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Tiaguanaco.
tionnelle, reposent sur de grands blocs de pierre, Les fouil. les ont mis au jour un peu au-dessous du niveau du sol, quarante. cinq cellules sans aucune communication entre elles et disposves sur cinq rangs. De là le nom donné à l'édifice: si véritablement nous sommes en présence d'une prison, ce serait aux habitants de Chimu qu'il faudrait faire remonter la pensée premiere du système cellulaire (1).
Nous pouvons nous rendre compte à Chimu des habitations par. liculières, C'est là un fait assez rare, car, dans la plupart des villes en ruines, les monuments seuls ont résisté aux injures du lemps et aux destructions bien autrement redoutables des hommes. Ces habitations tantôt rondes, tantôt carrées, étaient disposées avec une grande régularité sur des rues ou sur des places, Les chambres variaient naturellement et comme nombre et comme dimensions, Les plus grandes atteignaient 25 pieds de longueur sur 12 de hauteur, Une poterie fort curieuse figure une imaison au toil pointu, avec une seule porte et un trou dans le pignon pour assurer probablement la ventilation, Telles devaient être les demeures du peuple; leur nombre témoignait d'une population considérable (2).
Tiaguanaco (3) s'élève au centre d'un bassin, formé par deux lacs de grandeur très inégale, le lac Titicaca et le Tac Aullagas, sur un plateau entouré de hautes montagnes, que domine FI: lampu (4). Ce plateau est à 12,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, presque à la limite des neiges éternelles, A cette altitude, aucune végétation n'est possible, aucune céréale ne peut mürir: la respiration est pénible, tous les éléments sont insuffisants pour maintenir la vie.
(1) M. Wiener remarque, que la ville actuelle bâtie en 1533 a été renversée trois fois 1 par des tremblements de terre. La solidité des constructions des vieux habitants leur
a permis de résister à ces terribles chocs.
(2) Squier, 2. c., p. 181.
(3) Tel est le nom donné à la ville par les Incas. Son nom ancien reste inconnu. Angrand, Lettre sur les Ant. de Tinguanaco. — Paz-Soldan, Geog. del Peru.
(4) La hauteur de l'Illampu est de 5,500 mètres, c'est la montagne la plus élevic 4
des deux Amériques.
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Dans cette région aride et désolée, d'un accés si difficile, les \ommes avaient cependant construit une ville importante, des difices remarquables (1), Garcilaso rapporte que lorsque Maytalapac, le quatrième Inca, pénétra pour la première fois dans le as, a vue de ces monuments jeta les Péruviens dans un proand étonnement; ils ne pouvaient se rendre compte des procédés qui avaient été employés pour les ériger, C'est à Tiaguanaco que ctrouvail Le siège de la civilisation à la fois la plus ancienne et h plus brillante de l'Amérique du Sud, Ce contraste continuel tre la nature et les œuvres de l'homme est un des grands ntérèts de cette étude,
Dès son arrivée au milieu des ruines, l'explorateur est frappé ur le nombre des monolithes (fig. 165), plantés debout à des dis-
l'ig. 165, — Monhirs à Tiaguanaco,
hnces régulières, rappelant ceux de Stonchenge (2) par les dimensions cyclopéennes des pierres employées (3); par la pro-
1) Desjardins, le Pérou avant la domination espagnole, — Rivero et Tschudi, Ant. loruanas.
?) Leur hauteur est très inégale ; le plus élevé mesure 14 picds. Les monolithes de Snchenge varient de 16 à 21 pieds.
4) Acosta, un des premiers Espagnols qui entra à Tiaguanaco, parle de pierres quiatteignaient 38 pieds de longueur, 18 de largeur et 6 d'épaisseur. De NaDAILLAC, Amérique. 26
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fusion de sculptures, d'ornements, de bas-reliefs, de statues de grandeur colossale (1).
Les tètes humaines n'ont pas les oreilles déformées: c'est une preuve de plus qu'elles sont antérieures aux Inens, eur nous savons que ce fut l'Inca Roca, qui introduisit la mode de porter de lourds anneaux aux oreilles, d'où le surnom d'Orejones. que les Espagnols donnèrent aux indigènes,
Les pierres employées sont le grès rouge, un trachyte se rap. prochant de la couleur de l'ardoise et un basalte très dur et très foncé (2). Toutes ces pierres sont admirablement polies et ln perfection de la taille est comparable à celle des granits des pylônes égyptiens. On a peine à concevoir comment des ou vriers ont exécuté un travail aussi difficile (3), alors que le fer leur était inconnu et qu'il leur fallait se servir d'outils soit en silex, soit en un alliage de bronze (champi) peu résistant, Les pierres étaient postes avec une telle précision que les joints sontà peine perceptibles, puis assujetties avec des crampons en bronze, Les débris des monuments ont servi à construire toutes les
églises des vallées environnantes et les sculptures de Tiaguanaco |
se retrouvent à plus de vingt lieues de distance, jusque sur les murs de la cathédrale de la Paz, la capitale actuelle de la Bolivie,
Le bois n’entrait point dans ces constructions ; à cette hauteur, les arbres ne pouvaient grandir et quelques misérables broussailles, plus souvent encore la fiente desséchée deslamas, étaient le seul mode de chauffage.
IL faut maintenant décrire rapidement les ruines de Tiagunaco; nous conserverons, comme points de repère, les nomsquiont été donnés aux divers édifices ; mais les désignations populaires, observe avec raison M. Desjardins (4), ne sont rien moins que
(1) On n'a retrouvé jusqu'ici que huit statues,
(2) Il existe de grandes falaises de grès rouge à cinq licues dos ruines et des couches de trachyte et de basalte à Yunguyo. Le transport dans les montagnes venait s'ajouter aux immenses difficultés, que les constructeurs avaient à vaincre.
(3) « In no part of the world, have [ seen stones cut with such mathematical precision and admirable skill as in Peru ; and in no part of Peru are there any to surpass
those which are scattered over the plains of Tiahuanuco. » Squier, Peru, p.279. (4) L. c., p. 150.
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la forteresse (1) est un mound de forme rectangulaire, qui ideve à une hauteur de 150 pieds, par terrasses successives, en wait les unes sur les autres et soutenues par des murs massifs; atici encore la mème disposition qu'au Mexique et dans le juatan, La plate-forme était couverte de constructions, dont les idations restent à peine visibles, Nulle part, les tapadas n'ont igloyé une plus sauvage ardeur, excités sans doute par la tradimm, qu'aucun Indien ne s'aviserait de mettre en doute, qu'une mmunication souterraine existe entre cette forteresse et la ille de Guzco, à plus de 160 lieues de distance !
n'est pas probable que cette pyramide, malgré le nom wles indigènes lui ont donné, ait jamais servi pour la défense. ls forteresses du Pérou ont toujours été construites sur des unts désignés par leur situation mème, Beaucoup d'archéomes veulent donc y voir un temple et y placent le théâtre des wrifices humains qui existaient, rapporte-t-on, avant la domiulion des Incas, C'est là une pure conjecture ; dans l'ignorance “nous sommes, il n'est permis, ni de l’accepter, ni de la repusser,
Au nord de la forteresse, s'élève le temple (2), le monument plus ancien de la ville, I forme un parallélogramme de lb pieds sur 388 et il était entouré d'un vaste parvis, construit nblocs de trachyte (3) de forme irrégulière, et moins soigneu- «nent préparés que les pierres qui entrent dans les autres édies de Tiaguanaco.
la Salle de justice n’est plus qu'une masse de pierres amondes: il faut une longue et patiente étude pour reconnaitre lclitude du récit que Cieca de Léon écrivait, il y a trois siècles,
1}« La ville de Tiahuanacu était singulière par ses grands ot incroyables bâtiments. L plus beau bâtiment que l'on vit dans ce pays, c'est une montagne faite de main Mimme, mais prodigieusement élevée. » Garcilaso, trad, franç., t. 1, p. 59.
! Squier, Peru, p. 299.
1 Ces blocs mesurent de 8 à 10 pieds de longueur sur 2 à 4 pieds de largeur et A 30 pouces d'épaisseur,
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QUL L'AMÉNIQUE PRÉHISTORIQUE
où même du plan que dressait d'Orbignys en INEE Selon tonte
apparence, c'était un édifice de forms parallélogrammique | Des murs entouraient une plate-forme en terre, avant au centr une excavation qui descendait au niveau du sol, On ignore là ;
destination de cette exeavation, dont les parois étaient formes @ de pierres de K ande dimension (2 , Une porte encore debout (tig. 166) y donne aceës; les jambages sont des monolithes qui j
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Fig, 166, — Porto à Tiaguanaco,
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appellent ceux de l'Egypte ; la frise est ornée de figures humaine sculptées en bas-relief.
A l'est de la salie de justice, on aperçoit un mound des à Îl
(1) Il mesure 420 pieds sur 310.
(2) Cieça de Leon les dit lv #0 plec:, de longueur sur 15 pieds de largeur et 6 pie de hauteur, Squier donne des dimensions plus faibles.
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ds de hauteur (1), Au centre, s'élevait un édifice mesurant 50 ubsearrés, auquel Squier a donné le nom de Sanctuaire, On y dat par des perrons aux marches très étroites, et lost fa
k de distinguer une sorte de Vaos qui devait être un but de derinage, Tiaguanaco avait en effet un grand renom de sain-
uw, qui ne le cédait en rien à celui de Pachacamae, et à cerins êtes, les hommes y affluaient de toutes les parties du lorou,
Plusieurs portes monolithes, semblables à cellesque nousavons kerites, dominent les ruines qui les entourent, Une d'entre elles {probablement le monument le plus curieux de la ville, Qu'on «figure un bloc de trachyte de 13 pieds 5 pouces de longueur, ur? pieds 2 pouces de hauteur (2), surmonté par une frise que Londre a brisée; puis quatre séries de cartouches portant des jures humaines, quelques-unes inachevées, gravées en creux, Lau centre, une ornementation très originale et très complinee (fig. 165), C'est une représentation humaine, entourée de hereliefs que l'on dit des jaguars et des eondors (4), Ces figures ant très probablement symboliques; mais la religion des anciens hbitants de la ville ne nous est pas assez connue, pour que nous puissions les interprèter, La face occidentale porte cinq niches, bat deux sont enfoncées dans le sol, la hauteur du monolithe te donc à déterminer,
L'histoire et la tradition sont également muettes sur les liens pi peuvent rattacher les constructeurs de Tiaguanaco aux lquichuas, Nous sommes non moins ignorants des rapports qui mtexisté entre eux et les Aymaras, Fest probable, sans que tn permette cependant de Paffirmer, que les uns et les autres
Lurtent des races Naliuas et qu'ils sont venus du Nord, peut-être
mème de ce plateau d'Anahuac, si fertile en populations, Ce Ï po
LI forme un carré parfait de 175 pieds sur chacun de ses côtés,
? Les dimensions do la porte sont 4 pieds, 6 pouces de hauteur sur? picds, 9 pous de largeur, M, Desjardins (4, e., p. 159) donne une excellente description de ce ionument,
3 M, Angrand, qui a visité Tiaguanaco, fait ressortir sa ressemblance jusque dans smoindres détails avec les monuments de Palenque, d'Ococingo et de Xochicalco.
qui est certain, c'est que de semblables monuments ne peuvent être les vestiges d'une civilisation autochthone, ni l'œuvre d'un 2 race qui aurait puisé dans ses propres eforts, dans son génis M
Fig. 167. — Partie centrale du grand monolithe de Tiaguanaco.
personnel, des connaissances architecturales aussi completes : 4
nous nous associons donc à la conclusion de M. Angrand (1.4 que la civilisation dont ils portent l'empreinte n'a pu prendre
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