‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 68 sur 276 · SCÉME XVI. — M. DE .MELFORT , SOPHIE, AGATHE, CHARLOTTE, CHARLES · texte numérisé non relu

SCÉME XVI. — M. DE .MELFORT , SOPHIE, AGATHE, CHARLOTTE, CHARLES

SAIXT-FIRMIN'.

M. DE MELFORT. Vcuez, mcs cufauts, je ne veux plus voir que ceux qui méritent mon amour; et toi, sors pour jamais de ma présence ! Mais non, demeure; il faut que tu reçoives auparavant ton arrêt. (A Sophie et à Saint-Firmin.) Vous avez entendu ses accusations contre vous?

SOPHIE. Oui, mon papa; et si cela n'était pas nécessaire pour notre justification, je ne dirais pas un mot contre lui, de peur d'augmenter votre colère.

CHARLES. Ne croyez rien de ce qu'elle va vous dire.

M. DE MELFORT. Tais-toi ; j'ai déjà la preuve que tu es un détestable menteur. Le mensonge conduit au vol et au meurtre. Tu as déjà commis le premier crime; il ne te manque peut-être que des forces pour commettre le second. Parle, ma fille.

SOPHIE. Premièrement, il ne s'est occupé de rien cette après-midi : c'est Saint-Firmin qui lui a fait sa version.

M. DE MELFORT. Cela cst-il vrai?

SAiNT-FiRMiN. Je uc puis cu disconvcuir.

SOPHIE. Ensuite il a jeté une tasse de thé sur la robe d'Agathe; et tandis (jue nous étions occupées à l'essuyer, il est resté à table et a vidé toute la théière; il ne nous en est pas resté une goutte. En voici des témoins (montrant les demoiselles de Saint-Félix). A l'égard du gâteau...

M. DE MELFORT. C'en cst asscz ; toutes tes méchancetés sont découvertes : monte dans ta chambre pour aujourd'hui; dès demain au matin je te chasse de la maison. Je te laisserai le temps de te corriger avant que tu v rt'iitri's; cl si cela iir réussit pas, il nr man(|uepa? de cachots où Ton

LE tETIT JOUEUR DE VI(,)L<»X.

renferme les scélérats qui troublent la société par leurs crimes. Saint- Firmin , dis à Lafleur de le garder à vue dans sa chambre : tu recommanderas en même temps qu'on m'envoie le précepteur aussitôt qu'il sera de retour.

SOPHIE ET SAiNT-FiRMiN, intercédant poiir lui. Mon cher papa, mon cher oncle...

M. DE MELFOHT. Jc uc veux ricu entendre en sa faveur. Celui qui est capable d'arracher au pauvre le salaire qu'il a gagné, de lui briser l'instrument de ses travaux, et de chercher à se justifier de ses atrocités par le mensonge et par la calomnie, doit être retranché de la société des hommes. Je loue le Ciel de ce qu'il me laisse encore de braves enfants comme vous : c'est vous qui serez ma consolation, et c'est avec vous que je veux me réjouir ce soir, autant que peut le faire un père (jui a un fils d'un si mauvais naturel.

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