‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 115 sur 276 · LES ÉGARDS ET LA COMPLAISANCE · texte numérisé non relu

LES ÉGARDS ET LA COMPLAISANCE

osEPHiNE, Emilie, Victoire et Sophie avaient ime gouvernante qui les aimait avec la tendresse d'une mère. Cette sage institutrice s'appelait mademoiselle Boulon. Son désir le plus ardent était que ses élèves fussent bonnes , afin d'être heureuses ; que l'amitié donnât un nouveau charme aux plaisirs de leur enfance , et qu'elles en jouissent sans trouble et sans altération.

Une tendre indulgence et une justice rigoureuse étaient les principes invariables de sa conduite, soit qu'elle eût à pardonner, soit qu'elle eût à récompenser ou à punir. Elle goûtait avec une joie infinie les doux fruits de ses leçons et de ses exemples.

Les quatre petites filles commencèrent à être les enfants les plus heureux de la terre. Elles se remontraient doucement leurs fautes, se pardonnaient leurs offenses, partageaient toutes leurs joies, et ne pouvaient vivre l'une sans l'autre.

Par quelle fatalité les enfants empoisonnent-ils les sources de leur bonheur, à l'instant même où ils en goûtent les charmes ? Et de quel avantage il est pour eux de vivre toujours sous un œil éclairé par la tendresse et par la prudence !

Mademoiselle Boulon fut obligée de s'éloigner pour ([uelque temps de

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