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gues à son secours ; mais, dès qu'il eut reconnu son erreur, il se rendit lui-même le long du bord du steamer pour examiner plus attentivement celte merveille. A l'entrée des docks de Liverpool, le bateau fut reçu avec des hourras d’enthousiasme, et le capitaine se vit fêter par tous les corps constitués de la ville.
— Et les savants? me demanderez-vous.
Les savants ne s’émurent pas pour si peu, Ils écrivirent de nouveaux rapports plus admirables encore que les premiers pour appuyer per différents autres calculs leur opinion restée invariable. Un de ces savants endurcis écrivait encore à New-York, il n’y a guère plus d’une dizaine d'années, pour démontrer que la navigation à vapeur ne serait jamais admise pour les grandes traversées.
Cela me rappelle un joli mot. Un Français, de ceux qui n'auraient pas inventé le vaudeville — il y en a — et qui de plus n’était jamais sorli de son village, se trouva, par la magie de la vapeur, transporté en quelques heures dans la capitale des Iles Britanniques. « Quelle « langue abominable que cette langue anglaise, dit-il; « ça ne prendra pas. »
Je reviens à notre voyage.
En quittant le quai, nous passons devant Hoboken, sorte de gros bourg situé en face de New-York, et que l'on peut considérer comme l’un des faubourgs de cette ville avec Brooklin, qui lui fait vis-à-vis sur la rivière de l'Est. Hoboken est surtout frès-fréquenté dans 1e temps des chaleurs, qui sont parfois insupportables dans la cité impériale, quand la brise de mer ne vient pas Ja rafraîchir. On trouve à Hoboken de beaux ombrages, une pelouse, et des avenues d'arbres gigantesques auxquelles on a donné le nom de Champs-Elysées. Pour la valeur d’un cent (cinq centimes), le bourgeois de New-York monte sur un ferryboat qui le conduit à Ho-