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458 L’AMI DU
CLERGE
semble, par les trois volumes parus, sur les sept qui doivent composer lceuvre totale, nous ne regrettons plus autant le choix méme de ce titre, le Nowveau Larousse illustré étant destiné a faire oublier Pancien.
Sans doute encore,-ce n’est pas le dictionnaire de nos réves, le grand dictionnaire catholique. Mais quel progrés sur l’ancien, et comme Ce progrés est caractéristique au point de vue de la marche des idées! Quand paraissait le grand Larousse, pour avoir un succes de librairie, il fallait étre antireligieux jusqu’aux préjugés les plus absurdes, jusqu’au grotesque. Aujourd’hui, voici un dictionnaire qui compte 90.000 souscripteurs — et le nombre s’en accroit chaque jour, constituant le plus étonnant succés de librairie — et ce dictionnaire, sil n’est pas catholique, est du moins toujours respectueux—de la religion, plus que respectueux, conforme 4 la théologie et a la vraie doctrine. Tout. ce qui a trait a la foi y est traité ou revu par un des plus éminents professeurs de VInstitut catholique de Paris, M. Pabbé Bertrin, le collaborateur si justement apprécié des Grandes figures catholiques contemporaines, cuyvre dont nous avons fait l’éloge en son temps, et l’écrivain que nous félicitions tout derniére- -ment encore pour son ouvrage sur La sincérité religieuse de Chateaubriand, veritable livre Wapologétique chrétienne quwil ne craignait pas de présenter en Sorbonne, comme these de doctorat.
L’examen attentif des articles les plus délicats sur les questions religieuses, cette collaboration incessante d’un prétre aussi sir de doctrine que distingué par le mérite littéraire, étaient bien faits pour. modifier notre premiére impression. Ht cest pourquoi nous pouvons aujourd’hui féliciter Vintelligente direction du Nouveau Larousse illustré, qui a compris que le vent n’était plus aux attaques sottes et partiales de Virréligion, mais 4 une impartialité de bon ton, et méme a une impartialité respectueuse.
De cette note caractéristique nous pourrions donner mille exemples. Un seul suffira. Nous citons :
Alexandre WI (Roderico Borgia), né en 1431 4 Jativa (Mspagne), mort en 1508. Jusqu’a vingt-cing ans, il suivit, dit-on, la profession deg armes. L’élévation de son oncle 4 la papauté, sous le nom de Callixte IIT, tourna alors son ambition vers létat ecclésiastique, pour lequel il n’était point fait. Cardinal depuis 1456, quoiqu il ne soit entré dans les ordres qu’aprés 1480, si Yon en croyait une opinion, d’ailleurs peu fondée, il fut élu pape en 1492. On l’accuse d’avoir acheté les suffrages des électeurs. Sa vie privée jusquwalors n’a pas été moins altaquée que son élection. On a. soutenu assez récemment que les cing enfants quwil eut de Vanozza de Caltanei, et dont les plus célébres furent César et Lucréce, étaient nés pendant qu’il exercait le métier des armes et 4 la suite d’un légitime mariage. Cette opinion est peu suivie en général, méme des écrivains ecclésiastiques.
Une fois maitre du pouvoir, Alexandre se montra administrateur éciairé, politique habile, protecteur des lettres et des arts, et ami du peuple qui Vaima a son tour. Il fit une guerre sans pitié aux grands, dont plu-
sieurs avaient usurpé des territoires du Saint-Siége. Par une politique analogue a celle de Louis XI, il voulut fonder des principautés toutes dévouées a Pautorite centrale; cependant, en les donnant asa propre famille, il sembla obéir au penchant d’une faiblesse paternelle excessive. autant qu’aux inspirations d’une politique prévoyaate. ;
Charles VIII ayant envahi I’Italie, il parut céder a la force et traita; mais il ‘entra bientot aprés dans une ligue puissante, et Charles dut repasser les Alpes (1498). Un peu plus tard, il annula le mariage de Louis XII avec la pieuse Jeanne de France; en retour, le roi Vaida a reconquérir les villes du Saint-Siége sur les feudataires des Romagnes. ‘
Il mourut emporté par la malaria, aprés une semaine de maladie, et non empoisonné (comme le veut une tradition dont s’est moqué Voltaire) par un breuvage perfide, préparé pour le cardinal Corneto, dont il convoitait la fortune, et qu’un valet lui aurait versé par mégarde ou par trahison. =
Peu de renommées sont plus compromises que la sienne devant la postérité. Les lettrés, protégés des familles puissantes qu’il a frappées, ont vengé leurs bienfaiteurs sur sa mémoire. On sait, d’ailleurs, que Vopinion publique se plait a charger les coupahbles : les Borgia en ont fait ’expérience. Ils ont passé pour s’étre servi du poison comme d’une arme favorite, ef n’avoir pas méme reculé devant Vinceste. On revient aujourd’hui de ces excés, quoiqu’il ne soit guére possible de discerner exactement le vrai et le faux dans cette histoire confuse, ol tant de passions se sont donné carriére. Ce qu’on peut dire, c’est qu’Alexandre VI, a la fois pape et prince, fut un prince bien plus qu'un pape. Prince, il subit trop sans donte Vinfluence d’un temps et d’un pays ot le sens moral parait s’étre obliteré, ou, en politique, on croyait tout permis, la cruanté comme la perfidie. César Borgia, Vinstrument et plus encore Vinspiratevur de la politique paternelle, est donné par Machiayel comme le type admiré de Phomme d’Htat. Quant au pape, maitre dela doctrine, il forme avec le prince un contraste frappant, qui a été mis vivement en relief. Supposant vraies toutes les accusations dont Alexandre VI a été Vobjet, J. de Maistre a écrit : « Le Bullaire de ce monstre est impeccable. »
— Breurocr. : J. Burchard, Diarium sive rerum urbanarum commentarit (Paris, 1888); Roscoé, Vie et Pontificat de Léon X (1805, trad. franc. par Henry, Paris, 1843); Jorry, Histoire du pape Alexandre VI (Paris, 1851); J. Favé, Etudes critiques sur Vhistoire a@ Alexandre VI (1859) ; Ollivier, Alewandre VI et les Borgia (Paris, 1870); Gregorovius, Lucrezia Borgia (1874, trad. frang., Paris, 1876); Clément, Les Borgia (Paris, 1882); Dispacci di Antonio Giustinian, ambasctatore veneto in Roma (1502-1505). Voir Boreta.
Si, a cette dignité de ton et d’allure, nous pouvons ajouter que ce dictionnaire, de toute actualite, définissant les expressions les plus moderneg, parlant des découvertes les plus récentes, donnant la biographie des auteurs du jour, etc., a déja fourni plus de 75.000 articles, 170 cartes et plus de 416.000 gravures dune finesse d’exécution parfaite, en sorte que jamais Jillustration et Villustration en couleurs n’avait été si largement prodiguée; si nous ajoutons enfin qu’il compte parmi ses collaborateurs des savants de tout ordre, des spécialistes de tout genre, nous aurons dit de quelle utilité il peut dtre pour tous. Chacun dailleurs peut, avec ce compte rendu général, se faire une idée de louvrage, en demandant a la direction du Nouveau Larousse illustré, 47, ruc Montparnasse, & Paris, un fascicule complet qui sera envoyé a titre de spécimen.
CLERGE 459
La souscription a forfait & ouvrage entier — car il faut bien songer a ce petit cdté de la question — qui, hélas! sera lourde pour bien de pauvres
-curés et de non moins pauvres vicaires — est,
jusqu’a ce jour du moins, de 4180 francs en fascicules, séries ou volumes brochés, et de 245 francs en volume reliés demi-chagrin.
On peut payer : 4° par traites de 10 francs, tous les deux mois, pour les souscripteurs de France, Algérie, Tunisie, Belgique, Suisse et Alsace-Lorms raine ; 2° par traites trimestrielles de 20 francs, pour les autres pays aéceptant des recouvrements postaux francais (Allemagne, Autriche, Egypte,
Hollande, Italie, Roumanie, etc.); 3° en quatre
versements égaux (en mandat-poste ou valeur a vue sur Paris) de six mois en six mois, le pre-
Thier devant accompagner la souscription, pour
les pays gui n’acceptent pas de recouvrements ,
postaux francais.
De tels détails ne seraient pas nécessaires pour bien des revues, mais Ami est tout heureux d’avoir a les insérer, la raison en étant qu’il a des abonnés dans tous ces pays.
Kit n’oublions pas, certes, nos lecteurs, nos chers lecteurs plus éloignés encore, nos missionnaires! Voici la note qui les concerne : « Les envois sont faits franco de port en Europe, sur la céte nord de lAfrique et aux colonies frangaises. Pour les autres pays, les souscripteurs par volumes devront supporter une part du port qui variera de 5 a 40 0/0-du prix de souscription, et qui sera ajouté au montant de la facture. Les frais de douane sont a la charge du souscripteur. »
Ajoutons enfin, pour terminer et pour consoler les lecteurs de ces fastidieux mais utiles renseienements, que les souscripteurs recgoivent immédiatement tout ce qui a paru, jusqu’a ce jour, du dictionnaire.
Enfin, un dernier conseil V@homme pratique et @expérience : mieux vaut cent fois, pour un dictionnaire surtout, souscrire a une édition reliée, qu’a toute autre. Ceci n’est d’ailleurs pas une réclame, car nous mavons pas pris la peine de savoir si l’éditeur préférait ’une ou l’autre des
-souscriptions, et nous ne parlons ici que dans VPintérét du public.
A GARE Fp em
2° Comptes rendus bibliographiques
Dieu priscipe de la loi morale, par Pp. Vallet, prétre de Saint-Sulpice. — In-412 de 64 p., O fr. 60. — Paris, Bloud.
Bes trois formes dm surzaturel 3 ie miracle, In vévélation et la grace, par le méme. — In-12 de 64 p., 0 fr. 60. — Paris, Bloud.
La morale indépendante et le naturalisme, voila assurément les deux plus graves erreurs de la pensée moderne,
De la morale indépendante, M. Vallet fait justice dans le premier de ces deux opuscules. On y trouvera, en quelques pages, tout ce que l’on peut désirer de plus substantiel, de plus solide, de plus net et de plus intéressant sur cette question capitale. I] serait difficile de dire autant et aussi bien sous un moindre volume. Rien d’essentiel n’y demeure dans l’ombre. Analyse magistrale des grands principes scolastiques et réfutation vigoureuse des erreurs modernes, tout est dit en quelques pages, qui laissent a lesprit. pleine satisfaction.
La critique moderne a pris pour point de départ la négation pure et simple du surnaturel : « La loi de Vhistoire, c'est quwil-n’y a pas de miracle... La loi de la philosophie, c’est qu’il n’y a pas de mystére... La loi de toute science, c’est qwil n’y a pas de surnaturel... Ce qui nous guide, dans les difficiles sentiers de la eritique, c’est le principe, pour nous incontestable, que le surnaturel est impossible. Nous ne discutons pas sur le surnaturel, parce qu’on ne discute pas sur limpossible. Par cela seul qu’on admet le surnaturel, on se met en dehors de la raison et de la science. » (Renan, Vie de Jésus, et Etudes d'histoire religieuse). M. Vallet rappelle et démontre, en quelques pages nourries de citations topiques, la possibilité et Vexistence de l’ordre surnaturel, et puis son caractére obligatoire. Nul n’a jamais prétendnu que Vordre naturel soit facultatif, que Vhomme soit libre de s’y soumettre ou de sy soustraire a son gré. Il en est absolument de méme de l’ordre surnaturel. Sil a plu a Dieu de Vétablir, c’est un devoir pour Phomme de s’en enquérir et d’en tenir compte; il doit en accepter les charges en méme temps quil en recueille les bénéfices. Hic est Filius meus dilectus : IPSUM AUDITE.
Pratique progressive de la confession.
— De la ferveur a la perfection, — Un vo).
in-18 de 592 p., 1 fr.50; franco, 1 fr. 85. — Paris, Giuvre de Saint-Paul.
Ce volume, qui est le fruit d’une immense expérience, n’est pas un livre de lecture, c’est un livre de pratique. Tout s’y rapporte & la confession des ames pieuses.
Sous ce titre : Préparation immédiate, on donne dabord une sorte d’abrégé pratique, qui peut suffire dans les confessions ordinaires et qui, par de nombreux renvois, établit des relations faciles avec tout l'ensemble de Youvrage.
A la suite de cette Préparation commence réellement la Pratique progressive.
On définit d’abord la ferveur et la perfection, —le point de départ et le point d@’arrivée; — puis l’on établit les caractéres distinctifs de l’état dont on s’occupe et qui comporte des imperfections et des fautes.
Ces imperfections et ces fautes ont des causes profondes qui peuvent se ramener a deux catégories : les unes égarant, lés autres paralysant lactivite.
Les causes qui égarent sont: les fausses notions ou erreurs sur les principes, et les cliusions ou erreurs sur nous-mémes.
Les causes qui paralysent sont : le manque d’e/fort (loi du moindre effort, insuffisance de réaction vitale), le manque de purification (dans les intentions, dansles inclinations), le manque de paix (l’empressement spirituel, le resserrement de lame, peines de la vie, peines de conscience, scrupule) : sur tous ces points, étude trés précise et trés minutieuse des lois de la vie spirituelle, dont toute violation produit un ,arrét ou un trouble. :
Ensuite examen. Ici on abandonne la forme questionnaire, dont tous nos confréres expérimentés ont pu souveut constater V’insuffisance et l’infirmité. Les questionnaires ont le premier tort de ne s’appliquer trés bien 4 personne. Quelle variété infinie d’énumeérations n’y faudrait-il pas pour que chaque ame y trouvat ce qui lui convient? et dans quel amas fastidieux de choses étrangéres elle aurait 4 se débrouiller! Avee un questionnaire, on n’aboutit souvent qu’a une accusation formaliste, factice, empruntée. Une personne qui ne sait pas s’en dégager pour étre elle méme finit par se faire une sorte d’dme de convention, la seule qu’elle monire au confessionnal, la seule méme qu’elle y connaisse : hors du confessionnal, c’est tout autre chose, elle parle d’elle et de ses sentiments d’une facgon vraie, parce qu’elle ne snbit plus la servitude de la formule du questionnaire,
Pie te
— Done, laisser A ’ame le soin de formuler, de découvrir elle-méme ses fautes: et pour cela, on lui présente un tableau raisonné de la morale chrétienne dans le sens de la piété (p. epee : en face du bien, le mal se
détache plus vivement en laideur, et devant ce tableau idéal on se découvre des taches sur lesquelles jamais le questionnaire le plus détaillé n’etit ouvert les yeux.
Aprés lexamen, la contrition. Aprés avoir constate ses fautes, il faut les déplorer en tant que désordre, et par conséquent les envisagér dans leurs rapports avec Yordre méme de Dieu, voir comment elles atteignent et blessent Jésus-Christ, centre et récapitulation du plan de Dieu sur le monde.
Aprés la contrition, réaction de la yolonté, vient le ferme propos, réaction de la vie. Reprise des lois de la vie spirituelle indiquées plus haut : la volonté, instrument de l’effort; l’ordre, moyen dopérer la purification; la sowmission, moyen d’établir la paix. Réforme de nous-mémes en Jésus, notre modéle; en Jésus, notre vie et le moteur intime de notré vie spirituelle;
en Jésus, notre amour et le principe de la ferveur et de~
la charité.
Enfin, usage 4 faire des auxiliaires de la ferveur : Vattrait (ses différentes espéces), le miliew (milieu matériel, milieu moral, milieu surnaturel), le renouvellement (probations, retraites mensuelles, annueiles).
Pratiquez ce livre et faites-le pratiguer aux ames qui vous sont confiées, et vous ne serez plus tenté de penser que les fréquentes confessions des ames pieuses sont insignifiantes ou sans résultat.
Le Livre de la priére antique, par dom F. Cabrol, bénédictin de Solesmes, prieur de Farnborough (Angleterre). — Un vol. in-42 de Xvil-574 p., 3 fr. 75. — Paris, H. Oudin.
Vous sayez la piquante anecdote de La Fontaine en-
~trant un jour 4 Véglise et tombant sur un chapitre de
Baruch : « Avez-vous lu Baruch? » demandait-il a tout venant. Que de gens 4 qui lon pourrait dire de méme facon : « Avez-vous lu votre paroissien? Avez-vyous jamais ouvert seulement de votre vie un missel? un bréviaire ? » :
Et cependant, méme pour des yeux profanes, quels trésors cachés la-dedans! quelle poésie! quelle splendeur et quelle grace d'images! Quelle plenitude et quelle profondeur de sentiment! Quelle universalité et quelle sublimité de pensée !
Méme des apostats se laissent toucher au ressouvenir de nos beautés liturgiques. On sait Vapostrophe de Renan a Minerve sur l’Acropole : « On y chantait (dans les églises) des cantiques dont je me souviens encore : Salut, Etoile de la mer, reine de ceux qui gémissent en cette vallée de larmes, —ou bien : Rose mystique, Tour adivoire, Maison Wor, Etoile du matin... Tiens, déesse, quand je mé rappelle ces chants, mon cceur se fond, je deviens presque apostat..., tu ne peux te figurer le charme que les barbares (les chrétiens) ont mis dans ces vers, et combien il m’en corte de suivre la raison toute nue. » (Souvenirs d'enfance et de jeunesse).
Taine s’émeryeillait devant le Prayer book anglican, qui n’est pourtant qu’une mutilation, une déformation de notre liturgie, et que les ritualistes délaissent pour revenir & la « priére antique. »
Kit Newman, avant sa conversion, écrivaif: « Ilya
tant d’excellence et de beauté dans les offices du bré-
viaire que, si des controyersistes romains le présentaient 4 un protestant comme le livre des dévotions romaines, ce serait créer indubitablement un préjugé en faveur de Rome, 4 supposer que le protestant fit d’une candeur moyenne et sans parti-pris. »
Or, n’est-il pas vrai que tant de trésors de doctrine, de piété et de poésie restont lamentablement fermés aux fidéles? Kt pourquoi, sinon parce qu'il n’y a personne pour les leur ouvrir? Kt il n’y a personne parce que nous-mémes, qui en avons la garde, les ignorons.
Crest 4 ce mal que remédiera le livre de dom Cabrol. L’auteur écrit pour les fidéles ; mais nous serons heureux ef nous bénirons Dieu de nous mettre les premiers a son école et de nous initier avec lui aux beautés dela liturgie :
Notions générales : usage de la Bible dans la liturgie, les psaumes, los cantiques, les différentes formes de la priére antique (psalmodie, ‘antiennes, répons, traits,
etc.), les acclamations et invocations liturgiques (Amen, Alleluia, Dominus vobiscum, etc.); — Vassemblée chrétienne; une messe 2 Rome en 200; les attitudes durant la priére et les gestes liturgiques ; — prieres ~
des-chrétiens : Pater, Gloria, Te Deum, symboles, : genése des livres liturgiques, ete; — sanctification du ~ temps, la journée chrétienne (analyse des heures), la semaine chrétienne, année chrétienne (formation du cycle liturgique); — le culte de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge et des saints; — sanctification des lieux et des éléments : la maison de Dieu, le champ du repos, l’eau, Vhuile, le sel, les cendres, le feu, etc.; priéres avant et aprés les repas; — sanctification de la vie : vie nouvelle, vie reconquise, ordination, mariage, mort, malades, etc. :
Quelle mine féconde de notions édifiantes et intéressantes ! On se plaint que les fidéles perdent le gotit des cérémonies de l’Eglise. Mais comment y prendraient-ils gout s’ils n’y comprennent rien?
La Priére antique! quel beau titre! quelles lointaines perspectives il ouvre devant nous! quelle fraicheur ra- . dieuse d’aurore il évoque! C’est 4 lépoque héroique de l’Hglise que s’est constituée la liturgie chrétienne, du 1 au ve siécle ou, au plus tard, du 1 au 1x°® siécle. Dans la suite, des modifications de détail surviendront ; mais les grandes lignes restent les mémes. L’organisme liturgique s’est alimenté 4 la séve fraiche et pure des origines ; et ce sera une des joies de l’éternité de poursuivre et de perpétuer au ciel les priéres et les chants qui atiront renfermé le contenu le meilleur et lout le bonheur de notre existence terrestre. i
be Emitatione Christi, cum addit. Considerat., ed. Hermana - Gerlach. — Fribourg, Herder, 1900. — Un vol. in-48 de vi11-464 pages. — Prix : 3 frances.
Ce qui fait Voriginalité intéressante de cette réédition de lImitatio Christi (Vaprés l’édit. d’Anvers 1607) c’est qu’on a pris soin d@’ajouter a tous les chapitres, en forme de réflexions pieuses, des Considerationes empruntées aux autres ceuvres ascétiques de Thomas a Kempis. Ce petit livre a eu beaucoup de succés dés son apparition; c'est la seconde édition qu’on nous présente aujourd’hui. Nous souhaitons qu’elle marche rapidement sur les traces de son ainée. :
La loi des suspects. Lettres adressées 4 M.
Waldeck-Rousseau, président du Conseil des ministres, par A. de Mun, del’Académie fran- ~ caise, député du Finistére. — Un vol. in-12 de 320 p., 3 fr. — Paris, Plon.
Lettre 2 un ami sur la Loi scolaire, par | Mer Gouthe Soulard, archevéque d’Aix. — Brochure de 21 p., 0 fr. 05. — Paris, Maison de la Bonne Presse. : .
L’Riat c’est nous? La Frane-Maconnevie, grande agence électorale. — [n-18 de 60 p., 0 fr. 45. — Paris, Maison de la Bonne Presse. we
Alcoolisme et décadence, par l’abbé Ract, vicaire & Saint-Lambert de Vaugirard. — Un vol. in-8 de 320 p.. 3 fr. 50, franco, 4 fr. 25. — Chez Vauteur, rue Blomet, 414, Paris.
Conférence sur Valccolisme, par le baron José de Coppin. — Brochure de 48 p., 0 fr. 45.— —
Chez M. Rysman, président de la Croix-Blanche, Txelles (Belgique).
Le Clergé francais et son influence sur > le peuple, par Vabbé Doreau, ancien curé— de Saint-Sernin-du-Plain. — In-42 de Lx-238 p., Fe re Chez Vauteur, & Champrosay (Seine-et-
ise).
I. — Suceés oblige, et M. de Mun poursuitla série d ses Lettres & M. Waldeck-Rousseau. Nous le disiowa derniérement, ce sont pages -d’actualité brilante ; mais
Kt 2
Re
AMI
ce sont aussi pages de haute philogophie de Vhistoire et de larges vues d’ensemble sur le sidcle. qui s’achéve. Cette Loi des suspects, ce sont les deux projets sur le stage scolaire et sur le droit d’association. Avec le stage, on veut nous ramener au monopole, a la doctrine d’Etat, ala direction intellectuelle absolue et-sans concurrence de cette Université qui est un des plus funestes legs que la tyrannie napoléonienne ait faits a notre siécle. Rt quant au. projet sur les associations, il vise A étre le ~ digne couronnement de Vcouvre de la Révolution, qui; ; dans son essence profonde, se-raméne 4 la négation, a - la destruction de toute société, a Végoisme, a Vindivi- dualisme le plus absolu substitué a toute cette efflorescence d’associations diverses et de groupes qui s’élaient épanouis sous le rayonnement bienfaisant de lHeglise et dela charité chrétienne.
Cela, cest Vessence diabolique de la Révolution. Mais le diable est bien amusant, a ses heures. Nos peres - le trouvaient tel et l’ont peint en conséquence, au portail - ou a4 travers les verriéres de leurs cathédrales. Et nos nee ne jugeront pas autrement et se mettront en aute liesse quanuwils parcourront la série des manifestations du diable an x1x° siécle, toutes les sornettes quik a inspirées 4 nos avocats improvisés hommes d’Ktat, toutes les grimaces sous lesquelles il s’est incarné a travers nos cabinets ministériels ou nos tribunes politiques. Ht telle des Lettres de M. de Mun, sur le delirium jesuiticum par exemple, vous fera passer d’aussi heureux moments que les plus désopilantes caricatures du moyen age. ;
; IT. — Sur le méme sujet, lisez les pages vigoureuses
de Mgr Gouthe-Soulard contre la future loi scolaire, «loi tyrannique, scélérate, criminelle, antilibérale, antifrancaise, antirépublicaine. »
il. — « L’Etat cest nous!» L’aveu est bon a rete- - nir, et nous l’avons trouvé sur les lévres du F.:. Geyer, au convent maconnique de 1898 (compte rendu officiel, p. 318). Comment les francs-magons en sont arrivés la; comment, n’étant pas plus de 25.000 en France, ils comptent habituellement, depuis des années, 150 a 200 affiliés au Sénat, et 200 a 230 4 la Chambre des députés, ce qui fait 1 député pour 115 macons et 1 députe pour 16.000 plébéiens ordinaires, 1 sénateur pour 125 macons et 1 sénateur pour 380.000 plébéiens ; comment tout cela sorganise au siécle de la lumiére, de la liberté et du ' progrés, c’est ce que vous apprendra, 4 grand renfort de chiffres et de documents, la brochure ci-dessus an- - noncée. Et elle vous apprendra aussi beaucoup de - choses trés pratiques et dont vous pourrez trés utilement -tirer profit.
IV. — Un des plus actifs auxiliaires de la maconnerie, Cest le cabaret, et c’est V’alcool. Mais les méfaits de ~Valcool ne sont pas tous d’essence magonnique, et ce n’est pas sur le terrain politique seulement que se traduit son influence néfaste. Origine de V’alceool, comment -on svalcoolise, Valcoolisme professionnel, échelle de nocuité des différentes boissons alcoolisées, décadence physique due a l’alcool, décadence intellectuelle et folie “alcoolique, décadence morale et religieuse, l’alcoolisme dans l’armée, Valcoolisme chez la femme et l'enfant, Lalcool et les habitations ouvriéres, les remédes, les - sociétés de tempérance, le réle du clergé: cest une ~ vraie Somme populaire contre l’alcool que vous offre
M. Ract. Tout y est dit, avec exactitude, sans l’ombre - de ces exagérations qui donnent 4 certaines brochures un facheux ton déclamatoire, sans rien non plus de ces descriptions réalistes qui seraient de nature a offenser les oreilles pudiques. Tout est dit, ef tout peut etre mis gous tous les yeux.— En téte, une éloquente ef piquante préface de l’abbé Lemire qui, rappelant l’étymologie arabe du mot alcool, nous dénonce dans l’alecoolisme «la dent venimeuse du Sarrasin restée enfoncée dats - la chair de la chrétienté. » — Dans le texte, vingt-quatre grayures trés parlantes.
V. — Résumé vibrant de ces considérations dans la Conférence de M. le baron de Coppin, donnée. a la suite d’une représentation de « tableaux vivants» des - désordres de Valcoolisme.