Livre II : Celles des chapitres vil, VUI, XI, XIt
Livre III : Celles des chapitres xv, XxxIv, XLII, L, Li, LI, LIV, LV, LVIIL.
Il n’en avait indiqué aucune pour le [Ve livre. —
Nous empruntons ces renseignements 4 un récit publié dans le journal Le Monde, du 5 décembre 1884, par M. le chanoine Auber, historiographe du diocése de Poitiers. Cet ecclésiastique avait connu Félicité de Lamennais. Il se trouvait méme a la préfecture de Gap lors de l’entretien raconté plus haut. Mais il a tiré de la conversation qu’il avait entendue des conclusions qui nous paraissent inexactes. Selon lui, Félicité de Lamennais n’aurait jamais traduit | Imitation. « Crest a2 moiméme, dit-il, qu’en 1828 Vécrivain affirma que sa prétendue traduction était ’ceuvre @une main a lui connue, laquelle s’était efforcée, ajoutait-il, de fondre dans une traduction nouvelle ce qwil y avait de meilleur dans les autres. Il m’affirma aussi qu’il n’était pas méme l’auteur des réflexions ajoutées a chaque chapitre, quwil n’en avait écrit que quelques-unes, et que Verréur qui lui avait prété tout ’ouvrage venait de la contexture du titre : Traduction nouvelle avec des Réflexions, par Vabbé F. de Lamennais... »
Ce témoignage de Féli, attribuant lui-méme 4 un autre la traduction de Imitation, est de nature a faire impression. Mais quelle traduction désigne-t-il ici? Hvidemment celle de 1820, celle de Genoude. Le titre qu'il indique lui-méme et qui pouvait préter 4 une méprise du public est celui de Védition de 1820. Quant au titre de l’édition de 1824, il ne laisse pas place a la moindre erreur : Imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle, par M. Vabbé F. de Lamennais. Rien de
lus clair : Féli revendique absolument la paternité de a Traduction. I ajoute : avee des réflexions 4 la fin de chaque chapitre. Cette formule respecte l’incognito du principal auteur des réflexions, mais elle indique suffisamment que cet auteur n’est pas Féli : rien de plus honnéte.
Visiblement M. Auber n’avait pas fait examen critique des textes. I] ne semble méme pas se douter qu'il a paru, en 1828, une nouvelle édition de l’Imitation mennaisienne, dans laquelle, cette fois, traduction et reflexions sont-entiérement de Féli. Une conversation mal comprise, faute d’études préalables, lui a servi & batir un systéme qui ne tient pas devant une étude et une comparaison attentives des diverses éditions. Du reste, 4 peine paru, son article fut attaqué par les deux derniers disciples de La Chesnaie, MM. les abbés Genthon et Houet, qui relevérent dans ses dires nombre de confusions et d’inexactitudes. (Voirle journal Le Monde, 20 décembre 1884, et Lamennais daprés des documents inédits, par A. Roussel, t. I, p. 212 et suiy.).
En 1878, dans la préface d’une nouvelle édition qu’il donnait de VYImitation de Gonnelieu, M. le chanoine Auber avait déja nié que Félicité de Lamennais ett jamais traduit le livre en question. Aprés avoir exposé ses raisons, il mettait les partisans de Vopinion contraire au défi de produire le manuscrit. Nous n’avons point la prétention de produire le manuscrit, que nous navons jamais vu, mais nous eroyons pouvoir prouver qwil a existé. Dans le volume que nous avons publié en 1898, sous le titre: Un Lamennais inconnu, on trouve, 4 la date du 5 avril 1824, une lettre de Féli ou, s’adressant & son ami Benoist d’Azy, il s’exprime ainsi : « Je Venvoie un cahier de VImitation pour M. de Saint- Victor. Je te recommande particuliérement ce petit manuscrit. Pais en sorte qwil soit remis sans retard A son adresse. Tu revevras incessamment les deux derniers cahiers. Je serai bien aise d’apprendre quiils te sont parvenus, ainsi que celui-ci. » Ging jours aprés, le
user des Réflewions placées A la suite de chaque chapitre de Imitation, ce qui m’oblige a en faire de nouyelles, pour pouvoir imprimer une traduc- tion in-32 1. » (26 octobre 1827).
Ces nouvelles Réflexions parurent en 1828. Cette fois, le volume était entiérement de la main de Feli. C’est celui quia été, depuis, réimprimé indé- finiment, et qu’on ne s’est jamais lassé de relire. Lorsque ces Réflexions parurent, V’abbé de Salinis ne craignit pas de dire qu’elles étaient comme de véritables post-scriptum écrits par auteur méme de l’ Imitation. L’observation est juste. Bien que composées a la hate. et sous linfluence de préoccupations mercantiles, ces modestes pages rap- -pellent le langage des grands mystiques. Elles versent dans lame paix et lumiére; presque toujours on y sent Dieu. Néanmoins la rhétorique n’en est pas absente; la simplicité en est parfois affectée ;. la recherche de effet apparait de temps en temps. L’auteur le sentait bien lui-méme, lui qui disait: « Je trouve toujours que ces Réflexions jurent avec Vincomparable naiveté du texte 2. » Visiblement il regrettait celles qu’il avait da remplacer. Ici, en effet, jamais l’écrivain ne se - moontre, jamais une beauté indiscréte ne trahit la plume brillante; les pensées qui ravissent le plus le lecteur ne le charment que par leur propre beauteé ; elles ont Yair de ne devoir rien 4 l’expression; il n’y a de paroles que ce qui était indispen- sable pour étre entendu, et ce n’est qu’avec de la réflexion et de l’étude qu’on apercoit tous les mérites d’un style ot ’auteur n’a cherché qu’a disparaitre et 4 se faire oublier.
Les éditions antérieures a 1828 sont devenues rares. I] est 4 souhaiter qu’une réimpression fasse revivre ’oeuvre du pieux écrivain qui, a exemple ‘de son maitre, le moine inconnu du moyen age, pratiqua si scrupuleusement l’Ama nesciri et pro nihilo reputari.
-Q. — Que pense Ami du Clergé du Nouveau dic- — tionnaire Larousse? Je crois me rappeler qu'il ne e
-Yavait pas accueilli bien chaudement, 4 ses débuts. ~ Pourtant, je Vai parcouru, et sans en étre enthousiaste, - étant donné que nous avons tous besoin d’un dictionnaire trés moderne, et que d’autre part je n’y ai trouvé aucune note irréligieuse, il me semble que Vouvrage
10 avril, ildisait aun méme correspondant : « Voila, mon bon Denis, les deux derniers chapitres de lImitation que je t’ai annoncés il y a quelques jours. Fais-moi le plaisir de les faire remettre d’une maniére sire 4 M. de aint- Victor et mande-moi que tu les a recus, ainsi que le cahier précédent. » M. de Saint-Victor était un homme de lettres associé a Félicité de Lamennais pour unespéculation de librairie. Ils publiaient ensemble une collection d’ouvrages ascétiques sous le nom de Bibliothéque des dames chrétiennes. LiImitation devait prendre place dans cette collection et M. de Saint-Victor devait, en Vabsence de Féli, qui partait alors pour Rome, surveiller impression. D’aprés les lettres précé- dentes, les derniers cahiers manuserits furent confiés au typographe en avril 1824.. . ‘a La traduction de VImttation a parut cette méme année est donc bien celle qui fut imprimée ‘sur les cahiers manuserits. Elle est done bien ’wuvre de Féli. 1 Un Lamennais inconnu, p. 205.
* jité par Spuller, Lamennais, p. 117,
mérite une sérieuse attention. Je m’en remettrai d’ailleurs au jugement de l’Ami, et comme il a paru plusieurs volumes de ce dictionnaire, je crois qu’il nous rendrait service en jugeant ’ceuvre plus 4 fond, maintenant qu'il a tous les éléments nécessaires pour bien le faire.
R. — Nous sommes heureux de'l’occasion qui
nous.est offerte pour revenir sur cet ouvrage qui meérite, en effet, une sérieuse attention.
Plus que jamais, & notre époque ot il est indis- ©
pensable de savoir un peu de tout, au lieu de savoir beaucoup d’une chose et du plus essentiel, Vencyclopédie détaillée et actuelle, la plus actuelle possible, la toute derniére, est nécessaire. On peut méme dire, en ce genre, étant donné la rapidité des transformations auxquelles nous assistons,
dans les sciences et les inventions, dans les lettres
méme, que le dernier dictionnaire paru a deja, par sa seule actualité, toutes les chances d’étre le meilleur. On comprend @ailleurs dans quel sens nous employons ce mot de « meilleur. »
Or, quel est le dernier, le tout dernier? C’est précisément le Nouveau dictionnaire Larousse, puisquwil n’est méme pas achevé et qu’il continue a paraitre en livraisons, tout en approchant de la
moitié de sa tache, ce qui permet aux impatients
d@espérer qu’ils n’attendront pas trop longtemps pour avoir le tout.
Pour le public, cette qualité @actualité, tant elle est devenue indispensable, 4 notre époque de fiévre, suffit amplement. Mais il nous appartient, a nous qui demandons davantage, de savoir si oeuvre se recommande d’autre part.
Ce nouveau dictionnaire est-il complet? Est-il
bien rédigé ? Mst-il stir? Est-il fait pour tout le monde? Ne serait-il pas, comme son titre risque de le faire supposer, — car on ne saurait oublier
ce que fut le grand Larousse, — antireligieux,
rempli d’erreurs philosophiques ?
Telle est la question. Ht c’est a cette question que nous nous proposons de répondre.
L’Ami du Clergé, prudent comme il doit étre en pareille matiére, avait réservé son jugement, au début. Et méme, en raison du titre qui ¢veillait sa légitime méfiance, n’ayant pas senti, d’autre
part, dans les premiers articles, l'inspiration
toute chrétienne qu'il désirerait trouver dans une
ceuvre de cette importance, il s’était montré plutot
hostile 4 Ja nouvelle publication.
Mieux vaut (ailleurs étre réservé d’abord que d’avoir 4 se reprocher plus tard l’éloge d'un ouvrage nuisible. Nous qui tenons la plume, et une plume dirigée par la conscience, nous sayons que cette faute ne peut se réparer.
Dans la circonstance, nous n’aurons du moins pas & nous reprocher cette faute. Le grand Larousse a laissé de si: mativais souvenirs, au point de vue philosophique et religieux, que nous étions bien excusables de nous méfier, en ‘en yoyant paraitre un nouveau, et de trouver méme étrange la collaboration que des prétres pouvaient y donner. Mais aujourd’hui que nous pouvons juger, en pleine connaissance de cause, de l’en-
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