Le baror (à 1842, Charnaÿ
LES RUINES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 341 le à son importance, le nombre et la magnificence de ses kmples et de ses édifices (1). Parmi ceux encore debout, on cite k cirque, le château, le palais des nonnes, le Caracol ou eargot, le Chichanchob ou la maison rouge : tels sont les noms aus lesquels ils sont aujourd'hui désignés.
Le cirque n'était probablement qu'un gymnase (2), où les unes gens venaient lutter de vigueur, d'adresse et d'agilité. Le monument comprenait autrefois deux pyramides parallèles we un développement de 110 mètres environ. Celle de gauche, core bien conservée, est couverte de peintures. Ce sont des pcessions de guerriers ou de prètres, portant, soit des armes, «it des offrandes ; ils ont la barbe noire, des coiffures étranges «ur la tête, sur les épaules de larges tuniques. Les couleurs empoées sont le noir, le rouge, le jaune et le blanc. Les basiefs extérieurs sont remarquables ; toutes les figures offrent le hpe de la race yucatèque actuelle et sont e:, contraste complet we les têtes en pointe, les fronts fuvants qui sont repré- «ntés à Palenque et que l'on prétend retrouver encore aujourfhui chez les races inférieures, établies dans la montagne.
Le Palais des Nonnes repose sur un massif de maçonnerie de
L 32 pieds de hauteur et de 160 sur 112 pieds à sa base. Le bàti-
ment, auquelon arrive par un large escalier, était à deux étages; ks murs sont ornés de riches sculptures, semblables à celles FUxmal (3) et la porte possède une ornementation de clocheuns de pierre, que l'on ne saurait mieux comparer qu'aux custructions chinoises ou japonaises (4). A l'intérieur, se trouve une salle de #7 pieds de longueur; les murs sont recrépis en
DA city, which I hazard littie in saying, must have been once of the largest the vorld has ever scen, » Norman, Rambles, p. 108.
?) Charnay, L. c., p. 340 et s.
3) « C'est le bijou de Chichen pour la richesse de ses sculptures. » Charnay, L €. p.312,
3 Un missionnaire protestant (Hardy, /ndian Monachism, p. 122) fait ressortir les apports entre les édifices de Chichen et les Topes ou les Dagobas des Bouddhistes, ‘Les premiers, ajoute-t-il, ressemblent tellement à ce que j'ai vu à Anarajapoura acieune capitale du Ceylan), qu'après avoir jeté les yeux sur la gravure qui représate ces ruines, je crus tout d'abord avoir affaire à une illustration des dagobas. »
342 L'AMÉRIQUE PRÉHISTORIQUE. L plâtre; on y distingue encore, bien qu'elles aient beaucoup souffert de l'humidité, des hommes couronnés de plumes.
On a donné le nom de château à une pyramide dont la bu mesure 197 pieds sur 202. Sa hauteur est de 75 pieds et el, est terminée par une plate-forme à laquelle on accéde par nn escalier, fermé par une balustrade, couverte de têtes de ser. pents ; sur cette plate-forme a été érigé un bâliment (1, don la porte principale est tournée vers le nord, Les montants 4,
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Fig. 135. — Montant de porte au château de Chichen-Itzn.
cette porte sont en pierre, et chargés de sculptures. Nous reprduisons un des bas-reliefs (fig. 135) qui peut donner une idee de la figure et de la coiffure des habitants. L'ornement athché au nez est particulièrement caractéristique. La disposition intérieure que le plan (fig. 136) permet de juger, diflere à tout ce que nous avons vu jusqu'à présent.
Le Chichanchob (2) ou la maison rouge (fig. 137), est le monument le mieux conservé de Chichen. I comprend un sel
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(1) Ce bâtiment mesure seulement 49 pieds sur 43. (2) Nous ne savons pourquoi les Indiens donnent à cet édifice le nom de la Cart | la prison. Mit chez Il
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LES RUINES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 313 corps de logis, placé sur une pyramide peu élevée, avec trois portes au couchant, éclairant une galerie de la mème longueur que le palais. Cette galerie donne accès à trpis salles, qui n'ont
Fig. 136, — Plan par terre du château de Chichen-Itza,
liliers carrés au centre de la salle principale ; b. Colonnes qui supportent la porte du Nov,
ke jour que par leurs portes. M. Charnay, qui donne ce détail, joute qu'il n'a jamais remarqué de fenêtres, dans les nombuses ruines du Yucatan qu'il a visitées.
Fig. 137. — Le Chichanchob à Chichen-Itza.
Le Caracol est un bâtiment circulaire ont le diamètre est le 22 pieds seulement. L'intérieur rappelle les estufas que l'on ‘it chez les Cliff-Dwellers et consiste en un massif de maçon-
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nerie avec un double corridor très étroit, Le bâtiment si, sur deux terrasses artificielles superposées lune à l'autre 1. un escalier de vingt marches (2) conduit de la premiere à h seconde, il est orné d’une balustrade, qui représente des wr. pents enlacés, Le serpent joue un grand rôle dans l'architectum de Chichen-Itza. I se rencontre à chaque pas et il est difficile de ne pas y voir un symbole religieux.
On ne saurait trop répéter la richesse des sculptures: li. glise bâtie pour les Indiens, est remplie de bas-reliefs arrache aux ruines (3). Les peintures sont plus nombreuses encore que les sculptures; on peut voir partout de longues procession d'hommes ou d'animaux, des défilés, des combats, des luttes de l'homme contre le tigre ou contre le serpent, des arbres, des maisons (#). Une des peintures, encore visible sur les mur du cirque, représente un bateau, qui ressemble aux jonques chinoises, c'est le seul exemple connu, jusqu'à présent, des procédés de la navigation de ces anciens peuples (5).
Les hiéroglvphes ne font pas non plus défaut. Leur forme rappelle ceux de Copan. Comme eux, ils étaient restés inde. chiffrables et nous ne savons qu'une seule exception que non hésiterions même à rapporter, tant elle paraît étrange, si elle n'arrivait avec l'autorité d'une société scientifique importante: celle des Antiquaires américains (6).
Avant de raconter cette découverte, il convient de dire la légende sur laquelle elle repose. Chaac Mol (7) était un des trois frères, qui s'étaient partagé le gouvernement du Yucatan. Il avait épousé Kinich KatmÔô, princesse d'une merveilleux
(1) La terrasse inférieure mesure 223 picds sur 150, la terrasse supérieure 80 pieds sur 55. Stephens, Yucatan, t. I, p. 298.
(2) Les marches ont 45 pieds de longueur.
(3) Charnay, L ©, p. 336.
(4) Stephens, Yucatan, t. II, p. 303, 305,
(5) Stephens dit en parlant de ce bateau : « The greatest gem of aboriginal art which on the whole continent of America now survives, v
(6) Salisbury, The Mayas, the Sources of their History. Worcester, 1877. — May Arch. Worcester, 1879. — Short, The North Americans, p. 396 et s. — Lettre du
D' Le Plongeon du 15 janvier 1878. Proc, Am. Ant. soc., 21 oct. 18178. (7) I est aussi connu sous le nom de Balam, le roi tigre.
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LES RUINES DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 345 heauté, qui exeita l'ardent amour d'Aac, un de ses beaux-frères. lac, pour obtenir sa main, n'hésita pas à faire assassiner son mari: mais Kinich resta fidèle à la mémoire de Chaac, et sa piété conjugale la porta à faire exécuter sa statue et à orner on palais de peintures, retraçant les principaux événements de « vie et les tristes scènes de sa mort. Dans une de ces pein-
Fix. 138. — Bas-relief trouvé par le docteur Le Plongeon à Chichen-ftza.
lures, Aac porte à la main trois lances qui symholisent les trois blessures infligées à son frère. On croit reconnaitre Île lpe assyrien dans les personnages principaux représentés aux trois quarts de leur grandeur naturelle. A côté d'eux on remarque d’autres hommes de grande taille, avec des tèles assez petites, des lèvres épaisses, des cheveux crépus; on à prélendu y voir le type négroïde.
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