‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 143 sur 153 · SCENE VÏII · texte numérisé non relu

SCENE VÏII

LE G0UVIiaN3:UB , EOOVARD.

EDOUARD, se jetant dans les hras du Gouver- 7ieu7\^\o\\ père, voici ma lettre. Voyez.

LE GOLVERNEUR. Elle u'cst pas Cachetée, mon fds. Vous voulez donc cpie je la Use.''

EDOUARD. Si je le veux ? lisez, lisez. Elle est pleine de vous. (J^e Gouveimeiw lit.) « Mon papa, maman, mes frères, mes sœurs, rassemblez-vous pour écouter cette lettre. Oh ! si je pouvais vous la porter, vous la lire moi-même I mais j'y suis , je vous Nois. Qu'avez-vous à pleurer? Non, vous ne vivrez plus de pain, d'eau et de larmes. Il y a donc sur la terre des âmes généreuses, connue dans le ciel! Vous ne vouliez pas le croire, et voilà pourtant celle du gouverneur de notre école qui en est une. Oui, mon papa, soulTrez que je l'appelle mon père comme vous. Il est aussi le vôtre, c'est notre sauveur à tous. 11 dit que le roi va vous accorder une pension de quinze cents livres pour nous élever.

Tombez à genoux pour lui devant Dieu, comme j'*y suis, comme j^y serai... » (Le Gouverneur s'interrompt^ et il voit Edouard à genoux, les yeux et les hras élevés vers le ciel et le visage baigné d^un torrent de larmef^. Il se baisse et le relève.^ Que faites-vous, mon ami ?

EDOUARD. J^ofTre ma vie pour vous; elle vous appartient.

LE Gou\-ERNEUR. Non, mon cher Edouard! gardez-la pour la remplir d'actions honnêtes et vertueuses. La mienne commence à tourner vers son déclin 5 mais vous pouvez la prolonger, en faire la joie et la gloire.

EDOUARD, «z'ec /è;<. Moi, mon père! Âh! s^il était en mon pouvoir? Hàtez-vous, parlez; dites par quel moyen ?

LE GOUVERNEUR. Par votre amitié pour mon fds. [Il court vers la porte de V appartement.) Eugène, venez embrasser votre frère.

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