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LES DOUCEURS ET LES AVANTAGES DE LA SOCIABILITÉ

i:mu avait re^u de la nature un caractère méianco- ? lique et un esprit observateur. Dans les promenades (lu'il faisait avec son oncle, rien de ce qui frappait ses regards n'échappait à ses rétlexions. Ses cousins se plaignirent de ce (juc, paraissant goûter tant de jouissances, il cherchait si i)eu à contribuer à l'amusement général de la famille. Ils pensèrent d'abord à prier leur père de ne l)lus le mener avec eux; mais un moyen plus doux de le corriger se présenta bientôt à leur esprit. Ils convinrent ensemble de tenir pendant quelques jours avec lui la même conduite qu'il tenait avec eux. L'un alla visiter le jardin et le cabinet du Roi ; l'autre , le garde-meuble de la Couronne ; le troisième, les tableaux du Louvre et ceux du Luxembourg ; mais lors([u'ils revinrent à la maison, les récits qu'ils avaient coutume de se faire île leuis observations furent supprimés. Au lieu de ces confidences nmtuelles des plaisirs de la journée, ([ui leur faisaient passer des soirées si récréatives, il ne régnait entre eux ([u'une grave réserve, et un silence

L'E.Ml'LOI DU TEMPS. lO-t

eiiiuiyeiix. Henri remarciiui ce changement avec autant de surprise que île chagrin. Il sentit le vide de ces épanchements d'entretiens et de gaieté, qu'il provoquait rarement lui-même, mais auxquels il cherchait à s'intéresser. Accoutumé , comme il Tétait, à la réflexion , il reconnut aisément l'injustice de sa conduite. Il devint bientôt aussi communicatif qu'il avait été jusque-là concentré. En se livrant à ces douces efl'usions que la nature inspire aux liommes pour rapprocher leurs âmes et les réunir, son cœur uoùta les douceurs de la bienveillance et de l'amitié ; et l'ardente curiosite de son esprit trouva de nouveaux moyens de se satisfaire, par les faits tpril recueillait des autres, en leur faisant part de ceux qu'il avait observés.

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