PROSPER
M. DE FLELRY, qui s' est tenu debout, à côté du berceau, pendant toute la scène lirécédente , se précipite au milieu d'eux, et s'écrie : Et vous l'êtes aussi dans mon cœur. Je fais toute ma gloire et toute ma joie de me croire votre père. Mais où est Fabien ?
FABIEN, se jetant au cou de M. de Flevnj. Me voici, mon papa. Oh! quelle joie de vous revoir !
M. DE FLEURY. Embrassc-inoi encore, mon cher fils. Eh bien! es-tu content des frères que je t'ai donnés ?
FABIEN. Oh! je n'aurais jamais pu en choisir de meilleurs. Je fei-ai tout ce qui sera en moi pour m'en faire aimer comme je les aime.
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CASi.MiK. Ce ne sera |)as diflieile, puiscjiie nous le désirons aussi vivement de notre côté.
l'Rosi'KR. Nous n'aurons qu'à penser au plaisir (pie nous avons goûté aujourdliui.
l'RisciLLE. J'aurai soin de nous le rappeler toutes les fois que nous nous trouverons ensemble.
AGATHE. Va, ma sœur, nous nous en souviendrons bien de nous-mêmes.
M. iiK klp:i'uv. J'en ai été le témoin, et mon âme en sera longtemps pénétrée. Mais elle ne saurait suffire toute seule à l'excès de sa joie. Approche, chère épouse, viens aussi jouir de ce spectacle délicieux , si bien l'ait pour ton cœur. (// va jnend rr hors du berceau madame de Fleirni . et l'amené devant ses enfants.)
SCÈNE XI. —M. ET MADAME DE FLEUR Y , FABIEN, PRISCILLE , AGATHE. CASIMIR, PROSPER.
M. i>K FLKi uv. La voilà, mes amis, celle que j'ai choisie poui' taire votre bonheur et le mien. La fortune que j'aurais pu vous laisser n'eût été rien sans les dons bien précieux d'une bonne éducation. Nous nous sommes réunis pour vous procurer à la fois tous ces avantages. Il manquait aux uns une mère tendre, qui veillât continuellement sur les besoins de leur enfance, qui fût sans cesse occupée du soin de former leur cœur et It'iir raison, de leur inspirer de sages principes, et de cultiver leurs talents. Il manquait aux autres un père laborieux qui les avançcàt dans le monde, qui travaillât à leur donner un état, et à leur former des établissements honorables. Vos intérêts étaient les mêmes dans cette union , et c'est également pour tous que nous l'avons formée. Me promets-tu, chère épouse, comme je te le promets à mon tour, de regarder du même œil tous ces enfants, de ne montrer à aucun d'autre préférence que celle (pi'il méritera par son amour p(tur nous, et par sa bonne conduite?
m""' ni-: FLEUuv. Ma réponse est pour toi dans ces larmes, et pour vous, mes petits amis, dans ces embrassements. {Elle tend ses bras aux enfants, qui se pressent tous à /'envi sur son sei?i.)
M. DE FLEUUV. Et VOUS, uics cufauts, uic promettez- VOUS aussi de vivre toujours unis, sans querelles ni jalousies, de vous aimer tous, sans distinction, comme frères et sœurs. {Ils se prennent tons par la main, et tombant aux genoux de M. et de M'"" de Fleury, ils s'écrient tous à la fois :) Oui, mon papa, oui, maman, nous vous le promettons.
M. HE FLEiRV, se baissant sur eux et les relevant. Continuez, mes chers enfants, de vivre dans cette douce amitié. Ses charmes augmenteront chaque jour dans une liaison plus intime. Vous serez aussi heureux par les bienfaits que. vous recevrez les uns des autres, que par les petits sacrifices que vous aurez la générosité de vous faire mutuellement. Chacun de vous, en jouissant de son propre bonheur, ne jouira pas moins de celui de
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s(iri IVère, qu'il legunleiu rtitiiiiie son oiivray.'e. Tous les u,eiis tk' hieii s'intéresseront à voire rélicité; et vos eulaiits vous récoiii|ieuseniiil un jnnr, par leur tendresse, (Tuvoir si bien mérité celle de vos parents.