‹ L'ami des enfants et des adolescentsChapitre 71 sur 153 · M. DE FLORIS , HÉLÈNE · texte numérisé non relu

M. DE FLORIS , HÉLÈNE

M. DE FLORis. Ecoute, ma chère fille, ne quitte pas un moment ton frère ; il peut avoir besoin de tes conseils.

. HÉLÈNE. Je crois que votre présence serait encore plus nécessaire que la mienne.

M. DE FLORIS. Gommcut donc?

HÉLÈNE. Par quelques mots qui viennent d'échapper à M. Auguste ,. je soupçonne que les coquins ont fait un complot pour escroquer Pargent du pauvre Albert.

M. DE FLORIS. Tant mieux, sMl s'y trouve pris. Je laisserai venir ces filous , e* je me cacherai derrière le berceau pour les observer. Mais toi , quand tu verrais clairement leurs friponneries , ne fais pas semblant de t'en apercevoir.

HÉLÈNE. J'aurai bien de la peine à me contenir. Combien je souffrirai de voir mon frère devenir l'objet de leurs risées, et la dupe de sa confiance f

M. DE FLORIS. Il faut qu'il en soit désabusé par lui-même. J'obtiendrai plus aisément de lui qu'il soit à l'avenir plus attentif sur ses liaisons; et je le guérirai peut-être pour la vie de la funeste passion du jeu, à laquelle il me paraît tout prêt à s'abandonner.

HÉLÈNE. Comment peut-il avoir seulement la pensée de toucher des cartes! Il devrait bien se connaître. Il est si crédule , qu'il ferait naître à tout le monde Penvie de le tromper ; et si bouillant, qu'il perdrait la tête au premier coup de malheur,

M. DE FLORis. Yoilù Cil effet son caractère. Je ne te croyais pas tant de talent pour observer les liommes.

HÉLÈNE. Il faut bien qu'on étudie ceux qu'on voudrait servir.

M. DE FLORIS. Je vois que ces messieurs ne veulent pas perdre un moment. Il me semble déjà les entendre à la porte du jardin.

HÉLÈNE. Oui, les voilà.

M. DE FLORIS. Je me sauve à travers la charmille, et je reviendrai par un détour derricTe le berceau. SCENE X.

HÉLÈNE , seule. Qu''il me tarde de savoir comment tout cela va tourner! 0 mon frère ! ce moment doit peut-être décider du bonheur de ta vie. SCENE XI.

KÉLÈNEjALBERT, JULES, AUGUSTE, RAOUL, VICTOR, CARAFFA.

JULES j à Hélène. Je craignais , mademoiselle , que notre société pût vous importuner; mais M. Albert a voulu .. .

ALBERT. Comment! Timporluner? J'espère bien que ma sœur nous tiendra compagnie.

HÉLÈNE. De tout mon cœur, si ces messieurs veulent m'y recevoir.

VICTOR , avec un air contraint. C'est beaucoup d'honneur pour nous.

CARAFFA, has à Jules. Voilà qui est fâcheux. iNous serons obligés, par politesse , de jouer le jeu qu'elle voudra. Pourquoi venir ici?

ALBERT. Peut-être que nous aurons un de nos bons amis encore.

RAOUL. Oul-dà ! et qui donc ?

ALBERT. Vous veiTez. Il a une bonne bourse celui-là.

JULES , à pa?^f. Ah! tant mieux.

HÉLÈNE. Nous resterons ici dans le jardin, si vous le trouvez bon.

AUGUSTE. Sans doute, nous aurons le plaisir de nous promener.

RAOUL. Est-ce que vous pensez à vous promener, vous ?

AUGU6TE. Qu''aurais-je autrement à faire ?

VICTOR. Et jouer?

AUGUSTE. Je ne sais pas le jeu; et quand je le saurais , je n''ai pas d'argent à perdre.

cARAFFA. Comme si Ton était sûr de perdre toujours !

AUGusTE,ew le fixant. Oui, monsieur, surtout avec vous. Je vous crois beaucoup trop habile pour moi.

ALBERT. Si je gagne , je vous promets de vous rendre votre argent.

JULES. Et moi aussi.

RAOUL et VICTOR. Nous de même.

AUGUSTE. Vous m'^offenscz , messieurs. Perdre mon argent pour le reprendre , ou gagner le vôtre pour le garder , ce ne sont pas là de mes conditions; et s''il faut tous mutuellement se restituer la perte , ce n'est pas la peine de se mettre au jeu.

HÉLÈNE. C'est bien pensé, monsieur Auguste.

AUGUSTE. Ne vous mettez pas en peine de moi. ie vous verrai jouer , ou je me promènerai dans ' le iardin.

2G8 l'ami des enfants.

HÉLÈNE. Mon papa ne peut pas avoir Thonneur de vous recevoir. ( On voit éclater la joie sur leurs traits.) Mais il m*'a recommandé de vous bien accueillir. Mon frère , va faire préparer des rafraîchissements ; moi , je cours demander des cartes à Justine.

CARAFFA. Ce n'est pas la peine, mademoiselle , j'ai des cartes sur moi.

ALBERT. Comment, sur vous?

CARAFFA. Oui , cVst mou livrc de récréation.

HÉLÈNE. Et des jetons, en avez- vous aussi ?

CARAFFA. Je vous prierai de nous en procurer ; à moins que nous nejouionstout uniment notre argent.

JULES, has à Caraffa. Vous savez bien que je n'en ai pas. {Haut.) Non , non : c'est le moyen de s'embrouiller toujours dans ses comptes. Ainsi , mademoiselle , si vous voulez avoir cette bonté

HÉLÈNE. Il suffit ; je vais chercher la bourse.

Viens, mon frère. [Albert sort avec Hélène j les

autres entrent sous le berceau,, excepté Auguste

aux s'' éloigne.)

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