‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 95 sur 113 · HE · texte numérisé non relu

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existait chez toutes les races Mayas; les représentations humaines trouvées dans le Chiapas, le Honduras ou le Yucatan, ne peuvent® laisser de doute à cet égard (fig. 123, 124, 126, 128). Les crânes re tirés par le Dr Flint des grottes du Nicaragua, portent aussi une dépression frontale très marquée (1). L'origine de cette coutume est inconnue ; on croyait qu'elle avait été introduite parmi le hommes, par les dieux eux-mêmes. Les idoles ont toutes la tête curieusement aplatie, et des fouilles récentes ont mis au jour auprès de Vera-Cruz, des figurines en terre cuite qui présentent cette mème déformation (2).

Les moyens employés variaient singulièrement. Tantôt les déformations étaient obtenues au moyen de planchettes attachceg

4 qu'elle voul D'autres fois je laine. Le kquel la tète EU aient sur le à planche, et :

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(1) Chez les Choc irement réservée 2) Adair, Hist. o 3) Oviedo y Val - Herrera, Hist. ( ke! Mar Oceano. D iaraqua, New-Y n. Paris, 1864, p 4) De Aeris, Aq (ë) Geog., lib. I, © (6) Müller, Archi () Retzius en c ‘elle fut introdui Lu Nalurelles. Gen

Fig. 219. — Déformation artificielle pratiquée sur un enfant.

sur la tête des enfants. La figure (fig. 219) que nous reprodui sons témoigne du supplice infligé à ces petits êtres, et ce sup4 plice durait huit ou dix mois ! La tête de la mère montre cellé

(1) Report Peabody Museum, 1880, t. IT, p. 716. | ; (2) Ces figurines portent selon la coutume des nobles Mexicains, une barbiche at menton.

qu ‘elle voulait créer, c'est bien le cas de le dire, chez son enfant. CUVE p'autres fois on entourait la tête des nouveau-nés de bandelettes nesre ss 1 ke laine. Les Choctaws (1) se servaient d'un petit sac de sable, sur

naines

Pr Miquel la tête était constamment appuyée (2). Les Mosquitos pla- UM sent sur le crâne des enfants, dès qu'ils avaient un mois, une mi le …jhnche, et ils augmentaient la pression jusqu'à ce que le résulla êté …htobtenu füt satisfaisant. Dans le Yucatan, quatre ou cinq jours u jou k M iprès sa naissance, l'enfant était couché sur le ventre et la tête enteny 4 “ rhcée entre deux planchettes. L'une comprimait le front, l’autre : Dicciput, et celle position qui paraît si cruelle était maintenue # n : «ins changement, durant des temps assez longs (3). acnees

| I ne semble pas que des coutumes si bizarres aient nui à 1h santé ou à l'intelligence. Elles ne sauraient au surplus nous onner, car nous les retrouvons à chaque page de l'histoire ihnique. Hippocrate (4) parle d'une tribu macrocéphale qui à subitait près du Palus Mœotide; les parents, dès la naissance à Mes enfants, cherchaient à donner à leur tête une forme al- …ingée. Strabon (5) cite un peuple asiatique, où par des moyens 4 = uificiels, on forçait le front à dépasser la ligne du menton. Humenbach à vu un crâne portant cette dépression retiré d’un mulus de la Crimée; un autre absolument semblable a été ‘ruvé auprès de Kertch (6), c'était donc un usage général. Telle 2 hit aussi la coutume des Avares de race Mongole (7), si comme cos le pensons, on doit leur attribuer soit les crânes de Grafenegg 1d'Atzgerrsdorf auprès de Vienne, soit d'autres découverts sur

(1) Chez les Choctaws, comme chez les Aymaras, la déformation crânienne était exclu- -\rement réservée aux enfants mâles.

?) Adair, Hist. of the American Indians, p. 281.

(3) Oviedo y Valdes, Hist. Gen. y Nat. de las Indias, Madrid, 1851-4, t. IV, p. 54. Herrera, Hist. Gen. de los Hechos de los Castellanos en lus Islas à Tierra Firme ! Mar Oceano. Déc. I, lib. IV, c. vis ; Déc. X, lib. X,c. 111. Madrid, 1601. — Squier, raragua, New-York, 1860, t. II, p. 341. — Landa, Relacion de las Cosas de Yucan. Paris, 1864, p. 114, 180, 194.

4) De Aeris, Aquis et Locis.

… (5) Geog., lib. I, c. xix.

; (6) Müller, Archiv für Anatornie.

brbiche at 1) Retzius en constatant cette déformation constante chez les Mongols, prétend 'elle fut introduite en Amérique par des immigrants asiatiques. Archives des Scien- Nalurelles. Genève, 1860. — Smith. Report, 1859, p. 270.

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divers points de l'Allemagne ou de la Suisse, qui présentent la méme déformation. Une médaille frappée en l'honneur d'Attil à la date de 452 de notre ère, porte le buste du Fléau de Dieu. la tête est visiblement déprimée. Un crâne ainsi déformé, apparte nant à un squelette de très grande taille a été trouvé auprès dé la porte de Damas à Jérusalem (1). Le D' Meigs reconnut que | forme était due à une compression exercée dès l'enfance, Cette modification artificielle de la tête existait aussi chez les Calédo niens, les Scandinaves (2) et chez les Anglo-Saxons dès l'épo que la plus reculée (3). Elle existe de nos jours dans un gran nombre des îles de l'Océanie ; la forme de la tète est mème un moyen de reconnaitre ces insulaires ; car chaque ile à sa cou tume transmise par les ancêtres et toujours religicusement ob servée, Sur d'autres points, c'est un privilège aristocratique, et i

n'est permis ni aux esclaves, ni aux hommes de condition infé4

rieure, de l'adopter pour leurs enfants.

Mais sans chercher si loin cette coutume, nous la trouvon aujourd'hui encore dans certaines parties du midi de la France

que ces po blables déf.

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où elle est connue sous le nom de déformation toulousaine Elle s'obtient en comprimant avec des bandes la tête du nou veau-né (#).

Il est curieux de voir un usage, qui tout d'abord parait s étrange, exister chez les vieilles races de notre continent, se red trouver chez les envahisseurs asiatiques, comme chez les plug anciens habitants de l'Amérique, se perpétuer à travers les temps et à travers l’espace, non seulement chez les Indiens (5) ou les

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d'ètre men nos lecteur qu'elles pu Nous avc ossements

(1) Ce crâne fait aujourd'hui partie des collections de l'Académie des sciences na turelles de Philadelphie. Description of a Deformed Fragmentary Skull in an An cient Quarry Cave at Jerusalem. Trans. of Philadelphia Ac. of Nat. Sc., 1859.

(2) Gosse, Essai sur les déformations artificielles du crâne, p. 72.

(3) Thurnam, Crania Britannica, p. 38.

(4) Il existe dans le département des Deux-Sèvres un mode de compression différen de la déformation Toulousaine ; on pourrait citer d'autres exemples de ces coutume locales, invétérées chez nos populations,

(5) De là le nom de Flat-Heads donné aux Indiens de la Colombie anglaise. Cett compression est d'un usage général chez tous les Indiens du Nord, notamment chez le Haidahs de l’ile de Vancouver, les Qualsinos ct les Quackolls, où la perfection sembl

races préh découverte

la forme du pa nous citerons (1) Conant, Ê (2) Hist, des (3) Les Mour

sauvages insulaires de la Polynésie, mais encore chezles races les plus civilisées et jusque dan. ;: propre pays. Cette similitude des conceptions et des goûts mème les plus bizarres, dans tous les temps et chez les races les plus différentes, est un fait d'une ha! portée, digne des profondes méditations de tous ceux qui sintéressent à l'étude de l'homme.

Une question a été soulevée, Cette dépression a-t-elle toujours été volontaire et ne provient-elle pas souvent du mode vicieux, employé pour tenir ou pour attacher les nouveau-nés (1)? Garcilaso de la Vega (2) rapporte que chez les Péruviens, l'enfant était constamment couché dans un cadre en bois, garni de cordes tressées; il était attaché de manière à gèner tous ses mouvements; on ne le sortait jamais de ce lit, même pour lui donner le sein, ce quise faisait régulièrement trois fois par jour. L’aplaissement du crâne tenait-il uniquement à cette cause et était-il involontaire? Cela est peu probable, ct il parait certain que ces populations croyaient ajouter à leur beauté par de semblables déformations.

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On a été plus loin et on à voulu y voir une disposition congénitale. « Je ne crains pas d'affirmer, a dit M. Robertson, à un Congrès d'Américanistes (3), que l'aplatissement provient non d'une compression artificielle mais d’une loi de nature. » C'est là une erreur complète, que viennent également démentir les lois

ousaine du nou

arait $ l, se red les plu@én physiologiques et les faits historiques; elle mériterait à peine temp d'être mentionnée, si nous ne tenions à mettre sous les yeux de … nos lecteurs, toutesles hypothèses émises, quelque peu fondées qu'elles puissent paraître.

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Nous avons résumé tout ce qui est actuellement connu sur les ossements humains trouvés en Amérique, et qui remontent aux races préhistoriques. Quelles conséquences peut-on tirer de ces découvertes? quelles lois générales permettent-elles de dégager”?

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n différent coutume la forme du pain de sucre, les Chinooks, les Sahaptins, etc Parmi les Indiens du Sud, nous citcrons les Chactaws et les Catawbas,

aise. Cett (1) Conant, Foot Prints of Vanished Races, p.102 et s.

nt chez le (2) Hist. des Incas, rois du Pérou, c. xu, trad, frang. Paris, 1744.

jon sembl % (3) Les Mound-Builders, Luxembourg, 187, p. 43.

Une première conclusion se présente naturellement, L'Améri. cain, si haut qu'on puisse le faire remonter, ne diffère en rien des hommes qui habitent aujourd'hui les rives de l'Atlantique ou du Pacifique. La faune et la flore ont changé; les conditions elimatériques et biologiques ont subi de profondes modifications, l'homme seul est resté semblable à lui-même, semblable par sa charpente osseuse, semblable par ses habitudes et par ses affections pathologiques. Partout et toujours, il a subi les dures lois de la vie; il a soutenu les mêmes luttes, il a été amené aux mèmes progrès. Une seconde conclusion n'est pas moins im portante. Entre l'homme du Nouveau-Monde, et ceux qui ont peuplé l'Ancien Continent, il n'existe nulle différence essentielle ; l'unité du genre humain s'impose comme la grande loi, qui domine l'histoire de l'humanité.

Sans doute comme les vieilles races de notre Continent, les

races Américaines se composent d'éléments bien divers, de va- 1

riétés bien différentes (1). Une première race dolichocéphale semble avoir envahi tout d'abord les vastes régions comprises entre les deux Océans. Les hommes de cette race ont vu les grands pachydermes, les grands édentés, il ont parcouru, comme leurs contemporains en Europe, les diverses phases de l’âge de pierre. Dautres races sont arrivées par des migrations successives dont les premières remontent sans doute à des époques bien reculées (2); elles ont apporté chez les anciens habitants de l'Amérique de profondes modifications, analogues à celles produites en Europe par la venue des Aryas. C’est à la recherche de ces migrations, à l'étude de ces origines, qu'il nous faut consacrer les dernières pages de cette étude.

Assurément, bien des points restent encore obscurs et insolu-

(1) Bordicr, Bul. Soc. Anth. Janvier, 1881.

(2) « Hence we find Mound-Builder's skulls with this ancient form, associated with others of more modern type. The discovery of these skulls, with characteristics s0 much like those of the most ancient of the prehistoric types of Europe, would seem to indicate that if America was pcopled by emigration from the old world, that event must have taken place at a very early time, far back of any of which we have any record. » Letter. of D' Lapham to D' Foster, Conant, L. c., p. 108.

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“ bles : « De quelque côté que l'homme se tourne, a-t-on dit (1), qu'il regarde dans le passé ou dans l'avenir, qu'il scrute l'univers “ sidéral, ou qu'il interroge les vestiges et les documents mutilés À de l'histoire de la vie sur cette planète, si l'homme veut partir … de quelque point fixe ou assuré, s'il cherche un fondement iné- “ branlable, une pierre angulaire, il n'en trouvera point. » Nous … nous associons volontiers à ces paroles ; l'homme par ses seules forces ne saurait résoudre les grandes questions de nos origines et de nos fins, des causes premières et des causes finales. L'intelligence de l'homme, quelque admirable que la montrent les progrès sans cesse grandissants de l'humanité, est limi- “ice. L'infini se dresse devant lui; l’homme ne saurait l'a-

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(1) J. Soury, Int. à l'Hist. des Protistes de Hæckel, p. VI.

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