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RÉ

470 L'AMÉMIQUE PRÉHISTORIQUE,

une origine commune, étaient constamment en lutte les un contre les autres, À côté des Tupis, les Portugais rencontrant les Tapuyas et les Tupinambas (1) qui dominaient toute la côte, depuis l'ile Saint-Vincent, jusqu'à l'ile de Maranhèo, d'autres encore, dont l'énumération ne serait de nul intérêt, Étaient-ce là les plus anciennes populations du Brésil; celles, par exemple, dont

Fig, 204, — Botocudo,

les ossements ont été retrouvés dans les cavernes de la province@n

de Minas-Geraës? [est permis d'en douter, et bien que le type des hommes du Lagoa-Santa se rencontre encore au moment de l'invasion européenne (2), tout semble prouver que les barbares Guaranis avaient eu, soit comme prédécesseurs, soil comme contemporains, une race plus civilisée, Si nous admettons cette dernière hypothèse, ce serait à cette race inconnue qu'il faudrait

attribuer les rares mégalithes et surtout les peintures et les gra-@

vures sur roche, que l'on rencontre si fréquemment au Brésil,

Herkman, envoyé dans l'intérieur de la province de Pernam-

buco par le prince de Nassau-Siegen, durant la domination hollandaise, signalait deux pierres parfaitement rondes, dont la

plus grande mesurait seize pieds de diamètre, placées l'une sur

(1) Ge sont les Topinambours des anciens écrivains français. (?) De Quatrefages, Cong. Anth. de Moscou, 1877,

l'autre (1 l'enfance sutel, à © une coutu des indigi aploratet onterre, trs OSSCHNIE dures, de:

jutah (2).

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(1) F. Denis (?) Hymence g'aphico do B (3) Debret, (4) Bul, Soc (5) Voyage

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LÉ PÉROU, s7!

l'autre (4), C'était là une de ces constructions, qui marquent l'enfance de l'art dans toutes les sociétés, On a prétendu y voir un autel, à raison des pierres accumulées tout autour, qui, selon ne coutume presque universelle, témoignent de la vénération des indigènes, Sur plusieurs points de l'intérieur du pays, les aplorateurs ont rencontré des tumuli tantôt en pierres, tantôt terre, Dans tous, les fouilles ont donné des ossements et avec cs ossements, des armes, des ornements en silex où en roches dures, des morceaux de cristal, de corail ou de racine de jutah (2).

Les solitudes du Para et du Piauhy renferment des sculptures on creux, dues à des populations disparues ! Ce sont des animaux, des oiseaux, des hommes dans les attitudes les plus variées ; parmi ces derniers, les uns ont le corps tatoué, les autres sont couronnés de plumes ; des arabesques et des enroulements, completent la scène (4). M, Philippe Rey signale à la Sierra da Oncça, sur les rochers qui dominent la rive droite du Rio Doce, des dessins tracés à l'ocre rouge, tantôt isolés, tantôt groupés sans ordre apparent (fig. 202). Est-ce là une inscription et devons-nons attribuer à ces dessins une autre signification que celie du enprice de l'artiste” Nous n'oserions le dire; toute interprétation parait impossible (4). Dans la province de Ceara, des rochers rappellent par les gravures dont ils sont couverts, ceux de la Scandinavie (fig. 203); M. A. de Saint-Hilaire en cite de semblables sur les rochers de Tijuco; M. Koster parle d'une barque sculptée en creux (5) et tout permet d'espérer de nouvelles déouvertes à mesure que les voyageurs pourront pénétrer plus librement dans les forèts vierges, les savanes et les déserts qui couvrent la plus grande partie du territoire brésilien,

Au nord, la zone des Pedras Pintadas, tel est le nom qu'on

(1) F. Denis, Le Brésil, p. 252.

(2) Hymencea curbarii, — G, Rath, Revista do Instituto historico, geographico, ethno- J'aphico do Brazil, 1871, 2° trim.

(3) Debret, Voy. pitt. et hist. au Brésil depuis 1816 jusqu'en 1831. Paris, 1839.

(4) Bul, Soc, Anth., 1879, p. 132.

(5) Voyage dans la partie septentrionale du Brésil depuis 1809 jusqu'en 1815.

Los Podrns Pintacus où

lietogras phivs,

leur donne, s'étend dans les Guyanes, des monts Paracaima à Uruana. Ces dessins, selon M. de Humboldt, datent d'époques @ nproduis différentes et sont dus à des populations très diverses, Mais 1 ni

quelles sont ces populations? L'illustre voyageur allemand n'a joute rien qui puisse les faire connaître, Ces Pedras pintudas se rencontrent au sud comme au nord, au Chili et au Pérou, comme dans l'Arizona et le Nouveau-Mexique ; partout elles pré-

AY

Fig. 205. — Gravures sur roche sur la rive droite du Rio-Doce,

sentent une analogie remarquable. Cette constante disposition, qui ne se rencontre au même degré, chez aucune des autres populations du globe, est un caractère de race difficile à méconnaître. M. Ameghino reproduit un grand nombre d'inscriptions qu'il a découvertes sur le territoire de la République Argentine et qui se peuvent comparer à celles du Brésil (1); elles paraissent

(1) « Puro los objetos mas notables, creo son las numerosas inscripciones sobre ro-

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à LE PÉROU, 173 came à MN lus compliquées, comme on peut le voir par celle que nous

époques ‘à nproduisons (fig. 20%); elles montrent un art plus développé S Mais nd n'atadas se Pérou,

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| à | ni Fig. 206. — Inscription sur pierre à Ceara. lt doivent sans doute dater d'une époque plus récente, ÿ MN Il est impossible d'attribuer les dessins du Brésil ou de ( N :

ition, autres nécon- Al il tions Fig. 207. — Rocher couvert de gravures (Province de Catamarca). ID [IN une el lUruguay, aux tribus de race guaranie; rien ne permet de aissent ; as que han descubierto en diversos puntos de la provincia. » La Antiguedad del obre ro- Hombre, t, 1, p. 541, fig. 353 à 364.

Poterie.

supposer, que des sauvages aussi dégradés qu'on nous les dc.

peint, aient eu l'intelligence et la volonté nécessaires, pour

retracer sur la pierre, les objets qui frappaient leur imaginn-

tion. La mème observation s'applique avec plus de force à un souterrain d’une longueur considérable, excavé dans un grès compact et que des explorations ont mis au jour dans ces der. nières années,

in pénétrant dans ce souterrain, e/ Palacio, tel est le nom

qui lui a été donné, on est surpris à la vue de colonnes placées à des distances régulières, supportant de véritables voûtes et convergeant toutes vers un centre commun (1). Les fouilles très superficielles exécutées jusqu’à présent n'ont donné que quelques pointes en agate; or, le gisement d’agate le plus rap-

prochè se trouve sur les bords du Rio-Negro; ce serait donc @ de là, que ces pointes de flèche auraient été apportées, Aucune tradition sérieuse ne se rattache à ces constructions, nous nousi bornons à les mentionner, en ajoutant que notre ignorance estl

complète sur l’époque à laquelle elles peuvent remonter, et sur les hommes à qui elles sont dues.

Nous en dirons autant pour les poteries recueillies en grand

nombre au Brésil et à La Plata. Les plus importantes de ccsi découvertes sont celles faites par le professeur Hartt (2). Sur

l'ile de Pacoval-Marajo et à Taperinha sur le Rio-Tapajos (3).

Elles permettent de juger de la forme et de l’ornementationf

des objets; cette dernière consiste principalement en lignes assez

compliquées, tracées tantôt sur l'argile molle, tantôt sur l'argilef

déjà durcie au soleil. D'autres fois les vases étaient peints; on cite notamment des coupes en forme d'oiseaux, aux couleurs les plus brillantes. Les anses présentent une variété non moins

curieuse ; elles imitent soit des animaux, soit les diverses par-! lies du corps humain, plus souvent encore des têtes grotesques :{

(1j Mario Isola, Caverna conocida por palacio sulerreano de Porongos dép. de San Jose (R. O. del U.). — Ameghino, 2. c., p. 461. — El Siglo de Montevideo.

(2) Report Peubodyy Museum, 1873, p. 20.

(3) Un des affluents de l’Amazone.

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(2) Le Rio d gauche de l'An

(3) H, Fische Mat., 1880, p.

les dé jimagination ne faisait assurément pas défaut à ces potiers in- * pour à connus. Une urne de deux pieds et demi de hauteur sur quatre nagina-| ‘à pieds de diamètre, imitation assez grossière du corps de l'homme ce à Un st le plus remarquable des objets transmis par M. Hartt au Peabody Museum. 11 a été trouvé un certain nombre d'urnes sem-

blables (1), dont quelques-unes renfermaient des ossements hu- | mains. Elles doivent remonter à des temps éloignés ; rien de ce que nous savons du genre de vie des Tupis et en particulier de leurs rites funéraires, ne permet de les leur attribuer.

Des fragments de poterie ont aussi été trouvés sous un kjükkenmédding auprès de Santarem (province de Para); M. Hartt date ce kjôkkenmôdding exclusivement formé de mollusques d'eau douce, de la mème époque que les plus anciens amas de la Floride. Les tessons étaient acconipagnés d’ossements d'animaux divers ; ces ossements, renfermés dans une brèche compacte, auraient pu fournir quelques indications utils; malheureusement ils n'ont pas été décrits, ou du moins leur description n’est point parvenue en Europe.

M. Barboso Rodriguez, chargé par le gouvernement brésilien, d'explorer la vallée de l'Amazone, raconte les innombrables tessons de poterie amoncelés à dix-huit miles en amont du confluent du Rio das Trombettas (2) et de l'Amazone (3). Il découvrit aussi dans cette expédition, plusieurs exemplaires d’un idole en pierre, appelée Muirakitan. Elle représente un crapaud où une grenouille sculptés sur des roches dures. La tradition veut que ce fussent là les amulettes données par les Amazones, à leurs amants, lorsqu'elles se rendaient chaque année auprès d'eux, sur les bords du Yamunda. De semblables imitations de batraciens se trouvent au Mexique, au Pérou et nous avons dit l'idée superstitieuse qu'y attachaient les Chibchas. Quant à la fable des Amazones, elle remonte au récit d'Orillana, un des

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(1) M. Hartt les appelle des Face Urns.

(2) Le Rio das Trombettas est aussi appelé l'Orixamena ; son cours est sur la rive gauche de l'Amazone. ,

(3) H. Fischer, Sur l’origine des pierres dites d'Amazone et sur c? peuple fabuleux. Mat., 1880, p. 121.

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compagnons de Pizarre, qui descendit le fleuve durant les années 1539 et 1540, et qui de retour en Espagne, raconta les combats qu'il avait eu à soutenir contre des femmes aussi bel. liqueuses que des hommes; ses adversaires étaient probablement

les Uaupès, Indiens sveltes, imberbes, aux extrémités fines, aux

traits féminins et leurs femmes n'étaient que les témoins du À

combat auquel elles ne prenaient qu'une part indirecte,

1 faut enfin, pour terminer tout ce qui concerne les poteries de l'Amérique du Sud, parler des urnes trouvées dans les iles situées au nord de Buenos-Ayres, vers l'embouchure du Parana (1). Ces urnes sont en argile plastique noire, avant subi une cuisson très superficielle ; elles tombent en fragments dès qu'elles sont déterrées (2). L'une d'elles à pu être conservée à grand'peine ; elle mesure plus de 18 pouces de hauteur, sur un diamètre de près de 23 pouces. Sa forme est circulaire et parfaitement régulière ; la partie supérieure s'infléchit rapidement, de manière à former une espèce de col de 2 pouces de hauteur ct présentant une large ouverture. Le vase était peint en blane, et orné de lignes, de cercles, de carrés, peints en rouge. Ces décorations varient à l'infini; et un grand nombre de poteries portent des ornements modelés en relief dans la pâte, Chaque urne renfermait un squelette assis, la tête inclinée sur la poitrine, les genoux relevés vers le menton. Tous les ossements étaient tellement décomposés par les inondations fréquentes du cimetière, qu'il fut impossible de les étudier. On signale dans la province de Tucuman, des urnes semblables, renfermant également des squelettes ; dans celle de la Rioja les corps étaient placés dans une position analogue, mais cette fois dans des corbeilles de jone. Les vases ou les corbeilles étaient déposés dans des grottes naturelles ou artificielles. Nous sommes en présence d'un rite funéraire bien caractérisé.

Nous avons tenu à n'omettre aucune de ces découvertes. Ces

(1) Burmeister, Congrès d'Anthropologie et d'Archéologie préhistoriques. Bruxelles,

(2) L'épaisseur des fragments recueillis varie d'un pouce à un quart de pouce.

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…«ulptures, ces peintures, ces poteries trouvées sur des points hi tués à des distances considérables, témoignent assurément de “uces plus civilisées que celles rencontrées par les premiers . furopéens qui abordèrent sur les côtes américaines, Il a été riquemment recueilli au Brésil et dans l'Uruguay des haches, ks armes, des outils de toute sorte, en pierre. On apportait incemment à la Société d'Anthropologie de Paris (1), de sem- “ihbles outils trouvés dans des gisements aurifères de la proince de Maranhäo (2). Ils sont, disait à cette occasion le D Hamy, analogues à ceux qui nous viennent de la Guyane, le la Martinique, de la Guadeloupe, de Haïti et du Haut-Pérou; k plaident en faveur de l'affinité du groupe Guarani avec les nces qui habitaient les Antilles, Pour les indigènes, ces pierres ke formes diverses qu'ils regardent avec une terreur superstiicuse, sont toutes tombées du ciel. Il est intéressant de retrouver u Amérique cette légende répandue chez toutes les nations de

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blanc, li se termine notre tâche archéologique (4). Nous avons rére. Ces umé les œuvres de l'homme si nombreuses dans les deux Améoteries MM riques ; il nous faut maintenant étudier cet homme lui-mème haque kns sa conformation physique; ce sera l'objet du chapitre la poi- uivant.

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tes du (1) Bul, Soc. Anth., 1881, p. 206.

?) Provinee située sur la côte N.-E. du Brésil,

ans la (3) Les Premiers Hommes et les Temps Préhisloriques, t. 1, p. 11.

ceale- 4) M. Barboso Rodriguez aurait récemment trouvé, écrivait l'Empereur du Brésil à

L sie M. de Quatrefages, une hache en jadéite ; ce serait là un fait remarquable, puisqu'aucuu pAAses isement de jadéite n'est connu en Amérique.

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