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Le bâtiment principal avait 800 pieds de longueur sur les faces Nord et Sud; 250 seulement sur celles Est et Ouest (1, En 1851, à l'époque de la visite de Bartlett, il n'existait nulle pierre, nulle poutre visibles ; l'état de destruction était tel, qu'il ne lui fut pas possible, de relever la trace d'un plancher où d'un esealier, ni de constater le nombre ou la hauteur des étages (2), Les mèmes obstacles s'opposaient à ce qu'il püt se rendre compte des aménagements intérieurs ; sur un seul point, il reconnut six cel lules de vingt pieds sur dix, et encore cet espace déjà si étroit était-il rétréei par un petit réduit de trois à quatre pieds de hau: teur situé à l'extrémité de chaque cellule et dont l'usage reste inconnu,
Un peu plus loin, d'autres bâtiments entourent une cour eurrée, Là aussi nous retrouvons ces cellules qui sont un des traits caractéristiques des Casas Grandes, comme des Cliff: Houses et des Pucblos. C'est un indice sérieux d'habitudes communes, partant de l'origine commune de ces populations.
Plus de deux mille mounds existent dans les environs des Casas Grandes; il est probable qu'ils étaient des sépultures, Les fouilles n'ont cependant donné aucun ossement humain. || a été seulement recueilli quelques haches en silex, quelques grossières figurines en terre cuite et des fragments de poterie, décorce d'ornements rouges, noirs ou bruns, sur un fond généralement blanc.
A quelques miles plus loin s'élève une véritable forteresse construite non plus en adohes, mais en pierres parfaitement appareillées et posées sans mortier d'aucune sorte. Les murs ont de dix-huit à vingt pieds d'épaisseur, et on arrive au sommet par un chemin taillé dans le roc. Rien n'indique, si cette forteresse avait été érigée pour défendre les Casas Grandes et si mème
(1) L'Album Mexicano dit 1380 pieds sur 414. Bartlett, à qui nous empruntons les chiffres que nous donnons, n'a probablement pas compris dans le total les bâtiments détachés.
(2\ D'autres explorateurs moins consciencieux, prétendent que les bâtinents principaux avaient trois étages et étaient surmontés d'une terrasse.
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LES CLIFF DWELLENS, 22
elle existait au moment où cette bourgade était florissante,
Des ruines importantes se voient sur les deux rives du Colorado Chiquito, une des branches supérieures du Colorado, Elles datent d'époques différentes, et sur des fondations en pierres brutes nous trouvons, comme dans l'Arizona, des murs construits en adobes et en ‘ois, De nombreux tessons d'une poterie line et légère, rarement peinte, des fragments d'obsidienne et de roches en général étrangères au pays, témoignent aussi de la présence de l'homme (4).
I faut citer parmi ces ruines une construction mesurant 120 pieds sur 360, et placée sur une éminence isolée : les murs sont presque entièrement écroulés ; on en voit cependant qui atteignent jusqu'à douze pieds d'épaisseur, A l'intérieur, ce sont toujours les mêmes petites cellules que nous avons si souvent racontées, Mentionnons encore un fort, si l'on peut lui donner ce nom, élevé sur la rive ouest du Beaver-Creek (2).
La rivière coule à travers des cañons abruptes, qui présentent l'aspect de la désolation. Vers le milieu d'une falaise, aux parois perpendiculaires et sans nul moyen d'accès, à cent pieds d'altilude, se dresse une tour carrée, en pierres admirablement appareillées et pouvant avoir de 30 à 35 pieds d'élévation, Chaque étage, construit en. retrait sur l'étage inférieur, ne renferme qu'une seule chambre, dont les dimensions varient de 4 à 8 pieds carrés et la hauteur de 3 à 5 pieds. Les planchers sont en poutres grossièrement équarries, les ouvertures sont peu nombreuses et lbort étroites, I n'était possible d'y pénétrer qu'au prix des plus grandes difficultés. Dans toute la vallée, jusqu'à Montezuma Wells, s'élèvent des tours semblables, qu'un voyageur compare isez justement à des nids d'hirondelles, I à fallu un travail inoui, pour transporter les pierres et pour les maçconner, dans de
(1) Sitgreave, Report of an Expedition down the Zuni ant Colorado Rivers, p. 8. Washington, 1853, — Whipple, Report of Explorations near the 35'h parallel, — B,. Molhausen, Tagebuch eine Reise vom Mississipi nach dem Kusten der Sud See, Leipzig, 1858,
(2) D' Hoffmann, Etha. Obs, on Indians inhabiting Nevada, Californix and Arisona, U,S, Gent, and Gerg. Surrey, 1876.
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telles conditions, On se demande quels pouvaient ètre ces lom mes et quel but ils prétenduient poursuivre, sans que nous puissions répondre à une interrogation qu'il faut si souvenl répeler,
Nous ne serions pas au terme des surprises qui nous attendent dans ces regions, S'il fallait admettre avee une entiere contiinec le récit du capitaine Walker, qui dit avoir découvert en IN sur Les bords du Colorado Chiquito, une véritable eitadell située au milieu d'une ville, dont les ruines s'étendent à plus d mile de distance et dont on peut encore reconnaitre les rm traces à angle droit (1), « Un ouragan de feu 42), » dti, avait passé sur la ville; les pierres sont effritées par les flammes, le rocher lui-même sur lequel s'élevait Le bâtiment prinerpal porte des traces de fusion: tout témoigne de l'intensité de h chaleur,
Avant de rejeter absolument un récit que nul autre ne vient confirmer, il faut se rappeler que des témoignages, cette fois plus sérieux, nous montrent dans Le Missouri, sur La riviere Gasconnade , non loin de Saint-Louis, une ancienne ville avec des places régulicres, des rues se coupant à angle droit el des maisons en pierres brutes, sans trace de mortier, On pe aussi citer des ruines analogues à Buffalo-Creek et sur la ri Osage (3).
Le major Powell vient de remonter, sur un parcours de plusieurs centaines de miles, le grand Colorado, encore si peu connu (4). H raconte, au milieu d'une nature morne et désolée, les traces d'une population aujourd'hui complètement disparue. Ce sont à chaque pas des pueblos dans les vallées, des Chi Houses dans des cañons sauvages et pittoresques, au milieu de rochers d'une hauteur de 1500 metres, et dont les parois inelinees sont parfois tellement rapprochées, qu'on est tenté de croire que
(1) San Francisco Herald, 1853, cité par Bancroft, The Native Races, t. IN, p. 64, (2) « À Storm of fire. »
(3) Conant, Foot Prints of Vanished Races, p. T1.
(4) Scribners, Monthly Jan, Feb, March, 1875.
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le fleuve s'enfonce dans un souterrain semblable aux tunnels de nos chemins de fer, Autour de ces habitations abandonnées les voyageurs trouvèrent des tessons de poterie, des pointes de flèche, des éelats de silex pareils à ceux recueillis dans toute l'Amérique
centrale.
Nous venons de voir de nombreuses constructions, situées dans les vallées au pied des Ci Houses et dont les approches étaient défendues par des postes et des tours d'observation, Tout parle, nous l'avons dit à plusieurs reprises, de périls incessants, d'ennemis redoutables, Ilest d'autres ruines plus considérables, plus imposantes par leur masse, dont les anciens habitants ne paraissent pas avoir élé exposés aux mêmes dangers.
Ceux-ei formaient des communautés paisibles, exclusivement agricoles, où le communisme sous l'autorité d'un chef despotique parait avoir été le régime dominant. Gregg, qui purcourut tout lé Nouveau-Mexique vers 1840, fut le premier à les décrire (4). « Les ruines du pueblo Bonito dans le pays des Navajos, au pied des Cordilléres, dit-il, comprennent des mai- «ons bâties en dalles de grès, genre de construction actuellement inconnue dans le pays. Ces maisons sont encore intactes, bien que leur antiquité soit telle, que l'on ignore absolument leur origine, »
En 1849, le colonel Washington, gouverneur du Nouveau- Mexique, organisa une expédition contre ces Navajos qui infestient tout le nord de l'État ; et c'est au lieutenant depuis généal Simpson, attaché au service topographique de l'armée, que
nous devons les premiers plans réguliers des ruines que ses soldats rencontraient à chaque pas, en parcourant le cañon Uhaco (2).
Le pueblo Bonito est le plus important de ces villages (fig. 102). ILconvient de le décrire avec quelques détails (3) ; il permet de se
1) Commerce des Prairies, t. 1, p. 284, New-York, 1844. Le pueblo, dont Gregg parle sous le nom de pueblo Bonito, est probablement le pucblo Pintado.
(2) Report Secretary of War 31" Congress 1" Session.
(3) Ruins of Chaco Cañon examined in 1877. Jackson, L, e., p. 439, 440et s., pl. LV,
Pucblo du Cañon Chuco
rendre compte des autres pueblos, tous semblables dans leur,
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