‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 187 sur 276 · Be Tee er Vets · texte numérisé non relu

Be Tee er Vets

la clef est interrogée sur des choses que ne peut savoir celui qui la tient, par exemple combien ily a de milliers de francs dans la maison, et elle répond exactement toujours. C’est dans cette hypothése seule que nous répondons :

Ad I. Le pouvoir magique de la clef vient et ne peut venir que du démon. Rien d’étonnant que le démon dise qu’il est une dme du purgatoire :

n’est-il pas Vesprit menteur par excellence? Il n’avouera guére qu'il est le démon que quand il y sera forcé. ae

Ad II. Le renoncement a toute intervention diabolique ne peut servir de rien dés lors qu’on veut prendre part a des prestiges qui ne peuvent venir que de lui, pas plus qu’il ne servirait de renoncer a Vintervention diabolique a celui qui voudrait consulter sérieusement un vrai sorcier qui a fait un pacte avec le diable.

Ad III. Celui qui s’amuse a faire de pareilles expériences fait évidemment un péché mortel, s’il a bien conscience de ce qu'il fait, car. c’est toujours une faute grave d’entrer en rapport avec le démon, 2 moins que ce ne soit pour le honnir ou le chasser. L’ignorance cependant, ici comme en toute autre chose, pourrait excuser du péché mortel. — Quant a la simple assistance, s'il n’y a pas scandale, s’il n’y a aucune connivence avec les acteurs dans cette scéne, ni aucune approbation ou excitation directe ou indirecte, mais seulement volonté de s’instruire et de savoir comment les choses se passent, il serait difficile d’y trouver un péché. Si au contraire il y avait quelque scandale, ou excitation directe ou indirecte, ou approbation, il y aurait péché plus ou moins grave selon le degré de scandale, d’approbation ou d’excitation. — Pour pouvoir tenter licitement soiméme l’expérience, il faudrait ou bien étre convaincu que tout est innocent, ou bien étre dans le doute, et avoir une raison grave et proportionnée d’agir ainsi, et de forcer par exemple le démon a se déclarer, si c’est lui qui agit. — Dans le cas présent, il est trés probable que le prétre qui tenta l’expérience ne crut pas mal faire, et est excusé au moins de ce chef. Mais il ne devra pas recommencer a tenir et 4 interroger la clef, au moins sur ce qu'il ne peut savoir lui-méme.

Q. — Est-il & propos de faire le catéchisme sur le sacrement de mariage ? Beaucoup de prétres croient qwil est plus 4 propos de ne pas le faire : 1° parce que les enfants n’en ont pas encore besoin et qwil y a tant d'autres choses 4 leur apprendre ; 2° parce que cela pourrait leur étre dangereux en attirant leur attention sur des choses qu’il vaut mieux qu’ils ignorent le plus longtemps possible.

Que pensez-vous de ces deux raisons ? Ht que pensezyous de l’usage assez répandu de laisser ce chapitre de coté dans l’explication du catéchisme ?

R. —Silon ne voulait expliquer aux enfants que les choses dont ils ont besoin hic et nunc, il y aurait bien d’autres points qu’on devrait laisser de coté, par exemple, dans le deuxiéme com-

Lhe

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mandement la question du serment et des veux ; dans le troisiéme, la question des ceuvres serviles (les enfants ne travaillent pas encore); dans le quatriéme, les devoirs des parents et des supéricurs ; dans le septiéme, l’usure et le salaire retenu aux ouvriers ; dans les commandements de l’Kglise, le précepte dujetine; dans les sacrements, la maniére d’administrer le baptéme, le sacrement de l’ordre ; dans les péchés, beaucoup de péchés qu’ils ne connaissent pas encore : les péchés contre le Saint-Esprit, les péchés qui crient vengeance au ciel; les conseils évangéliques. Si l’on supprimait tous ces points qui n’ont pas d’application immédiate pour les enfants, a quoi aboutirait-on ? A expliquer le catéchisme par fragments et a priver les enfants d’une connaissance compléte de la religion. Bien plus, les prétres pourront étre de différents avis : ’un regardera comme utile un point qu’un autre négligera comme n’étant pas pratique; alors on n’aura plus qu’un catéchisme de fantaisie ; il n’y aura plus de régle fixe et uniforme pour tous. Est-ce la qu’on en vou-

drait venir en proposant de supprimer ce qui

nest pas d’application immeédiate dans le catéchisme ? Evidemment non, ce serait contraire aux intentions de l’Eglise et a Vintérét des enfants euxmémes; nous allons le montrer tout 4 ’heure.

Done cette premiére raison ne vaut rien. A moins qu’on ne l’interprete dans ce sens qu’il n’y a pas lieu de s’étendre autant sur l’explication du sacrement de mariage que sur celle du sacrement de pénitence, par exemple, ou sur la sainte communion, la sainte messe, la priére et autres choses dont on a besoin tous les jours. Mais de ce qu’on ne doive pas autant s’étendre sur ce point que sur d’autres, il ne s’ensuit pas pour cela qu’on doive le laisser de cété ; car nous allons voir que ce chapitre est aussi trés important, surtout de nos jours.

Si l’on trouve que le chapitre du mariage est dangereux pour les enfants, on devra dire la méme chose, et a plus forte raison encore, du chapitre du sixiéme commandement. Aussi ne serat-il pas rare de voir des parents, des instituteurs et institutrices, des directeurs et directrices de pensionnat, et méme des prétres, regarder comme un devoir de ne jamais parler des péchés contre ce commandement, comme si c’était le moyen le plus stir de conserver l’innocence des enfants! Le célébre écrivain populaire Alban Stolz répondait aux &mes timorées qui se laissent ainsi aveugler : « Ce ne sont pas les ténebres de Vignorance qui pourront préserver d’un péché qui aime par dessus tout les ténébres, qui recherche les ténébres, qui se commet le plus dans les ténébres. » Et le savant P. Jungmann, 8. J., ajoutait : « Oui, sans doute, on gagnera par ce silence prudent que les enfants ne s’accuseront pas en confession des péchés qui concernent ce commandement, parce quils ne sauront pas comment s’exprimer, et puis parce quils auront l’idée qu’on ne doit jamais parler de choses semblables, et enfin peut-étre

parce que leur conscience n’aura pas été éveillée 4 ce sujet. » Mais de la 4 croire qu’ils ne commettront pas les actes matériels de ces péchés, parce qu’on ne leur en aura pas parlé, il faudrait vraiment beaucoup de naiveté ou d’ignorance.

Si Von ne devait jamais expliquer aux enfants, ni les péchés contre le sixiéme commandement, ni le sacrement de mariage, il faudrait supprimer aussi ces chapitres dans le catéchisme. Car si les enfants ont ces chapitres entre les mains et quils les lisent une fois, que s’ensuivra-t-il ? Ne chercheront-ils pas & comprendre ce qu’on ne leur a pas encore expliqué? Cette recherche ne fera-t-elle pas travailler leur imagination beaucoup plus que si on leur avait expliqué avec prudence ce qu’ils doivent savoir? Dira-t-on qwils ne liront pas ces passages d’eux-mémes ? Mais, au contraire, la curiosité ne les y portera-t-elle pas d’autant plus qu’on évite avec plus de soin de leur en parler ? Et ne suffit-il pas @ailleurs quil y ait un seul enfant instruit de ces choses-la pour instruire tous les autres? Et que gagneront les enfants a parler entre eux de ces sujets dangereux ? Tandis quwils ne l’auraient pas fait, si leur catéchiste leur etit expliqué ce qwils devaient savoir, mais leur eit aussi fait craindre de pécher en s’en occupant davantage. Hst-il vraisemblable, du reste, que dans notre société actuelle, surtout, les enfants n’entendent pas trés souvent parler de ces sujets qu’on voudrait interdire au catéchiste ? Et s’ils ont déja une certaine idée du mariage et des péchés contre le sixiéme commandement, n’est-il pas beaucoup mieux de les instruire tout de suite de ce qui est péché, pour leur en inspirer Vhorreur et ainsi les en détourner peut-étre pour toute leur vie, tandis que sion ne leur enarien dit, le démon, qui sait bien pécher en eau trouble, profitera de leur ignorance, en excitant leur curiosité malsaine et en leur faisant commettre en secret une multitude d’actes peccamineux contre lesquels on ne les aura pas prévenus ?

Ce n’est donc pas non plus cette raison qui doit empécher d’expliquer le sacrement de mariage.

Maintenant, voyons si c’est réellement un deyoir pour le prétre de Vexpliquer, en faisant le catéchisme. Nous devons supposer que I’Eglise, inspirée de Dieu; sait parfaitement ce qu’il convient @enseigner 4 ses enfants. Or, elle leur met 4 tous, entre les mains, dés le plus bas age, un catéchisme, c’est-a-dire un abrégé de la religion, dans

lequel se trouvent les notions élémentaires sur

tout ce qwil est essentiel de savoir. En a-t-elle exclu le chapitre du mariage ? Non. — A-t-elle jamais porté une ordonnance défendant de le faire apprendre et de V’expliquer ? Non. — Les maitres de la science sacrée, les théologiens, ontils jamais dit qu’il fallait en laisser de cété certaines parties, par exemple le mariage ? Non encore, au contraire, ils en ont réclamé l’explication 1.

* Jungmann, Théorie de l'éloquence de la chaire + — Schiich, Théologie pastorale. ;

Done Vintention de l’Eglise est que ce chapitre soit expliqué comme tout le reste.

Cest dautant plus nécessaire que le contraire aurait de plus grands inconvénients. La preuve en est dans l’importance du sacrement de mariage. Sil’on n’en connait pas bien les devoirs, on ne les accomplira pas, et il n’y a rien d’aussi fatal dans ses conséquences qu’un mariage qui n’est pas — chrétien. Le Catéchisme du Concile de Trente le

dit lui-méme : Satis apparet ejus (matrimonii) docirinam tradendam esse, quum preesertim liceat animadvertere que saint Paul et que saint Pierre lui-méme ont parlé a plusieurs reprises dans leurs Epitres de Ja sainteté et des E. obligations du mariage; dot l’on voit qu’ils com- -prenaient quels grands avantages résulteraient, pour la société chrétienne, de la connaissance - qu’auront les fidéles de la sainteté du mariage, et au contraire, quels malheurs et quelles calamités seront causés a l’Eglise, sils n’en sont pas instruits ou s’ils n’en tiennent pas compte.

fl y aura d’autant plus a craindre pour la sainteté du mariage, si lon n’en a pas été préalablement instruit, qu’une foule d’ennemis se liguent contre elle, tels que: .

40 Les passions, qui ne cherchent dans le mariage gue la satisfaction d’instincts sensuels. Ut sue lubidini ila vacent, sicut equus et mulus quibus non est intellectus. SiVon n’a pas appris que le mariage est un état saint, un sacrement, ou l’on peut et ot lon doit avoir Dieu uniquement en vue, on se laissera aller 4 tous les excés possibles.

20 L’idée moderne que l’on se fait du mariage. On le regarde comme une chose profane et toute mondaine, dénuée de tout caractére surnaturel, et soumise seulement 4 la législation portée par VEtat. Si ’on n’a pas appris que c’est une chose sainte qui dépend uniquement de l’Hglise et de Dieu, dans son essence, on sera disposé a accepter toutes les monstrueuses dispositions imposées par un Etat athée : mariage civil, divorce, remariage, union temporaire.

Il faut done absolument exposer les principes du mariage chrétien 4 tous les fidéles qui peuvent avoir a en user.

Or, le moment le plus favorable pour les en instruire, c’est lorsqu’ils fréquentent encore le catéchisme, et méme, en dehors de ce temps, il serait souvent impossible de le faire comme il faut.

40 Le moment le plus instruire, c’est quand ils fréquentent encore le catéchisme. En effet a) plus on est mis de bonne heure au courant d’un devoir que lon aura a remplir plus tard, plus on se sent, en conscience, obligé 4 le bien accomplir. C’est lorsque le 4 coeur est tendre et que la conscience est pure, que | Yon est le plus frappé des vérités religieuses. C’est donc de trés bonne heure quwil faut les enseigner. 6) Si on ne l’a pas fait de bonne heure, les enfants, 4 qui on a éte longtemps sans en parler, seront exposés a croire qu’elles sont moins

» itide

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