builders sont nombreuses dans les États de l'Ouest, notamment dans le Michigan et dans l'Indiana (3). Ce sont des levées paralleles qui couvrent souvent des superficies considérables, plusieurs centaines d’'acres par exemple, et auxquelles les Américains on! donné le nom significatif de Garden-Beds. On rencontre ces mêmes levées dans le Missouri et dans tout le pays à l'ouest du Mississipi; elles s'étendent dans les vallées formées par les monts Ozark, depuis le comté de Pulaski jusqu'au golfe du Mexique au sud, jusqu'aux rives du Colorado et jusqu'au Texas à l'Ouest ; au Nord enfin, jusqu'aux territoires formant aujourd'hui l'État

(1) « There is no evidence that this metal was ever obtained from ore by smelting.… The Mound-Builders were ignorant of the arts of casting, welding and allaying » ; Baacroît, /. c.,t. IV, p. 718.

(9) Ces lignes étaient écrites, lors que j'ai eu connaissance d'une lettre de:M. Putnam du 17 novembre 1881, intitulée « Were ancient Implements haïmered or moulded into shape. Le savant professeur conclut comme moi, que l'on n'a jusqu'à présent, aucune preuve sérieuse de l'emploi du moulage. Outre le martelage, ajoute-t-il, ces hommes se servaient d'un autre procédé, le métal en fusion était roulé entre deux pierres plates et amené ainsi à la forme voulue.

(3) Schoolcraft, Ancient Garden Beds in Grand River Valley (Michigan), £. e.,t. I, p. 50ët pl, VE. — Conant, L. c.,p. 65.

d'lo:

tion n'on pote le st com

la L dian attei les n golfe veslc com] scien n'onl des à les o telle origi sont cultu aujot vatet

Si Builc vignd dans quel suiva

breu

mais

ble exacliet ne sausilives de

iers habi-

ion (1) ot us l'avons écouverte ue sur un dt l'art de nsin, on!

du, mais erait utile détruit ce

ind-Builnent dans parallèles plusieurs

icains ont ontre ces l'ouest du les monts exique au Duest ; au ui l'État

y smelting.… ying »; Ban-

eeM, Putnam or mou/ded présent, aupute-t-il, ces $ entre deux

het,

Page 1