‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 58 sur 113 · LAN · texte numérisé non relu

LAN

bra leur les] utih pier

lives

tum Mou attri et ce lives on, |

\res

Fig. 115. — Quetzacoatl. (1 RTS de de Qui

tions des Nahuas; de nombreux temples lui étaient dédiés; ses monun attributs étaient sculptés sur les bas-reliefs, et son image (fig. 115 ue , , eur, 1 se trouve sous les aspects les plus divers, en terre cuite ou en (gti x ft (1

réelles de plusieurs dieux Mayas ou Nahuas. Tout est confusion à cet égard. Bancrof, (3) « dc, t. II, p. 450-451 et s. — Muller, Amerikanischen Urreligionen. Basel, 180:, 1554

p. 486 ets. | (4) «

Dec Berp ire

TEE De re EPA

ad dan dti corn vigne

* créateur de Nabhuatl, C'os utes les trad.

ent dédiés; se mage (fig. 119 re cuite ou en

et égard. Bancroft, ionen. Basel, 1801,

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 277 pierre, sur tous les points où des fouilles ont été tentées (1) Les querelles religieuses paraissent avoir été ardentes ; les luttes renaissaient sans cesse entre les sectateurs du dieu Votan et les sectateurs du dieu Quetzacoatl, et toujours les vaincus périssaient dans de cruels supplices, où étaient réduits à fuir ur patrie,

Malgré les luttes étrangères et les discordes civiles, la monarchie Toltèque est restée dans le souvenir des peuples Nahuas comme l'apogée de leur grandeur, Les Toltecs, nous dit-on, aient grands, bien proportionnés, de couleur jaune clair; les veux étaient noirs, les dents très blanches, les cheveux noirs et luisants, les lèvres épaisses, le nez aquilin et le front fuyant, Ils avaient la barbe peu fournie, et peu de poils sur le corps ; la bouche avait une expression de douceur, le front était sévère. Ils étaient braves, m is cruels, ardents à la vengeance et sanguinaires dans leurs rites religieux. Intelligents, disposés à s’instruire, ilsavaient ls premiers créé des routes et construit desaqueduecs ; ils savaient utihsercertains métaux, filer, lisser et teindre les étoffes: tailler les pierres précieuses ; bâtir de solides demeures, avec des pierres lices par de la chaux ; établir de véritables villes, ériger enfin des lumuli que nous ne pouvons mieux comparer qu'à ceux des Mound Builders (2). C'est à eux que la reconnaissance populaire attribue l'invention de la médecine ; le bain de vapeur, temazcalli, et certaines plantes (3) auxquelles on supposait des vertus curalives, étaient les remèdes les plus usiiés. Dans les villes, nous diion, le roi entretenait des hôpitaux richement dotés, où les paures étaient admis et soignés gratuitement (4).

(1) Tous les musées de l'Europe et de l'Amérique sont remplis des représentations de Quetzacoatl; celles du Louvre ont été décrites par M. de Longpérier (Notice sur les monuments exposés dans la salle des Ant. Américaines). Le nouveau musée ethnolo-

gique du Trocadéro n'est pas moins riche, grâce à l'obligeance de son savant direc-

teur, le D' Hamy. Nous avons pu lui emprunter une curieuse figure de Quetzacoatl (fg. 114) représenté assis, les jambes croisées, comme les images de Bouddha.

(?) Bancroft, £, c.,t. I, p. 24.

(3) « Casi todos sus males curan con yeruas. » Gomara, Hist, de Mexicu, Anvers, 1554, f° 117.

(4) « En las cuidades principales... habea hospitales dotadas de rentas y vasallos,

Les

Tolters,

Les données que l'on possède sur le commerce de ces peuples sont assez vagues. On sait cependant qu'il était important, Acer. taines époques de l'année, de véritables foires se tenaient ; Tollan et à Cholula; les produits des régions baignées par les deux Océans s'y rencontraient à côté de nombreux objets, fabri. qués par les Toltecs eux-mêmes, Ces objets étaient des plus varie: si le ferleur était complètement inconnu, les Toltecs travaillaien l'or, l'argent, le cuivre, l'étain et le plomb (1), Leur orfevreri est restée célèbre, etle petit nombre d'ornements précieux échape pés à la rapacité des Conquistadores excite encore une légitim admiration, {ls abattaient les arbres avec des haches en cuivre ils sculptaient les bas-reliefs et les hiéroglyphes avec des outik en pierre (2). On utilisait pour cet usage le silex, le porphyre, le basalte et surtout l'obsidienne, l'éstéi des Mexicains, Les émeran. des (3), les turquoises, les améthystes, dont on rencontrait «nr divers points des gisements abondants, étaient recherchés pour la parure des hommes et des femmes. On fabriquait à Cholhuh une poterie renommée, les vases et les ustensiles nécessaires pour les usages de chaque jour, des encensoirs et des idoles pour les temples des dieux, des ornements communs pour le peuple,

Les armes des Toltecs rappelaient celles des Mayas, Comme ceux-ci, ils portaient des vèlements rembourrés en coton, véritrbles armures impénétrables aux flèches et aux javelots. Leur bouclier rond chimalli était formé de bambous légers et flexibles: ceux des chefs étaient ornés de plaques d'or, insignes de leur rang,

La crémation des cadavres paraît avoir été très anciennement usitée,. On rapporte que les Nahuas brüûlaient les corps de leurs chefs, pour pouvoir transporter leurs cendres comme des reliques sacrées, dans leurs longues migrations; [xtlilxochitl cite un roi Chichimec tué à la guerre et dont le corps fut brûlé sur

donde se resabian y curaban los enfermos pobres. » Las Casas, Hist. Apol. Msc. cui cité par Bancroft, t. II, p. 597.

(1) Ixtlilxochitl, Relaciones. Kingsborough, t. IX, p. 332,

(2) Prescott, Conquest of Mexico, t. I, p. 140.

(3) « Gli smeraldi erano tanto comuni, che non v'era signore che non ne avesse.» Clavigero, St. Ant. del Messico, t. II, p. 206-1.

un di < roi me ma

pos io d'e int

Tol

ma

(?) (3) (4 (à) lait a taire:

Hist, (6) (7)

mots

de ces peuples portant, Acer.

se tenaient à ignées par los x objets, fabri.

les plus varie:

cs travaillaient ur orfevrerio récieux chape e une légitime hes en cuivre, avec des oulik le porphvre, le s. Les émeranrencontrait sur cherchés pour ait à Cholhuh les nécessaires des idoles pour our le peuple, layas, Comme

coton, vérilajavelots. Leur rs et flexibles:

s de leur rang, anciennement

les corps de es comme des tlilxochitl cite s fut brûlé sur

Jist. Apol. Msc. cuit

16 non ne avesse, »

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 279 le champ de bataille (4). Le corps de Topiltzin, le dernier roi de nee Toltèque, fût également brûlé, Pour les gens du peuple, l'enterrement était le mode usuel (2) ; telle était la destination des centaines de tumuli qui existent aujourd'hui encore auprès de Tedihuacan (3. Chez les Chichimees, au contraire, la crémation cuitl'usage général(4). Des sacrifices humains(5) accompagnaient ls funérailles ; les femmes étaient brûlées vives sur le bûcher de leurs maris; et elles acceptaient avec joie cette mort cruelle, ar elle leur ouvrait la première sphère céleste, où elles devaient «ivre leurs époux. Si elles se refusaient à ce sacrifice, leur vie luture devait s'écouler dans le Mictlan, séjour triste et solitaire.

es Toltecs formaient une grande confédération de tribus, us le gouvernement de chefs héréditaires, Par une condition asez étrange et dont nous ne savons aucun autre exemple dans l'histoire des peuples, les rois ne pouvaient régner que durant un eyele d'années (Xuëimolpilli). Ce cycle était fixé à 52 ans, et dis que ce terme assez long, il faut en convenir, était arrivé, le roi descendait du trône et remettait à son successeur les ornements royaux. Une autre obligation, peu en rapport avec les mœurs des Nahuas, chez qui le concubinage était licite, était imposée au roi; il ne pouvait avoir qu'une seule femme, et si elle mourait avant lui, il lui était interdit de se remarier, et mème d'entretenir une concubine, Un second mariage était aussi interdit aux reines (6).

Les traditions qui restent de la magnificence des monarques Toltèques sont intéressantes. Le palais de Quetzacoatl (7) renfermait quatre salles principales ; la première s'ouvrait à l'est et

(1) Relaciones, {, c., p. 325, 327, 332, 388.

(?) « La gente menuda comunmente se enterrana. » Gomara, /. c., f° 308.

(3) Sahagun, Hist. Gen.,t. I, 1. X, p. 141. — Ixtlilxochitl, £. c., p. 327.

(4) Torquemada, Monarquia Indiana. Madrid, 1723, t. 1, p. 60, 72, 87.

(3) Les viciimes étaient généralement des prisonniers faits à la guerre. On immohit aussi aux funérailles royales ceux qui étaient nés dans les cinq jours complémentres de l'année réputés de mauvais augure. Ixtlilxochit], /, c., p. 379 et 388. — Voytia, Hit, Antigua de Mejico. Mexico, 1836, t: III, p. 8 et s.

(6) Bancroft, t. II, p. 265.

(1) Nous aurions déjà dû remarquer que la terminaison £/, si caractéristique dans les mots de la langue Nahuatl, se retrouve dans les dialectes indiens de la côte du Pacifique.

rl 4] al

D pers

Chichis

mocs,

280 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, était appelée la salle dorée: les murs étaient couverts de plaques d'or finement ciselées : la salle des émeraudes et des turiquo) ses était à l'ouest et, comme son nom l'indique, les parois étaien incrustées de pierres précieuses d'un éelat incomparable : lus murs de la salle du sud étaient ornés de coquilles aux couleurs brillantes, enchâssées dans des plaques d'argent :; la salle du nori enfin était en jaspe rouge travaillé avee goût, Dans un autre palais les murs de chacune des salles disparaissaient sous des tentures 4 plumes ; dans l'une, les plumes étaient jaunes, dans une auin bleues, arrachées aux ailes d'un oiseau appelé Xewhtototl: dan la salle du sud, les plumesétaient blanches ; rouges dans celle di Nord (1).

A côté des Toltecs, dans les régions montagneuses du Nord du Mexique, vivaient de nombreuses tribus sauvages (2), Ces hommes pour la plupart de race Nahuatl, et partis des mèmes lieux d'ori. gine que les Toltecs, étaient plongés dans une complète barbarie, Ils méprisaienGtoute espèce de culture et leur unique occupation était de poursuivre le gibier à travers les forèts qui couvraient une grande partie de leur territoire et jusque sur la cime des plus hautes montagnes, Toute viande leur était bonne, le loup, les félides, la belette, la taupe, la souris ; à leur défaut, les lézards, les couleuvres, les sauterelles, les vers de terre (3). Les historiens espagnols rapportent qu'au xvr° siècle ils erraient complètement nus, ou vêtus seulement d'une [peau de bête, qu'ils jetaient sur leurs épaules avec le poil en dedans en hiver, en dehors en été. La plupart habitaient des cavernes, des anfractuosités de rocher: quelques-uns d'entre eux, cependant, savaient se créer une demeure, soit en plaçant un toit en feuilles de palmier sur des poteaux enfoncés dans la terre, soit en empilant des tronc d'arbres reliés par des lianes. Là où le bois faisait défaut, ils le remplaçaient par de l'argile séchée au soleil et découpée en

(1) Sahagun, Hixt. Gen., t. IN, 1, X, p. 107 (2) Les Pames, les Otomies, les Pintos, les Michocaques et les Tarascos étaient les principales tribus confondues sous le nom général de Chichimecs. (3) Jos. de Acosta, Hist. naturaly moral de las Yndias. Sovilla, 1580,

(riot de lt reur nom à ral habi l'epu (spa, cides de C chic

To

"ts de plaques des turquoi parois etaten!

nparabile : los LL A couleur salle du Hori nautre palais les tentures d is une autre htototl: dan dans celle du

»s du Nord du . Ces hommes es lieux d'or lète barbarie, ue occupation jui couvraient uw la cime des onne, le loup, ut, les lézards, Les historiens omplètement s jetaient sur dehors en ete, tés de rocher:

se créer une mier sur des it des tronc:

défaut, ils le découpée en

rascos étaient les

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE 2N1 uobes, À l'intérieur de ces misérables huttes, pendaient quelques nattes en jone, quiavece des gourdes et des poteries de fabriation fort grossière, composaient tout leur mobilier; sur ces poteries cependant, un certain sentiment artistique se fait déjà jour, et des figures noires, exécutées non sans goût, se détachent souvent sur un fond rouge,

Constamment en lutte avec leurs voisins, ils se livraient à des invasions fréquentes et ils savaient repousser avec énergie toute attaque sur leur propre territoire. Leurs armes étaient Fare, la arbacane avec laquelle ils projetaient de petites balles en terre cuite qui causaient de dangereuses blessures; et surtout une massue, qui était entre leurs mains une arme redoutable (1), Les guerriers portaient à Isur ceinture un os, et sur cet os, en émoignage de leur bravoure, ils faisaient une marque pour chaque ennemi qu'ils avaient tué, Les prisonniers étaient traités wec une cruauté inouïe; ils périssaient dans les plus horribles «ipplices, Souvent le vainqueur les scalpait vivants encore, sur le lieu même du combat, et cette chevelure sanglante devenait un glorieux trophée, Les têtes des victimes élaient portées en triomphe dans tous leurs campements, au milieu de danses et de rejouissances qui célébraient la victoire, On comprend l'hormur et l'effroi avec lesquels les Toltecs considéraient ces nomades. Ils les appelaient des barbares, des buveurs de sang, iraison de leur goût pour le sang de leurs victimes et de leur habitude de se nourrir de lambeaux de chair pantelante. Cette rputation avait survécu à leur défaite, et après la conquête espagnole, Zarfate (2) les citait comme « les plus grands homicides et les plus grands voleurs de toute la terre, » Le nom mème de Chichimec, dont on prétend faire remonter l'étymologie à chichi, chien (3), était une grave injure.

Tout grossiers qu'ils étaient, les Chichimecs avaient un culte.

1) Ixtlilxochitl, Hisé, Chic, L c., p. 214. — Gomara, L, c., p. 298. — Torquemada, Le, p, 38.

(?) Reproduit par Alegre, Hist. de la Compañia de Jesus en Nuerva España. Mexico, Iil,t, 1, p. 281,

(3) Bancroft, Z, c., t. IT, p. 1926.

Ils adoraient le soleil, comme le dieu suprème (1) ; ils adoraient aussi la foudre représentée par le dieu Mixeoatl (le Serpent de nuages) qui, semblable au Jupiter antique, était figuré avec des traits à la main (2).

Presque toutes ces tribus indépendantes, toujours en guerre les unes contre les autres, obéissaient à des chefs nommés pur elles. Quelques-unes ne reconnaissaient aucune autorité et w contentaient d'élire un guerrier, pour les conduire au combat, Certaines lois paraissent cependant avos existé parmi ces aces sauvages : les enfants ne pouvaient se marier sans le con. sentement des parents, et la violation de cette regle entrainui la mort des coupables, Le mariage était nul si, au lende. main des noces, le mari déclarait que sa femme n'était point vierge, Herrera rapporte encore que les Chichimecs ne pou. vaient avoir qu'une seule femme ; il est vrai qu'ils la répudinient sous le plus léger prétexte, pour la remplacer par une autre, Ces femmes étaient de véritables esclaves: à elles incombaient tout le travail de la maison, la préparation des aliments, le tissage de quelques grossières étoffes, la fabrication des nattes et de la poterie, l'abatage des arbres, le transport du bois et de l'eau nécessaires à la famille, Les devoirs de la maternité n'interrompaient pas leurs pénibles labeurs ; pendant qu'elles s'y livraient, elles se contentaient de suspendre un panier à un arbre et d'y déposer leurs enfants qu'elles allaitaient souvent jusqu'à six ou sept ans.

Telle est la peinture que font les historiens, des barbares qui devaient vaincre les Toltecs. Ce qui paraît plus étrange encore, c'est que les vainqueurs adoptèrent immédiatement les usages, les mœurs, la civilisation des vaincus; et que la monarchie Chichimèque ne fut à tout prendre que la continuation de la monarchie Toltèque. Pouvons-nous admettre que vers là

(1) Alegre, {, c., t.1, p. 279.

(2) On l'appelle aussi Zztac Miæcontl, le serpent blanc nébuleux; des recherches récentes font supposer qu'il était le même que Taras, le dieu suprème des Tarascos, où

Comazxtli, le dieu des Teochichimecs. Brenton, the Myths of the New World. New- York, 1868.

tr qu |

sol

rois

otre

chas

vice

Tolt TUE notre at-il qui à mule

(1) 4 °7T et la vi deur p:

On les eueilli vers at (3) L 4) 4

ils adoraient e Serpent de gure avec des

rs en guerre nommés par autorité et se e au combat.

ë parmi cos FO Sans le Con gle entrainait si, au lenden'était point mecs ne prous la répudinient ar une autre, s incombaient iments, le lis à des nattes el du bois et de naternité n'inqu'elles s'y liier à un arbre uvent jusqu'à

s barbares qui is étrange enbdiatement les que la monar-

continuation re que vers la

x; des recherches e des Tarascos, où New World. Nev-

in du onzième siècle, ou au commencement du douzième, à la uite de révolutions et de luttes encore inconnues, ces tribus «uvages obtinrent la suprématie et dominèrent à leur tour l'Amérique centrale ? et n'est-il pas plus naturel de croire à une contusion dans les récits des chroniqueurs espagnols, seules sources où nous puissions puiser, Cette confusion s'explique. Le nom de Chichimee fut également appliqué et aux tribus barbares du Nordet aux rois de Tezeuco, Ce seraient ces derniers, alliés peuttre à quelques tribus nomades, qui furent les véritables vainqueurs des Toltecs.

La civilisation des Tezcuans n'était ni moins brillante, ni moins avancée que celle des nations qu'ils étaient destinés à sumettre, Les rois de Tezeuco étaient aussi magnifiques que les mis Toltèques, Ixtlilxochitl (1) donne un tableau exagéré peuttre de leurs palais, de leurs jardins, des lacs qu'ils avaient créés igrands frais, de l'aménagement des forêts réservées à leurs chasses, FE nous a conservé le nom des villes chargées du serice royal, Vingt-huit parmi elles devaient fournir les hommes destinés à l'entretien des palais ; cinq autres, les serviteurs attaches à la personne mème du monarque, huit provinces envoyuient les jardiniers, les forestiers et les laboureurs (2).

La puissance du roi Chichimec qui allait envahir les pays Toltèques, se montre plus encore par le nombre de ceux qui le suivaient dans cette invasion. Xolotl avait sous ses ordres, selon notre historien (3), 3,202,000 hommes ou femmes, et encore at-il soin d'ajouter qu’il ne comprend point parmi eux les enfants qui accompagnaient leurs mères. Torquemada (4), sans se dissimuler que son récit peut paraître exagéré, rapporte que les pein- (1) Hist, Chichimeca. Kingsborough, Ant. of Mex., t. IX, p. 251.

(* Tezeuco était bâtie sur la rive orientale du lac de Mexico; les eaux se sont retirées, ét la ville moderne est à plusieurs miles de distance. I] reste peu de traces de sa grandeur passée, Mayer parle de substructures en adobes, couvrant des carrés de 400 pieds,

On les regarde comme les fondations d'anciennes pyramides; tout autour on a re-

tueilli 1ies fragments de poterie, de nombreuses idoles, des éclats d'obsidienne et divers autres débris,

4) Monurquia Indiana, t. I, p. 44.

Les Tozcunns

tures historiques qui attestent ces faits énumérent un million de guerriers sous les ordres de six grands chefs et de vingt mille on mème de vingt-deux mille chefs d'un rang inférieur, Ce n'est pas de nos jours seulement, que des nations entières se ruent les une sur les autres (1).

Les Toltecs affaiblis par le luxe, les plaisirs, les débauches ls plus honteuses, décimés par des maladies pestilentielles, aan. donnés par des alliés qu'ils avaient opprimés, par leurs propres sujets eux-mèmes, qui à la suite d'un schisme religieux avaient émigré en grand nombre, vers des régions plus favorisées, montrèrent dans ce danger suprème une énergie virile. Leur roi Aextill appela aux armes tous ses sujets; les vieillards et les enfants ar. mérent; la reine Xochitl, mère du roi, fut tuée après avoir val lamment combattu à la tête d’une légion d'amazones. Ces efforts étaient tardifs; les Toltèques furent complètement défaits et presque exterminés après des combats répétés, qui durèrent plusieur: jours (2). Tolan leur capitale fut pris; le pays se soumit et Xololl prit le titre de Chichimecatl Tecuhtli, le grand chef des Chichimecs (3). Pour affermir sa puissance, il divisa son nouvel empire en plusieurs provinces, qu'il donna en fief à ses principaux offciers à la condition de lui rendre hommage, et par une politique habile, il voulut que son fils ainé Nopaltzin épousât une princesse issue des rois Toltèques (4).

Il n'entre pas dans notre intention de raconter l’histoire de l'empire Chichimèque (5). C'est une suite de révoltes, de guerres

(1) Rien n'est plus obscur que la date de cette invasion. Veytia (Hist. Ant, M, t. IE, p. 7) fixe à 1117 la victoire des Chichimecs. Ixtlilxochitl semble confondre les faits, ou du moins il leur donne plusieurs dates différentes variant de 962 à 1015 (Ant. of Mex., t. IX, p. 208, 337, 395, 451), Clavigero parle de 1170. D'autres historiens veulent que la chute de l'Empire Toltèque ait précédé l'invasion Chichimèque. I sont aussi peu d'accord sur les fei:s que sur les dates.

(2) Nous suivons le récit donné par Ixtlilxochitl; celui de Veytia (Hist. Ant. Me). t. I, p. 302-3) présente de notables différences. Il en est de même de celui de Brasseur de Bourbourg (Hist. des nat. civ., t. I, p. 405 et s.).

(3) Ses descendants ajoutèrent à ce titre pompeux celui de Huactlatohani, Seigneur du monde.

(4) Brasseur de Bourbourg, /. c., t. I, p. 236.

(5) Nous citerons parmi les empereurs Chichimecs qui succédèrent à Xolotl, Nopaltzin

uns ol cen reel (UT

siee tout

fil

lege

\isic

ur NT

com

org {r'ove cher ha F hypo l'in] sile

Al:

son fil:

Tezoz0 enfin q AA

(1)B Cont,,

(?) B Califor la Nou

un million de vingt mille ou ir, Ce n'est pris ruent les unes

débauches les ntielles, aban- , leurs propres igieux avaient vorisées, mon- Leur roi Acxti(l es enfants sur.

près avoir vailnes, Ces ellorts défaits et presèrent plusieur:

oumit et Xololl ef des Chichinouvel empire rincipaux offirune politique usât une prin-

er l'histoire de tes, de guerres

ja (Hist. Ant, Mej, mble confondre les jant de 962 à 1015 D'autres historiens n Chichimèque, Ils

ja (Hist. Ant. Mej. e celui de Brasseur

tlatohani, Seigneur

à Xoloti, Nopaltzin

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 285 «nglantes, de conspirations et de bouleversements, qui devaient aboutir, en 1434, à la triple alliance des Aztecs, des Acolhuas et des Tepanecs, puis au triomphe éphémère des Aztecs vainqueurs de tous leurs rivaux.

Les Tepanecs et les Acolhuas avaient été les alliés fidèles de \olotl dans ses attaques contre les Toltecs, et leurs chefs devinrent les vassaux du nouvel empire, [ls étaient depuis longtemps ‘ablis dans l’Anahuac, lorsque les Aztecs y arrivèrent, Les uns et les autres faisaient vraisemblablement partie de ces nombreuses immigrations qui se succédèrent dans l'Amérique œntrale (1). Ces hommes venaient tous d’un pays auquel les rcits unanimes des chroniqueurs donnent le nom d’Aztlan. Où était cette terre, cette o/ficina gentium, qui durant cinq sècles et plus, envoie vers le Sud de véritables nations, parlant boutes le même langage, acceptant les mêmes rites, les mêmes fables cosmogoniques, obéissant les unes et les autres à des collges sacerdotaux strictement hiérarchisés, ayant les mèmes diisions du temps, les mêmes peintures hiéroglyphiques, le même goût pour noter et enregistrer les événements ; des hommes qui se comprennent sans difficultés et qui reconnaissent entre eux une origine commune ? Il est peu de points plus obseurs et plus controversés que la situation d’Aztlan. On a voulu tour à tour la chercher en Californie, dans le Mississipi, le Nouveau-Mexique, h Floride, le Zacatecas, dans d'autres régions encore. Toutes ces hypothèses ont été mises en avant et toutes peuvent se soutenir ; l'importance de la question est assurément considérable, car silexiste un lien entre les Nahuas et les Mound-Builders, c'est à Allan qu'il faut le chercher (2).

son fils, Tlotzin-Pochotl qui régna de 1305 à 1357, Ixtlilxochitl qui mourut vers 1419, Tezozomoc qui usurpa la couronne sur le fils d'Ixtlilxochitl et qui règna 8 ans, Maxtla

enfin qui s'empara de la couronne en assassinant son frère aîné. Voy. Bancroft, L. c., UN, ch. v,vret vit. (1) Bancroft, £. c., t. V, p. 305. — F. von Hellwald, The American Migration, Smith. Cont., 1866.

(?) Brasseur de Bourbourg (Hist. des nat. civilisées, t. IT, p. 292) place Aztlan on Californie, Humboldt (Vues des Cordillères, t. II, p. 119 et Essai polit. sur le roy. de la Nouv.-Espagne, t. 1, p. 53) vers 42° de latitude. Foster (Preh. Races, p. 340).

Les Aztocs,

Les Aztecs étaient partis d'Aztlan en mème temps que les peuples qui les avaient précédés dans l'Anahuac; mais la tradition veut qu'ils s'arrêtèrent longtemps à Chicomoztoc (1). Ce ne fut donc que bien plus tard, entre 1186 et 119%, si nous adoptons | date que donne le Codex Chimalpopoca (2), qu'ils s'établirent à Chapultepec. Leurscommencementsfurent difficiles; vaincus par leurs voisins, avec qui ils étaient en guerre continuelle, ils furent forcés de quitter le pays où ils s'étaient établis et de se réfugier au milieu de marais presque inaccessibles, où surgis. saient çà et là quelques misérables îlots de sable. Ce fut sur un de cesilots qu'ils fondèrent Tenotchitlan ou Mexico (3). La chasse et la pêche ne pouvaient longtemps suffire à une population qui s'accroissait rapidement. A force de travail, ils arrivèrent à créer des jardins flottants, où poussaient le maïs et d’autres plantes (4, Puis l'eau du lac étant saumâtre, ils obtinrent, moyennant un

Vetancurt (Teatro Meæicano, p. Il, p. 20) parlent du Nouveau-Mexique. Fontaine (How the World was peopled, p. 149) regarde les mounds du Mississipi comme les témoins des migrations aztèques. Prichard (Nat. hist, of Man. t. 1, p. 514-6) voit dans les Moquis les derniers descendants des Aztecs. Bandelier dit, en parlant de Chicomoztoc (les sept caves). « These caves are in Aztlan, a country which we all know to to be towards the North and connected with Florida, » (Heport Peaboty Mus.,t. I, p. 95 et s.) Clavigero (St. Ant. del Messico, t. 1, p. 156) cite le Col. rado comme l'eau que tous les récits disent avoir été traversée par les émigrants, tandis que Boturini ({/ea de una nueva hist. general de la America Septentrionul, p. 126-8) prétend qu'il s'agit du golfe de Californie. Bancroft (4. €, t. V, p. 3» enfin, qui veut voir Aztlan dans le sud et rapproché de l'Anahuac, conclut ainsi: « We have no means of determining in a manner at all satisfactory, whether Aztlan and Chicomoztoc were in Central Amerrica or in the of Zacatecas and Jalisco; nor indeed of proving that they were not in Alaska, in New Mexico, or on the Mississipi. »

(1) M. Bancroft reproduit toute la marche des Aztecs; on a cru voir dans Chicomoztoc les sept caves célèbres dans toutes les légendes. En général, on place Chicomoztoc au raème lieu qu'Aztlan.

(2) En 1140 ou en 1189 selon deux dates différentes données par Ixtlilxochill: en 1215 selon Clavigero; en 1298, selon Veytia, Gama et Gallatin; en 1331 selon Gondra. La marge, on le voit, est large. Le Codex Chimalpopoca est daté du 22 mai 1538. On peut consulter Bancroft (L. c., t. V, p. 192) qui donne sur toute la question des détails intéressants.

(3) On place cette fondation vers 13:5. Duran cité par Bancroft (/. c.,t. I, ©. 1v-vr.)— Veytia, Hist. ant. de Méjico, t. I, p. 156. — Torquemada, Mon. Ind., t. 1, p. 1, 288 et s. — Ixtlilxochitl, £ c., t. IX, p. 461. — F. de Alvaredo Tezozomoc, Cron Mexicana, Kingsborough, t. IX.

(4) Bandelier, Rep. Peabody dlus., t. 11, p. 403.

tril qui

toit dot pro) sel des au Leu en pou féde d'Ix

prit

capi

com

des l

desa

Océa rieus cune oppri odieu

DU de Ten Espagn

à BI heureus par les cos, ran

3) Or coton, d fique ét:

ii peau à) plaq vaient

que les peus la tradition 1). Ce ne fut s adoptons la s'établirent à ; Vaincus par iuelle, ils fublis et de se 8, OÙ surgis- 2e fut sur un (3). La chasse opulation qui vèrent à crécr es plantes (4, 1ovennant un

fexique. Fontaine ssissipi comme les I, p. 514-6) voit dit, en parlant de ntry which we all {keport Peabidy 156) cite le Col.

par les émigrants, tica Septentrionul,

ct V, p. 32 hac, conclut ainsi:

y, whether Aztlan and Jalisco; nor n the Mississipi. »

dans Chicomoztot ce Chicomoztoc au

par Ixtlilxochill:

n; en 1331 selon oca est daté du lonne sur toute la

ot I, © IV-VL)— nd, 1.1, p. 9%, ezozomoc, Cr'on

tribut annuel, le droit de chercher sur la terre ferme l’eau douce qui leur manquait complètement.

Tels furent les humbles commencements des Aztecs ; leur hisbire devient ensuite plus confuse encore que celle des peuples dont nous avons parlé (1). Il semble qu'à mesure que nous àpprochons de la fin de ce drame sanglant, la tradition elle-même “efface. Comme sous la domination Chichimèque, nous voyons des séries de guerres et de révoltes, de luttes et de soumissions (2), au milieu desquelles, la puissance des Aztecs grandit toujours. Leur alliance avec les Acolhuas cet les Tepanecs contre le dernier empereur chichimèque Maxtla, et la défaite de celui-ci, furent pour eux des étapes nouvelles, À la suite de la victoire, une confdération s'établit entre les vainqueurs. Nezahualcoyotl, fils d'atlilxochitl, sur lequel Tezozomoe avait usurpé la couronne, prit à son tour le titre de Chichimecatl Tecuhtli. Fezcuco était sa capitale ; la capitale des Tepanees fut Tlacolpan ; celle des Aztecs, comme nous l'avons vu, Tenotchitlan.

A partir de ce moment les Aztecs prirent un rapide essor ; des marais où ils avaient trouvé un refuge après leurs premiers désastres, leur puissance s'étendit jusqu'aux rives des deux Océans. Leurs conquêtes n'étaient dues qu'à leurs armes victorieuses ; aucune ville n'acceptait volontairement leur joug ; auune nation ne recherchait leur alliance. Les peuples durement opprimés par des gouverneurs étrangers, accablés de taxes odieuses (3), pressurés par les commerçants mexicains, très ex-

1} Une des causes de cette confusion est la rivalité constante des deux royaumes de Tenotchitlan et de Tezcuco et le peu de soin qu'ont mis les premie:s chroniqueurs Espagnols pour distinguer les faits relatifs à chacun des deux pays.

?) Brasseur de Bourbourg donne un récit très complet (4. c.,t. III, p. 194 et s.). Malheureusement il est inexact sur une foule de points. Les principales guerres soutenues par les Aztecs furent à l'ouest contre le royaume de Michoacan, habité par les Tarascs, rameau des Toltecs ; et contre les Miztecs et les Zapotecs au sud.

3) On payait les tributs en nature, ils se composaient de grains, de vètements de coton, de pipes, de joncs, d'aromates, d'objets les plus divers. Certaines villes du Pacique étaient tenues d'envoyer chaque année 4,000 balles de plumes, 20 sacs de cacao, W peaux de tigre, et 160 oiseaux d'une espèce rare. Les Zapotecs étaient astreints à # plaques d'or d’un poids fixé et à 20 sacs de cochenille, De: tribus nomades deaient fournir des urnes remplies de poudre d'or. Les villes du solfe du Mexique en-

288 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE, perts en ce genre de trafic, se révoltaient sans cesse, Chaque re. volte nouvelle était noyée dans le sang ; et des milliers de victimes humaines périssaient sur les autels de Mexico en l'honneur del victoire, On comprend, en lisant ces détails, la haine des vainens et le dévouement que montrèrent les alliés de Cortès (1). Mexico, dont les premières maisons avaient été quelques mise. rables huttes en roseaux ou en terre, grandissait avec la puissance de ses habitants, et bientôt elle fut une ville digne de l'empire, dont elle était la capitale (2). De tous les côtés s'élevaient les palais des rois, les temples des dieux indigènes ou étrangers (3): car, comme dans la Rome antique, les divinités des peuples vaincus devenaient celles des vainqueurs. Des travaux plus utiles ne fai. saient pas défaut. Des chaussées édifiées par les nations, tributaires ou alliées, permettaient des communications faciles, que venaient compléter des ponts larges et construits selon les règles de l’art (4). Une digue de 7 à 8 miles de longueur, sur une largeur qui varie danslesdivers récits de 30 à 60 pieds, était destinée à mettre Mexico à l'abri des inondations (5). Des aqueducs ame-

voyaient ?0,000 balles de plumes, 6 colliers d'émeraudes, 20 anneaux en ambre ou en or et 16,000 charges de caoutchouc. Tous devaient contribuer au tribut, et ceux qui étaient trop misérables pour le faire étaient tenus de fournir un nombre déterminé de serpents ou de scorpions. On raconte que Alonso de Ojeda et Alonso de Mata, cités parmi les com. pagnons de Cortès, comme ceux qui entrèrent les premiers dans le palais royal de Mexico, aperçurent des sacs empilés avec soin. Ils s'empressèrent de s'en emparer, espérant déjà un riche butin. Ces sacs étaient pleins de poux et faisaient partie du tribut d'une province. Torquemada (4. c., t. I, p. 461) à qui nous empruntons ce fait ajoute : « Ai quien diga, que non cran Piojos sino Gusanillos ; pero Alonso de Ojeda en sus Mcemoriales lo certifica de vista, y lo mismo Alonso de Mata. » On peut aussi "ne sulter Tezozomoc, Cron. Mex., Kingsborough, t. IX. — Clavigero, St. ant. del Messico, t. 1, p. 275. — Bancroft, 2. c.,t. II p. 233 et 234,

(1) Bancroft, L. c., t. V, p. 481.

(2) Les rois ou chefs mexicains jusqu'à la conquête espagnole furent Itzcoalt + 1410, Montezuma [°° + 1469, Axayacatl + 1481, Tizoc + 1486, Ahuizotl + 1503, Montezuma Il + 1520.

(3) Torquemada assure qu’il y avait plus de quarante mille temples ou teocallis à Mexico.

(4) « Hay sus puentes de muy anchas, y muy grandes vigas juntas y recias y bien labradas, y tales que por muchas dellas pueden passar diez de caballo juntos à la par. » Cortès, Cartas, p. 203.

(5) Veytia, t. IT, p. 247. — Torquemada, t. I, p. 157. — Clavigero, t. I, p. 233. — Brasseur de Bourbourg, t. III, p. 228.

nue

condt pitale

La et Ja toire € cvotl cultur l\tlilx

vecrie ne sel capes de tou rois ? )) ment « que no lement des gr permet boriens dieu ur pur les

!) Sah:

cours adre

ments qu | Qua p. HO-11 urine des de la vie, est une € trième ent de la gra deux de ut Meri restées in

Chaque re.

s de victimes onneur de la des vaincus (1).

elques misela puissance de l'empire, ent les palais ers (3); car, iples vaineus utiles ne faiations, tribufaciles, que lon les regles sur une larétait destince quedues ame-

x en ambre ou en t ceux quiétaient miné de serpents és parmi les come palais royal de e s'en emparer, hisaient partie du pruntons ce fait onso de Ojeda en n peut aussi "un ant. del Messico,

t Itzcoalt + 1410, 03, Montezuma Il

es ou teocallis à

s y recias y bien ballo juntos à là

tp 2 —

LES PEUPLES DE L'AMERIQUE CENTRALE, 281) nient l'eau nécessaire aux habitants, et dès 1446, cette eau était conduite par des tuyaux en terre cuite de Chapultepec à la capilule.

La prospérité de Tezeuco ne le cédait en rien à celle de Mexico, it la figure de deux de ses rois vient relever la monotonie de l'hisire de l'Anahuac. Grâce à la sage administration de Nezahualexol, Tezeuco était devenu le centre des arts, des sciences, de la culture intellectuelle (1). Le roi était lui-même un poëte distingué. Ililxochitl, son descendant direct, a conservé quelques-unes de «x poésies, célèbres encore au temps de la conquête. Nous ne voulons reproduire qu'une strophe, tirée d'une ode sur les vicisdtudes de la vie (2), où le roi, faisant un retour sur lui-mème, “écrie: « Non, tu ne seras pas oublié, non, le bien que tu as fait ne sera pas perdu pour les hommes; car le trène que tu occpes n'est-il pas le don du dieu sans égal, le puissant créateur de toutes choses, celui qui fait et qui abaisse les princes et les mis? » Nous ne pouvons continuer cette citation ; disons seulement que les strophes suivantes montrent les mêmes sentiments, que nous sommes étonnés de trouver chez un homme, trop facikment considéré comme un barbare ; elles respirent le dédain ds grandeurs, dont le roi avait su apprécier le néant; elles permettent d'accepter jusqu'à un certain point le récit des hisbriens espagnols, qui affirment que Nezahualcovotl adorait un dieu unique et invisible, dont l’image ne pouvait être retracée mar les mortels,

!) Sahagun raconte l'éducation donnée aux fils et aux filles du roi. Il cite un discours adressé par Nezahualcoyotl à ses enfants, remarquable par l'élévation des sentiments qui s'y montrent.

? Quatre odes sont reproduites dans le recueil de lord Kingsborough (t. VIII, p. 110-115), L'une est une imprécation contre Tezozomoc qui avait usurpé Île uine des ancètres de Nezahualcoyotl, une autre est l'ode sur les vicissitudes de là vie, dont nous reproduisons un fragment; la troisième, récitée à un festin, ést une comparaison entre les rois de l'Anahuac et les pierres précieuses. La quatième enfin célèbre la dédicace d’un palais royal et s'étend sur la nature périssable de la grandeur terrestre. Bancroft (t. II, p. 494) donne une traduction anglaise de deux de ces odes. F, W. v. Müller (Reisen in den Vereinigten Staten Canada ul Mexico. Leipzig, 1864, t. IH, p. 128-141) reproduit deux autres odes qui étaient restées inconnues.

DE NADAILLAC, Amérique. 19

Les rois de loscuco,

Neszahuacoyotl mourut vers 14725 il laissa un seul fils log. time, mais plus de cent enfants de ses concubines: ce fi Nezahuapilli, lui suceëda ; ilse montra, comme son père, habile la guerre, d'une justice, toujours sévère, souvent inexorable, mi. séricordieux pour les petits, généreux pour ses sujets, Comme son père, il était adonné aux plaisirs, et l'on rapporte qu'il ai dans ses palais plus de deux mitle concubines (1), Parmi w, femmes était une fille d'Axayacatl, roi de Mexico: elle étui fort jeune, et il lui avait été assigné un palais particulier, jusqu ce que le mariage pût être consommé, Elle passait pour fox belle et le roi lui faisait de fréquentes visites: chaque lois, remarquait, dans la salle où elle se tenait, un nombre plus con. sidérable de statues couvertes de riches habits; ne voulant pu contrarier les goûts de sa femme, il ne faisait aucune réflexion Un jour il vit au doigt d'un de ses principaux courtisans l'annean de la reine. Ses soupcons s'éveillerent, et le soir mème ilse rendit au palais de Chalchiuhuenetzin, La reine dormait, selon les affir. mations de ses suivantes, Nezahuapilli pénétra dans sa chambre:

une poupée, revêtue des habits de la reine, avait pris sa place dans

le lil royal. Le roi, dont les soupçons étaient justement éveillés, poursuivit ses recherches et, dans une pièce secrète du palais, il vit la jeune reine complètement nue, dansant avec trois de es principaux officiers. Les statues étaient celles de ses mants, «t elle avait voulu, par un étrange caprice, les faire représenter dans le costume qu'ils portaient, la première fois qu'ils avaient obtenu ses faveurs. La punition fut terrible; malgré le respect dû à son rang, la reine fut étranglée ; et avec elle périrent sx amants, les femmes attachées à son service et plus de deux mille personnes convaincues de complicité, ou de connaissance à un degré quelconque de ses désordres (2).

Ce n'est pas le seul exemple de sévérité que l'histoire rapporte

de Nezahualpilli. Son fils aîné avait montré des talents remar-

(1) I avait également plusieurs femmes légitimes. La fille d'Axacayatl, dont now parlons, était du nombre, ainsi que trois nièces de Tizoc.

(2) Torquemada, t. I, p. 184. — Ixtlilxochitl, Hést, Chichimeca, L. c., p. 265, 261, %1,

let

cevorl

ment à

les col une lo «xecul

de ses

voi { guerre droit d Quelqt fut acc l'avaiet le tit el

Les d une pr confian terre, $ Les tem dent :

lieux d ils'enfe ques et

directior lynorée, jusqu'à :

l'atteind ancètres

La me

1) Torqu ?) Ixtlilx 3) Torqu.

moc, Kingst hdias de le mirez en 18

seul fils lei.

Ines! ce fils, pere, habile exorable, mi.

s, Comme son te qu'il avai 1), Parmi ss vo: elle etui culier, jusqu'à sait pour foi haque fois, | nbre plus NTIIE ne voulant pus ‘une réflexion isans l'anneau dme ilse rendit selon les aflir-

is sa chambre:

is sa place dan

ement éveillé, te du paliuis, il rec trois de ses ses. mants, tl re représenter S qu'ils avareul Igré le respect le périrent sx s de deux mille naissance à Un

stoire rapporte talents remar-

kacayatl, dont nou

pe 265, 27, YL

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 201 quables comme général, était le favori du roi qui venait de lui ner le titre de Zlatecat!, le plus grand honneur que püt reoirun Tezeuan. Un jour il fut aceusé d'avoir parlé trop librenent à une des concubines de son père, Le roi voulut interroger is coupables, et le fait étant prouvé, il n'hésita pas à appliquer ane loi qu'il avait faite; il condamna son fils à mort et le fit weuter malgré les supplications de ses courtisans (1), Un autre des fils avait commencé la construction d'un palais, sans en woir obtenu l'autorisation et sans s'être fait remarquer, à la zuerre, par une des actions qui seules donnaient aux princes le droit de posséder un palais séparé ; il le fit également exécuter, Quelques années après, Tezozomoce, beau-père de Montezuma, iutaceusé d'adultère : les juges, par égard pour le roi de Mexico, l'uaient seulement condamné au bannissement, Nezahualpilli ke fit étrangler, à la grandé irritation des rois ses alliés (2).

Les dernieres années de la vie du roi de Tezcuco furent tristes: une prophétie, à laquelle les Tezcuans ajoutaient une grande cnliance, assurait que le dieu Quetzacoatl reviendrait sur la wrre, sous les mèmes traits que lors de sa première apparition. Les temps marqués par cette prophétie étaient arrivés et coïncilient avec le débarquement des Espagnols. L'esprit superstifeux du roi fut singulièrement frappé de ce fait. Des lors, Lenferma dans son palais, ne s'occupa plus des affaires publiques et refusa même de recevoir ceux à qui il avait confié la direction de l'État. Sa mort, que l'on place en 1515, fut longtemps inorée, et une légende formée autour de son nom s’est perpétuée jusqu'à nous ; les Tezcuans prétendaient que la mort n'avait pu l'atteindre et qu'il s ancètres (3).

s'était retiré à Amaquemecan, le pays de ses

La mort de Nezahualpilli, la mésintelligence qui éclata entre

1) Torquemada, Mon. Ind., t. I, p. 165.

?) Ixtlilxochitl, L, c.

3) Torquemada, t. I, p. 216. — Ixtlilxochitl, His£, Chic.. p. 282, 388, 410. — Tezozomoc, Kingsborough, t. IX, p. 178. — Fray Diego Duran place sa mort on 1509. Hist. de las Indias de la Nueva España, écrite entre 1567 et 1581 et publiée à Mexico par D. Ramirez en 1867.

Heligion et culte,

ses fils, servaient les projets ambitieux de Montezuma, 1 fut. un instant, le maitre incontesté de l'Anahuae; mais la fortune l'abun donna rapidement ; il ne sut ni résister aux Espagnols, ni trait avec eux, ni obtenir le dévouement de son peuple, L'empin des Aztecs était condamné, et l'Anahuac, comme le Nouv. Monde tout entier, allait appartenir à d'autres races à qui pur d'impénétrables décrets l'avenir de l'Amérique était réserve, L'idée religieuse, autant que l'on peut en juger aujourd'hui. rencontre chez toutes les races américaines, avec les contrastes ls

Fig. 116. — Idole en terra cotta,

plus frappants. Certaines peuplades n'avaient pu dépasser le fe. chisme, la forme la plus dégradée et la plus primitive du culte s'idolâtri:, qui dominait chez les nations de l'Amérique centrak,

était déjà une forme plus élevée; le sauvage adore la vague de a! ‘arbre de la forêt, l'eau de la fontaine, l'étoile du firnula mer, l'arbre de la forêt, l’eau de la fontaine, l'étoile du fin ment, la pierre du chemin ; il investit de pouvoirs surnaturel le premier objet qui frappe ses yeux ou son imagination. L'idolitre lui est supérieur ; il adore non la matière elle-même, mais le dieu du soleil, de la mer, de la forêt, de la fontaine ; souveil il revêt ce dieu, devant lequel il tremble, de formes humaine fig. 114, 115, 116), et il lui prête les passions qui sont dans son

prof «ph \/le HIE (huis QUIL Lay dure

chat

mir de purifics

Cest prêtres

pis mo

devaien

pointus

(«Th Universe, du The Gods, with tp, 359 3) Las ( Kingsboro

una, À fut, un fortune laban nols, ni truite ple, L'empire e de Nouveau.

aces À qui pur ait réserve,

ujourd'hui, s contrastes los

dépasser le feliuitive du culle érique centrale.

lore La vague de étoile du firmi- »s surnaturek le ation, L'idolitre mème, mais le itaine ; souverl mes humains hi sont dans sol

LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE, 293 propre Cœur, Le monothéisme, au point de vue purement philoaphique, est un progrès considérable, On a prétendu que les \ees adoraient un dieu invisible, Teotl, le maitre suprème (1); mais ce fait est contesté, et tout prouve au contraire que le polyheisme existait chez eux et mème un polythéisme très inférieur, mme conception, à celui que l'histoire nous montre chez les Égyptiens ou chez les Grecs (2), Le nombre des divinités seconbires était très considérable ; chaque tribu, chaque famille, chaque profession avait ses patrons, et croyait honorer ces dieux

Fig, 117, — Couteau en obsidienne à l'usage des sacrificateurs, (Musée du Trocadéro.)

mr des jeûnes sévères, une chasteté prolongée, des bains, des pnifications, souvent aussi par de cruelles mortifications.

Cest ainsi, qu'avant de célébrer la fête du dieu Camaxtli, les prêtres étaient tenus à une rigoureuse abstinence, qui ne durait pis moins de cent soixante jours, et pendant tout ce temps ils devaient se percer la langue avec des centaines de petits bâtons pointus variant de un à trois centimètres de diamètre (3).

(ll « The Aztecs recognised the existence of a supreme Creator and Lord of the universe, » Prescott, the Conquest of Merico, t. 1, p. 51.

«Their Mythology, as far as we know it, presents a great number of unconnected Gols, without apparent system or unity of design. » Gallatin, Am, Ant. Soc. Trans., tp, 452,

3 Las Casas, His, Apnlogetica de las Yndias Occidentales, ©. cLxxII et cLxxv. Kingsborough, t. VII.

FRE ÉS DE Le

hu "1 4 Le |

ee p=

= AI le LE ee

Les fêtes religieuses étaient fréquentes chez tous les peuples, ace Nahuat}, et chacune d'elles était accompagnée de series, humains, À telle fète, selon un rite strictement observé j,, enfants à la mamelle étaient offerts au dieu qui présidui , la pluie; ils devaient être immolés sur de hautes montagne ou précipités dans le lac qui baigne la ville de Mexico [,

Fig, 118. — Collier de sacrifice, (Musée du Trocadéro,

mois suivant, le dieu des orfévres exigeait des sacrifices non moins sanglants. Des centaines de misérables captifs étaient successivement amenés aux pieds du grand prètre ; leur poitrine était ouverte avec un couteau en obsidienne (fig. 117 et L18 :leur cœur arraché et offert, tout pantelant encore, à l'idole. A d'au tres fêtes, s'il est permis de les appeler ainsi, la peau du malheureux était arrachée; des gladiateurs s'en revêtaient, pour « livrer à des co mbts simulés; ou bien, dans un élan de ferveur,

les pr HU LL phee in pr ler fut

battue

buient

uicrifie homme luiseau

ieC US

le Ils détail,

?) Peu

3) Banc fêtes, Not pltement

LES PEUPLES DE L'AMERIQUE CENTRALE, 215 les prètres s'honoraient de porter ces dépouilles (fig, 119 et 120) jusqu'a ce qu'elles tombassent en lambeaux (1), Le hideux trojee était alors suspendu dans le temple de Yapico, ou, si c'était n prisonnier pris Les armes à la main, rendu à celui qui avait dert la victime, Les réjouissances en l'honneur de Mixcoat}, le lou 2) de la chasse et du tonnerre, étaient inaugurées par des

les peuples, € de sncriliee, observe, de Hi présiduit à ‘8 montagnes

e Mexico, [,

uattues, où les animaux, daims, covottes, liévres, lapins, tom-

Fig. 119, — Prètre Aztec, revôtu d'une peau humaine,

laient sous les flèches des dévots. Puis venaient les inévitables «crilices! humains: on allumait enfin un grand feu, où les hommes jetaient! des pipes ou des vases (fig. 121), les femmes des S leaux, dans l'espérance que le dieu leur rendrait leurs offrandes : leur poitrine : < à en 7 et 118: ‘ec usure, dans la vie qui les attendait au delà de la tombe (3). 17 et 11S leur

l'idole. À d'au-

au du malheu-

sacrifices non

ifs étaient suc-

le Hs-puaient comme des chiens morts, » ajoute Sahagun qui nous a transmis ce détail,

?) Peut-être faudrait-il dire la déesse; ce point est très controversé.

3) Bancroft (t, I, ch. 1x et t. II, p. 355-412) donne un détail très exact de ces

n de ferveur, tes. Nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur désireux de les connaître plus compltement,

aient, pour

Au jour consacré à Xuihteeutli, le dieu du feu, les eaptif, étaient portés en triomphe sur les épaules des prêtres, jusqu'a li plate-forme où s'élevait le teocalli, puis précipités dans un foye, ardent, La foule accourue de toutes parts se repaissait ave transport de l'agonie de ces malheureux : et des danses, des ri.

Fig. 120, — Vase destiné aux sacrifices (la tète est celle d'un sacrificateur reve d'une peau humaine), (Musée du Trocadéro,

jouissances, des festins, où la viande humaine (1) était le mets le plus recherché, terminaient la journée, A Tlascala, un des moi de l'année était consacré aux plaisirs sensuels, I était inaugur

(1) Les morceaux les plus délicats étaient réservés aux prètres, Une partie du caca vre devait être rendue à celui qui avait offert le malheureux. Sahagun nous apprû que cette viande était accommodée avec du mais. Ce mets s'appelait Tlacatlaoliet maître de l’esclave devait s'abstenir d'en manger, car l'esclave était regardé comme un membre de la famille,

pieu une voul Ses

entr gloi celal tous

feu, les Caplifs tres, jusqu'à hi s dans un love; repaissait ave

danses, des [ITR

lPEY. ê

sacrificateur reveti

) était Le mets le la, un des mor était inaugur

Une partie du caihagun nous apprent lait Tlacatlao lier:

hit regardé comme un

par le sacrifice de nombreuses vierges, D'autres fois, un jeune homme et une jeune fille, choisis pour leur beauté, étaient entrenus pendant toute une année avec un luxe royal, puis trainés a supplice, comme des victimes agréables aux dieux,

Telles étaient les fêtes qui se renouvelaient chaque année. I y nuit aussi les fêtes extraordinaires, une victoire, l'avènement Jun roi, la dédicace d'un temple; ces derniers événements ient fréquents à Mexico, et toujours l'occasion d'hécatombes devietimes, Siune défaite, une maladie pestilentielle, une famine,

Fig, 121. — Vaso trouvé dans l'ile de Los Sacrificios,

un tremblement de terre venaient frapper les Aztecs, 1e peupie reclanait avec ardeur des sacrifices pour apaiser la colère des dieux,

La dédicace par Ahuizotl du grand temple de Huitzilopoehtli, en 1487 (1), fut marquée par l'immolation de 72,344 malheu-

1) La légende de Huitzilopochtli, le dieu de la guerre, mérite d'être rapportée. Une pieuse veuve vivait à Tula, Un jour qu'elle était au temple, elle vit flotter dans les airs une petite boule de plumes, Elle la ramassa et la mit dans son sein. A son retour ella voulut la rechercher ; la boule avait disparu. Peu de temps après elle était grosse. Ses fils, irrités du déshonneuür de leur mère, voulaient la tuer, lorsque du fond de ses entrailles, une voix se fit entendre : « Ne crains rien, ma mère, car tout tournera à ta gloire ; » et au mème instant Huitzilopochtli parut portant sa lance, son bouclier étincelant et sa couronne de plumes vertes, et tombant sur ces fils dénaturés, il les mit

tous à mort, Be ce jour il fut appelé Tetsauhteoll, le dieu terrible (Bancroft, t. HI, p. 8x).

reux (1); lesprètres étaient fatigués de frapper ; il fallait success. vement les remplacer; mais le peuple ne se lassait pas de cette effroyable boucherie ; il répondait, par des exelamations de joie. aux hurlements de ceux qui mouraient (2). Sous Montezuma |f. 12,000 eaptifs périrent, lors de l'inauguration d'une pierre my. rieuse amenée à grands frais à Mexico etdestinée à former l'autel des sacrifices (3). Ces sacrifices touchaient heureusement à leur fin; en 1518, au moment même où Juan de Grijalva débarquait sur la côte où s'élève aujourd'hui Vera-Cruz, de nombren prisonniers furent immolés en l'honneur de la dédicace du temple de Coatlan, Ce devait être la dernière de ces horribles fètes: lex Espagnols vainqueurs s'empressèrent de les abolir (4).

En dehors des sacrifices extraordinaires que nous venons de raconter, le nombre des victimes qui périssaient dans les saturnales annuelles dépasse toute créance, Zumarraga, le premier évèque de Mexico, dans une lettre datée du 12 juin 1531 v adressée au chapitre général de son ordre, ne Pévalue pas à

moins de 20,000 ; Gomara le porte même à 50,000 (5). Ces chiffres

(1) Le Scñor Orozco y Berra montre dans les annales du musée national de Mexico, l'existence de sacrifices humains chez les Juifs, les Egyptiens, les Perses, les Phéniciens, les Pélasges et bien d'autres nations de l'antiquité. Des recherches récantes permettent aussi de croire que le rombre des victimes a été singulièrement exagii par ies historiens espagnols, En admettant mème, ce qui nous semble probable, cette exagération, il faut aller dans l'intérieur de l'Afrique pour voir de pareilles hécatombes.

(2) Torquemada, t. 1, p. 186. — Vetancurt, Teatro Mex,,t.U, p. 37, D'autres écrivains portent le nombre des victimes à 60,460 et celui des spectateurs à plus de six millions (Bancroft, t. 1, p. 577; t. V, p. 440).

(3) Les autels destinés aux sacrifices peuvent se ramener à trois types différents: 1° le Tehcatl généralement en obsidienne ou en serpentine, de forme convexe : la poitrine de la victime se trouvait ainsi placée de manière à faciliter la tâche du sacrilicateur. Sa hauteur, rapporte Duran (Hist. de las Yndias de Nueva España), atteignait la ceinture d'un homme, et sa longueur pouvait être de 8 pieds ; 2° le Tematacat/, pierre de forme cylindrique, à laquelle était attaché le malheureux qui devait montrer sa bravoure, en luttant contre ses assaillants à l'aide d'un bouclier. Dès qu'une flèche l'avait atteint, il était trainé au tehcatl et son cœur immédiatement arraché par le sacrificateur; 3° le Cuauhæicalli, pierre concave avec un bassin au centre, où le sang était recueilli. C'est à ce dernier type, que se rapporte la célèbre pierre découverte à Mexico en 1191. — Ann. del Museo Nacional, Mexico, 1877 et 1878.

(4) Torquemada, /. e., t. E, p. 186. — Vetancurt, L, c., t. IF, p. 46. — Veytia, His. ant. de Mejico, t. I, p. 476.

(5) Hist. Gen. de las Indias. Anvers, 1554.

lait success.

pas de cette alions de joie, lontezuma ||, pierre myste.

former l'autel sement à leur ijalva débarde nombreux licace du temorribles fôtes: olir (4).

Jus venons de lans les satura, Le premier juin 13 l'évalue pas à »), Ces chiffres national de Mexico, Perses, les Phénicherches récantes ilicrement exaget

ble probable, cette de pareilles héca-

D'autres écrivains lus de six millions

types différents :

e convexe : la poia tâche du sacrilipaña), atteignait la Tema!acat!, pierre ait montrer sa brau'une flèche l'avait hé par le sacrifica- , où le sang était brre découverte à

Page 1