SCÈNE XVII. — EDOUARD , CHARLES , ALEXIS , COMTOIS
EDOUARD , oucrant la porte à Alexis. Je te demande pardon , mon cher ami, de t' avoir fait attendre. C'est que nous étions occupés. (// le prend jMr la main, et se place de manière à lui cacher la corbeille et Comtois.)
ALEXIS. Et à quoi donc? [Il surprend Charles qui fait signe à Comtois de sortir.) A qui en veut-il avec ses mines? [Il se retourne et aperçoit le domestique.) Ha! ha! qu'est-ce qu'il porte là? {U va vers lui, et veut regarder dans la corbeille.)
COMTOIS, lui retenant le bras. Doucement, M. Alexis : c'est un secret.
ALEXIS. Comment, du mystère?
COMTOIS. Vous l'apprendrez tantôt chez vous. {Tirent sortir. Alexis l'arrête.)
ALEXIS. Je veux le savoir en ce moment. Ah! si j'avais deviné! me feriez-vous cet outrage, mes chers amis?
EDOUARD. Qu'appelles-tu un outrage? C'est le faible prix du service que tu viens de nous rendre. {Il reprend la corbeille, et la lui j^résente.) Oui, mon cher Alexis, tout cela est à toi.
CHARLES, lui présentant aussi le rouleau d'argent que Comtois lui remet. Et ceci encore. {Alexis le repousse. Charles le jette dans la corbeille qu'Edouard continue de lui off'rir.)
ALEXIS. Que faites-vous? Non, non, jamais.
EDOUARD. Je le veux.
CHARLES. Je VOUS le demande en grâce. Soyez seulement mon ami comme vous l'êtes d'Edouard.
COMTOIS. Si j'osais joindre ma prière à celle de ces messieurs! Vous leur feriez trop de peine de les refuser. Je voudrais bien avoir, comme eux, la liberté de vous offrir aussi mon présent. Il serait petit, mais je vous le donnerais de bon cœur. Vous êtes béni dans toute la maison.
ALEXIS. 0 mon cher Edouard , mon généreux Charles ! (// les embrasse.) Et vous, mon brave Comtois! {en le regardant d'un air attendri) vous me faites pleurer d'admiration et de plaisir. Mais votre bon cœur vous conduit trop loin. Je n'ai point mérité ce que vous faites pour moi : je ne l'accepterai jamais.
EDOUARD. Veux-tu mc chagriner?
CHAULES. Est-ce que vous ne voulez point de mon amitié?
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