THOMAS
Thomas arrive en courant à perte d'haleine. 11 lient l'écuronil d'une main; l'autre est enveloppée dans un mouchoir taché de quelques gouttes de sang.
THOMAS. De la joie! de la joie! le voilà! il est pris! le voilà! [H aperçoit M. de C/ermont , et s'arrête tout court.)
ADÉLAÏDE, courant à lui. 0 mon ami ! {Elle jn-eiid l'écureuil.) Mon cher petit Thomas! Je te tiens donc. Oh ! tu ne m'échapperas plus. Allons, monsieur, rentrez dans votre maison. (Elle le renferme dans sa cabane, et le ■porte sous le berceau.)
M. DE CLERMONT. Qu'cst-cc douc quc tu as à la main? Il me semble que je vois du sang à ton mouchoir, mon cher Thomas?
THOMAS, ar^'f une surprise de joie. Mon cher Thomas! iiiamselle, entendez-vous ?
ADELAÏDi:. Oui, iiHMi (Miraiil, tdut esl l'accommodé.
PAR LKURS KXFAXTS. 2 H
GENEVIÈVE. Nous soiTimes amis pour toujours. (IViotnas saute de joie, et court baiser les mains et l'habit de M. de Clermonf . Geneviève prend la main de so7i frère, et la regarde avec attendrissement.) Tu t'es blessé? Voyons.
ADELAÏDE. Et c'cst pour moi !
THOMAS. Ce n'est rien. C'est une branche qui a cassé du bond que j'ai fait pour sauter sur le fuyard. Je m'y suis un peu déchiré la main; mais j'y aurais laissé mon bras, plutôt que de ne pas rapporter l'écureuil à mamselle Adélaïde.
ADÉLAÏDE. 0 mon cher ami! Mon papa, il faut le faire panser; ma bonne a un baume excellent.
M. DE CLERMONT. Je tc chargc de ce soin. Allons, mes enfants, suivezmoi. Je vais faire préparer aujourd'hui une petite fête pour vous au château. J'irai moi-même inviter vos parents à venir la partager. Je me suis instruit aujourd'hui à votre école; et je vois, par votre exemple, que les enfants bien nés peuvent donner d'utiles leçons à leurs parents.