‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 193 sur 212 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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facile, croyez-moi, de fabriquer une artillerie comme celle que je viens de vous dire, et de lui faire traverser même le mont Saint-Bernard, qu'il ne l’a été de construire le Great Eastern, ce géant des steamers, de le mettre à l’eau et de le diriger en mer. Au lieu de fondre les canons d’une pièce, on les ferait en plusieurs morceaux qu’on transporterait sur les champs de bataille, où ils seraient facilement montés et gardés par le gros de l’armée. Pour faire partir ces canons, on se servirait de poudre fulminante dont la force d’expansion est, comme vous le savez, de beaucoup plus considérable que celle de la poudre ordinaire; on y mettrait le feu à distance, au moyen de l'électricité. Quant aux obus et aux mortiers, s'ils étaient embarrassants à transporter, on les remplacerait sans désavantage aucun par des fusées monstres et décisives.

— Oui, les fusées ont leur mérite, et les Autrichiens nous l'ont bien prouvé à Solférino.

— Les Autrichiens se sont batlus comme des fourmis, braves sans doute, mais avec des engins de fourmis. Nous les avons vaincus avec des armes égales, c'est très-bien, mais imaginez ce que nous aurions pu faire avec des pièces de mille et des fusées quarante fois plus grosses que les leurs.

— J'imagine que c’eût été bien gentil.

— Mais c’est surtout devant Sébastopol que cette artillerie de géants eût produit bon effet. La fourmilière russe eût été littéralement mise en capilotade. A chaque boulet de mille livres envoyé par la poudre fulminante contre la tour Malakoff, on aurait vu une notable partie des travaux de fortification tomber sous le choc de cette foudre humaine. Et les fusées donc obscurcissant l'air d’un nuage de mitraille! Voilà, monsieur, comme je comprends la guerre, et, à moins que les hommes ne la considèrent comme un jeu pro-

noins pro-

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