‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 68 sur 153 · HÉLÈNE, AUGUSTE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, AUGUSTE

HÉLÈNE. Ah! vous voilà, M. Auguste ! Vous êtes seul? Il me semblait avoir vu mon frère s'entretenir avec vous.

AUGUSTE. Il vient de me quitter à l'instant même.

HÉLÈNE. Je voudrais bien, si sa société vous était agréable, qu'il ne vous quittât jamais. Je n'aurais plus d'inquiétude sur son compte,

AUGUSTE. Vous me faitcs trop d'honneur, mademoiselle. M. Albert est trop bien élevé pour qu'on ait rien à craindre de lui.

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HÉLÈNE. Je n''eii crains rien, laot qu'il ne verra qise criiounêtes jeunes gens. Mais voulez-vous que je vous parle avec franchise? Je n"'ai pas entendu dire des choses trop flatteuses de ceux qui fréquentent M. Jules. Et mon frère est bien ardent à se jeter dans leur société.

AUGUSTE. Je ne me suis pas encore aperçu qu'elle lui ait été pernicieuse.

HÉLÈNE. Je Tespère; mais, avec de Tesprit, il est doux et crédule. Il juge tout le monde d'après Thonnèteté de son cœur. Que deviendrail-il, si ceux •qu'il croit ses amis étaient des méchants? J'ai bien vu que vous-même vous semblez craindre leur commerce.

AUGUSTE. Vous savcz que je ne suis pas riche, ainsi je ne dcis pas me lier avec des jeunes gens ]dus fortunés que moi. Je ne veux pas avoir àrougir.

HÉLÈNE. Mais vous aimez M. Jules; èles-vous bien aise de lui voir former ces nouvelles liaisons?

AUGUSTE. S'il faut vous le dire, j'aimerais mieux qu'il s'en tînt à l'amitié de votre ftvre. Au reste, ils ont l'un et l'autre des parents éclairés qui veillent sur leur conduite.

HÉLÈNE. Le mal se remarque quelquefois un peu tard. On peut bien empêcher qu'il n'ait des suites plus fâcheuses, mais non réparer ses premiers effets.

AUGUSTE. Tous me paraissez, mademoiselle, aimer tendrement votre ftvre. Ecoutezr-moi ; mais que je ne sois pas compromis. Jules vient de l'en-

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gager à Taller joindre à la maison. Les jeunes gens que vous craignez doivent être de la partie. On y jouera, sans doute; tâchez dVn détourner M. Albert. J'hélais ici pour attendre sa réponse; mais je pense qu'ail ne me convient pas de m'en charger. Il ne tardera peut-être pas à revenir ; trouvez bon, mademoiselle, que je me retire, et songez bien au conseil que j'ai cru devoir vous donner.

HÉLÈNE , seule. Voilà qui me paraît sérieux. Ah, mon frère, toi qui fais la joie de mon papa , si tu allais changer pour son tourment?

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