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SEE DO

L’AMI DU CLERGE et les livres

Comptes rendus bibliographiques

Breviarium Romanum. — Hditio decima post typicam, 4 vol. in-48, 21 fr. — Ratisbonne, -

Pustet.

Officium Hebdomadze majoris a Dominica in Palmis usque ad Sabbatum in albis. — In-18, 370 p., 2 fr. 50. — Ratisbonne, Pustet.

Nos lecteurs connaissent la perfection typographique des éditions liturgiques Pustet, papier teinté, 4 la fois mince et trés ferme, grace 4 un fort salinage, pages toutes encadrées de rouge, caractéres d’une netteté qui

‘fait le repos des vues fatiguées, — et surtout cet admi-

rable cours d’Ecriture sainte qui, 4 chaque solennité, 4 chacune des principales fétes, met en si éclatante lumiére, par de grandes gravures hors texte, la correspondance des deux Testaments, Ancien figure du Nouyeau, le Nouveau explication de l’Ancien. L’Kglise est aussi ancienne que le monde, nos fétes sont éternelles ; mais nul exposé ne vous en donnera lévidence plus prompte et plus saisissante que ces «tableaux vivants. » Novum Testamentum in Vetere latet; Vetus in Novo patet.

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Pour la semaine sainte et l’octave de Paques, on aimera cette petite édition de poche ou l’on trouvera, non seulement loffice de ces deux semaines, mais aussi la messe i” ewtenso de chaque jour et, au Jeudi Saint, epee du Pontifical pour la bénédiction des saintes

ulles.

Inutile d’ajouter que la nouvelle édition du Bréviaire renferme a leur place tous les offices nouveaux, y compris celui de saint Béde le Vénérable au 27 mai, et les additions apportées aux lecons del’office de la Dédicace de la Basilique du Saint-Sauveur, 9 novembre.

Contributo alia storia del Graduale officiale della cosidetta Editio Medicoed. Recensione dell’ opusculo di mons. Carlo Respighi, scritta dal Dr Francisco Sav. Haberl ed estratta dal « Kirchenmusikalisches Jahrbuch » del 1900. — In-8 raisin de 36 p. — Roma e Ratisbona, Pustet. 5 Mgr Respighi avait, dans une courte brochure, con-

testé la part considérable prise par Palestrina 4 la cor-

rection du Graduel Romain. Il citait surtout deux documents, Yun du 25 novembre 1577, Vautre du

18 décembre 1579, établissant que la correction des

livres de chant était uniquement, pour les musiciens de

cette 6époque, une bonne opération financiére. Ces sortes de documents abondent dans la vie de quantité d’artistes et dans Vhistoire de quantité d’ceuvres dart; ils peuvent récréer les curieux des petits cétés de ’humanité ; mais, en bonne logiquey nous ne yoyons pas quw’il faille leur attribuer grande portée esthétique. — Le

D: Haberl, pris 4 partie par Mgr Respighi, repond dans

une brochure qui est a lire par ceux qui sont au courant

de ces querelles.

Dictionnaire de Théologie catholique, rédigé sous la direction de l’abbé A. Vacant (Nancy). — 2¢ et 3e fascicules. (Acta-Almain). — Paris, Letouzey et Ané, 1900.

Nous sommes bien en retard avec le Dictionnaire de — Théologie ; nous prions les’éditeurs de nous en excuser, . en leur promettant d’apporter désormais plus d’exactitude 4 signaler l’apparition des fascicules nouveaux, dés quils seront publiés. Le Dictionnaire se continue, confirmant pleinement les bonnes espérances qu’avait données le premier fascicule. Méme souci trés serupuleux de critique scientifique impeccable au double point de vue de la doctrine et de Vhistoire, méme richesse de références bibliographiques, méme indiscutable compétence des signataires de ces articles dont chacun (nous

arlons des principaux) constitue un véritable traité sur a matiére qu'il traite.

Signalons, comme particuliérement remarquables, dans le fascicule II, les articles Acta Martyrum, Adoptianisme, Adoption, Adultére, Afpnité, Afrique; et dans le fascicule III, Abélard, Abjuration, Abraham et surtout Absolution. ‘

Ce Dictionnaire, on peut dés maintenant en avoir la certitude, sera une cuvre hors pair, absolument sérieuse, digne de figurer parmi les plus stres et consciencieuses publications encyclopédiques du xx° siécle, parmi les plus beaux monuments de doctrine et d’apologétique qui aient jamais été élevés 4 la gloire.de lHglise.

Theologia moralis, aut. Génicot S. J. — Edit. 32. — Deux forts vol. in-80. — Louvain, Polleunis, 1900.

On se rappelle l’accueil chaleureux qu’a fait Ami du Clergé a la Theologia moralis du P. Génicot, des sa premiére édition. Le public a ratifié son jugement; cette théologie est aujourd’hui rééditée pour la troisiéme fois, et, sans étre grand prophéte, on peut prédire qwelle ne s’arrétera pas la. Ea

Cette édition différe peu de la précédente. On y a ajouté des compléments d’explication sur le décret de 1899 relatif aux oratoires publics et semi-publics n. 842), sur la participation aux sociétés secretes a 359), sur le baptéme administré par simple contact

77h shalt ti

- TAMI DU CLERGE

du doigt mouillé (n. 185, vol. 1), sur la fréquente communion 4 l’origine de ’Eglise (n. 195), sur la confession générique extra caswm necessitatis (Nn. 262), sur les indulgences du Jubilé de 1900 (n. 415), sur la declaration des empéchements multiples de mariage daprés de tout récents décrets (n. 478), sur la revalidation des mariages nuls (n. 537). : |

Le P. Génicot a eu l’excellente idée de publier en tirage a part (broch. de 140 p.) la série textuelle et compléte de toutes les additions et modifications qu’il a apportées jusqu’a présent a sa théologie, en sorte que ceux qui ont entre les mains la premiére édition n’ont rien a envier a la troisiéme, grace a ce supplément.

De nouveau, nos plus sincéres félicitations 4 lauteur. Sa Theologia moralis est un livre excellent qui mérite sa célébrité, et qui restera.

Catalogus. auctorum qui scripserunt de theologia morali et practica, auct. J. Bund. — Broch. in-8° de xv-185 p. — Rouen, 41900.

On trouvait déja dans les bonnes théologies morales un peu complétes et récentes un catalogue des auteurs les plus célébres et communément cités dans les traites de morale. M. Bund a repris ce travail 4 part, sur une échelle plus large. Il y a inséré beaucoup de noms souvent cités quoique peu connus et de second ordre, sur lesquels il peut étre utile d’avoir quelques renseignements sommaires. Il a surtout combleé, pour la partie moderne et toute récente, les nombreuses lacunes qui existaient dans les catalogues du méme genre publiés par nos auteurs de morale. Ce catalogue n’est point absolument complet, et il ne pouvait l’étre, c’est évident. Quelques bons auteurs cependant ont été oublies (Bonal, Martinet, Knoll, etc.). L’auteur a mélé le droit canonique. voire un peu d’ascétisme (Vallgoruera), et de pure dogmatique (De Marinis) 4 la morale. Il est vrai que son cadre de re practica était large; peut-étre méme lui reprochera-t-on de l’avoir choisi si étendu et pas assez rempli. Cette brochure rendra bon service a tous ceux qui étudient la morale et veulent se renseigner sur la biographie et la valeur des auteurs qu’on y trouve le plus ordinairement allégués.

Souhaitons que M. Bund nous donne bientét une seconde édition considérablement augmentée ; plus elle sera compléte, mieux on l’accueillera dans le monde des travailleurs.

‘De conceptu impotentiz et sterilitatis,

auct. J. Antonelli. — Broch. in-8° de 150 pp. — Ratisbonne, Pustet, 1900, et Paris, Lethielleux. — JPEN a Lapa eatt

Le titre latin de cette brochure dit assez le sujet qu’on y traite, sujet trés spécial, intéressant surtout pour les techniciens canonistes et moralistes, voire physiologistes, és-questions matrimoniales, au point de vue de la validité du contrat. Nous n’admettrions point sans débat toutes les conclusions de l’auteur. Maleré cela, c’est justice de dire que son étude est neuye, fortement documentée, bien menée, et de nature a projeter quelque lumiére sur un des plus obscurs et délicats problémes qu’aient 4 aborder les maitres du droit et de la morale.

La Bible depuis ses origines jusqu’a nos jours, par l’abbé Chauvin. -- 2 pet. plaq. in-18 de 60 p. — Paris, Bloud et Barral. 1900.

Deux nouveaux petits volumes, qui viennent s’ajouter a la collection « Science et religion; études pour le temps présent. » Petits par le format, importants néanmoins en raison du sujet traité et de la haute compétence de leur auteur dont on connait déja deux excellents ouvrages sur l’Kcriture sainte : Inspiration et VIntroduction aux livres de l’Ecriture. Pour résumée qu’elle soit, cette petite histoire de la révélation biblique est fort claire, bien divisée, facile a lire et 4 retenir. Elle rendra service 4 tant de laiques et méme de prétres qui sont vraiment peu instruits sur ce pointla, faute d’éducation premiére ou de loisir pour en faire une étude 4 part et suivie dans les gros livres.

La sainte Bible (de Drioux). — Douziéme édition. — 8 vol. in 8. — Paris, Berche et Tralin, -

La maison Berche et Tralin réédite pour la douziéme fois la Bible bien connue de Drioux. Nous avons donne jadis (année 1897) une appréciation critique eee! détaillée de cette grande publication. Elle.a rendu et rend toujours de bons services au clergé, malgré des travaux plus récents et meilleurs a différents points de vue, comme la Bible de Fillion, qui n’ont point cependant ralenti son prodigieux succés. A ne considérer que l’utilité pratique courante, la Bible de Drioux restera longtemps-encore un ouvrage classique de premier ordre pour les bibliothéques pastorales. Cette douziéme édition a été revue et corrigée avec beaucoup de soin,

Nous Ini souhaitons volontiers la bonne fortune de ses

ainées. :

Psychologia rationalis, auci. Bernardo Boedder, 8S. J. — Un vol. pet. in-8 de 420 p. — Fribourg (Herder) et Paris (Lethielleux), 1899.

C’est le vol. rv du Cursus philosophicus publié chez. Herder par les Péres Jésuites des Colleges d’Exaeten et de Stonyhurst. Kn tout, digne de ses ainées, cette longue étude consacrée a la psychologie rationnelle, au traité de Anima des anciens. Au point de vue historique, l’exposition des systémes, encore que parfois un peu bréve, est compléte cependant et ne laisse guére a désirer. Les théses sont svolastiques, sans cesser de s’inspirer, 2 Poceasion, aux bonnes sources de la psychologie moderne expérimentale. Le latin est écrit a Vallemande,c’est-a-dire avec une élégance sans recherche exagérée, mais, malgré tout, dallure un peu compliquée, plus littéraire que ne le désirent pour l’ordinaire les lecteurs francais, amoureux par dessus tout de la simplicité et dela clarté du grand jour. Les références bibliographiques pourraient étre plus fournies, surtout en auteurs francais. Notons aussi que la question de VYhypnotisme, fort importante au point de vue de la théorie de la sensibilité, est par trop écourtée. Malgré ces légéres critiques, cette seconde édition, augmentée et corrigée, trouvera auprés des curieux professionnels de la philosophie le bon accueil qui avait déja salué la premiére.

Compendium philosophiz scolasticz, auct. Lottini. — Vol. I. (450 p.). — Paris, Lethielleux, 1900.

Nous attendrons le second volume de ce Compen-

dium pour en dire définitivement tout le bien que nous sommes inclinés 4 en penser. Certes les « Compendia scolastica » du méme genre ne manquent point. Il en parait en moyenne deux ou trois par an, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Belgique. Celui-ci, croyonsnous, tranche assez nettement sur les autres. Nous lui trouvons deux qualités maitresses qui ne se rencontrent pas partout : il est rigoureusement thomiste, et rigoureusement ratsonné.

Thomiste, tout a fait ad mentem et de la plus pure école; son auteur, le P. Lottini, est un dominicain, cest tout dire. Et encore tous les dominicains ne traitent-ils pas la philosophie scolastique avec cette impeccable fidélité a la pure tradition des vieux commentateurs de Ange de l’école.

Mais ce ne serait la, A nos yeux, qu’un mérite secondaire, encore qu'il soit trés grand, si nous n’avions un plus bel éloge encore a faire de ce travail. Impossible d'apporter une critique plus serrée, plus luéide, dans le choix et le développement des preuves. Le P. Lottini est dela bonne race des métaphysiciens. Sa merveilleuse netteté de perception et de style se meut a Paise dans le dédale des controverses philosophiques. Tl a le mot suggestif, comme il arrive a tout homme qui est assez maitre de sa matiére pour rédiger un « résumé » de belle venue. Celui-ci a, par dessus—le marché, Vavantage d’une distribution typographique parfaite avec divisions nettement accusées, caractéres gras numéros, etc., qui en rendent la lecture et l’étude excessivement faciles.

Pour une fois, voila un ouvrage ilalien qui est clair, tres bien congu, écrit en style absolument simple et limpide. C’est du Liberatore et du Zigliara 4 la fois, en mieux, avec une bonne pointe de Goudin. ‘

Nous le signalons avec grand plaisir, espérant bien

LVAMI DU CLERGE

navoir rien 4 refuser au second volume des compliments que nous faisons de grand ccour au premier.

La Mérede Dieu et la Mére deshommes, par le P. Terrien, S. J. — 2 vol. in-42 de 400 et » 430 p. — Paris, Lethielleux, 1900. — Pr. :8 fr.

Nous n’avons plus a présenter le P. Terrien A nos lecteurs. Ses deux récents ouvrages, La Grdce et la Gloire, La Dévotion au Sacré-Cceur de Jésus, ont été ‘analysés ici-méme et appréciés avec grands éloges. La nouvelle étude que nous offre aujourd’hui le P. Terrien yaut ses ainées et mérite pour le moins autant de compliments.

Depuis quelques années, les théologiens ont pris enfin la bonne habitude de compléter leur enseignement dogmatique par un traité spécial consacré a la trés sainte Vierge. Nous avions done déja de bonnes Mariologies classiques en latin; aucune en francais. C’est cette lacune que vient heureusement combler le trés remarquable ouvrage que nous sommes heureux de recommander chaudement 4 lattention de nos lecteurs.

La Mére de Dieu et la Mére des hommes : ce titre dit bien ce qu’est le nouveau travail du P. Terrien ; toute la dogmatique de Beata, toute la doctrine spéculative et morale contenue dans les Péres et dans la théologie a son sujet tiendra en ces deux parties dont nous n’avons encore que la premiére en deux volumes : La Mére de Dieu.

Annoncer une ceuvre pareille, signée d’un nom si connu, cest déja lui assurer bon accueil auprés des prétres et des fidéles. Nous y reviendrons quand la publication de la seconde partie, La Mére des hommes, nous permettra de mieux juger de l’ensemble. Disons pourtant que ces deux volumes, a eux seuls, constituent un tout complet, Pappendice nécessaire du traité de VIncarnation. j ‘

Les saints Ordres (4¢ fascic. : Le Diaconat), par Mgr Lamothe-Tenet. — Plag. in-12 de 170 p. — Montpellier, 1899.

Pietas Seminarii, auct. Olier, Commentaire de Mgr Lamothe-Tenet. — Plaq. in-12 de 200 p. — Montpellier, 1900.

Deux bons petits « tracts » a répandre dans les séminaires. Leurs titres indiquent suffisamment les sujets qu’on y traite et leur utilite. La Pzetas Seminarti Sancti Sulpicii de M. Olier est une belle cuvre du fondateur de Saint-Sulpice, trop peu connue, qu’il sera trés profitable d’offrir 4 la méditation de nos jeunes clercs, surtout avec le bon commentaire dont Mgr Lamothe- Tenet l’a accompagnée.

Sublime doctrine de la Mére de Dieu sur les vertus chrétiennes. — Un vol. in-12 de 390 p. — Rome, Propagande, 1900. — Pr.: 3 fr. br., 5 fr. rel.

Ce livre rapporte textuellement un certain norabre choisi des instructions de la sainte Vierge contenues dans la Cité mystique de Marie d’Agréda, dont il est comme un extrait quintessencié. Point de doute qu'il ne soit gotité des Ames pieuses, déja quelque peu avancées dans le chemin de la perfection. Nous avons parlé longuement de Marie d’Agréda et de son cuvre dans un récent article bibliographique ol nous annoncions une nouvelle édition frangaise de la Cité mystique. (Paris, Berche). Nous n’ayons done rien de particulier a dire du « compendium, » dailleurs bien fait, qu’on nous offre aujourd’hui. La moelle de la Cité s’y trouve tout entiére condensée, au moins en ce qui concerne, comme le titre l’indique, la partie doctrinale des célébres révélations. Lee, eo : ia

Ajoutons, ce qui n’est pas inutile en pareille maticre, que ce volume est revétu de l’'Imprimatur romain regulier. (On peut se le procurer en France a la librairie Dangeville, 7, rue de Puteaux, Paris).

Le prétre dans le ministére de la prédication, par le P. Berthier, missionnaire de la Salette. — Sixiéme édition (22¢ mille), gr. in-8 de

1248 p., 8 fr. — Chez l’auteur, & La Salette, par Corps (Isére).

De Venseignement du catéchisme, par Vabbé Horner, professeur de pédagogie A |’ Université catholique de Fribourg (Suisse). — In 8 de 44 p. — Lille, Imprimerie V. Ducoulombier.

I. — I nest pas nécessaire de recommander longuement un livre qui, comme Le Prétre du P. Berthier, en est arrivé a son vingt-deuxiéme mille. Disons seulement que cette sixiéme édition est augmentée de plus de 70 sujets, et des meilleurs extraits du P. Lejeune, de Bossuet, de Bourdaloue, de Massillon, de Lamennais, de Lacordaire. C’est le répertoire universel qui, sur tous

les sujets de la prédication chrétienne, vous munit |

WVidées claires et frappantes, de traits bien choisis, de développements contenus et pressants.

Nous profitons de l’occasion pour rappeler a nos lec-.

teurs guwils ne sauraient s’adresser mieux qu’au P. Berthier quand ils ont sous la main des jeunes gens de vocation tardive et désireux de se faire missionmaires, ou de pieuses femmes qui voudraient se dévouer a cette ceuvre.

II. — M. Horner, le plus en vue actuellement de nos pédagogues chrétiens, combat, dans ces pages, divers défauts de méthode qui semblent avoir conquis droit de cité dans l’enseignement du catéchisme, et surtout ce que les modernes appellent du.nom de psittacisme. M. Horner n’a point coutume de reculer devant l’expression trés nette de sa pensée :

« Qwil nous soit permis d’aftirmer, écrit-il, gwil n’est pas raisonnable de faire apprendre aux enfants la lettre du catéchisme, surtout avant quils puissent en comprendre le sens ou sans le leur faire comprendre... Si les récitations littérales étaient le moyen le plus stir

pour acquérir la connaissance de la doctrine chrétienne,.

pourquoi le séminariste n’y aurait-il pas recours? D’ou vient qu’aucun homme instruit ne s’impose cette méthode dans ses études ? Est-ce que jamais un professeur fait apprendre un morceau ayant de l’avoir préalablement expliqué? Voyez encore les procédés qu’emploie la mére de famille pour instruire ses chers enfants...

« Nous ajouterons méme que la connaissance littérale et préalable du texte est peut-étre souvent un obstacle a son intelligence... »

Ht M. Horner nous raconte le fait suivant, qui est ie

loin d’étre isolé et dont maint catéchiste a pu rencontrer Vanalogue dans son milieu. Dans une ville se trouvaient

deux catégories d’enfants, les uns fréquentant régu- |

liérement l’école primaire, les autres absolument illettrés et ne disposant que de rares loisirs le dimanche ou dans la soirée. Avec les premiers, le vicaire (devenu plus tard professeur de théologie) suivit la méthode ordinaire de la récitation littérale. Aux autres, impossible de mettre un catéchisme entre les mains; le vicaire dut se contenter d’une explication orale, sans Vaide d’aucun manuel. Aux approches de la premiére communion, examen solennel par devant les ecclésiastiques de la ville. Quelle ne fut pas leur stupéfaction de

constater que les enfants illettrés ’emportaient de beau- —

coup, pour Vintelligence de la doctrine, sur ceux qui ayaient appris leur texte de mémoire !

Ces pages heurteront bien des idées regues. Nous prions toutefois qu’on veuille bien les lire. Elles sont le fruit d’enquétes minutieuses. Elles abondent en observations vécues, en remarques d’une rare pénétration. On a toujours besoin, en catéchisme comme ailleurs, de repasser le chemin parcouru, de se rendre compte de la méthode suivie, de déméler la part de la routine qui se glisse partout. Nous bourrons nos enfants de mots, sous prétexte que, sils n’y comprennent rien aujour- @hui, plus tard tout cela leur remontera en mémoire et silluminera de clartés... Hélas ! est-ce notre expérience personnelle qui nous dit que ce qui est une fois appris machinalement s’éclaircit ensuite spontanément et se féconde dans notre intelligence? et les versets si nombreux des psaumes que la récitation du bréviaire a grayés dans notre mémoire, se présentent-ils souvent a notre esprit dans nos méditations et instructions? « Phénoméne curieux et instructif, nous nous rappelons mieux, a vingt ans de distance, une image qui nous a frappés, un récit qui nous a émus, une explication qui nous a intéressés, qu'une legon incomprise, a vingt jours d’intervalle. Les mots s’en vont, les idées seules demeurent. »

776 sient ‘AMI DU CLERGE

Les effets de la communion, par l'abbé Bellamy. — Un vol. in-12 de 340 p.— Paris, Retaux, 1900.

Pour donner au lecteur une idée exacte de ce quest cette nouvelle étude sur un sujet devenu banal a force @étre traité, il faut en développer le titre complet ; le voici : Les effets de la communion considérés au triple point de vue théologique, historique et social. Dans cette derniére partie est Voriginalité du travail de M. Bellamy, et elle n’est pas sans mérite, comme on peut prédire qu’elle ne sera pas sans utilité. Fidéle a son plan, auteur divise réguliérement tous ses chapitres consacrés aux effets de la sainte Hucharistie sous leurs différentes formes, en trois parties dont la premiére rapporte les données théologiques, la seconde le témoignage des saints et de leurs imitateurs, la derniére enfin le témoignage des faits sociaus. Pas banale cette classification trés méthodique, et fort claire en tout cas, des considérations pieuses touchant les effets de la communion, qu’on peut sans doute trouver ailleurs que 1a, mais dispersées, confuses et moins susceptibles de fixer, en le frappant-vivement, le souvenir du lecteur.

Tnutile de dire que M. B. est partisan décidé de la communion fréquente au sens le plus généreux. Un chapitre de son livre est spécialement consacré a la polemique du sujet: on y peut lire les objections et réponses classiques sur ce théme 4 discussion perpétuelle. Peut-étre trouvera-t-on que l’auteur ne s’y montre

as toujours argumentateur bien serré, ni victorieux. i réponse a objection tirée de la pratique du xm siécle, nous a paru faible. C’est 4 notre avis sortir de la question ou esquiver la difficulté que de voir dans le nombre des communiants a cette époque léquivalent de la fréquente communion qu’on préche aujourd’hui. Quand on parle de frequente communion,-c’est par rapport a un seul sujet, et non point une simple affaire de statistique numérique des communions distribuées 4 une masse plus ou moins considérable dindividus différents.

Des attraits tout-puissants de Vamour de Jésus-Christ, par le P. Et. Binet, S. J.

— Réédition par le P. Hamy, 8. J. — Un vol.

in-12 de 400 p. — Paris, Amat, 1900.

Simple réédition d’un ouvrage, curieux pour l’époque, et a2 beaucoup de points de vue excellent, publié par le P. Binet en 1631 sur Pamour de Jésus. Par la grace du style, la tournure originale des pensées, l’abondance des citations, le coloris des images et la stireté de la doctrine, ce volume valait d’étre réédité et mérite d’étre accueilli avec faveur, méme prés des dmes simples. Les exemplaires de l’édition de 1631 sont rares; l’ouvrage est peu connu. Cette réimpression aura done lattrait du nouveau.

Bourdaloue, d’apres des documents nouveaux, par Vabbé L. Pauthe.— Un vol. in-8 face p. — Prix: 6 fr. — Paris, Lecoffre,

Ce livre, écrit d’aprés des documents nouveaux, la aaees inédits hier encore, est mieux qu’une étude istorique et litteraire remarquable, c’est une restitution aussi heureuse qu’opportune de l’uvre et de la vie du célébre prédicateur. Une critique sire, abondante et

- consciencieuse donne a cet ouvrage des proportions

justes et vraies, larges et hautes. L’auteur a compris que ce travail était 4 faire et il faut reeonnaitre qu’il l’a exécuté de main d’ouvrier.

Cette appréciation n’est pas une flatterie. Qu’on en juge 4 ce temoignage d’un des plus éminents rédacteurs des’ Htudes des Péres Jésuites : « Le Bourdaloue de M. le chanoine Pauthe, d’Albi, est un livre sérieux, neuf, complet, élégamment écrit et qui sera le meilleur que lon posséde sur le grand prédicateur de Louis XIV.»

U’homme et le prétre, VYorateur et Vapdtre, le moraliste et le directeur de conscience, le docteur et le controversiste, le politique et le sociologue, Bourdaloue est 1a tout entier. Il n’y a pas un seul de ses traits, jusquwici demeurés dans l’ombre, qui ne se dessine avec netteté; c’en est bien la physionomie ouverte et vivante et tout le livre s’illumine de son apparition. ‘

Letude des Sermons, des Oraisons fumnébres, des Exhortations, des Lettres, des Instructions et des Pensées de Véloquent apdtre, met le lecteur en presence des merveilles de conversion et de grace opérées par son talent et son zéle; on le voit répandre a pleines mains la semence divine dans les intelligences et les cceurs et affronter, poursuivre et terrasser Verreur quelles que soient la puissance et l’audace de ses tenants. ( ‘

Tous ceux qui liront ce livre si riche de lumiére et d’accent ne seront point décus; ils jouiront du triomphe de la justice sur Viniquité, de la conscience sur V’arbitraire, de la vertu sur les passions. Ils y remarqueront surtout des pages sur la misére du peuple et des lecons de justice sociale 4 l’adresse de Louis XIV, qui, aprés plus de deux cents ans, sont encore d’une saisissante actualité. Les défenseurs ou les partisans de cette question capitale, qui trouvent dangereux ou opportun de lintroduire dans les enseignements réservés au

rétre, s’instruiront a Vécole de Bourdaloue, dont le

. Gratry ne se lassait jamais d’admirer «le sens si philosophique et si savant des idées sociales. »

Bossuet 4&4 Meaux, par H. Druon.— Un vol. in-42 de 270 p. — Lethielleux, 1900. — Prix 33 fr.

On connait beaucoup plus Bossuet orateur et controversiste que Bossuet évéque. M. Druon a eu la bonne idée de mettre en relief, dans ce petit volume, ce qu’on pourrait appeler la vie diocésaine de ’évéque de Meaux. C’est un point dhistoire curieux a plus d’un titre et singuliérement édifiant. L’étide est trés fouillée, trés documentée, écrite d’une vraie plume d’historien, qui a déja fait ses preuves:

Les amis de Bossuet, — et qui ne l’aime en France a Vheure actuelle? — sauront gré 4 M. Druon de la nouvelle et trés large contribution qu'il vient @apporter 4 la gloire du grand évéque. :

Hiévations & Dieu, etc., éditées par le P. Libercier, O. P. — Un vol. in-12 de 600 pages. — Paris, Lethielleux, 1900. — Prix : 8 francs.

Excellente idée qu’a eue le P. Libercier, un chercheur

-et un érudit de bonne marque, de nous donner une

nouvelle édition, critique et soignée, du célébre ouvrage de Bossuet : Elévations a Dieu sur tous les mystéres de la religion chrétienne. Avec les Méditations, et tout a cdté, les Hlévations sont peut-étre le chefd’couvre ascétique de Bossuet. On les délaisse un peu aujourd’hui. Pourquoi? Ne serait-on plus en état de les entendre, d’en tirer profit? Ou n’esi-ce point plutot, comme l’a pensé le P. Libercier, parce que les éditions de cette ceuvre célébre se sont faites trop rares, 4 ce point qu’on n’en trouve plus couramment dans le commerce? Quoi qu'il en soit, les Elévations méritaient d’étre rééditées et mises, sous format commode et prix abordable, 4 la portée du public des pieux fidéles. On ne peut que féliciter le P. Libercier de leur avoir rendu ce service, en attendant qu’on le remercie de nous donner bient6t, dans le méme genre, une bonne édition populaire des Méditations.

Bossuet. Sermons choisis, par M. Ch. Urbain, ancien éléve de l’Ecole pratique des Hautes Htudes, docteur és-lettres. —4 vol. in-12. — Paris, Lecoffre.

M. Vabbé Urbain vient d’ajouter A la série deja

longue et trés estimée de ses ouvrages élémentaires de

litterature un volume destiné 4 initier les éléves de

Teppelgneranns secondaire a la connaissance de Bos-

suet. serge Le volume débute par une Introduction qui leur

sera tres utile pour comprendre le grand orateur dans ses Sermons, moins connus que ses Oraisons funebres, mais aussi dignes de létre. M. Urbain rappelle la réforme de V’éloquence au xvyu* siécle et les prédécesseurs de Bossuet ; il raconte la formation oratoire de

Bossuet ,; expose, d’aprés Bossuet lui-méme, l’idée que

Péloquent évéque se faisait de la prédication; il fait

ressortir le caractére simple et naturel, éloquent et pra-

tique, profondément chrétien de ses sermons ; il nous

initie a sa méthode oratoire et 4 ses procédés. Une étude sur les manuscrits et les éditions de Bossuet compléte cette introduction.

te On peut suivre ainsi le développement de ce talent

déja supérieur dés ses débuts, et qui alla toujours croissant, en lisant, dans l’ordre chronologique ow ils sont rangés, la série des sermons dont se compose le volume. Le premier est celui du samedi saint 1652 : les deux derniers, le magnifique sermon sur l’unité de PHglise, 1681, et celui pour la Circoncision 1687.

Des notes littéraires, sobres et précises, aident a l’in-

telligence de la pensée ou du style et relatent les va-

riantes les plus intéressantes.

Bossuet est, dans ses sermons non moins que dans —

ses oraisons funébres, notre plus grand orateur de la chaire : nul autre n’est plus intéressant et plus utile a étudier.

C’est une bonne fortune pour les professeurs et les éléves de littérature que d’avoir sous la main ce volume, je dirais ce manuel, qui leur fournit toute préparée la matiére de leurs lecons.

La morale chrétienne en actions. Livre de lecture courante 4 usage du Cours moyen et du Cours supérieur des écoles ef pensionnats de jeunes filles, par un prétre, ancien professeur. -— Un vol. in-42 de 416 p., cartonné, 1 fr. 75. — Paris, Desclée.

Ouvrage essentiellement méthodique. Chacune de ses 80 legons comprend cing parties : un court développement théorique, de nombreuses lectures, un questionnaire, des maximes et pensées, et deux plans de rédaction. De nombreux dialogues familiers lui donnent une physionomie tout a fait nouvelle. Enfin, toutes les questions du programme officiel de morale y étant traitées, un manuel de morale A part devient inutile. —

Ce volume a été rédigé spécialement pour jeunes filles. Aucune question se rapportant aux deyoirs de la femme n’a été laissée de cété. Tout le chapitre III de la morale Sociale est consacré aux devoirs professionnels, p- 317-380 : maitresses de maison, dames riches, domestiques, fermiéres, la vie aux champs, la classe ouvriére (dialogue exquis, en deux scénes, entre un curé et une femme d’ouvrier, sur l’alcoolisme, p. 377- 378). Le chapitre IV traite des devoirs envers la patrie; et avec quelle élévation d’esprit, vous en pourrez juger par ces sujets de rédaction :

« Vous venez d’apprendre que, dans une commune éloignée de chez vous, un homme honnéte, fort au courant des affaires administratives et par dessus tout bon chrétien, ne veut pas accepter la place de maire. Il refuse parce que sa femme craint les responsabilités, Vembarras et le. dérangement. Vous écrivez a cette femme, qui est votre amie intime, pour lui faire connaitre quel est sor devoir en pareille circonstance. »

« Quelle est V’origine du drapeau tricolore? De quoi est-il ’embléme ? Pourquoi faut-il le respecter ? »

« Une de vos amies vous écrit : J’irai te voir le jour des élections législatives. Pour rester plus longtemps ensemble, je déciderai mon pére, qui doit m'accompagner, 4 partir de grand matin; tant pis s'il ne prend pas part au vote. — Répondez a cette amie. »

Et de charmantes anecdotes, par exemple Les Prussiens en Alsace : Une dame allemande entre dans un magasin de nouveautés, 4 Strasbourg. Elle demande a choisir une robe et quelques garnitures, et ajoute malicieusement : « Vous entendez? Je ne veux pas avoir Yair d’une Frangaise. » La jeune Alsacienne qui la servait lui répond : « Soyez tranquille, madame, cet air-la, nous ne pourrions jamais vous le donner. »

Les grandes guérisons de Lourdes, par le docteur Boissarie. — Un vol. gr. in-8 de 560 p., illustré de 140 similigravures dans le texte et de 24 gravures hors texte sur papier couché. — Prix : 40 fr. — Paris, P. Téqui.

Un livre du docteur Boissarie sur Lourdes est audessus de toute recommandation. C’est V’histoire, methodique et scientifique, de la clinique de Lourdes, telle qu’elle fonctionne depuis une quinzaine d’années. C’est un des plus beaux monuments que la science contemporaire ait élevés a la foi. C’est la clinique du mi-

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racle en ce siécle qui avait juré de volatiliser toutes les. manifestations du surnaturel. Clinique ouverte 4 tous, contrélée par tous. Il n’y a pas une province, pas une ville qui n’ait envoyé des représentants du corps médi-) cal 4 Lourdes. Les Anglais surtout et les Américains | affluent. On demandait derniérement du Japon un exposé des guérisons constatées a Lourdes, a lusage d’un médecin japonais qui veut étudier d’avance et préparer son prochain voyage 4 Lourdes. Et ces médecins ne sen retournent pas tous avec la foi; mais il en est bien peu qui ne soient touchés, ébranlés, déconcertés. Parmi les irréconciliables qui ne veulent rien entendre, | rarement des noms connus, mais plutdt des médecins fourvoyés dans la politique. Les professeurs, les hommes de valeur écoutent, étudient, réservent souvent leur jugement, mais trouvent peu d’objections a faire. Dans ces cing ou six derniéres années, le Bureau de Lourdes a vu passer devant lui trente professeurs de facultés, quinze professeurs d’écoles de médecine, quinze médecins des hédpitaux de Paris, vingt membres de> VAcadémie de médecine, six médecins de l'Université de Londres, quinze professeurs des Facultés étrangéres, ete. “

Kt ce n’est pas seulement a Lourdes que tout s’examine. Chaque année, dans Ja seconde quinzaine de novembre, le Bureau des constatations médicales se réunit a Paris, pour procéder au contréle des guérisons du Pélerinage national. Quand le Bureau commenga de fonctionner 4 Lourdes, ce -fut d’abord une stupeur de © tout le corps médical devant cette invasion de la science par le surnaturel. Mais aujourd’hui, ces séances publiques en plein Paris, sous les yeux des médecins et des reporters de toute nuance, quel coup! et quel pas de géant dans cette ceuvre de la vulgarisation du surnature! par la science elle-méme! :

Mais de pareils ouvrages ne s’analysent pas. II faut les lire, les étudier. C’est une superbe page d’apologé- — tique.

Ajoutons que Vexécution typographique et lillustration sont d’une splendeur qui n’a d’égal que le bon marché de Pouvrage. Evidemment, pour livrer a ce prix un volume de cet aspect, Véditeur a compté sur un débit considérable ; mais il avait le droit d’y compter.

En téte, une longue et éloquente lettre de Mgr Méric (p. I-XV) :

« Il y a plus de philosophie et de science dans un pauvre malade qui demande a Dieu sa guérison que dans tous les sophistes orgueilleux qui l’insultent de leur sourire ou qui l’accablent de leurs railleries: — Ce malade a une idée juste, instinctive et philosophique de la puissance souveraine de Dieu.,. Si Dieu est assez grand pour créer les mondes célestes et régler la perpétuelle harmonie de leurs mouvements, il est assurément assez puissant pour guérir un malade, s’il le jugea propos, sans troubler ordre du monde, a une heure ~ qu'il connait de toute éternité...

« Cette familiariteé de Dieu avec Vhomme, cet entrelacement du monde invisible et du monde visible n’étonne plus le chrétien gui est habitué 4 considérer la vie aux clartés de la lumiére divine. — Quand on a vu Dieu revétir la forme humaine..., on ne s’étonne plus de sentir encore, aprés des ‘siécles, son action réelle et miséricordieuse, 4. la priére des malheureux. L’Incar- © nation explique les miracles, elle nous rappelle le lien qui ne cessera jamais d’exister entre Dieu et Vhumanileé.

« Et quand on a vu Satan fréler la tunique virginale de Jésus-Christ, l’emporter au sommet du temple..., on s’explique le satanisme dans Vhistoire, les faux miracles et les contrefacons grimacantes du divin. »

Les moines d’Orient, par Dom J. M. Besse.

— Un fort vol. in-8 de 550 pages. — Paris, Ou-— din, 1900.

Il s’agit de histoire des moines d’Orient antérieurs au concile de Chaleédoine, ec’est-a-dire a l’an 451. Cette partie de V’histoire monastique, peu explorée jusqu’a présent par nos archéologues ecclesiastiques, n’avait jamais fait, que nous sachions, l'objet d’aucune monographie séparée. Le savant historien bénédictin, Dom Besse, vient de combler cette lacune. Il nous offre dans ce magnifique volume le résultat de ses patientes recherches dans tous les documents historiques des. cing premiers siécles, susceptibles d’éclairer V’histoire des origines de la vie monastique. Car cest 14 surtout le

coté intéressant de son travail. On sait que la vie religieuse a pris naissance en Orient et rien n’est plus instructif, surprenant méme parfois, grandement édifiant toujours, que la description des formes de vie monastique variées a Vinfini, dont Vévolution progressive a abouti A cette institution synthétique uniforme que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d'état religieux. A vrai dire, Dom Besse s’attache plus 4 Vhistoire des ceuvres qu’a celle des hommes; beaucoup de noms cependant et de trés curieux épisodes biographiques sont cités par lui au courant de sa trés intéressante histoire de la vie monastique en Orient pendant les cinq premiers siécles de |’ Eglise.

Nous ne saurions trop signaler cette ceuvre remarquable a l’attention des historiens ecclésiastiques de profession et de tous ceux qui ont 4 cur de bien connaitre les origines et le-développement de la pratique des « conseils » évangéliques dans ]’Eglise.

La Palestine @aujourd’hui, parle P. Zanecchia, O. P. — Deux forts volumes in-12 de 540 et 760 pages. — Paris, Lethielleux, 1900.

Cet ouvrage, absolument hors ligne dans son genre, a été trés remarqué en Italie dés son apparition il y a deux ou trois ans seulement. Le P. Zanecchia était connu dans le monde savant des exégétes et tenu pour un des maitres les plus compétents de la science biblique. De plus, il avait habité longtemps Jérusalem et yisité en détail la Palestine. C’étaient la des garanties plus que suffisantes pour assurer le plein succés de son « Guide pratique du voyageur en Palestine » publié originairement en langue italienne.

La traduction francaise, de tous points excellente, qu’on nous offre de ce précieux travail, sera chez nous accueillie avec le méme enthousiasme.

Nous disions a l’instant que c’est un « guide » du voyageur en Palestine. Le mot est juste et dit bien ce quest en réalité cette Palestine d’aujourd@hut. Trés savant et trés pratique, 4 la fois, ce qui le recommande également aux maitres de la science sacrée, aux géographes surtout, et aux touristes. Tous les sanctuaires de la Palestine, toutes les localités historiques intéressantes au point de vue de l’archéologie biblique ou des souvenirs sacrés de la vie du Sauveur et des apdtres sont décrits avec soin et avec un ordre parfait. Un eats nombre de cartes et de plans facilitent. la lecture et ixent la mémoire, sans l’égarer jamais. Rien n’a été négligé au point de vue typographique par Véditeur, pour faire de cette ceuvre, désormais classique, une merveille de clarté et d’utilité pratique pour les voyageurs, méme peu instruits, peu versés dans la connaissance de l’arabe et des antiquités sacrées. Nous regrettons gue l’auteur n’ait pas ‘hardiment intitulé son travail: Guide du voyageur en Palestine. Pas un IS gently de Terre Sainte n’aurait voulu s’embarquer sans ’avoir dans son sac. Souhaitons que la Palestine d’aujourd’hui soit bient6t connue et appréciée dans ce monde de pieux ou savants voyageurs comme le « vade mecum » indispensable. Elle mérite, 4 tous égards, de prendre place au premier rang dans la yalise des touristes aussi bien que de figurer, comme manuel de géographie biblique, sur la table des maitres et éléves és-études d’Heriture Sainte.

Le Sacré Coeur de Jésus, par le P. J. Chevalier. — Quatriéme édition. — Un fort vol. in-8 de 500 pages. — Paris, Vic et Amat, 1900.

Nous avons annoneé, en son temps, la premiére édition de cet ouvrage, véritable encyclopédie de tout ce qui s’est dit et écrit de bien sur le Sacré Coeur jusqu’a présent. C’est avee plaisir que nous signalons aux prétres et aux fidéles la quatriéme édition, bonne

reuve du succés que nous avions prédit a son ainée.

ne cinquiéme viendra, sans doute ; nous le souhaitons ; et ce sera justice.

Klévations au Sacré Coeur de Jésus, par Mer Béguinot, évéque de Nimes. — Un vol. in-412 iy a p. — Paris, Lethielleux, 1900. — Prix :

Vingt-trois années se sont écoulées depuis la premiére édition de ces Hiévations au Sacré Cour de Jésus, dont le succés fut grand, et largement mérité, aupres du monde catholique. Site

A cette date lointaine les ouvrages sur la dévotion au Coeur de Jésus étaient rares et ce n’est pas un mince honneur pour M. l’abbé Béguinot, aujourd’hui eveque de Nimes, que d’avoir non seulement deviné par une intuition de sa piété le grand mouvement qui devait entrainer les fidéles et le Saint-Siége lui-méme vers le Cour adorable en ces derniers temps, mais aussi d’y avoir puissamment contribué pour sa part, dés la premiére heure, par le beau livre des EHlévations au Sacré Ceur de Jésus. if

Cette quatriéme édition est entiérement refondue: c'est presque une ceuvre nouvelle, mise en rapport avec le texte officiel des litanies du Sacré Coeur approuvées par Léon XIII. Les lecteurs de la premiére edition y retrouveront toutes les impressions d’il y a vingt ans, fortifiées par ’age et muries par une longue responsabilité de la vie ; les lecteurs nouveaux, dit gr de Nimes, « accueilleront avec faveur cet hommage d’un coeur vieilli au service de Dieu, mais qui retrouve toutes les ardeurs de la jeunesse pour louer et faire aimer le Cceur adorable de Jésus. » <i

Nous ne connaissons guére de meilleur livre de méditations 4 recommander aux prétres et aux éléves de nos séminaires pour le mois de juin. :

Mélanges philosophiques, par l’abbé Elie Blanc. — Un volume in-80 de 400 pages. — Lyon, Vitte, 1900.

Ce volume de Mélanges philosophiques contient divers articles publiés par M. l’abbé EH. Blanc, le philosophe scolastique bien connu, dans I’ Université catholique, pendant ces trois derniéres années (1897-1900). Ils portent sur plusieurs des questions importantes débattues par les penseurs contemporains : questions sociales et morales, en particulier lorigine du pouvoir ; — quelques formes recentes du rationalisme, du criticisme et du panthéisme; — questions d’enseignement et d’éducation ; — le transformisme et les controverses récentes ; — la théorie de Verreur ; — l’hypnotisme ; rapports de la philosophie et de la théologie, de la selence et de la, croyance ; — l’éyolution des idées générales et de la psychologie des sentiments. Tels sont les principaux sujets de ces études critiques.

Elles forment une suite naturelle a Histoire de la philosophie et particuliérement de la philosophie contemporaine du méme auteur. Le point de vue ou M. Blane s’est tenu constamment est celui de la philosophie chrétienne et scolastique. Ce volume est le iv’ d’une série dont les premiers comprendront diverses études publiées pour la plupart, comme celles-ci, dans VY Université catholique de Lyon.

Le nom de M. Elie Blanc est justement célébre dans le monde de la philosophie scolastique contemporaine. Aprés lecture de ces études, que nous avions déja appréciées au cours de leur premiére publication, nous ne pouvons que le féliciter de la nouvelle et puissante contribution qu’elles apporteront 4 la défense de la vérité philosophique et religieuse.

Le repos dominical, par Aug. Morel. — Une brochure in-18 de 150 pages. — Paris, Maison de la Bonne Presse, 5, rue Bayard.

Bon petit « tract » sur le repos dominical a répandre dans le peuple, voire aussi, et pour cause, parmi les ens, catholiques ou non, de la classe dite dirigeante.

a question du dimanche est étudiée lA avec soin, sous toutes ses faces, par un homme qui joint 4 sa foi catholique la double autorité d’une haute compétence scientifique et des connaissances techniques qu’il a puisées dans ses relations avec le monde des ouvriers.

Voici les titres des chapitres de cet intéressant petit opuscule :

Loi du repos dominical. — Etat de la question en Europe. — Le repos dominical au point de vue hygiénique. — Le repos dominical au point de vue Boe et social. — L’Etat et le repos dominical. — L’industriel et le repos dominical. — Le commercant et le repos domi-

nical. — L’agriculteur et le repos dominical. — Des exceptions. — De la sanctification du dimanche. — Des devoirs de l’Etat et des catholiques. — Conclusion.

Sainte Ursule, par J. Bonnet. — Un vol. in-80 de 230 pages. — Grenoble, Patronage catho-

lique, 4, rue Haxo, 41900.

Le titre laisse supposer une Vie de sainte Ursule. Point. C’est une simple série de conférences ou méditations pieuses adressées aux Ursulines a propos des

loires surnaturelles de leur sainte patronne. Le martyre

es célébres vierges de Cologne offre 4 l’auteur un sujet assez vague d’adaptations ascétiques, ordinairement heureuses, a la vie religieuse en général, et en particulier aux devoirs d’état qui sont propres a la vocation de PUrsuline. Ce recueil « d’élévations pieuses » peut en somme étre lu avec fruit par toute religieuse quelconque, vu la généralité de ses considérations, encore qu’il soit adressé spécialement, sous l’invocation de leur patronne, aux filles de sainte Angéle de Mérici, qui gonteront plus vivement le plaisir de sa lecture.

Saint Benoit et son action sociale et économique, par Jean Douceval. — Broch.

in-8 de 70 p. — Lille, Le Bigot. 1899.

Trés bonne étude de haute sociologie a propos de saint Benoit et de ses ceuvres, publiée d’abord dans la revue La Démocratie chrétienne, et offerte au public en tirage a part. Les nombreux esprits quwintéresse la question sociale y trouveront d’assez savantes recherches et des considérations toujours justes et fort utiles, touchant linfluence incontestable qu’ont exercée le Patriarche des moines dOccident et sa vaste famille monastique sur Pévolution intellectuelle, morale et économique de la société chrétienne depuis le vi® siécle.

“Les woeux de religion, conire les attaques actuelles, par le P. Ed. Hugon, O. P. — Broch. in-48 de 80 p. — Paris, Lethielleux, 1900.

Tout en respectant les veux comme des reliques d’un passé vénérable, il est de nos jours, a l’heure présente, des catholiques plus ou moins « américanisants » pour penser que dans notre siécle d’indépendance et de progrés, la communauté libre serait plus forte et mieux armée pour la lutte, et que les voeux ne conviennent guére qu’aux ames faibles. :

Quant a la libre-pensée, elle n’a pas d’expression assez énergique pour traduire son mépris et son horreur des vyooux de religion. A ses yeux, ils sont un outrage a la raison, l’extinction de toute liberté, un état contraire a la nature, aux droits de ’homme, 4a l’exercice de ses facultés, une cause de décadence pour les individus comme pour les sociétés. Waldeck-Rousseau y voit « une renonciation 4 l’exercice des facultés naturelles » et « une servitude personnelle. »

-Léon XIII a, d’un trait de plume, réfuté toutes ces accusations saugrenues dans sa lettre fameuse au cardinal Gibbons ou il a condamné les erreurs de l’américanisme, parmi lesquelles celle que nous venons de dire.

Entrant dans les intentions du pape, le P. Hugon montre clairement que les vceux de religion répondent, au contraire, 4 une conception et a4 un idéal sublimes ; qu’ils ne sont contraires ni a la liberté, ni 2 la nature, ni aux droits de l'homme, ni a l’exercice des facultés naturelles, et enfin quelle est leur portée sociale. Ces quelques pages, vivement menées, ont le grand meérite de Vactualité. La question des veux sera sans doute prochainement portée devant le parlement; la presse sen est emparée et la discute avec passion. Ce petit volume suffira 4 éclairer les Ames de bonne volonte.

Sérome Aléandre (1480-1529), par J. Paquier.

— Un fort vol. in-8° de Lxx-400 p. — Paris, Leroux, 4900. .

Comme toute thése de doctorat qui se respecte, celleci traite un sujet inconnu, ou a peu prés, du commun

des mortels. Enseveli encore hier dans les archives poudreuses des dessous de l’histoire, aujourd’hui ressuscité

grace ala baguetle magique de M. Paquier, ce Jérdme Aléandre, archevéque de Brindes, a joué un réle trés important dans les affaires ecclésiastiques de la premiére moitié du xvi° siécle, en pleine période de la renaissance,

Le personnage, malgré cela, n’est pas fait pour intéresser la masse de nos lecteurs. Disons donc seulement, a Vadresse des historiens de profession, que cette étude extrémement consciencieuse et fouillée, ef documentée a Vinfiai avec un luxe rare de références, leur réserve plus dune surprise agréable, et un régal peu ordinaire dérudition historique.

Histoire de saint Jean-Baptiste de la Salle, par J. Guibert, prétre de Saint-Sulpice, supérieur du séminaire de l'Institut catholique de Paris. — Un fort vol. grand in-8o de x1-725 p. — Paris, Poussielgue, 1900. — Prix : 6 francs.

Ce livre vient 4 son heure. En effet Léon XIII, en pla-

cant Jean-Baptiste de la Salle sur les autels; vient de —

le signaler a l’admiration et 4 limitation de tous les fidéles. Les chrétiens désireux de connaitre la vie, les vertus et les ceuvres du nouveau saint frangais, ne pourront trouver une meilleure source dinformations que l Histoire écrite par M. Guibert. Car Vauteur, en suivant scrupuleusement les régles du genre historique, représente le saint tel qu’il fut dans son milieu, s’adaptant aux besoins de son époque, créant des institutions nouvelles pour répondre aux exigences sociales du temps, triomphant par une ténacité jamais démentie des difficultés que les circonstances ou les antipathies soulevaient contre lui. ;

On y voit tout ensemble se mouvoir le saint et

Vhomme social; la saint trouve dans les ceuvres qu’il —

fait un stimulant qui Vinyite 4 progresser dans la vertu; homme social trouve dans la priére et le sacrifice la fécondité de ses travaux. Précieuse lecon pour tous les temps, pour le ndtre surtout.

Cet important ouvrage, déja honoré de la haute approbation de NN. SS. les archeyéques des villes ot travailla le saint, Reims, Paris et Rouen, sera d’une lecture a la fois instructive, édifiante et attrayante.

Neuvwaine a saint Antoine de Padoue, par le P. Bernardin. — In-48 de'72 p. — Lyon, A. Nouvellet.

Un opuscule consacré a saint Antoine est toujours le bienvenu des fidéles. On trouvera ici une neuyaine sur la vie et les vertus du saint, puis diverses pratiques de dévotion, litanies, répons, acte de consécration, priéres diverses, etc.

L’abbé Menestrel, curé doyen de Plombiéres-les-Bains (Vosges), par Vabbé Thomassin, curé du Val-d’Ajol. — In-8 de 170 p. — Abbeville, C. Paillart.

Les nombreux ecclésiastiques qui fréquentent chaque année les bains de Plombiéres liront avec édification la vie du prétre dont ils ont pu appréeier le zéle et le commerce si plein de piété et d’élévation surnaturelle. Et a tous nos confréres en général ees pages offriront un modéle achevé de ce que doit étre le dévouement sacerdotal dans les temps présents, le dévouement surtout a l’Ame des enfants et 4 V’éducation chrétienne de la jeunesse.

Une manifestation diabolique, par ]’abbé J. Segaud. — Un vol. in-8 de 190 pages. — Lyon, Vitte, 1899,

Encore un liyre sur l’occultisme. I] en pleut. Si encore l’horizon devenait plus clair aprés Vondée |... M. Segaud raconte dans ce volume — d’ailleurs. intéressant comme le sont toutes les narrations de ce genre — une série de faits singuliers dont il a été le témoin ou qu'il a pu controler a bonne source. Caemin

‘faisant sa narration se corse d’études et réflexions per-

sonnelles sur le caractére des faits merveilleux ; d’ou, des explications, des théories et des hypothéses, certainement soutenables et point dutout dépourvues de vraisemblance, qui néanmoins ne seront pas du gott de tout le monde. L’auteur penche yisiblement du cété de Vinterprétation diabolique. Discuter le bien fondé de cette préférence, n’est pas notre affaire. Nous. n’ayons ici que le devoir de renseigner le public sur le contenu des livres nouveaux. Disons que les lecteurs de cette étude, quien vaut bien d’autres mieux connues et dues & des plumes plus célébres, ne perdront point leur temps. Elle a le mérite d’une grande clarté et d'une méthode trés facile 4 suivre. On peut y apprendre en peu de temps Vétat actuel de la fameuse controverse occultiste. Mais, c’est égal! Il devient bien difficile de faire « neuf » sur un pareil sujet.

Souvenirs de Vabbé H. Vollot, par Alexis Crosnier. — Un vol. gr. in-8 de 450 p. — Paris, Poussielgue, 1900.

Histoire intime d@’une dame, d’une trés belle 4me de jeune prétre, qui rappelle celle de ’abbé Perreyve. Par devoir d’amicale fidélité au souvenir de H. Vollot, M. Crosnier, le distingué professeur de littérature a la faculté d’Angers, livre au public, dans une courte notice biographique et dans un recueil de lettres, la vie singuliérement attachante de Vollot, lycéen, séminariste, vicaire, professeur d’lcriture sainte en Sorbonne, et mort a4 trente ans. Ceux-la qui l’ont connue sauront sans doute seuls gotiter tout le parfum surnaturel que nous en a conservé la plume délicate et pieuse de M. Crosnier. Qu’on se garde cependant de croire que ce sont la des « mémoires » a clef, fermés a ceux qui n’étaient pas de la famille. Nous ne connaissions point Vollot, et, faut-il en convenir? nous n’avions jamais eu de son histoire qu’un écho bien affaibli de son passage éphémére a la Sorbonne. Ce ne serait pas assez, néanmoins, de dire que cette lecture nous a intéressé vivement; mieux que cela, elle nous a fait du bien; et nous estimons qu’avouer cela n’est pas en faire un éloge banal. Rien ne vaut l’exemple de la vie d’un saint prétre, doué surtout, comme celui-ci, des plus rares qualités de Vintelligence et du cour, pour réconforter VYame, la réjouir, la pousser plus avant dans l’amour de Dieu. C’est justice de reconnaitre que, dans la douce impression, tout édifiante, qui reste de cette lecture, une large part revient au biographe, dont on ne saurait dire en vérité s'il a mis plus d’art ou d’amour dans le délicat portrait.ou il fixe le souvenir d’un prétre modéle qui eut la bonne fortune d’étre son ami. ~

Sermons et allocutions de circonstance, par l’abbé Bouisson. — Un vol. in-42 de 400 p. — Paris, Giuvre de Saint-Paul (40, rue Cassette).

Collection de sermons et allocutions diverses prononcées par l’auteur sur une foule de sujets trés variés et en des circonstances trés différentes. I! est des prétres a qui des recueils de ce genre peuvent rendre service. Celui-ci ne manque point de valeur. Nous le leur signalons volontiers.

L’Kglise ou le christianisme wivant, par le P. Fontaine, S. J. — Un vol. in-42 de x1n- 440 p. — Paris, Retaux, 1900.

La solution des plus redoutables problémes qui agitent cette fin de siécle sortirait tout naturellement, et sans effort, d’une connaissance un peu approfondie, un eu pénétrante, de l’Kglise et de sa constitution intime.

es catholiques eux-mémes sont loin de possder sur cette constitution du grand corps auquel ils appartiennent les notions les plus essentielles. Ils ne savent souvent ni d’ou il vient, ni qui l’a organisé, ni quel esprit VYanime, ni quelles sont ses fonctions vitales, ni quel sort lui est réservé ici-bas et par dela ce monde.

Crest a ces différentes questions, et a beaucoup d’autres du méme ordre, que répond ce recueil de confé-

“rences apologétiques qui est a notre avis, au fond, tout.

simplement un traité de l’Kglise, et le meilleur traité de

(ens

ERGH "

VEiglise que nous ayons en francais; non pas un traité classique sous la forme didactique accoutumee, mais une série d’études constituant dans leur ensemble, d’aprés un fort beau plan, toute la synthése de nos si remarquables traités latins de Ecclesia. « ey .

Voyez plutot le raccourci de la table des matiéres.

1e partie : L’Eglise (notions préliminaires) ;

2° partie : Son organisme doctrinal ;

3° partie : Son organisme sacramentel ;

4e partie : Son organisme gouvernemental. '

C’est toujours une bonne fortune pour la littérature catholique et pour |’Eglise que l’apparition d’un nouveau livre du P. Fontaine, qui en a déja tant d’autres excellents 4son actif. Celui-ci ne le céde en rien a ses ainés... C’est toujours la méme intuition philosophique des maladies sociales de Vheure présente, la méme stireté doctrinale, le méme souci de la précision joint au charme de lV’art de bien dire. ‘

A Voccasion, le P. Fontaine signale a nos endormis catholiques le péril protestant dont on ne parle guere, et qwil trouve trés menacgant. Nous partageons pleinement ses idées la-dessus. Ii est temps que les enfants de |’Eglise apprennent 4 la connaitre, pour la mieux défendre contre les attaques du dehors et aussi contre les attaques plus perfides des « fréres séparés. »

Les jardins ouvriers, en France et a Vétranger, par L. Riviére. — Broch. in-12 de 140 p. — Paris, Rondelet, 1899.

Simple petit coin de la question sociale, qui en a encore tant d’inezplorés; étude d’histoire et de statis- lique fort curieuse, ou l’on examine les différentes ceuvres, ligues, associations, etc., ayant pour but d’arriver a améliorer la condition temporelle et morale de Youvrier en lui assurant la possession d’un lopin de terre qui serait comme son centre familial, un élément de moralisation, une attache de plus a la vie intérieure conjugale et paternelle. Recommandé a tous ceux qu’intéressent les problémes d’économie politique suscités de nos jours par le désir d’améliorer la vie sociale de l’ouvrier.

Julien V’Apostat, par P. Allard. — Tome I[er. oa gr. in-8 de 500 p. — Paris, Lecoffre,

M.P. Allard, Vhistorien catholique bien connu, s’est fait une spécialité de l’étude des origines du christianisme; nous dirions mieux quiil s’est proposé de combattre vaillamment les adversaires de l’Eglise sur ce terrain et d’élever 4 sa gloire, pour son apologie, un des plus beaux monuments que lui aient jamais fournis les sciences historiques.

Nous ne rappellerons pas toutes les céuvres célébres de M. Paul Allard ; il suffit de citer sa belle Histoire des persécutions pendant les trois premiers siécles pour rappeler 4 nos lecteurs quels titres de premier ordre ila 4 leur confiance, au double point de vue de la sincérité documentaire, qui est en substance toute Vhistoire, et de la saine inspiration de sa critique.

Cette histoire de Julien VApostat est une sorte de continuation, sous forme de monographie, de l’ Histoire des persécutions. Kile aura deux volumes. Le tome premier est consacré & une étude d’ensemble sur la société au rve siécle et a la jeunesse de Julien. C’est tout un monde peu connu que nous révéle le savant auteur, » quand il étudie successivement les idées et les doctrines, la situation matérielle et légale de l’Eglise aprés Védit de Milan, le clergé chrétien, Varistocratie, la classe moyenne, le peuple, les esclaves, tout cela comme préface a histoire de Julien l’Apostat.

On n’avait pas en France de biographie compléte et tout a fait impartiale de ce personnage énigmatique.

C’était une lacune & combler. La lecture de ce premier volume nous donne a croire qu’elle le sera avec succés. En attendant que nous puissions juger l’ensemble, cest justice d’aecorder a ce début des éloges bien mérités que l'avenir certainement ne viendra point démentir.

Madame Louise de France, par Léon de la Briére. — Un vol. in-12 de 345 p., 3 fr. 50. — Paris, Retaux.

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Nouvelle édition, de prix plus accessible, @’un ouvrage -

qui ayait obtenu le plus vif succés sous le format in-8. Tout le monde connait Madame Lowise de France, ne fat-ce que par la notice exquise que lui a consacrée Léon Aubinean dans ses Serviteurs de Diew. Sa cause est introduite 4 Rome depuis 1873; et le meilleur fruit de la nouvelle biographie sera de nourrir la confiance des fidéles en l'intercession de la servante de Dieu, de les encourager a4 obtenir par elle les faveurs célestes qui hateront Je jour de sa béatification. O qu’il est admirable, le récit des simples choses du Carmel, par M. de la Briére! Le parloir, la cellule, la récréation, la chapelle, le travail : des titres de chapitres qui n’indiqueraient pas méme, pour des yeux profanes, le semblant d’un événement. Et pourtant, derriére ces grilles, quelles merveilles de grace! quelle sublimité et quelle candeur ! quelles souffrances et quelles allégresses !

Lyon et ses oeuvres, par l’abbé Vachet, de ja maison des Chartreux. — Un vol. in-42 de X1-3822 p., 3 fr. 50. — Lyon, Vitte.

Tout le monde sait que Lyon est la ville des wuvres ; peu, méme a Lyon, connaissent ces muyres par le menu. C’est qu’elles se font peu connaitre, en genéral. Elles sont modestes, et elles ont raison, mais cela n’empéche qu'il faille travailler 4 les faire connaitre. Hlles visent a faire du bien; or, wne ceuvre peu connue ne fait pas tout le bien dont eHe est capable.

Crest pourquoi le répertoire de M. Vachet sera le bienvenu. Il n’y parle que de ce qui est proprement « euvre. » Car tout ce qui est constitué en société ne répond pas toujours 4 Vidée d’ceuvre. Les confréries des paroisses ne sont pas des ceuvres; les sociétés de gymnastique, de tir, de chant, etc., ne sont pas des ceuvres. On évalue qu’a Lyon ily a environ cing mille réunions de jeunes gens ou d’hommes, de jeunes filles ou de femmes, assemblées sous une étiquette quelconque.

Tout cela ne pouvait faire Vobjet du présent volume. On s’y est borné aux ceuvres proprement dites, et il en reste assez — plus de trois cents — pour quwil n’ait pas été possible d’expliquer par le menu le fonctionnement et le bien réalisé par chacune d’elles. On se contente d’en dire l’origine, le but, la pensée-meére qui a présidé 4 leur création. Kt rien n’est touchant, rien n’est grand comme cette longue « théorie » d’euvres qui défilent sous vos yeux, dans toute la simplicité du Christ, embrassant, enveloppant de tendresse et de charité tous les Ages, toutes les conditions, tous les besoins, toutes les miséres, toutes les aspirations de Vhumanite.

Recueil de dialogues, ou Explication da eatéchisme sous ferme de dialogues, par un prétre du diocése de Verdun. — Un vol. in-12 de 450 p., 3 fr. — Paris, Desclée.

Ces dialogues sont pleins de choses, intéressants, piquants 4 Voccasion, et spirituels, et roulent sur les principaux chapitres du catéchisme et de Vhistoire sainte. Ils sont faits pour étre débités par les enfants. Chacun comporte cing ou six personnages. Tous nos confréres du ministére savent que c’est la un puissant et effieace moyen d’émulation et d’édification, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les parents. Tout le monde s’en méle; dans la famille, le pére, la mere font réciter; tout le dialogue y passe et entre dans toutes les tétes, et avec le dialogue, c’est tout un cours de religion qui s’empare des esprits et des cours.

La vie de la bienheureuse Marguerite- Marie, religieuse de la Visitation Sainte- Marie, par le P. Croiset, de 1a Compagnie de Jésus, avec une introduction par le P. Daniel. — In-46 de xxxr278 p., 4 fr. 50. — Paris, Téqui. f

Réédition d’une biographie qui est contemporaine de la Bienheureuse elle-méme, et qui n’a cessé d’étre réimrimée depuis, et qui reste vraiment Yune des meileures que l’on puisse lire. Et qu’on yeuille bien croire

que, ce disant, nous ne perdons pas de vue certaines vies plus modernes. Tout au contraire, si nous n’avions pas de termes de comparaison, nous ne saurions lui attribuer le superlatif qu’on vient de lire.

Le P. Croiset apparait désla premiére heure aux cdtés de la Bienheureuse; il l’interroge, il. reconnait « qu’il n’y a que Dieu seul qui peut lui donner toutes les connaissances quwelle a»; et quand il s’éloigne de Paray, il entretient une correspondance suivie qui lui permet de lire continuellement au fond de cette Ame privilégiée. Hst-il étonnant que sa notice, si courte quelle soit, garde une saveur, un parfum de chose vécue, une onction que le temps n’efface pas?

A la suite de la notice du P. Croiset, on lira le Mémoire que la Bienheureuse écrivit sur Vordre de son directeur et ob elle rend compte d’une partie de sa vie, des graces singuliéres gu’elle recut. Rien de candide, d’humble comme -ces pages. Vous ne trouverez rien de plus pénétrant dans saint Augustin ou sainte Thérése.

Les hommes de France &2 Rome. Le Jubilé. La canonisation du Bienheureux Jean- Baptiste de la Salle. — Souvenir du pélerinage national du 19-29 mai 1900. — Récit d'un pélerin, par Fr. Veuillot. — Paris, Bloud, 0 fr. 60.

Nous avions lu les articles de M. Francois Veuillot . lorsquwils parurent dans l Univers. Ils gagnent a étre relus d’ensemble. Ce qui frappe surtout, ce n’est pas le récit du pélerinage de ces douze mille Frangais qui sont allés 3 Rome en mai dernier pour gagner l’indulgence jubilaire, et assister ala canonisation du bienheureux de la Salle. Les délails sont attachants, la cérémonie est admirablement décrite, Vauteur a su jeter sur tous les incidents du voyage : la rénoyation des voeux du baptéme a Saint-Jean de Latran, les stations a-Saint-Paul hors les murs ou 4 Sainte-Marie Majeure, les agréments de son style bien personnel, de ses réflexions spirituelles, de ses pieuses pensées. Deux figures pourtant se détachent sur ce fond captivant et vous retiennent jusqu’a vous faire oublier tout le reste :-ce sont celles de saint Jean-Baptiste de la Salle et surtout de Léon XJII.

La premiére est peinte dans un chapitre sobre qui est un résumé exact de sa vie prodigieusement active, prudente et féconde. ;

La seconde se retrouve partount, et chaque fois que l’orateur la rencontre il se plait a en retracer quelques traits nouveaux, il lui envoie le témoignage de son amour,

« Nous voici done 4 Rome... et tout prés du Pape. I est la, Léon XIII, en ce grand palais du Vatican dont la.masse imposante et carrée nous domine. Il est la. Un flot de pensées nous éblouit intelligence, un flot de sentiments nous pénétre le coeur. »

A Sainte-Croix de Jérusalem, le P. Lemius fait un discours sur le Pape; M. Francois Veuillot n’a garde de laisser échapper une seule de ces parcelles dor, brillantes et solides qui appartiennent en propre au zélé religieux ; il donne l’analyse de ses chaudes paroles : « Qu’étes-vous venus chercher ici? Vous étes venus voir le Christ... Le Pape c’est le Christ agissant et parlant. » Suit une page splendide sur les droits du Pape, qui est « vraiment le Christ au milieu de nous.» Aussi quand le P.. Joseph Lemius s’adressant a l’assemblée s’ecrie : « Jurez-vous d’aimer le Pape? » tous répondent par. acclamations : « Nous le jurons! »

Nous retrouyons encore le Pape a Saint-Pierre : «Son visage est couvert d’une paleur lumineuse, ot l’on sent

la yie; son regard est profond, sa bouche est souriante,,

sa main passe et repasse au-dessus de la foule. C’est le Pape |... » }

« Oh! qwil était impressionnant, ce silence, ot. Yon sentait fremir une clameur déchainée! »

Et quand Vauguste vieillard rentre au Vatican par la chapelle du Saint-Sacrement, le silence imposé par la cérémonie religieuse se rompt, « un cri s’échappe : il forme étincelle ; en un instant la foule entiére est comme un brasier d’acclamations! » Méme émotion au départ, au moment de l’adieu. é

Ces pages sont done un chant continuel en lhonneur du Pape vicaire de Jésus-Christ.

Les pélerins en les relisant croiront recommencer leur pieux voyage, ef tous ceux qui aiment lEglise et son vénérable Chef les liront avec fruit, avec joie.

fA IESER Shee ah NEY

LVUAMI DU CLERGE —

Lendemains d’Unité. Rome, koyaume de Naples, par Georges Goyau. — Librairie académique Perrin et Cie, Paris, 3 f. 50.

Ce n’est pas précisément un ouvrage nouveau, mais un recueil @articles fort remarquables publiés dans différentes Revues, et qui ont fait sensation en Italie. Les chapitres intitulés l’ Unité et-le Sud-Est sont, dit la Rassegna Nazionale; « pondérés, calmes et sincéres, » etils ont fait « un grand bien a la région des Pouilles, trop oubliée par le gouvernement et qui est pourtant une des plus patientes, une des plus productrices et des plus honnétement travailleuses de l’Italie.» Les pages sur l’émigration dans I’Italie méridionale ont été traduites en italien par M. Luigi Ferrara.

D’ailleurs rien n’est Banat ni dans le style — personnel, clair et fort, — nidans le talent si original et si chrétien de M. Georges Goyau. Ses livres sont des livres « de bonne foy » et de doctrine stire, il faut les lire, et ’assassinat du roi Humbert donne a celui-ci je

~ne sais quoi de prophélique. Quand on a médité les

pages sur « le 20 septembre 1895 a2 Rome, » ce crime ‘vous apparait comme une eonséquence d’une sanglante et inéluctable logique. Le poéte Mario Rapisardi l’a dit dans « Le 20 septembre, Ode » :~« La ou César et Pierre ont jadis régné, que régne enfin... Vhomme. » Or Vhomme magonnique exclut et supprime toute autorité.

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