‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 55 sur 113 · MO · texte numérisé non relu

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Fig. 110, — Spécimens de gravures sur roche par les Boschismen.

le bison, par exemple (1). Ces peintures ont été exécutées avec de

(1) Jones, Antiquities of the Southern Indiuns. New-York, 1873,p. 131.

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Fig. 111. — Gravures sur roche trouvées en Algérie.

inaccessibles. Un soleil parlé, elles sont à des hauteurs presque inac

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LES CLIFF-DWELLERS, 257 colossal, gravé sur un rocherqui domine le Big-Harpeth, est visible 4 miles de distance, À Buffalo-Creek, ces ouvriers inconnus ont dessiné tout un troupeau de bisons marchant les uns à la suite desautres, Le père Marquette, dans son voyage du Mississipi, a vu des scènes semblables gravées sur les falaises entre l'inois et le Mississipi: et des voyageurs plus récents attestent la fidélité de son récit (l),

En parlant de l'Amérique du sud, nous aurons à raconter des peintures, des gravures sur roches pareilles à celles que nous venons de décrire ; mais là non plus, il ne nous sera possible de dire, ni ceux qui les ont exécutées, nil'époque où elles remontent, La seule conclusion à laquelle ilest permis d'arriver, c'est la similitude qui existe entre les instinets de l'homme dans toutes les rgions du globe gt sous tous les climats; partout cet homme, quelque dégradé qu'on puisse le supposer, retrace avee une vanité enfantine, sur les rochers, sur les parois des cavernes, sur le blocs erratiques, sa propre image ou les scènes qui se passent sus ses veux, et à ce point de vue, rien n'est plus curieux que de comparer aux essais des anciens Américains les gravures exécu- Les parles Boschismen à l'extrème sud de Afrique (fig. 110) ou celles gravées sur les rochers de l'Algérie (fig, 111). Cette ressemblance dans tous les temps et dans tous les pays des guuts, des instincts, du génie de l'homme est la meilleure preuve que l'on puisse invoquer, pour le rattacher à une souche commune.

I parait certain, nous l'avons déjà dit, que les Cliff-Dwelrs et les habitants des pueblos appartenaient à la mème race,

Les constructions, qu'elles soient en pierres ou en adobes, sont bujours semblables et toujours régulières; les chambres sont mirlout d'une extrème exiguité ; l'absence d'escaliers, les trappes communiquant d'un étage à l'autre, indiquent la vie en comlun ; partout nous voyons les estufas, lieux de réunion à Ja fois religieux et profanes. Les uns et les autres cultivaient la terre,

1) Voyages et découvertes du P, Marquette dans l'Amérique septentrionale, Thevenot, Relation de divers voyages curieur. Paris, 1681. — J, G. Shea, Discovery and Esphrations of the Mississipi Valley, p. 41.

De NapaliLac, Amérique. 17

Quelles sont les relations entre les Clift-bwellors et les au:

tres habitants de l'Amérique.

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254 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, fabriquaient une poterie semblable, se servaient des mm, pointes de flèches, des mêmes outils en silex,

Toutes les reliques parvenues jusqu'à nous aboutissent à co conclusion, semble non moins certain que ces populations di

raient des Mound-Builders de l'Ohio ou du Mississipi, des Mu, du Yucatan, des Nahuas du Mexique (4), Rien chez eux ne my.

pelle ces pyramides tronquées, ces tertres en forme d'animan

ces amoncellements de terre (2), encore moins les palais, b temples, les édifices remarquables, œuvre des Mayas où dx

Autees, Aucune tradition, aucun souvenir ne sont commun ; ces races dillerentes (9) ; tout, au contraire, indique leur sépan tion (4).

Coronado, le premier Espagnol qui visita ces régions, ne re. marque aucun rapport entre les Mexicains et les habitants du Nouveau-Mexique, Le père Escalante, qui parcourut le pays on 1776, plus de deux siveles après Coronado, décrit des ruines an. jourd'hui inconnues, des pueblos alors habités, actuellement tombés en poussivre, rien dans son récit ne justifie ce que ln a appelé de l'autre côté de l'Atlantique la théorie Astéque à

(1) Dans les chap. vs ot vit nous dirons co que l'on sait des Mayas, des Nahuas dos Aztecs, Voy, aussi Short, The North Americans, p. 2175 et 8.

(2) On cite cependant, au sud de l'État d'Utah, un mound où le D' Parry a tron plusieurs spécimens de poterie assez semblable à celle des pucblos, Le D' Palnrr, à la suite de plusieurs fouilles dans le voisinage, confirme ce fait; mais il ajou que ces mounds sont le résultat de l'éboulement de murs en adobes,

(3) L'absence des pipes si nombreuses chez les Mound-Builders est non moins me marquable, Nous reproduisons (fig. 112) la seule pipe trouvée jusqu'à présent dans les

Fig. 112. — Pipe trouvée chez les Cliff-Dwellers.

régions habitées par les Cliff-Dwellers, Elle est en terre cuite, et l'orifice d'aspiration s'ouvre directement dans le prolongement du godet,

(4) « The material relies of the North Mexican group, bear no ressemblance whatevr to either Maya or Nahua cities in the South, » (Bancroft, 4 c., t, IV, p. 682.)

(8) Dominguez et Escalante, Diario y Derrotero Santa Fe a Monterey, 1116. Du

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LES CLIFF-DWELLERS. 250 den ne permet de supposer que le Nouveau-Mexique ait été peuplé par des colonies parties de l'Anahuae, Deux races bien distinctes paraissent avoir oceupé l'Amérique centrale : les CHiT- Dwellers à l'ouest et les Mound-Builders qui paraissent se confondre avec les Aztees à l'est, Ces peuples à leur origine ont bien pu provenir d'une mème souche; mais alors leur séparation date d'un nombre incaleulable de siveles, et aucun fait connu ne permet soit de l'affirmer, soit de la nier,

Ce qui est vrai, c'est que de nombreux pueblos existaient dans le Nouveau-Mexique, lors de l'invasion espagnole ; qu'ilen est, comme Zuni, Acoma, Taos, Jemez et Pecos qui ont été habités jusqu'à nos jours (1). Le lieutenant Wheeler qui visita le pays en 1858 décrit ainsi les pueblos qu'il rencontre (2), « A la chute du jour, dit-il, je pus, à l'aide de ma lunette, découvrir à une dislance de huit ou dix miles, deux pueblos des Moquis perchés sur un rocher et dominant toute la vallée, Les constructions affleuraient le précipice ; à la distance où j'étais, elles offraient l'apparence d'une ville avec des murailles et des tours erénelées, L'ensemble se présentait sous un aspect singulièrement pittoresque, Chacun de ces pueblos est bâti autour d'une cour rectangulaire qui renferme la source d'eau indispensable à la populalion, Les murs construits en pierres n'ont aucune ouverture à l'extérieur, H faudrait ou les abattre, ou les escalader pour pénétrer dans l'intérieur, Les divers étages des maisons sont en retraiteton ne saurait parvenir aux étages supérieurs qu'au moyen de trappes dans les planchers. Chaque bâtiment comprend trois ages et n'a d'ouverture que sur la cour, Tout l'arrangement est préparé pour offrir une certaine résistance en cas d'attaque, Comme la cour et les communications sont communes, les ha- Mist, Mer,, 2% 8.,t, 1. M, Short (L. c.,p. 331) dit avoir compulsé à la Bibliothèque du Congrès, à Washington, un manuscrit d'Escalante qui confirme cette conclusion,

1 Les pueblos des Indiens sédentaires du Nouveau Mexique sont ainsi groupés : 1° entre la frontière de l'Etat d'Arizona et le Rio Grande, Zuni, Acoma, Laguna ; ? sur les rives du Rio Grande, Taos, Picuries, Tehua, Queres, Tiguas, Piros ; 3° À l'ouest du Rio Grande, Jemez ; 4° à l'est de la mûme rivière, Tanos, Pecos,

(?) Col ado River of the West, p.119. — Bancroft, £, e.,t. IV, p. 662, — Short, North Americans of Antiquily, p. 330.

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260 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, bitants sont réduits à vivre entre eux dans une certaine cémmu. nauté, »

Nous pourrions parfaitemeat emprunter ee récit pour la des. cription d'un ancien pueblo; il aidera à une seconde conclus qui s'impose naturellement (1). Le Nouveau-Mexique, l'Arizona, l'Utah, le Colorado et la partie nord du Chihuahua ont été jadis habités par des populations sédentaires, agricoles, comparative. ment civilisées et ne différant guère plus entre elles, que ne différent les habitants actuels des pueblos. Plusieurs sich probabiement avant l'arrivée des Espagnols, la décadence de cu aces avait commencé; cette décadence a persisté jusqu'à nous, où quelques Moquis, quelques rares Indiens du Rio Grande rprésentent seuls ces hommes jadis. nombreux et puissants,

Les causes de cette décadence sont multiples. Parmi les plus sérieuses, il faut sans doute compter les invasions sans ces renaissantes des sauvages Apaches, ennemis barbares et dangereux, invasions auxquelles les Ciiff-Dwellers opposèrent une longue et énergique résistance. Finalement, cette résistance fut impuissante à arrêter le torrent; ces hommes durent abandonner les demeures qu'ils avaient bâties, les foyers souvent arroses de leur sang, pour se réunir à d’autres tribus plus éloignées 2, qui durent à leur tour se défendre et probablement sans plus de succès, contre les attaques des mèmes ennemis.

Les Apaches gagnaient chaque jour du terrain; chaque jour les Cliff-Dwellers reculaient devant eux. La conclusion était inévitable. La race vaineue fut rapidement condimnée à la stérilité et à l'impuissance, et malheureusement la conquête sspagnole ne pouvait aider à son relèvement. Il est probable cependant que les excursions des nomades, quelque dangereuses qu'elles pussent être, n'auraient pas suffi pour dépeupler Le pays.

(i) Bancroft, £, e., t. IV, p. 685.

(2) Les exemples de semblables réunions ne sont pas rares dans l'histoire des Indiens Depuis la découverte de l'Amérique, les Tuscaroras vaincus furent admis dans la confédération des cinq nativns, les Alabamas, les Uchoes, les Natchez dans celle des Crecks, et de nos jours les Pecos décimés par la maladie, trouvèrent un refuge chez une tribu alliée,

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LES CLIFF-DWELLERS. 261 Les demeures aériennes d'un accès si difficile, les tours qui détndaient l'entrée des vallées, la disposition des pueblos qui en hisait de véritables forteresses, eussent assuré la victoire de leurs habitants, si une autre cause que nous avons déjà signalée n'était w ne accélérer leur ruine, La destruction des forêts, une sécheresse prolongée, la disparition des cours d'eau changèrent des terres que la culture avait fertilisées en ces déserts arides, en ces vallées de sable, que le voyageur parcourt avec tristesse, L'homme dut fuir des régions où la lutte contre une nature ingrate était désormais impossible. I dut reculer devant un ennemi, plus dangereux que les nomades et contre lequel toute résistance était inutile.

IL était réservé au dix-neuvième siècle de constater ces faits, isolument ignorés il y a peu d'années encore. Une plus noble mission est réservée à nos successeurs : c'est à la science de mablir ce que la barbarie de l'homme a laissé détruire ; c'est à h science de rendre la vie à ces contrées déshéritées.

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nl 4 i s (fi CHAPITRE VI dk x Œuuss mème € LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. ellion CONSe PV nèmes,

Les peuples L'Amérique ne ménage pas les surprises à ceux qui recher. mode

'améilte chent son antique histoire, Nous avons dit jes mounds, 4 ou, AVAI

centrale.

étranges dans leur forme et dans leur exécution, les demeures Un

véritables nids d'igle, taillés dans des rochers à pic: les puellas out dir gle, I |

où une population considérable vivait sous un régime commu: poussan ë

niste. faut maintenant raconter une civilisation plus avancer La prec des monuments déjà en ruines lors de l'invasion espagnole, des 2U6LONNE siecles d

temples, des palais, des monolithes, des statues, des bas-reliefs qui rappellent ceux de l'Égypte ou de l'Assyrie, de l'Inde ou à Éiabil: {

la Chine, Ces monumeïts s'étendent sur des régions entivres, ot

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d'une seule construction antérieure au quinzième sivcle, née 503 de

Les difficultés que nous avons rencontrées à chaque pass sa Rare

d'affirmer qu'il n'existait pas dans toute l'Amérique les vestiges à

É | à : ! soit de pro pressent innombrables, à mesure que notre récit avance. lei aussi, 9) Il con nous sommes en présence de peuples sans nom, de races sun pe a

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(1) Robertson, History 0j America. La première édition parut à Londres en 177 accepted, »

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LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 263 histoire ; et pour ajouter à ces difficultés, chaque jour des découvertes nouvelles viennent renverser les hypothèses reçues, détaire les suppositions antérieures et réduire à néant les conclusons qui paraissaient les mieux fondées !

Les mythes et les traditions que l'on a recueillis peuvent remonter à plusieurs siècles avant l'ère chretienne. Les hiéroglypes (fig. 113) ne remontent guère aussi loin. Iest difficile sur d'aussi faibles données de reconstituer un passé, dont l'existence mème était ignorée il y a si peu d'années encore ; et aucun Champollion n'a pu, jusqu'ici, déchiffrer les énigmes que la pierre à conservées (D), Avant d'entreprendre l'étude des monuments euxmèmes, il nous faut résumer ce que rapportent les historiens modernes qui se sont efforcés de mettre un peu de lumière, là où, avant eux, tout était obscurité et chaos,

Un ul fait paraît certain, c'est que des peuples entiers se «ut dirigés, durant des siècles, du Nord vers le Midi (2), les uns

poussant les autres, comme une vague précipite la vague qui

l'a précédée, \i ne saurions inieux comparer ces invasions

successives, qu'à celles des races barbares qui, aux premiers secles de l'ère chrétienne, se disputaient les lambeaux de l'empire romain on mieux encore à celles des Aryas, qui du fond de

L Le douzivms siècle de notre ère est la limite de nos très incompletes connaisances historiques sur l'Amérique. Au delà il est quelques faits ethnologiques, mais tion qui puisse constituer une tradition vraiment sérieuse ; puis quelques légendes où des fables souvent grossières tiennent plus de place que la réalité Les fantaisies avec de tels éléments ont pu so donner libre carrière, L'abbé Brasseur de Bourbourg (Popol-Vuh, Int.) dit que, 955 avant J.-C, il y avait déjà dans l'Amérique centrale une propriété constituée, La chronique de Clavigero (S£. del Messico, liv, H, c.1}commence 596 ans avant notre ère, Veytia (Hist, Ant. de Mejico,t. Ke. 11) fait remonter à l'an 2237 après la création les premières migrations des Nahuas, que Vakutini (the Katunes of Maya Hist.), par un calcul plus raisonnable, place à 157 ans aprés J.-C. Ixtlilxochitl (His£. Chichimeca, Kingsborough, t. IX) donne à son tour l'année 403 de l'ère chrétienne, comme la date de la fondation de Tezcuco. Toutes ces dates, nous ne pouvons que le répéter, sont purement fantaisistes. Rien ne permet soit de prouver, soit d'infirmer leur exactitude.

?) I convient cependant de citer l'opinion de Bancroft (The Native Races, t. M, p. HT), « While the rositive evidence in favour of this migration, from the south is very meagre, it must be ad mitted that the southern origin of the Nahua culture is far more consistent with fact and tradition, than was the North Western origin so long accepted, »

Migrations successives.

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Les Mayus,

l'Asie se jetaient, en hordes serrées, sur l'Inde et sur la Pere. puis sur les diverses contrées de l'Europe, apportant aux vaineus pour prix de leur défaite, une civilisation assurément supérieure à celle qu'ils avaient possédée jusqu'alors.

Les peuples qui s'établissaient successivement dans l'Amérique centrale étaient probablement de race Nahuatl. Les études pour. suivies avec ardeur de l'autre côté de l'Atlantique tendent, de plus en plus, à rattacher à cette souche unique les Olmees, ls Toltecs, les Miztecs, les Zapotecs, les Chichimeces et les Aztecs: c'est aux diverses branches de cette race conquérante, que son

dus les monuments en ruines, qui couvrent aujourd'hui encore le Mexique, le Yucatan, le Honduras, le Guatemala, le Nicaragu et que nous retrouvons jusque sur l'isthme de Tehuantepee,

Les premiers en date furent les Mayas, qui eux aussi étaient sortis originairement de la race Nahuatl, Nous n'oserions cependant l'affirmer; les traditions, les monuments, les hiéroglsphes que l’on peut attribuer avec quelque certitude aux Mayas, s'éloi. gnent de ceux des Nahuas (1), et leur langue présente des différences non moins notables. Ce dernier fait serait un argument péremptoire, si on ne savait avec quelle rapidité s'altérent et se transforment les dialectes primitivement sortis d'une souche commune (2), et si, à côté de ces différences, il n'y avait lieu de relever de remarquables ressemblances, le monosilhbisme des mots et la construction des phrases par exemple (3. La seule conclusion permise à l'heure actuelle, c'est que si les Mayas et les diverses branches des Nahuas sortaient de la même souche, leur séparation avait sûrement précédé de bien des siècles l'invasion espagnole.

(1) Kingsborough, Ant, of Mexico, t. IT, — Prescott, Hist. of the Conquest of Mexico, t. I, p. 104. — Bancroft, The Native Races, t. I, p. 772.

(2) Le señor Orozco y Berra a reconnu quinze dialectes se rattachant au Maya Parmi eux nous mentionnerons le Quiché, le Tzendal et le Cakchiquel. Le Maya où ses dérivés se parlaient dans le Tabasco, le Chiapas, le Guatemala, une partie du San Salvador, du Honduras et du Nicaragua. On croit aussi en retrouver quelques traces à Cuba, à Haïti et dans les diverses îles des Indes Occidentales (Geog. de las Linguas, p. 98, Mexico, 1864). :

(3) Bancroft, L. c., t. I, p. 759.

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LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 265 Les Mayas vivaient sur les côtes de l'Atlantique: ils émigrèrent, probablement à la suite de défaites, et aborderent à Cuba.

LÉCDEX

Fig. 113, — Spécimen des hiéroglyphes de l'Amérique centrale,

Plus tard, ils revinrent sur le continent et s'établirent au Chiapas, sur les bords de la rivière Usumacinta, au milieu d'un pays riche et fertile (1). Leur empire resta longtemps florissant ; la

l Orozco y Berra, /. c., p. 198.

domination de leurs chefs ou des rois leurs sujets (1) s'étendait sur la plus grande partie de l'Amérique centrale (2); Nachan, 4 ville des serpents ; dont les ruines de Palenque attestent la splendeur, était leur capitale ; Mayapan, Tulan et Copan, les capitales des états tributaires qui formaient l'empire de Xibalba ou des Chanes (serpents) (3).

Telles sont les seules données un peu sérieuses que nous pos. sédions. Les légendes ajoutent des détails, où quelques faik vrais se mêlent à bien des fables, L'empire Maya avait été fonde plusieurs siècles avant notre ère, rapporte-t-on, par un envoy des dieux, appelé Votan (#4). Les traditions les plus anciennes le font venir des pays où il fait de l'ombre, de l'autre côté dn mers. À son arrivée les habitants des vastes territoires qui s'étendent entre l'isthme de Panama et la Californie vivaient dans une condition, que l'on ne saurait mieux comparer qu'à celle des tri. bus sauvages de l'âge de pierre en Europe. Des cavernes nat. relles, des huttes faites avec quelques branches d'arbres, leur servaient d'abri ; ils avaient pour seuls vètements les dépouilles des bètes sauvages que la chasse leur procurait ; ils se nourris saient des fruits que la terre produisait spontanément, des racines qu'ils arrachaient, de la chair crue des animaux, qu'ils dévoaient sanglante (5). La légende à conservé jusqu'à nous le nom des Quinames, géants barbares et sauvages, dont le seul souvenir frappait encore d'horreur et d’effroi les Indiens, même durant la domination espagnole (6). Ce sont ces hommes sans

(1) Les Mayas eurent jusqu'à trois royaumes tributaires dont les capitales étaient Tula ou Tulan que l'on place généralement à deux lieues d'Ococingo, Mayapan dans | Yucatan et Copan.

(2) Brasseur de Bourbourg, Hist. des nations cwilisées, du Mexique et de l'Amiri. que centrale. — Bancroft, /. e.,t. I, p. 523 et s. ; t, HE, p. 460 cts. ; t. V,p. 157et 931

(3) Bancroft, L. e.,t. V, p. 619. — Brasseur de Bourbourg, le Popol-Vuh.

(4) Votan, le chef du peuple des Chanes, était venu selon la tradition de l'autre cût de la mer des Antilles : om place son arrivée dix siècles av. J.-C. Peut-être y a-t-il eu plusieurs Votan, et les descendants du premier ont-ils conservé son nom comme un titre d'honneur,

(3) Torquemada, Mon. Indiana, t. 1, ©. 15, 20.

(6) « Los Quinametin gigantesque vivian en esta renconada que se dive ahora Vue España. » Ixtlilxochit}, Relaciones, Ringsborough, Ant. of Mer., t. IX, p. 32?. On croit

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7, p. 157 et 931.

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LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 267 doute qui luttaient contre les grands pachydermes, les grands identés qui avaient parcouru si longtemps en maitres les forèts, les pampas et les marais des deux Amériques.

Toutes les tribus américaines ne paraissent pas avoir vécu, avant l'arrivée de Votan, dans un pareil état de dégradation. Des ruines d'une étendue considérable se rencontrent dans le Guatemala. Ce sont des pierres brutes, d'une dimension comparable aux constructions cyelopéennes de la Grèce ou de la Syrie; aucune tradition ne se rapporte à leur origine. On Îles attribue, avec quelque raison, à une race refoulée par là conquête et bien supérieure, comme civilisation, aux populations que Votan rencontrait dans l'Amérique centrale.

Ce fut par la guerre que Votan, placé après sa mort au rang des dieux, établit sa domination ; ce fut pur la guecre, a sa dynastie affermit son pouvoir, Les légendes ont porté ;:squ'a nous une longue suite de victoires et de défaites, de luttes intesines et de guerres extérieures, d'alliances rompues et de révoltes des peuples tributaires (1); puis, selon la loi gér vale qui régit l'humanité, l'empire décline, les invasions se sucvedent et les luttes des Mayas contre les envahisseurs de leur patrie sont celles d'un peuple vieux et usé, ne sachant plus se défendre contre des raes plus jeunes et plus vigoureuses. Le résultat ne pouvait ètre douteux, Parmi les nations soumises, les unes acceptérent une domination nouvelle; les autres se retirérent dans le Yucatan

aussi avoir retrouvé quelques traces d'une langue plus ancienne que le Maya, le \ahua, ou leurs dérivés, « Les Cholulains chantaient dans leurs fêtes, en dansant autour des teocallis, un cantique commencant par les mots Tulanian hululaez, qui n'appartiennent à ameune des langues actuelles du Mexique, Dans toutes les parties du globe, sur le dos des Cordillères comme à l'ile de Samothrace dans la mer Egée, des fragments de langues primitives se sont conservés dans les rites religieux, » Humboldt, Vues des Cordillères, t, EL, p. 115. — Bancroft, L e.,t, I, p. 724.

(D Un manuscrit traduit par don J. Perez, intitulé Katunes de l'histoire Maya, donne, selon son traducteur, l'histoire des Mayas de 144 à 1536 (ap. J.-C.), selon le professeur Valentini qui compte d'une manière différente les Ahau ou eyeles, de 142 à 1544. Les Katunes ne renferment que les faits de guerre, comme si les périodes de paix eussent été indignes d'occuper l'attention. Ce manuscrit avait échappé à l'autodafé général ordonné par les Espagnols en 1569. Le nom de Katunes (de Kat, pierre et fun, interroger) était donné dans le Yucatan aux picrres gravées, portant des dates ou des insciptions relatives aux événements historiques. Ces pierres étaient incrustées dans les

268 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, et dans le Guatemala, où leurs descendants oppostrent une hi. roïque résistance aux Conquistadores (4).

Nous ne savons que peu de choses sur la religion, les moœun ou les coutumes des Mayas (2). Leurs dieux paraissent avoir ct moins sanguinaires que ceux des Nahuas, L'immolation d'un chien suffisait pour tel événement, qui chez ceux-ci aurait ot célébré pur des hécatombes de victimes, Des sacrifices humains avaient cependant lieu ; on choisissait de préférence les prison. niers de guerre ; à leur défaut, les parents s'empressaient d'amener leurs enfants, comme l'offrande la plus agréable aux dieux (3). On rapporte aussi une distinction remarquable ; la di. gnité de sacrificateur était une des plus élevées auxquelles un Mexicain pût prétendre; chez les Mayas, au contraire, elle était réputée impure et dégradante (4).

A Chichen Tza (5), ces sacrifices étaient plus nombreux, Une fosse profonde remplie d'eau avait été creusée au centre de la ville, Un autel, auquel on arrivait par un escalier taillé dans le roc, s'élevait au bord même du précipice. Des arbres, des bosquets l'entouraient de toutes parts: et pour ajouter à leffroi que ce lieu inspirait naturellement, un silence perpétuel devait toujours y régner, Aux temps des premiers successeurs de Votan, pour se conformer aux ordres de l'envoyé des dieux, on n'offrait que des animaux, des fleurs ou de l'encens; mais peu à

murs des édifices publics. Tout fait croire que les inscriptions n'étaient pas très an. ciennes, Salisbury, 4m, Ant. Soc., 21 oct. 1879. — Stephens, Yucatan, app.,t. Let Il.

(1) A. de Remesal, Hist. de la Prov. de S. Vincente de Chynpa, Madrid, 1619, p. 264. — Juarros, Hist. of the Kingdom of Guatemala, London, 1524, p. 14. — Bancroft, £ e.,t. 1, p.647 et s.;t. V, p. 616.

(2) On ne cite que trois manuscrits Mayas, Le codex Peresianus conservé à la Bibliothèque Nationale, le Codex de Dresde connu depuis le xvmr sièele, longtemps décrit comme un manuscrit Aztec et qui a été publié dans le grand ouvrage de lord Kingsborough ; le manuscrit Troano enfin (du Señor Tro y Ortolano, un de ses possessoeurs) trouvé à Madrid en 1865. Quelques doutes subsistent à l'égard de ce dernier et aussi à l'égard d'un manuscrit ayant figuré en 1881 à l'exposition américaine de Madrid ot que l'on regarde comme une suite du manuscrit Troano,

(3) Diego de Landa, Re/acion de las Cosas de Yucatan, p. 166. Paris, 1864,

(4) « El oficio de abrir el pecho a los sacrificados que en Mexico era estimado, aqui cra poco honroso, » Herrera, Hist. Gen., déc. IV, 1. X, c. iv,

(5) Capitale des Itzas, une des nations Mayas du Yucatan.

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LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 260 peu, le peuple revint à des sacrifices plus odieux; et dans les années qui précédèrent la chute de l'empire de Nibalba, si quelque calamité menacait la nation, si la récolte manquait, si la pluie, indispensable dans la terra caliente, faisait défaut, la foule pressait autour de l'autel et cherchait à apaiser par des viemes humaines la colère des dieux, Ces victimes étaient ordinaiment des jeunes vierges: elles marchaient triomphalement a supplice, revètues d'ornements somptueux, entourées d'un ponipeux cortège de prêtres et de prètresses, Pendant que les fumes de l'encens s'élevaient vers le ciel, les prêtres leur expliquaient les faveurs qu'elles devaient demander aux dieux, devant qui elles allaient paraitre, Puis, au moment où l'encens s'éteiguait sur l'autel, elles étaient précipitées dans l'abime, pendant que la foule prosternée continuait ses ardentes supplications.

Au Nicaragua, chacun des dix-huit mois qui formaient l'annve s'ouvrait par des fêtes, Le grand prètre annonçait le ombre des victimes qui devaient être immolées et le choix quil avait fait soit parmi les prisonniers, soit parmi les hahitants eux-mêmes (1), Le malheureux ainsi désigné était impoyablement saisi et étendu sur l'autel: le sacrificateur tournait iois fois lentement autour de Jui, en chantant des hymnes inéraires; puis il s'approchait vivement, ouvrait la poitrine, awrachait le cœur et se baignait le visage dans le sang encore famant, Quand la victime était un prisonnier, on dépecail immédiatement le corps ; le cœur appartenait au grand prètre, ls pieds et les mains aux chefs, les euisses au guerrier qui «ait eu l'honneur de la capture, les entrailles aux sonneurs de trompette ; les membres étaient distribués au peuple: on sxpendait enfin la tête à une branche d'arbre, comme un nligieux trophée, Si c'était un enfant, offert où vendu par ss parents, le corps était enterré, l'usage ne permettant pas un assistants de se nourrir de la chair d'un des leurs, Ces scrilices qui remontaient à la plus haute antiquité durv-

L Pierre Martyr d'Anghiera, De Orbe novo, déc, VI, lib, VE.

270 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, rent jusqu'à la conquète, Herrera (1) rapporte que plusieur, prisonniers espagnols furent ainsi dévorés, et Albornoz ajout que, dans le Honduras, les Indiens finirent par s'en abstenis la chair de ces étrangers étant trop dure et trop corince,

Les sacrifices étaient toujours suivis de plusieurs jours 4, fôtes, de danses, de festins, d'ivresse brutale (2), Les mars devaient s'abstenir de tout commerce avec leurs femmes et Lx dévots se perçaient la langue, les oreilles, diverses parties d: leurs corps et barbouillaient de leur sang les levres et | barbe des idoles (3), D'autres fois, le sang était tiré du mem. bre viril, eton en arrosait des grains de maïs que les assistants se disputaient avec ardeur dans une pensée aphrodisiaque } au Guatemala, on sacrifiait, avant tout combat, une femme 4 une chienne, L'horreur qu'inspirent ces détails sera not excuse pour ne pas les multiplier, Nulle part plus que che les premiers Américains, la barbarie humaine ne s'est don plus libre carrière et la cruauté des bourreaux n'était égale que par le stoicisme des victimes.

Ces dieux, que l'on prétendait honorer par ces odieux sur. lices, restent inconnus pour nous, et jusqu'à présent on ne sui

que peu de choses de. la mythologie des Mayas, Leurs idoles représentent tantôt des hommes, tantôt des animaux, Pierre

Martyr parle d'un immense serpent, fabriqué avec des pierre et du bitume, et érigé dans le Yucatan ; nous savons aussi que le ltzas, vivement frappés du cheval de Cortès, s'empresserent de le modeler en pierre et de le placer parmi leurs idoles,

Les Mayas n'avaient aucune connaissance du fer; le cuivre cl l'or étaient les seuls métaux qu'ils employassent et encore est: peu certain qu'ils se servissent d'un procédé quelconque de fu

(1) Hist, Gen, de los Hechos de los Castillanos en las Islas e Tierra Firme del M Oceano, déc, 1, lib, V, ce, v; déc, HI, 1, IV, e, vins déc, IV, 1, VIE, €, 1x5 1 NON, (2) Les Mayas connaissaient plusieurs boissons fermentées, Les Itzas en préparaiet

une avec un mélange de cacao et de mais. Sur d'autres points, on faisait fermenter di

miel, du jus d'ananas, des figues ou d'autres fruits. (4) Oviedo y Valdes, Hist. gen, y natural de las Indias, Madrid, 1851-4, t. IV, p. (4) Herrera, {. ce. — Pierre Martyr, £, c.

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LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 271 don, Christophe Colowb, raconte-t-on, rencontra sur la côte du Honduras une barque chargée de ereusets, remplis de métal fondu et de haches en cuivre que l'on avait été chercher au bin, L'or était très répandu au moment de la conquête espagnole, et on Putilisait pour des ornements de toute sorte, Les mes étaient des frondes, des lances, des flèches, des dards més de pointes en silex, en obsidienne, en porphyre, en cuivre où en 08 (1), Les guerriers portaient des vêtements de , ton fortement rembourrés et quelquefois d'un poids si lourd que le soldat tombé ne parvenait pas toujours à se relever; leurs boucliers de forme ronde étaient ornés de plumes voyantes et couverts, soit avec des éloffes de coton, soit avec la peau des animaux qu'ils tuaient, Les peuples Mayas connaissaient la navigadon, Oviedo rapporte que les habitants du Nicaragua se seraient pour traverser les rivières de halsas, véritables radeaux formés de cinq ou six morceaux de bois, liés avee des lianes et supportant un plancher de branches entrelacées (2), Les Chiapances employaient des calebasses pour le mème usage, Sur d'autres points, nous voyons des races plus avancées : les Guatemaliens creusaient des troncs de cèdre où d'acajou, et

les canots se comptaient par milliers, sur leurs lacs et sur leurs rivières, Les habitants du Yucatan utilisaient de la mème facon des troncs d'arbres, et les barques, qu'ils dirigeaient avec une grande adresse à l'aide de rames, pouvaient contenir jusqu'à cinquante personnes, On prétend aussi qu'ils avaient des baleaux à voile ; une balsa rencontrée par Pizarre vers le deuxième degré de latitude, la barque accostée par Christophe Colomb

auraient été ainsi gréées (9); mais ces faits sont fortement con-

(1) Cortès, Cartas y Relaciones al Emperador Carlos V. Paris, 1866, — Herrera Hit, Gen, dée, HE, 1, IV, €, v et ve) parle d'idoles et de haches en or, Cogulludo Hit, de Yucathan, Madrid, 1688) dit à son tour dos figurines de poissons et d'oies et Brasseur de Bourbourg (Hist, des nat, civ.,t. M, p. 60) des vases fluement cisclés tous en or,

?) ist, Gen., t, HI, p. 100.

3 Herrera, Hist, Gen., déc, EH, lib, V,e, v, — Cogolludo, ist, de Yucathan, p. 4. Aujourd'hui encore, les Haidahs, qui habitent les Iles de la Reine-Charlotte, construi-

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