‹ L'Amérique telle qu'elle est [microforme]Chapitre 194 sur 212 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

pre à amuser la galerie, sans grand risque pour les combattants, ils la feront bientôt suivant cette méthode.

— La méthode me paraît en effet avoir du bon. Malgré cela, monsieur, permettez-moi de préférer aux canons de mille vos bombes asphyxiantes. Il es! temps, comme vous l'avez dit, que l'esprit des hommes sérieux se porte sur la respiration de l'ennemi. L’ennemi respire depuis trop longtemps déjà; il faut que cela finisse. .

— Je vous rernercie, monsieur, me répondit l’exbonnetier, de votre appréciation bienveillante et si flatteuse pour moi. Mes bombes, que je compte livrer bientôt à la consommation, auraient, je le crois, sur tous les engins de guerre, le mérite énorme de tuer l'ennemi sans rien endommager, ni ses armes, ni son équipement, ni les vaisseaux qu’il monterail, ni les fortifications qu’il aurait eu la folie de vouloir défendre. Au reste, monsieur, puisque vous aimez les engins de guerre...

— J'en suis fou, monsieur.

— Je vous invite à venir demain matin chez moi visiter mon petit laboratoire. Vous verrez 1à, classés par ordre de date, mes timides essais.

A ce moment arrivèrent les invités, qui mirent fin à ce premier entretien.

Comme bien on pense, je profitai de la gracieuse invitation de l’ex-bonnetier, et le lendemain je pus contempler ce qu'il appelait ses timides essais.

Je vis une machine destinée à briser les pieds des chevaux; et comme complément de cette machine, et toujours contre la cavalerie ennemie, un engin propre à opérer des éboulements. M. Achille Lemoine eut la bonté de m'expliquer qu’au moyen de sa machine à briser les pieds des chevaux, combinée avec ce der-

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nier engin, la plus belle et la plus vaillante cavalerie serait anéantie en quelques minutes, et enterrée, morte ou vive, dans les éboulements.

Je serrai la main de l'inventeur, en signe de satisfaction, et nous passâmes à une autre machine.

C'était un canon à manivelle se chargeant par la culasse, et pouvant tirer, à l’aide de deux artilleurs seulement, de trente à trente-cinq coups par minute.

On tire de ce canon comme on joue de l'orgue de Barbarie, |

— Il faut, me dit l’ex-bonnetier, rendre à César ce qui appartient à César. Ce canon n’est pas tout entier de mon invention. Il est dû en principe au père d’un de nos plus aimables violonistes, à M. Julien, qui l’exécuta seul, sans l’aide d'aucun ouvrier, à New-York, dans une chambre d’hôtel garni. J'ai pu me procurer | un dessin de cette jolie découverte, et je l’ai perfectionnée. | Je m'inclinai, et nous continuâmes notre inspec-

tion. 27.

— Voici, me dit M. Lemoine, le ceinturon-revolver, pour monter à l'assaut. Dans l’état présent de la science, le soldat qui monte à l'assaut laisse beaucoup à désirer. Il ne peut guère faire usage. de sa baïonnetle, et vraiment ce n’est pas assez. .w seinturon-revolver est destiné à lui fournir six coups de pistolet, au moment où il se trouvera en face de l’ennemi.

— C'est une véritable ceinture de sauvetage que votre ceinturon-revoiver, et je l’admire.

— Vous êtes bien bon, monsieur, en vérité; mais je ne suis pas aussi satisfait que vous de ce ceinturon. Il est trop cher, et mon bul est avant tout de fournir anx peuples les moyens de se battre à bon marché.

— Ils vous en seront reconnaissants, monsieur Achille Lemoine, soyez-en bien persuadé, et votre nom pas-

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