‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 11 sur 276 · LE RAMONEUR · texte numérisé non relu

LE RAMONEUR

^ NK servante imbécile avait farci Tesprit des

enfants de ses maîtres de mille contes litli-

^ cules sur un homme à tête noire.

Angélique, Tune de ces enfants, vit un jour, pour

la première fois, un ramoneur entrer dans sa maison.

Elle poussa un grand cri, et courut se réfugier dans

la cuisine. A peine s'y fut-elle cachée, que Thomme

noir y entra sur ses pas.

Saisie d'une mortelle frayeur, elle se sauve par une autre porte dans roffîce, et toute tremblante se tapit dans un coin. Elle n'était pas encore entièrement revenue à elle-même , lorsqu'elle entendit l'homme effrayant chanter d'une voix tonnante, en raclant à grand bruit les pierres de l'intérieur de la cheminée.

Dans un nouvel effroi, elle s'élance de l'endroit où elle était cachée, et sautant par une fenêtre basse dans le jardin, elle couil à perte (riialciiii' vers le fond du bosquet, et tombe presque sans mouvement au })ied d'un gros arbre. Là, d'un œij elfaré, elle n'osait qu'à peine regarder auttuir d'elle : tout à coup, sur le haut de la cheminée, elle vit encore s'élever l'homme noir.

Alors elle se mit à crier de toutes ses forces : Au secours! au secours! Son père accourut, et lui demanda ce qu'elle avait à crier. Angélique, sans avoir la force d'articuleigun seul mot, lui montra du liout du dnigt l'homme noir assis à califourchon sur la cheminée.

Son père sourit; et, pour prouver à la petite fille combien peu elle avait eu raison de s'effrayer, il attendit que le ramoneur (Vit descendu, puis il le Ht débarbouiller en sa présence, et, sans autre explication, lui montra de l'autre côté son perru([uier qui avait le visage tout blanc de poudre.

Angélicpie rougit, et son père profita de cette occasion pdui- lui a|iprendre (pi'il existait réellement des honnnes à qui la nature donnait un visage tout noir, mais qui n'étaient point à craindre pour les enfants; qu'il y avait môme un pays où les enfants étaient communément nourris par des femmes noires couniic du jais, sans (puj leur triiit jn'idit de sa blancheur.

Dès ce rudiucnt, Angéli(|U(' fut la lucnnérr à liiv de t(»us les cnutes liizarre^• ipic des pt'rsiuuies ^inqiles et crédules lui faisaient [uuiv rellVayer.

Page 1