SCÈNE VIII
M. ET MADAME DE VALENCE, M. DE IlEVEL, M. DE NANCÉ, MATIIURIN
M. DE REVEL. — .le u'ai jamais goûté de plaisir plus pur et plus touchant.
M. DE VALENCE. — Le iiiicn a doublé de charme en le partageant avec vous, mes chers amis.
M. DE NANCÉ. — Le rossiguol n'a pas interrompu ses chansons. Sa voix semble même avoir pris, dans le crépuscule, un accent plus voluptueux et plus tendre. Je suis fâché que madame de Valence ne paraisse plus avoir autant de plaisir à l'écouter.
MADAME DE VALENCE. — C'est que je suis inquiète de mon fils; je ne l'aperçois pas sur la terrasse. (Eiie rappelle.) Valentin ! Il ne répond pas ! (Eiie
aperçoit le jardinier et rappelle.) Mathuriu, aS-tU VU mOU fils?
MATIIURIN. — • Oui, Madame ; il y a un petit quart d'heure que je l'ai vu tourner vers la forêt.
MADAME DE VALENCE. — Vors la forêt ! S'il allait s'y égarer ! Mon ami, cours après lui et ramène-le-moi.
MATHURiN. — Oui, Madame, j'y vais. (ii s'éioigne.)
MADAME DE VALENCE. — Mouslcur de Valcuce, n'allez-vous pas avec lui ?
M. DE VALENCE. — Non, Madame, je n'ai pas d'inquiétude, moi. Mathurin saura bien le retrouver.
MADAME DE VALENCE. — Maïs, s'il allait prendre un côté opposé ! Je suis dans des transes !...
M. DE NANCÉ. — Trauquillisez-vous, Madame; M. de Revel et moi nous allons nous partager les deux côtés de la forêt, tandis que le jardinier prendra le milieu; nous ne pouvons manquer de le joindre.
MADAME DE VALENCE. — Ah ! Messieurs, je n'osais vous en prier; mais vous connaissez le coeur d'une mère.
M. DE VALENCE. — Nc VOUS douuez pas cette peine. Messieurs, vous me désobligeriez.
148 LA VAMTÉ PUNIE
M. DE REVEL. — Vous ne trouverez pas mauvais, mon ami, que nous cédions aux instances de Madame plutôt qu'aux vôtres.
M. DE VALENCE. — Je ue puis vous dissimuler que c'est contre mon gré. M. DE NANCÉ. — Nous rccevrous vos reproches à notre retour, (iis marchent
vers la forêt.)