MADAME DE SAINT-AULAIRE, MAURICE
m"^ de SAINT-AULAIRE. Eh bien ! Maurice, m'apportes-tu une réponse?
MAURICE. Oui, madame, la voici.
m"^ de SAINT-AULAIRE. Je suis curieusc de savoir ce qu'elle dit ; rien de trop favorable, je crains.
MAURICE. Rien qui me fasse tort, j'en suis sur.
m"^ de saint-aul.\ire lit toxd bas.
« Madame, vous ne pouviez me procurer un plus sensible plaisir qut^ « l'entretien de cet aimable enfant. Sa physionomie remplie de candeur et « d'innocence, l'esprit vif et plein de feu qui brille dans ses yeuN, et qui se « répand dans ses discours, m'ont pénétré d'attachement pour lui. Son « génie le destine à un genre de vie plus élevé que celui où la mort de son « père et la pauvreté de sa famille le forceraient de vivre. Je vous félicite, « madame, d'avoir choisi pour objet de votre générosité un enfant qui « donne de si belles espérances. Le Ciel ne vous l'a pas adressé sans « dessein le jour de votre fête. Je suis intimement persuadé que vous « n'aurez qu'à vous louer de sa conduite et de ses sentiments ; et je m'es- « limerai fort heureux de seconder, par mes soins, vos généreuses dispo- « sitions. ,
« J'ai l'honneur, etc. »
m"'* de saint-aulahîe. Le principal ne me parait content de foi {\\\:\ demi.
MAURICE. Oh! il l'est tout il fait, madame, il me Ta dit, et je le vois aussi dans vos yeux.
:i74 .MAURICE.
M"" i»E sAiNT-ADLAïuK. Comment, tu y vois cela, mon petit devin ! Mais parlons sérieusement; s'il se trouvait. une personne qui prit soin de toi, et qui se chargeât de ton entretien et de ton éducation, que ferais-tu pour elle?
MAURICE, Ce que je ferais?.... Je ne sais pas trop. Je ne peux rien par moi-même; mais je prierais pour elle du fond du cœur, et le jour et la nuit.
m'"" de saint-aulaire, rembrassant. Prie donc pour moi, mon cher fils, prie pour ta seconde mère.
MAURICE. Pour vous, pour vous, maman?
m""* DE sAixT-AULAiRE. Oui, je vcux Tètre. Ton père est mort. Je remplirai sa place. Je ferai pour toi ce qu'il aurait fait. Tu reprendras tes études, et rien ne manquera à ton éducation.
MAURICE, se jetant à ses gennur. Ah! Dieu, mon Dieu! maman, je ne peux plus parler.
M™" DE SAixT-AULAUŒ. Lèvc-toi ct viens dans mes bras. Si tu m'aimes, ne m'appelle plus que ta maman, entends-tu, mon fils?
MAURICE. Oh ! oui, maman. Je suis dans le paradis.
m'"" DE SAiNT-AULAHŒ. Tu cs hors dc toi-mèmc. Tâche de te remettre, et allons nous promener dans mon jardin. J'ai à te parler de ta mère.