SCÈNE XIIT
y\ DE MELFOni, SOPHIE, AGATHE, CHARLOTTE, SAINT-FIRMIN
M. DE MELFORT. — 0 mes cliers enfants ! que ce jour aurait été heureux pour moi si, en admirant la générosité de vos sentiments, la pensée de l'indignité de mon fils ne venait empoisonner mon bonheur ! Mais non, il ne doit point l'empoisonner. Dieu m'a fait présent d'un autre fils en toi, mon cher Saint-Firmin : si tu ne l'es par la naissance, tu l'es par les liens du sang et par un cœur digne de moi. Oui, tu seras seul mon fils... Mais où est Charles? Va le chercher, et amène-le-moi tout de suite ici. (Saint-Firmin sort.)
SOPHIE. — Il y a pj'ès d'une heure que nous ne l'avons vu. Pendant que le petit garçon nous faisait danser un menuet, il a disparu avec sa portion de gâteau.
SAINT-FIRMIN, en rentrant, — On l'a VU entrer ici près chez un confiseur. J'ai dit à Lafleur de l'aller chercher.
M. DK MELEoRT. — Mcs eufauts, passoz dans mon cabinet ; je veux savoir ce qu'il aura relfronterle de me répondre. Quand j'aurai besoin de témoins, je vous appellerai.
CHARLOTTE nt AGATHE. — En ce cas, uous allons nous retirer.
M. DEMELFniiT. — Nou, uios eufauts, je vais envoyer dire à vos parents que vous passerez ici le reste de la soirée. Vraisemblablement le vieux Jonas et son digne fils seront nos convives. J'ai besoin de quelque baume pour la cruelle blessure que Charles a faite à mon cœur, et je n'en connais point de plus salutaire que l'entretien d'aimables enfants comme vous.
SOPHIE, prêtant l'oiviiic. — Je crols entendre venir Charles, (m. de Meifort ouvre la
porte do son caliinot ; lesi'nl'anls s'y retirent.)