‹ L'ameublement français sous la renaissanceChapitre 6 sur 36 · XVI1 SIÈCLE. MUSÉE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

XVI1 SIÈCLE. MUSÉE DU LOUVRE

LE STYLE DE LA RENAISSANCE

donnent une confirmation exacte aux lignes écrites par l'éminent érudit. On s'y représente un prince donnant audience à des ambassadeurs, ou bien un abbé tenant la séance de son chapitre en quelque abbaye de Cluny ou de Prémontré : on n'y voit pas une jeune femme en toilette soyeuse, abandonnée en une pose nonchalante avec des gestes de coquetterie.

Mais aux observations d'Emile Molinier, Edmond Bonnaffé semble avoir assez justement répondu. Chaque époque, se demandet-il, n'est-elle pas en somme le meilleur juge de la commodité ou de l'incommodité de son ameublement ? La manière de vivre du xvie siècle n'était pas la nôtre ; les hommes avaient des postures différentes, les dames ne s'asseyaient pas de la même manière qu'aujourd'hui ; elles avaient à loger dans leurs " chaires " et dans leurs " fauteuils " des toilettes tout autrement bâties que celles des Parisiennes du xxe siècle. Les sièges de la Renaissance ne sont pas rembourrés, il est vrai. Mais on y obviait par cette quantité invraisemblable de coussins et de carreaux de toute sorte que nous trouvons mentionnés dans les inventaires du temps ; carreaux et coussins qui, disposés sur les sièges, au gré de chacun, leur donnaient tout l'agrément que pouvaient souhaiter les gentilshommes et les dames de cette époque.

La deuxième période de l'histoire du meuble sous la Renaissance en France correspond, avons-nous dit, à la deuxième moitié du xvie siècle. Elle marque, sinon pour la technique, du moins au point de vue du goût, de la beauté des lignes et de l'harmonie de l'ensemble, une époque de décadence. Le meuble subit plus directement que jamais l'influence italienne, l'influence d'une école, qui est elle-même tombée dans l'exagération des formules sous l'influence de Michel-Ange et de ses élèves. Ce sera alors en France ce qu'on a appelé d'une manière trop étroite l'école de Fontainebleau, car les mêmes caractères s'imposent aux productions des ateliers qui échappèrent à l'influence des artistes groupés à la Cour des Valois. L'élégance devient affectée, les formes s'allongent sans mesure ; on abuse des figures sculptées, des atlantes et des cariatides, des déesses antiques en des draperies de convention, des nymphes et des

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