‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 273 sur 276 · LES REVENANTS. 47H · texte numérisé non relu

LES REVENANTS. 47H

sa chambre à ses moments de récréation à des procès pour son profit, et pour avoir de l'argent pour se divertir les fêtes et dimanches.

M. DELMAS. Voilà bicu des fois pour... iioxir... Il faut éviter tout cela quand on raconte.

LE CADET. Oui, mou papa. Un de ses camarades qui voulut changer de chambre avec lui, parce que la sienne n'était pas si jolie, s'avisa, pour y parvenir, d'une bonne ruse.

M. DELMAS. Fort bien. Mais, d'abord, raconte le fait, en le présentant du côté qui peut surprendre; après cela, tu en développeras les causes naturelles : voilà comme ta petite histoire intéressera et fera plaisir.

LE CADET. Oui, mou papa. Le père du jeune clerc, qui travaillait dans sa chambre, venait de mourir il y avait deux jours. Ce jeune homme, qui était rempli de l'idée de la mort de son père, et qui avait toujours craint les revenants, s'imagina aisément que son père lui revenait, quand, pendant deux nuits de suite, il entendit tous ses papiers se remuer, se culbuter les uns sur les autres, et se promener dans sa chambre ; il avait beau les remettre en ordre le jour, pareil tracas recommençait la nuit.

l'aîné. Oh ! comme j'aurais eu peur î Eh bien ! a-t-il découvert d'où cela venait?

le CADET. Écoute donc. Prêt à changer de chambre avec son camarade, qui, pour le mieux attraper, lui promettait que si, après avoir changé, il lui en arrivait autant dans la sienne, il serait toujours le maître de reprendre la sienne....

M. DELMAS. La sienne, la sienne. Cela forme ce qu'on appelle une amphibologie ; il faut mettre un autre mot distinctif, comme la première; ou bien encore, celle qu'il avait d'abord.

LE CADET. Oui, j'cutcnds : il serait toujours le maître de reprendre la première. Le jeune clerc dont le père était mort chercha un beau matin à découvrir s'il n'y avait pas quelque cause naturelle dans le bouleversement de ses papiers, imaginée par la malice de son camarade pour avoir sa chambre. Après avoir bien examiné, il s'aperçut qu'il y avait des fils attachés à certains papiers qui étaient sous beaucoup d'autres, dont les bouts passaient par les petits trous de la cloison de sa chambre, qui la séparait de celle de son camarade. Ce camarade, qui arrangeait tout cela en passant par une planche qu'il ôtait de la cloison...

M. DELMAS. En jjassant j)ar une planche. On ne passe pas par une planche, mais par le trou pratiqué en otant la planche...

LE CADET. Oui, mou papa. Ce camarade tirait ses fils à une certaine heure de la nuit, et causait ainsi à l'autre une frayeur terrible.

l'aîné. Voyez la malice! Je n'aurais jamais deviné cela. Eh bien ! après il n'eut plus peur, sans doute?

LE CADET. Non Sûrement" mais il lit bien peur à son tour au malin ca-

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