‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 9 sur 276 · LE NID DE .AIOIXEAUX · texte numérisé non relu

LE NID DE .AIOIXEAUX

terre. Dans un moment, toute la petite famille fut dépouillée de ses plumes naissantes. Les pauvres bêtes jetaient des cris douloureux, elles tremblottaient, elles agitaient tristement leurs ailes ; mais Robert, au lieu de se laisser attendrir par leurs souffrances, ne borna pas là ses persécutions. Il les poussait du pied pour les faire avancer; et lorsqu'elles faisaient une culbute, c'étaient de grands éclats de rire. A la fin, ses sœurs se mirent à rire avec lui.

Tandis qu'ils se livraient à cet amusement barbare, ils virent de loin venir leur précepteur. Pst ! chacun met un oiseau dans sa poche , et se sauve à toutes jambes.

Hé bien 1 leur cria le précepteur, où allez-vous? approchez. Cet ordre les obligea de s'arrêter. Ils s'avancèrent lentement, et les yeux baissés vers la terre.

LE PRECEPTEUR. Pourquoi donc fuyez-vous à ma présence?

ROBERT. C'est que nous étions en train déjouer.

LE PRÉCEPTEUR. Vous savcz quc je ne vous ai pas interdit les amusements, et que je n'ai jamais tant de plaisir que lorsque je vous vois bien joyeux.

ROBERT. Nous avious peur que vous ne vinssiez nous gronder.

LE PRÉCEPTEUR. Est-cc quc jc VOUS groudc lorsque vous prenez une récréation innocente? Vous avez fait, je le vois, quelques malices. Pourquoi avez-vous tous une main dans la poche? je veux savoir ce que c'est. Présentez-moi votre main et ce que vous y tenez. [Ils présentent chacun leur main avec un oheau 'plumê .

LE PRÉCEPTEUR, avec XLU mouvement 7nclé de intiè et d'indignation. Et qui vous a donné l'idée de traiter de la sorte ces pauvres petites bêtes?

ROBERT. C'est qu'il est si drôle de voir sauter des moineaux sans plumes!

LE PRECEPTEUR. Yous trouvcz douc bicu drôle de voir souffrir d'innocentes créatures, et d'entendre leurs cris douloureux ?

ROBERT. Non, certainement; mais je ne croyais pas que cela les fît souffrir.

LE PRÉCEPTEUR. Eh bicu ! approcliez, je veux vous en convaincre. (// lui tire quelques cheveux.)

ROBERT. Aye! aye!

LE PRÉCEPTEUR. Est-cc quc ccla vous fait mal?

ROBERT. Vous croycz donc que cela fait du bien, d'arracher des cheveux?

LE PRECEPTEUR. Bou ! il n'y en a qu'une douzaine.

ROBERT. Mais c'est trop.

LE PRÉCEPTEUR. Quc scrait-ce donc si l'on vous arrachait toute la chevelure? Concevez-vous la douleur que vous en ressentiriez? Voilà cependant le supplice que vous avez fait endurer à ces pauvres oiseaux, qui ne vous avaient fait aucun mal. Et vous, mesdemoiselles, vous qui êtes nées avec un cœur plus sensible, vous l'avez souffert!

Les (W\\\ ])('tit('s filles étaient restées debout en silence; mais en eu-

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