‹ L'ami des loisChapitre 58 sur 63 · ACTE V, SCENE iV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE iV

u Et tous les accusés appartiennent aux lois. » Il dit: on se regarde, on balance, on s'étonne : Un groupe d'assassins se fait jour, l'environne, Les poignards sont levés, les coups près de tomber, Votre ami....

VERS AC

Juste ciel ! Forlis va succomber !

FILTEAU.

Forlis en saisit deux, et terrible il s'écrie :

« J'arrête , au nom des lois , au nom de la patrie ,

« Ces lâches meurtriers dont Tindigne attentat

«Blesse à-la-fois le peuple, et les lois, et l'état.»

Forlis , au comité , veut qu'on les lui confronte.

Il marche , il entre : — «Au peuple, à vous, Forlis doit compte,

« Citoyens; je vous somme, en vertu de la loi,

« De lire hautement vos charges contre moi. »

On lit un acte : Aux noms que cet acte rassemble,

On croit voir un complot et les preuves ensemble :

Il reste démontré que, de ses revenus,

Forlis paie en secret cent cinquante inconnus.

Qui sont-ils? dans quel but? et pourquoi le mvstère?.. .

Forlis, toujours fidèle à son grand caractère.

Offre des mêmes noms un écrit rêvetu

Qui, le lavant du crime, atteste sa vertu....

On va lire... un cri part : «Laissez, laissez ces preuves :

« Voici d'autres garants , voici d'autres épreuves ,

« Traîtres qui l'accusez , nous voici ! » — C'était ceux

Dont les noms sont inscrits en ces actes douteux,

Et qui, ravis au crime ainsi qu'à la misère.

Venaient tous proclamer et défendre leur père.

« Français, le désespoir allait armer nos bras,

« Envers notre patrie , envers le ciel ingrats ; »

Disaient-ils. «Ses bienfaits, en nous rendant la vie,

« Ont su nous rappeler qu'il est une patrie , « Un ciel , refuge ouvert à l'être abandonné , « Un Dieu soutien du faible et de l'infortuné , (f Qui voulut que ce monde offrît à l'indigence «Dans l'homme généreux une autre Providence.... « Eh bien ! tournez aussi sur nous vos fers sanglants ; « Vous qui frappez un père, ah! frappez ses enfants!»... Le peintre, l'orateur n'ont qu'un art infidèle Pour rendre ce tableau d'ivresse universelle. C'est d'abord un muet et long étonnement; Puis, des cris d'allégresse et d'attendrissement. Ses ennemis sont morts; son jour enfin commence : Et l'accusé plus grand, que presse un peuple immense. De respect, et de joie, et d'amour entouré. Paraît être un vainqueur du triomphe honoré. VER SAC, awec un sentiment de bonheur.

Il est tombé le poids qui pesait sur mon ame.

]HADAME VERSAC.

J'entends Forlis , je crois.

FILTEAU.

C'est lui-même, madame.

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