CHAPITRE XVII
essayé, personne n'avait accompli jusqu'au bout l’exploration.
Dernièrement un jeune homme de Louisville manifesta l'intention de descendre jusqu’au fond de l’abime, Il eut avec le docteur Wright l'entretien suivant :
— Vous ne savez pas, jeune homme, lui dit le docteur, à quoi vous vous engagez, en voulant faire cette exploration à laquelle ont renoncé les hommes les plus intrépides. La volonté est limitée en nous par l’action du système nerveux, et, quand nous voulons forcer par trop notre volonté en contrariant les instincts de notre existence, la raison fuit, le vertige s'empare de notre esprit, une terreur indomptable succède alors, puis les convulsions arrivent, et c’est la mort.
— Je ne crains rien de tout cela, répondit tranquillement le jeune homme, et ce ne sera point en faisant violence à ma nature, comme vous le craignez, que je descendrai jusqu'au fond du Maelstrom.
— Vous n'avez donc jamais eu peur? demanda le docteur.
— Jamais, en effet, répondit le jeune homme; c’est un sentiment dont je ne puis même me faire une idée exacte.
— Comment! il se pourrait que vous soyez insensible à la crainte!
— C'est comme je vous le dis,
— Vous n'avez jamais eu d'angoisse ?
— Jamais.
— Pas même en rêve ?
— Pas même en rêve.
— N'avez-vous donc jamais songé, — ce qui est un songe que tout le monde a fait une fois au moins, — qu'entraîné par une puissance surnaturellehors de notre système, vous avez voyagé dans l’immensité de l’espace,
dans la profondeur des ténèbres, et ce voyage fantastique accompli dans l'éther et par un silence qui vous permettait d'entendre votre cœur battre effroyablement dans votre poitrine, votre sang circuler et toutes les fonctions de la vie s'opérer en vous ; ce rêve, dis-je, n’a-t-il pas apporté la frayeur en votre âme ?
— J'ai rêvé à peu près ce que vous dites là, et à plusieurs reprises, mais je n’en ai éprouvé que de l'étonnement et nulle crainte. Encore une fois, je ne suis point accessible à la peur.
Devant une déclaration aussi nette et aussi complète, le docteur salua profondément le jeune homme, et tout fut disposé pour sa descente. M. Preetor, le propriétaire de Mammoth-Cave, envoya aussitôt chercher à Nashville une corde d’une longueur et d’une grosseur suffisantes, et l'on se rendit au point désigné pour l'exploration, c’est-à-dire dans une galerie à neuf milles de l'entrée de la grotte Mammoth.
— J'aurais voulu assister à cette exploration, dit le colonel, ne füt-ce que pour contempler ce jeune homme entièrement inaccessible à la peur. J'ai été militaire, j'ai vu des hommes courageux parmi les plus braves, mais ils avaient, comme tout ce qui est humain, leurs moments de défaillance. Ce jeune homme, s’il disait vrai, estgn phénomène unique.
— Vous allez voir, reprit le guide, qu il ne mentait pas.
Les cordes étant arrivées, les personnes présentes crurent devoir une dernière fois exposer au Louisvillais les dangers connus et inconnus auxquels il allait s'exposer.
Il est temps, lui dirent-ils, de vous rétracter, si vous concevez quelque appréhension,
— Je n'éprouve aucune émotion, ditle jeune homme impatienté, le Maelstrom serait l’enfer même, peuplé
fantasi vous yable-
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mplète, ettout riétaire ashville isantes, oration, l'entrée
, dit le homme dilitaire, braves, n, leurs il disait
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