‹ L'ameublement français au grand siècleChapitre 13 sur 44 · CHEMINÉE. DESSIN DE LEPAUTRE · texte numérisé non relu

CHEMINÉE. DESSIN DE LEPAUTRE

les rideaux se partagent ordinairement en deux pièces, à la façon d'aujourd'hui.

Plus ou moins luxueux selon la richesse du propriétaire, le plus souvent en damas dans les maisons aisées, les rideaux de fenêtres restent relativement souples et légers, et, à Versailles même, on a soin de ne les point trop charger d'ornements : l'on se contente de les décorer de couronnes, de chiffres et de lyres d'or, " mais seulement d'espace en espace, parce qu'on ne doit pas trop charger d'or un rideau qui doit être facile à manier " constate judicieusement le Mercure de 1686. Aussi bien, la mode veut parfois qu'ils soient en simple toile de coton, soit blanche, soit peinte. On trouve de modestes rideaux de cette sorte jusque dans l'appartement de Mme de Maintenon, à Versailles.

Un des avantages qu'offraient les rideaux de fenêtres, c'était comme aujourd'hui, plus qu'aujourd'hui même, car les fenêtres étaient moins exactement closes, de protéger quelque peu contre le froid, avantage bien appréciable dans un temps où les moyens de chauffage étaient à ce point imparfaits.

Pendant tout le moyen-âge, c'avait été la cheminée de la cuisine la principale source de chaleur de la maison, et durant toute la première moitié du xvii^ siècle, en province surtout, il n'en fut guère d'autre encore. A l'auberge, c'était dans la cuisine qu'on se tenait, pour seigneur que l'on fût. Aussi, à peine arrivée dans le vieux château de St. Fargeau, aménagé à l'ancienne mode, où Louis xiv l'avait exilée en 1652, la Grande Mademoiselle se dut-elle mettre en peine de "changer les cheminées," et surtout d'en faire "percer." A cause de cette multiplication même des foyers, on dut renoncer à ces vastes et monumentales cheminées de pierre, qui jusque-là avaient été à peu près partout la règle, et les remplacer, tantôt par des cheminées de bois plus ou moins ornées, et tantôt par des cheminées de marbre. Mais ce ne fut pas un souci d'économie qui dicta ce changement, ce fut seulement celui d'une plus grande commodité : on voit, en effet, sous Louis xiv des ornements de stuc, des bronzes dorés, des peintures, des motifs sculptés de toute sorte s'unir à la pierre ou au bois, même chez des gens de condition moyenne, pour rehausser la beauté des manteaux de cheminée, et en 1694 l'aumônier de la Reine emploie Coysevox à ciseler celui de la cheminée qui orne la salle de sa maison, rue de Grenelle. En tout cas, une révolution importante s'était produite dans les dernières années du siècle : on vit, en

L'AMEUBLEMENT LOUIS XIV

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