L*AMI DES EKFA^TS
VOUS prie. Les larmes me viennent aux yeux d^y penser. Non, vous vivrez encore longtemps pour notre avantage. Le ciel ne voudra pas nous ravir si tôt un second père.
M. VERTEuiL. Jc suis scnsiblo à ta tendresse; mais la prévoyance de la mort n^en avance point le moment fatal. Le sort de ta sœur me cause de plus vives inquiétudes. Enfin , j''ai résolu de lui laisser tout ce que je possède , pour qu"'elle ait au moins de quoi se préserver de Tindigence.
DIDIER, lui 'prenant la mahi. Oli , je vous remercie mille et mille fois. Combien je me réjouis ! Irai-je lui annoncer celte heureuse nouvelle? Mais nonjil vaut mieux qu''elle Tignore. Qu'acné apprenne d''abord des choses utiles , comme si elle devait vivre de son travail ; elle en saura gouverner plus sagement sa fortune. 0 ma chère sœur ! je puis donc espérer de te voir heureuse !
M. VERTEUIL. Tu cs uu bicu diççuo enfant! Ta raison ne me charme pas moins que ta générosité. Viens, mon cher Didier, que je t''embrasse ! Moi , ne te rien laisser , et donner tout à ta sœur! Comment pourrais-je commettre une telle injustice? Cette pensée était bien loin de mon esprit. Je voulais seulement te mettre à Tépreuve. C'est toi qui seras mon héritier universel ; et je cours faire mon testament à ton avantage.
DIDIER. INon , non, M.Yerteuil, gardez vos premières intentions. Laissez tout à ma sœur. Pen deviendrai plus studieux et plus appliqué. Pac-
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quorrai des talents utiles. Je serai un lioimête
homme. Avec cela, je ne serai pas inquiet de mon
avancement.
M. VERTEuiL. Rassurc-toi sur le compte de Léonor ; je lui laisserai un petit legs , pour qu'elle ne manque jamais du nécessaire.
DIDIER. Eh bien , faisons un échange. Le petit legs à moi comme un souvenir de votre amitié, et le reste pour ma sœur.