LES MAÇONS ST'R L'ECHELLE
HENRI. Oui, je le reconnais, et je veux lui en demander pardon ce soir dans ma prière.
Henri tint sa parole ; il se repentit de sa méchanceté, et il en demanda le soir pardon à Dieu du fond de son cœur. Et non seulement il laissa Joseph tranquille pendant quelques semaines , mais il empêcha aussi quelques-uns de ses camarades de Tinsulter.
[Malgré ses helles résolutions, il lui arriva un jour de se mêler dans la foule des polissons qui le poursuivaient. Ce n'était à la vérité que par une pure curiosité, et seulem.ent pourvoir les niches qu'on faisait à ce pauvre homme. De temps en temps il lui échappait de crier comme les autres : Joseph! Joseph ! Peu à peu il se trouva le premier de la bande; en sorte que Joseph, impatienté de toutes ces huées, s'étant retourné tout à coup, et ayant ramassé une grosse pierre, la lui jeta avec tant de roideur qu'elle lui frôla la joue, et lui emporta un bout d'oreille.
Henri rentra chez son père tout ensanglanté, et jetant de hauts cris. C'est une juste punition de Dieu, lui dit M. Desprez. Mais, lui répondit Henri, pourquoi ai-je été tout seul maltraité, tandis que mes camarades, qui lui faisaient beaucoup plus de malices, n'ont pas été punis? Cela vient, lui répliqua son père, de ce que tu connaissais mieux que les autres le mal que tu faisais, et que par conséquent ton offense était plus criminelle. H est juste qu'un enfant instruit des ordres de Dieu et de ceux de son père, soit doublement puni lorsqu'il a l'indignité de les enfreindre.