‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 194 sur 276 · FI! LE VILAIN CHARMANT · texte numérisé non relu

FI! LE VILAIN CHARMANT

cs^T'^.jj/: LAUDiXE. Lucette , as-tu vu le nouveau chien de ma sœur?

LUCETTE. Non, pas encore, ma chère amie.

CLAUDINE. Je te plains. C'est bien la plus drôle de petite bête qu'il y ait au monde. Il n'y a pas son pareil.

LUCETTE. Est-il vrai? Comment s'appelle-t-il? CLAUDINE. Charmant.

LUCETTE. Voilà déjà un nom bien joli.

CLAUDINE. Oh! il est encore plus charmant que son nom. LUCETTE. Et qu'a-t-il donc de si drôle? CLAUDINE. D'abord , il n'est pas plus gros que mon poing. LUCETTE. Je les aime bien de cette petite espèce. CLAUDINE. Et puis OU 116 Sait pouripii le prendre, si c'est une levrette ou un épagneul.

LUCETTE. Voilà ([ui est plaisant.

CLAUDINE. Si lu v(tyais donc sa grosse queue qui fait le liouciuet, ses

FI! LE VILAIN CUAKM.\NT. XW

oreilles qui pendent jusqirà terre, ses longues soies qui viennent se olullnnner sur ses yeux et sur son museau , et la chienne de physionomie qui perce là-dessous! Il est à croquer.

LL'CETTE. Et de quelle couleur est-il , Claudine ?

CLAUDINE. Café au lait tendre.

LL'CETTE. Bon ! c'est la couleur de ce que j'aime le mieux pour mon déjeuner. Je n'en ai pas tous les jours. On ne me donne le plus souvent que du lait.

CLAUDINE. Tout SCC ?

LUCETTE. Hélas! oui. Mais revenons à Charmant.

CLAUDINE. Il sait plus de tours qu'un Scaramouche. Il donne la patte, et il distingue à merveille la droite de la gauche. Lorsqu'on lui jette un gant, il va le rapporter à la personne sans se tromper jamais.

LÙCETTE. Que me dis-tu?

CLAUDINE. Ensuite il fait comme s'il était mort. Il se couche tout de son long, et il ne se relève pas qu'on ne lui ait fait signe de la main. On n'a qu'à lui mettre un petit balai entre les pattes , il monte la garde connue une sentinelle; et il danse un menuet presque aussi bien que M. Rigaudon.

LUCETTE. Vraiment, voilà un chien fort bien appris; mais, Claudine, estil aussi bien doux et bien tranquille , et ne fait-il mal à personne ?

CLAUDINE. Oh! c'est une autre affaire. Lorsqu'il vient un étranger dans la maison, il se met à japper contre lui comme un fou. Et l'on a bien de la peine à l'empêcher de se jeter à travers ses jambes pour le mordre.

LUCETTE. C'est bon pour la nuit ; et encore si c'était à lui de garder la maison .

CLAUDINE. Il s'avise aussi quelquefois d'aller mordre le vieux chien de mon papa, sans que celui-ci lui ait fait de mal; et il ne lui voit rien manger qu'il n'aille, de jalousie, lui arracher les morceaux de la gueule. Heureusement que Médor est un bon enfant !

LUCETTE. Comment, Claudine, voilà ce qu'il fait?

CLAUDINE. Vraiment oui.

LUCETTE. Et tu l'appelles Charmant?

CLAUDINE. Il est si drôle et si gentil !

LUCETTE. Va, Claudine, je n'en voudrais pas avec sa gentillesse et ses espiègleries. Mon papa dit qu'on est toujours laid , lorsqu'on a un mauvais cœur. Fi! le vilain Charmant '

L'ECOLE DES MARATRES.

PERSONNAGES

iMiulanie DE FLEURY.

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