LIT DESSINÉ, PAU ANDROUET DU CERCEAU
particulier, croit y distinguer trois manières différentes, dont la dernière ferait déjà pressentir les formes lourdes et trop riches du style Louis xm.
C'est surtout à l'influence exercée par ce maître parisien que nous songions quand nous parlions plus haut de la difficulté que l'on éprouve à délimiter d'une manière précise les différents styles provinciaux sous la Renaissance, car ses modèles, tout en prédominant dans l'Ile de France, n'ont pas laissé d'exercer une action directrice dans le royaume tout entier.
Il importe, à vrai dire, d'ajouter qu'il était rare que les artisans copiassent directement et servilement pour ainsi dire, les dessins de l'ornemaniste, et c'est à peine si aujourd'hui, parmi les nombreux meubles de cette époque encore conservés, on en citerait deux ou trois qui reproduisent des estampes de Jacques Androuet : les panneaux de la collection Bonnaffé, les chimères de la collection Edmond Foule ; mais
en revanche les meubles où se marque l'influence de son dessin, des motifs de décoration qu'il a multipliés, de ses courbes et de ses lignes, du galbe qu'il affectionnait, ne se comptent pas. L'artisan ne copiait donc pas froidement les planches qui lui passaient sous les yeux : il y prenait des " idées " comme on dit en style d'atelier, qu'il appliquait à sa fantaisie, c'est-à-dire en leur donnant une adaptation et une interprétation personnelles. Au point que tel huchier en arrivait à créer vingt meubles différents en les "enrichissant," de la manière la plus variée, des motifs empruntés à un même dessin.