CHAPITRE II
créent généralement d’autres bénéfices. Par exemple, ls transportent en Angleterre du gibieraméricain, trèsstimé à Londres, et qu’ils conservent frais dans de la Eglace, dont tous les bateaux à vapeur sont amplement pourvus. Puis ils reçoivent des passagers de nombreux et souvent de riches cadeaux en témoignage de leur reconnaissance pour les bons soins dont ces derniers jont été l’objet.
L L’effectif des officiers à bord des steamers anglais st, en moyenne, de dix à douze, y compris le service out spécial de la machine. Ces officiers sont détachés e la marine royale et en portent l’uniforme.
Nulle part autant que sur un navire, peut-être, l’inégalité des conditions ne se reflète dans les habitudes et sur la physionomie des gens de l’équipage. Le capi- ‘taine, maîlre après Dieu, est un superbe autocrate, dont toutes les paroles sont pesées, tous les gestes éludiés. Louis XIV n’était pas plus majestueux à Versailles qu’un capilaine de steamer à son bord. T'eus les jours, à midi moins quelques minules, il monte sur le pont, suivi d’un jeune aspirant en uniforme. Cet aspirant porte la boîte aux instruments nécessaires pour prendre hauteur, Le capitaine ouvre gravement celte boîte et en tire son quart de cercle, lequel est toujours plus fin, plus riche que ceux des officiers qui l’entourent et qui observent avec lui.
L'ingénieur en chef a les mêmes appointements que le capitaine. Ses fonctions sont certainement aussi importantes que celles de ce dernier. Tandis que, la nuit venue, le capitaine repose en paix dans ses appartements, décorés avec le plus grand luxe, l'ingénieur en chef surveille le service aussi difficile que dangereux et pénible de la machine. Il ne se montre jamais sur le pont. Aussi esl-on tout surpris de le voir apparaître sur la dunette, revêlu de son riche uniforme, pendant les
courts moments que le navire, rendu à destination, met à arriver au quai et à se faire amarrer.
Une physionomie qui tranche sur toutes les autres, c’est le purser (comptable). D'ordinaire, le comptable est un jeune homme qui n’a du marin ni le langage ni les manières. C’est qu’en effet le purser navigue, mais il n’est point marin dans l’acception rigoureuse dumot. Il ne se mêle jamais en rien de la direction du navire, et ne s'occupe, comme l'indique sa qualité, que de l’économie financière du bateau. Il n’a presque rien à faire pendant la traversée, et ne devient réellement utile qu’à l’arrivée. C'est lui qui procède au débarquement des colis et reçoit les sommes dues. Au départ, il doit veiller à ce que les approvisionnements de toute espèce soient faits suivant les instructions données.
Pour utiliser le plus agréablement possible ses moments de loisir pendant la traversée, le comptable se rend indispensable auprès des dames par mille gracieuses prévenances, notamment en leur offrant le bras quand elles désirent se promener sur le pont.
J'ai parlé plus haut de l'ingénieur en chef, dérobé à tous les regards par les soins incessants que commande la machine. Cet officier a sous ses ordres un équipage, invisible comme lui, dont la plupart des passagers n'ont même pas l’air de soupçonnerla présence, et qui pourtant sont le cœur même et l’âme du vaisseau.
Que le lecteur sonde avec moi les profondeurs cachées du steamer, et tout un monde matériel et moral va se révéler à lui,
La machine, étant la partie la plus importante d’un vapeur, en occupe naturellement la meilleure place. De là, la cherté du fret sur les steamers, qui ne laissent aux colis que peu d’espace à l'avant et à l'arrière du navire. Un étroit escalier en fer découpé nous conduit au premier étage de la machine. Cet escalier prend
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