‹ L'ameublement français au grand siècleChapitre 18 sur 44 · ARMOIRE DE BOULLE. GARDE-MEUBLE NATIONAL, PARIS · texte numérisé non relu

ARMOIRE DE BOULLE. GARDE-MEUBLE NATIONAL, PARIS

8o BIBLIOTHEQUE DE L'ART DECORATIF

Le meuble nommé bureau date certainement du début du xvii^ siècle. Jusque-là ce qu'on appelait bureau, c'était l'étofFe qu'on étendait sur la table à écrire. Mais on lit dans les Mémoires de Sully : " Il [le Roi] voulut que je lui fisse construire une espèce de cabinet on grand bureau proprement travaillé et entièrement garni de tiroirs, de layettes, de caissetins, tous fermant à clef, doublés de satin cramoisi." Et ceci nous fait comprendre, comme nous le montre le meuble de Marie de Médicis dont nous parlions tout à l'heure, comment le bureau a pu provenir du cabinet.

A mesure que le siècle vieillit, le bureau va s'embellissant. Bientôt apparaîtront les bureaux plats de Boulle, à ciselures magistrales, semblables à ce " bureau de marqueterie de cuivre sur fond d'étain, brisé par-dessus en deux endroits, ayant six tiroirs par devant, un grand et cinq petits, orné d'une petite moulure de feuillages de bronze doré, le bord du carré de dessus et bordure des angles faits de nacre de perle sur fond d'ébène, porté sur huit termes en consoles de bois doré et argenté, long de deux pieds neuf pouces sur vingt et un pouces de large et vingt neuf de haut." Et l'on en trouvera partout, et de toutes sortes, depuis les deux bureaux (l'un en poirier, l'autre en noyer ciselé monté sur huit colonnes de bois doré) de Mme de Fontenac, jusqu'aux deux petits bureaux de marqueterie d'étain sur fond de noyer qui ornent la chambre de Mme de Maintenon, et jusqu'au meuble monumental, à pieds et tiroirs en ébène, écaille et cuivre, décoré de bronze doré, exécuté pour Colbert ou bien plutôt pour son fils Seignelay, et qui ornait récemment encore le Ministère de la Marine.

Quelle différence établir entre le bureau et la table à écrire .? " Ces sortes de tables se distinguaient des tables ordinaires en ce sens qu'elles étaient généralement munies d'une tablette formant pupitre, de tiroirs assez vastes et de cornets pour loger l'encre, les plumes, etc.," nous dit M. Havard. Certes, mais en quoi différaient-elles des bureaux ? Il est vraisemblable que le xv!!*^ siècle appelait tout simplement tables à écrire des bureaux plus simples et plus légers : c'est ainsi que l'inventaire de Jacques Quiquebeuf, en 1677, mentionne "une petite table en forme de bureau, garnie de cinq tiroirs." Il n'est pas facile, en revanche, de connaître la forme de cette table à écrire en bois de violette qui décorait la chambre à coucher de Mme de Maintenon, et de

L'AMEUBLEMENT LOUIS XIV

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