‹ L'ami des loisChapitre 4 sur 63 · M. DE VERSAC, M. DE FORLIS · texte numérisé non relu

M. DE VERSAC, M. DE FORLIS

jM. de VERSAC.

Vous avez vu ma fille, et je suis plus tranquille, Elle est mieux : sa santé m'inquiétait. La ville , Son désordre , le train qui règne en ma maison , Où trente novateurs sans probité , sans nom , Veulent régir la France , et ma table et ma femme Tout blessait son esprit , tout affligeait son ame. Ses goûts l'ont ramenée aux mœurs simples des cliamps' Chez sa tante, du moins, livrée à ses penclianls. Elle n'entendra plus les discours anarchiques De vos nains transformés en géants politiques; Elle y cultive en paix les vertus de son cœur. Mais je vous le répète, et c'est avec douleur: Ils ont fait du cliemin , Forlis , en votre absence : Je juge leurs progrès, d'après leur insolence : Ma femme en leur faveur extravague, et je crains Pour ma Sophie et vous, mon cher, quelques chagrins.

i j; \MI DES LOIS.

FOR LIS

T'ai son aveu , le vôtre.

VERS AC

Oui, ma parole est sûre; ^ Je la tiendrai.

F OR LIS

J'y compte, et ce mot me rassure, Car je vous vis toujours maître dans la maison.

VERS A c.

Le bon temps est passé.

FOR LIS

Vraiment ! et la raison ?

Vous abusiez un peu...

VERSAC

La chose est bien changée.

Ma femme était soumise; elle s'est corrigée; L'esprit d'indépendance agite son cerveau : C'est un des heureux fruits de votre ordre nouveau , Qui m'ote, avec mes droits, ceux que j'eus sur son ame.

FORLIS.

Oh! le tour est piquant.

VERS AC

J'avais contre madame Deux grands torts; j'étais noble, et de plus son mari.

FORLIS.

Vous voilà du premier, ainsi que moi, guéri.

VERSAC

L'héritage, Forlis, que je tienâ de mon père, Jitait en fonds d'honneur et non en fonds de terre. Les aïeux de ma femme, honnêtes parvenus, N'avaient pas un grand nom, mais de grands revenus. La richesse , illustrée alors par ce mélange , Payait la qualité qui vivait de l'échange.

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