‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 159 sur 276 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

ee.

AR ate

par personne. En voici un autre qui ne Vest pas moins.

Grande est la différence de nos deux procedeés

intellectuels, spéculatif et pratique. Méme intelli-

gence, au fond, méme faculté de perception, de jugement et de raisonnement, je le veux bien. Mais, pourtant, quelle diversité d’allures et quelle étonnante antinomie parfois entre les deux manieres !

La raison spéculative plane dans l’éther pur des idées universelles; c’est merveille de voir Vaisance placide de ses envolées vers la vérité, vers ce divin soleil réchauffant et illuminateur qui est toute sa vie, toute la raison premiécre et derniére de son mouvement, toute sa béatitude. Dans ce monde-la, le monde de la logique — ou de la métaphysique, si ’on veut, — l’impression subjective produite dans l’esprit par la vérite a plus de chances d’étre exacte, réglée qu’elle est uniquement par ladewquatio iniellectus ad rem, par la luminositéintrinseque dela vérité elle-méme.

Rien de tout cela ou, du moins, c’est tout autre chose dans Vordre pratique des actes d’intelligence quiont pour terme immeédiat l’exercice de Vaction. On est la aux antipodes de luniversel, en pleine mare bourbeuse de matériel, d’individuel, de contingent. La volonté, affameée d’appétits A assouvir, réclame sa pature; il lui faut du bonum:; et, des lors, le réle de la raison pratique devient, si j’ose ainsi parler, un rdle de pourvoyeuse.

Or cest une affaire trés compliquée, pas du tout métaphysique, — ou de si loin, et si peu! — que cette chasse au butin, que ce classement intellectuel a faire des opérations qui sont bonnes et de celles qui ne le sont pas.

Sans doute Vesprit, qui ne va jamais nulle part a Vaveuglette, se sert de ses lumieres acquises pour s’éclairer dans son choix, de ses lumiéres spéculatives dont il aurait tant de plaisir 4 ne pas s’éloigner ; il en projette, la oil peut et comme il peut, les rayons affaiblis sur ce fouillis de détails et de singulicrs dont se compose la trame pratique de la vie humaine, afin d’y déméler le bien d’avec le mal. Mais quel embarras souvent il a a se prononcer !

Quelle incertitude dans ses jugements et quelle variété infinie dans les dispositions subjectives qui déterminent chez lui impression interne produite par les raisons qui amenent a conclure : licet, non licet!

La raison pratique est si loin de la spéculative que, en définitive, son dernier jugement de conscience : « Il faut faire ceci, ne pas faire cela, » nest pas formellement un jugement de vérité, mais un jugement de bonté ; Vimportant est qu’elle voie « bon, » au risque de ne pas voir « vrai, » et chacun sait que la vérité n’est pas un élément essentiel de la vertu de prudence. Dieu merci! Car que deviendrions-nous s’il fallait, pour agir prudemment, étre assuré @agir en conformité absolue avec les suprémes principes de la vérité objective ?

Or, dans notre controverse actuelle, il me

semble qu’on a un peu trop négligé I’étude approfondie de la probabilité vue du cdlé subjectif. Je | laisse donc le cdte objectif, logique, pour étudier présentement- a part le coté subjectif, ce que je dé- ‘signe par ce terme désormais clair : psychologie (et non pas logique) de la probabilité. Nous par-. lerons séparément des deux ordres de probabilité, de l’intrinséque ou rationnelle d’abord, et puis de Vextrinséque ou probabilité d’autorite.

a) Psychologie de la probabilité rationnelle en morale.

Eh bien non! I faut en conyenir; les choses ne se passent pas du tout en pratique comme les théories le laissent trop supposer. Remarquez-le bien, je vousen prie : je ne dis pas qu'il y ait opposition entre la théorie et la pratique, oh non! et cent fois non! Je dis simplement qu’on ne nous donne pas, a coté de la théorie logique des probabilités, une théorie psychologique convenable des influences réelles de la probabilité sur notre raison pratique. On fait sempiternellement la théorie de Vopinion probable sur le terrain spéculatif, presque jamais la théorie de ’opinion probable sur le terrain de la raison pratique. De la bien des disputes et des confusions qui, je l’espére, vont un peu s’éclaircir.

Reprenons un exemple classique bien connu.

On suppose deux opinions, lune a probabilité croissante, comme 412, 18, 14, 15, 16, etc.; autre a probabilité décroissante par la-méme en raison inverse, 8, 7, 6, 5, 4, etc., Véquipiobabilité se trouvant dans le cas de 10 contre 10 exactement.

Voila, sauf respect dti aux vénérables auteurs quilVemploient, un détestable exemple. Rien de plus ravux que les proportions arithmétiques en morale! Qu’il y ait une apparence d’utilité a s’en servir en probabilité extrinséque, quand il y a des auteurs a compter, peut-étre! Et encore ?!! Mais on parlera de cela tout a Vheure. Pur trompe-lceil, en tout cas, ’emploi d’un pareil langage en matiére de probabilités rationnelles.

Mystérieuse tant qu’on voudra, l’adhésion de Yesprit 4 une opinion est un phénoméne qui n’a ni quantité, ni somme de parties numérables, ni rapport aucun possible avec des proportionnalités. mathématiques. Et cela est vrai, dans une large mesure, méme in speculativis. — Je crois qu’il fera beau ce soir. Voila tout! Je crois... C’est un: fait ; prenez-le comme il est. Est-ce comme douze ou comme quinze ou comme dix-sept?? Qu’en sais-je ? Qu’en pourrais-je bien savoir jamais, en cherchant beaucoup ? Et qu’en pouvez-vous conjecturer vous-méme avec quelque chance d’exactitude ?

On a des opinions plus ou moins « fermes, »

c’est vrai. Mais, faites-y bien attention! Ce plus et ce moins sont des ¢lats psychologiques esprit qui ne sont pas mesurables, qui s’apprécient par comparaison seulement dans des situations différentes, et qui ne sont pas saisis par Vintelligence

au moment de Vadhésion pratique. Je concois trés

tés croissantes et différentes, sens.

bien que, entre deux opinions opposées : il fera beau, i fera mauvais, Vesprit puisse faire une comparaison dou résulte pour lui nettement | Vimpression d’une probabilité supérieure @un céte, ‘inférieure de l’autre. Mais ce sont la deux termes vus a part, présents a la fois au jugement, distinctement appréciables en eux-mémes. Or, ‘notre question est tout autre. Il s’agit des probabilioridans le méme Je dis que pour celles-la, les termes de comparaison manquent a la conscience, et pratiquement l’adhésion se fait sans consi-

“dération de Véchelle des degrés qui séparent

- voulez-vous que j’y fasse? C’est un fait; tenez-en |

le doute de la certitude morale. « Je crois qwil fera beau »

téte a couper, c’est clair: et cependant j’y tiens, jadhere fortement; je suis loin du doute strict. A quelle distance au juste? Dieu le sait, pas moi! Que valent, pour un astronome, pour Dieu luiméme, les motifs de mon adhésion a cette opinion? Pas grand’chose probablement, rien du tout peut-étre ! N’empéche que psychologiquement ces motifs opérent ainsi chez moi. Que

compte, s’il vous plait.

On me présente une opinion théologique, a propos @un cas de restitution, je suppose, dans la matiére si embrouillée du possessor dubice jidei. Jécoute les raisons’; elles me persuadent ; je trouve trés bien cette solution; mon esprit est empoigne. petee comme douze, quinze ou dix- Allez-y voir! Je suis empoigné, cest tout ce que je sais bien. Si ’on me

développe plus tard une argumentation en sens

inverse qui détruise ma premiére impression, je me prendrai a hésiter, je ne saurai plus a quoi adhérer. Ce sera le doute, et j’en aurai bien conscience. Si cette seconde démonstration efface victorieuse-

ment lVimpression de la premiére, voila que je gerai encore empoigné comme ci-devant, et lance

a fond de l’autre cdté. Dans un cas comme dans Yautre, il y a bien un peu de formido errandi — ces choses-la ne sont presque jamais absolument évidentes, en morale, — mais je vous assure que mon esprit aura dans les deux cas opposés adhéré trés carrément, sans serupule Vimprudence au. moins, bien que je ne puisse jamais vous dire, méme ‘approximativement, méme moraliter, le numéro d’ordre de son adhésion sur la fameuse échelle, entre le dubium et la certitude.

Certitude morale! Voila un mot d’ailleurs dont on fait gros abus en tout ceci, et c’est grand

~dommage. Qu’on définisse comme on l’entendra

la certitude morale théorique ; mais, de grace, - qu’on nous dise un peu mieux en quoi pratiquement elle consiste. A n’ayoir pas de formido errandi? C’est quelque chose de cela, mais certainement pas tout a fait cela. Yormido errandt! Nous l’avons toujours un tantinet derriére la téte dans presque tous nos jugements, sauf ceux qui sont Wordre logique absolu, et brillants, soit directement soit par transmission déductive ser-

je den donnerais. pas ma.

rée, @une évidence objective capable de « ravir » Passentiment spontané, irrésistible, de Vintelligence. On a eu tort de faire passer cette considération de la « crainte @erreur » dans la définition

de la certitude morale. La question d’erreur ou de

vérité n’est point essentiellement intéressée dans le jugement « prudentiel avant tout » de la raison

pratique.

Je le dis tout net pour moi, la certitude morale subjective est tout simplement « la

confiance solide et tranquille qu’a la conscience dans la proposition pratique derniére : licet, non licet. » Kt, comme il faut peu de chase pour fonder cette confiance — par exemple usage communément regu parmi les hommes prudents et honnétes, — j’en conclus que l’état psychologique de certitude morale subjective est beaucoup plus frequent quon n’est tenté de le supposer d’aprés la définition des manuels, c’est-a-dire que, en fait,

‘le jugement de conscience in moralibus saute trés

facilement du doute pur a Vadhésion de certitude morale, sans s’arréter aux intermédiaires : il ne sort guére du doute que pour se fixer dans une adhésion solide et tranquille.

Tout aussi génant et peu exact est le concept spéculatif qu’on nous donne du douwte strict. Si ce doute existe jamais, il est stir au moins que le bon Dieu est seul a s’en apercevoir. Pensez donc! Il faut équilibre parfait, dix raisons pour et dix raisons contre, ou, si l’on. veut, une raison « pour » influencant Vesprit comme dix, en face dune raison « contre » qui Vinfluence au méme moment comme dix aussi.

Pure chimére que cette égalité mathémathique ! L’état psychologique de Vesprit qui hésite a opiner, qui doute, est fréquent; mais, s'il y a chez lui immobilité, et si cette immobilité vient de ce que des attractions en sens contraires le sollicitent au méme instant, ce n’est point du tout a cause de Pégale valeur « objective » des raisons. Il suffit souvent dun rien pour le plonger dans Vembarras, d’un « rien en soi » qui lui cause une forte impression subjective, capable de faire contrepoids 4 une foule de bonnes raisons en sens contraire. La encore Vestimation quantitative, pondérale, des motifs nous échappe; cette estimation pondérale, est une mesure idéale, spéculativement juste, qu’il faut laisser aux logiciens.

Pour me dire, en un cas donné:« Me voila dans le doute, dans le cas de la conscientia stricle dubia, » point n’est besoin que je sache sil y a bien dix contre dix, égalité rigoureuse de valeurs opposées dans les raisons qui se présentent 4 mon jugement; il suffit que je constate le fait psychologique du loyal embarras a choisir ou je me trouve. Que m’importe l’interprétation théorique des causes de cet effet, et le plus ou moing de rectitude logique des considérations antécédentes qui m’y auront amené, de la meilleure foi du monde ? Je suis dans le doute, voila tout, et c’est de ce doute-la, non point du doute

Oia

spéculatif 4 cété, que je dois sortir. Or, encore une fois, ce doute-la ne répond pas a la définition des manuels, qui lui assignent d’ordinaire pour cause propre et essentielle l’égalité des motifs pour et contre.

C’est précisément ce qu’avyouent trés volontiers les mémes manuels quand ils accordent qwil -peut y avoir encore dowte, malgré un petit excés de raisons dans un sens ou dans l’autre. En quoi je me permets de trouver qu’ils sont bien prompts a4 condamner eux-mémes leur définition. Toute f définition procéde per propria, énonce les éléments essentiels perpétuels, universels, de la chose définie, convenit omni, soli, et semper. A quoi bon parler d’égalité, 14 précisément ou Von ouvre la méme porte 4 Vinégalité? Je sais bien que parum in moralibus pro nihilo reputatur.

ee Mais ce parum jusqu’ot va-t-il ? et si l’on est incapable de le fixer, pourquoi dire qu’il peut étre

petit comme ceci et non comme cela? En fait, la’

mesure de ce parum nous échappe encore, comme dans tous les cas précédents, comme en général dans tous les cas oti se trouve en jeu une impression subjective de conscience.

Je demande, dés lors, qu’on donne du doute, de ce doute auquel se rapporte toute la controverse présente comme a son point central, une notion pratique qui réponde aux constatations de l’observation psychologique, et non point 4 un concept spéculatif de mesure, a une balance impossible d’égalités ou Vinégalités avec une dose de parum en plus ou en moins, que personne au monde n’est capable de bien entendre. Je définirais donc cet état psychologique de Vesprit qu’on appelle doute pratique : « lembarras du choix entre deux partis qui s’offrent 4 la conscience, » — ou encore: « cet état de la raison pratique qui hésite a prendre une décision entre deux partis contraires, » et voila du coup énormément mltipliés les cas

ee de doute, conformément dailleurs 4 ce qui se ae passe dans la réalité des choses ; multipliée aussi, et par la-méme, application possible des principes

de théologie morale qui s’y rapportent.

Arrivons a une autre observation expérimentale étroitement lige a celles qui précédent. Suis-je dans l’erreur?- On me le dira... J’ai cent fois tourné et retourné le probléme sous toutes ses faces, et plus je l’ai approfondi, plus je suis resté persuadé que I’état de pure adhésion probable, intermédiaire entre le doute et la certitude morale, pratiquement n’existe pas. Je dis pratiquement : subjectivement, c’est autre chose. La certitude spéculative a des frontiéres plus reculées, et le doute strict spéculatif est plus serré; l’une et Yautre réclament des conditions plus nombreuses, plus séveres, qui les rendent moins souvent réalisables. Mais, dans l’ordre de la raison pratique, sur le terrain de l’action, ou l’on est embarrassé du choix, ou l’on choisit : suspension de jugement dans le premier cas (doute), adhésion solide et tranquille dans le second (certitude pratique).

On peut choisir et se décider avec plus ou moing

Se einen

denthousiasme, avec plus ou moins de spontanéité et de confiance; néanmoins, 14 méme otl!’on se décide sans enthousiasme, l’adhésion est solide et tranquille, et c’est ce qui suffit psychologiquement pour la certitude morale de /icito; tout comme dans l’ordre spéculatif, il ya des degrés de fermeté dans l’adhésion sans que la certitude cesse d’exister. Ces différences proviennent, pour les deux ordres, non pas des rationes dubitandi qui effectivement n’agissent pas sur lesprit puisque, en fait, il se décide; mais de l’impression psychologique produite par Vévidence trés variable des motifs qui emportent la décision. 4

Demandez 4 un homme honnéte et loyal qui

~entreprend un voyage, qui refuse de verser une

somme qu’on lui réclame, qui donne un conseil a son voisin, etc., sien tranquillité de conscience il a la conviction de bien faire en agissant ainsi. Sans hésiter, il vous répondra : Oul. Poussez plus loin la question, et demandez-lui s'il est absolumentcertain de ne pas se tromper en simaginant bien faire, sil n’y a aucune erreur possible dans ses jugements. Il vous répondra, ou bien quwil n’en a pas cherché si long, ou bien qu'il n’est pas nécessaire d’étre infaillible pour agir honnétement. Vous lui ferez peut-étre voir que ses décisions ne sont que probables théoriquement, peut-étre les jugera-t-il comme telles de lui-méme, sans que pour cela la confiance solide et tranquille Vun cour droit ait un seul instant fait déefaut dans les” résolutions de sa conscience.

Lestimation des probabilités relatives est affaire de raison spéculative. C’est une erreur de croire qwil y a psychologiquement des décisions pratiques de jugement qui présentent des adhésions de Vesprit proportionnées a l’échelle des probabilités. Je ne gotite pas du tout la métaphore du poids et de la balance. Un petit poids de plus 4 droite qu’a gauche fait descendre un peu le plateau; un poids. plus fort le fait descendre davantage; un gros poids, enfin, ’entraine jusqu’au bout de sa course. Rien de pareil dans le procédé de la raison pratique. Dés qu’elle descend, elle descend jusqu’au bout 4 tous les coups. I] n’y a pas pour elle de quarts, de moitiés de décisions, il n’y a que des actes indivisibles, tous les mémes, tous instantanés et complets dans leur espéce, par lesquels elle prononce un jugement et se décide pour un parti 4 exclusion de V’autre; et si Yon concoit tres bien que les jugements in speculativis empruntent 4 la valeur objective de leurs raisons des nuances variables de fixité dans l'équilibre du fléau ou dans la rapidité de ses oscillations, correspondant aux degrés de formido ERRORIS que laissent subsister les probabilités percues comme telles, il n’en est plus de méme du cété subjectif dans la raison pratique qui ne sort du doute ot il y a formido IMPRUDENTIM que pour entrer dans Vadhésion « solide et tranquille » & une décision d’ou la formidoimprudentie aura disparu presque toujours.

Voila done qui s’éclaircit, et ce n’est pas trop

gout

AMI

tot. En raison théorique abstraite, dans le calme

de la pensée pure qui ne confine pas a l’action, de la pensée dont le souci est avant tout la vérité, il -y a des probabilités croissantes et décroissantes avec des jugements opinatifs a solidités correspondantes, entre l’équiprobabilité du doute strict et la parfaite certitude avec son exclusion radicale de toute formido errandi.

. En raison pratique concréte, c’est-a-dire dans

Vacte de la conscience qui cherche avant tout le prudens, le licitum ou illicilum moral, toutes ces nuances différencielles s’effacent; il n’y a plus la, psychologiquement, que deux états d’esprit

VYembarras du choix (le doute) et la tranquille et

solide décision de licito (la certitude), A ces deux états desprit correspondent deux vastes domaines de propositions, les dwbic et les moraliter ceric

qui se touchent évidemment sur une limite malaisée a bien définir, mais qui n’en sont pas moins, dans leur ensemble, des domaines a caractéristiques pratiquement bien saisissables pour tout le monde. Quant aux motifs, parfaitement acceptables en prudence courante, qui déterminent la conscience a rester dans le dubiwm suspensif de VYembarras du choix ou a entrer dans la voie d’une

décision moraliter certa au point de yue de son

-honnéteté morale, ils sont infiniment simples

my RA OA,

comme je lai déja laissé entrevoir derniérement, et comme j’aurai 4 le redire encore bientdt. I] seraif a souhaiter que ces motifs fussent toujours tirés des considérations de la raison raisonnante

spéculative, et acceptés toujours par notre esprit suivant la valeur critériologique propre qui leur

convient dans l’ordre objectif de la theorie. Hélas,

‘les savants seuls peuvent viser a cet idéal, et

encore!! Les autres ne peuvent atteindre si haut

par eux-mémes; ils se font aider, et parmi les concours auxquels ils font appel se trouve, en premiere ligne, celui de la probabilité extrinséque

de l’autorité. Parlons-en un peu.

b) Psychologie de la probabilité extrinséque.

Jai trouvé, dans une dissertation de saint

- Alphonse de Liguori contre son adversaire proba-

bilioriste Patuzzi, la phrase que voici: « Je ne suis que ma conscience, et quand la raison me persuade je fais peu de cas des moralistes. » Parfait, ce principe! Heureusement qu’il est signé de saint Alphonse; j’avoue que j’aurais tourné plus d’une fois ma plume dans l’encrier avant de V’énoncer, quoiqu’il traduise trés exactement ma pensée, qui est la pensée de beaucoup d’autres, et une vérité capitale aujourd’hui trop oubliée. L’argument tiré de l’autorité des auteurs est un argument: 10 tout 4 fait secondaire, 20 ordinairement trés faible, 3° trés souvent nul, et Ao tres

souvent fawa.

40 Secondaire. Tout le monde le sait et en convient. Le procédé régulier, naturel, de l’intelligence, consiste dans la perception directe de la yérité. L’acte de foi sur la parole d’autrui n’est

= aay % =

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