I.F.COl.t: DES MARATHES. M.i
PRospER. Puisque tu m'avais tricoté des jarretières.. .
AGATHE. Vraiment, des jarretières ! Je sais bien faire autre chose aujourd'hui. Ah! Fabien, si tu voyais certaine bourse à bandes vertes et hlas ! Tout le vert est de ma façon, au moins : demande à ma sœur. Tu en seras content, j'en suis sûre.
FABIEN. Comment! vous m'avez fait une hoursel [Pn'sci/IeJ ait sir/ne à Agathe de se /cure.)
AGATHE, embarrassée. Non, Fabien, elle n'est pas pour toi... Elle est bien pour toi; mais maman m'a défendu de le dire. (Bas, en souriant.) Elle veut te surprendre aussi avec un habit neuf et une veste brodée. Tu verras.
PRisciLLE. Cette petite étourdie ne peut rien garder sur son cœur.
AGATHE. C'est que j'avais tant de plaisir de lui en parler ! Nous avons toujours pensé à toi, mon frère.
FABIEN. Oh! je vous remercie. Mais dites-moi, ètes-vous heureuses?
PRISCILLE. Si nous le sommes ! Que pourrait-il manquer à notre bonheur. Notre maman est si bonne ! Je ne sais comment elle s'y prend, mais elle a le secret de tourner tout en plaisirs. Je ne m'amuse jamais si bien qu'à jaser avec elle. L'instruction vient en badinant.
AGATHE. Il faut voir quand nous lisons ensemble de petits contes qu'un de nos amis nous donne exactement le premier de chaque mois.
PRISCILLE. 0 mon Dieu! tu m'y fais penser. Il ne nous a pas encore envoyé le dernier. Il faut (ju'il ait été malade de ces grandes chaleurs.
AGATHE. J'en serais bien fâchée. C'est mon bon ami, à moi. Il sait les histoires de tous les petits garçons et de toutes les petites filles du monde. Ce serait drôle si nous trouvions quelque jour la nôtre dans son livre.
PRISCILLE. J'en serais bien aise, à cause de maman. Je voudrais que tout le monde connût sa bonté, et combien nous l'aimons.
CASIMIR, Et moi, à cause de notre second papa, qui nous traite comme si nous étions ses véritables enfants.