partie de cette
* Ibid. Part. 1, chap. vz, Ds DOs
* Cité dans la Démonstration évangélique, t. XVIT p. 451. ‘ :
le peuple anglais Vindifférence a la séparation de
VEglise d’Angleterre d’avec l’Eglise qui existe ailleurs. Que la cause en doive étre cherchée dans certains traits du caractére de notre race ou dans
Vhistoire de notre passé, toujours est-il que le fait
est clair. »
Mais les ritualistes n’en prennent pas aussi
facilement leur parti. C’est un ritualiste que nous”
venons d’entendre, et encore un ritualiste de marque. Il ajoute :
« La loyauté aux faits de l’histoire nous interdit absolument de donner notre assentiment a Vetat de division ot se trouve actuellement l’Eiglise, de nous y reposer et de nous tenir pour satisfaits dans notre isolement et dans V’affaiblissement qui en résulte. Car a la lumiére des faits de histoire nous ne pouvons regarder nos divisions comme étant vraiment dans les intentions du Christ 1. »
Il y a au fond de ce qu’on pourrait appeler l’ame ritualiste une aspiration vers VPunité, un besoin @unité et une souffrance née du sentiment de Visolement, qui éclatent parfois en des aveux singulierement significatifs. Au mois de juillet de VYannée derniére, un des correspondants du grand
organe ritualiste The Church Times, apres lui
avoir rappelé qu’autrefois « les chrétiens trouvaient partout ou ils allaient la religion et les rites auxquels ils étaient habitués chez eux, Omne solum catholico patria, » ajoutait :
« Kn Angleterre, n’était la présence au milieu de nous des coreligionnaires du duc de Norfolk,
nous nous rappellerions rarement le fait de la di-.
vision du catholicisme. Mais ce fait, dés queles an- glicans mettent le pied sur le continent, tout le leur
rappelle a chaque instant. Les uns le regardent— comme tout naturel; a d’autres il cause de grands
troubles, mais il est la. Et, aprés tout, il y ena peu qui puissent séjourner quelque temps en Bretagne ou dans un village du Tyrol sans éprouver le désir de s’unir au simple peuple, aux pauvres, a des prétres fervents pour pratiquer avec eux le culte chrétien. Un anglican a Vesprit sérieux ne peut visiter Rome sans étre impressionné de se trouver 1a dans le centre historique de la foi, au milieu des cendres des saints et des martyrs, dans cette Rome qui fut jadis le terme du pélerinage de notre Alfred et des Peres de notre Kglise @Angleterre. Les anglicans qui se trouvent dans Rome sont bien décidés & demeurer fidéles A Vile qui est leur mére et a ses enseignements; mais ce n’est pas sans soupirer que les hommes réfléchis et les fémmes sérieuses sentent leur isolement au point de vue religieux. Is voudraient bien, si cela leur était permis, s’ils le pouvaient en conscience, non seulement s’agenouiller et prier avec des hommes qui sont membres de l’Eglise comme
eux, mais s’unir 4 eux dans la gainte communion 2. »
* Light in the light o God. Se ri the Rey. Darwell ode zrOn Seer ttaee a
* The Church Times. Numéro du 21 juillet 1899, p. 69.
CLERGE
Nous avons déja dit que plusieurs le font, en évitant de se déclarer ritualistes, se regardant comme a peu prés, comme a moitié de la famille. Encore ceux-la mémes sentent-ils que malgré tout, ils n’appartiennent pas a la communion religieuse dans laquelle ils se glissent, subrepticement et comme des intrus, et ce fait« leur cause de grands troubles. »
De plus les ritualistes en sont venus a voir clairement et ils n’hésitent plus a déclarer que pour Punité il faut un centre, et que ce centre ne peut étre que Rome. « Si une autorité centrale, disait lord Halifax dés 1886, si une autorité centrale est bonne pour la communion anglicane, une autorité centrale doit étre bonne pour Il’Kelise entiere... L’Eglise d’Angleterre doit-elle rester acéphale et sans aucun centre commun? Pouvonsnous rien concevoir dé plus favorable a l’unité de lKeglise qu’un tel centre, pourvu toujours que le principe de centralisation soit accepté de maniére a sauvegarder les droits de la juridiction locale? »
Crest de cette conviction profondément imprimée dans Vesprit des ritualistes que sortit le grand discours de Bristol, le 14 février 1895, sorte de manifeste en faveur de la réunion avec Rome, ou se faisant l’écho des sentiments des 35.000 mem- ‘bres de VEnglisch Church Union dont il est le président, lord Halifax disait : « Ne craignons pas de le dire franchement: union avec Rome est possible, elle est désirable. Déclarons-le sans détour : nous désirons la paix avec Rome de tout notre
coeur. »
Crest de cette conviction que lKglise -anglicane ne peut retrouver cette unité qui est une des notes de la véritable Eglise, qu’est née la fameuse ‘campagne pour l’wnion en corps dont le discours “de Bristol fut le point de départ.
L’union avec Rome, non pas entendue dans le sens catholique, malheureusement, mais une cerlaine union. s’impose aux ritualistes par leur -conception méme de la papauté, par la conception quwils représentent comme la seule vraie. D’aprés “eux, le pape estle primat de toute l’Kglise, The pri-
mate of the whole Church. Déslorsla question de Punion de l’Eglise anglicane avec Rome peut bien étre ajournée, elle ne saurait étre écartée dune maniére définitive. Aucun vrai ritualiste ne songe a Vécarter. Seulement il leur semble quw’ils peuvent trés bien attendre, leur Eglise n’etant, a leur avis, ni hérétique ni schismatique. De méme quils croient échapper 4 Vhérésie par la pureté de leur doctrine, ils s’'imaginent pouvoir se laver du reproche de schisme grace a la fameuse théorie de la «suspension » inventée par Pusey. Le ritualisme soutient, en s’appuyant sur l’autorité du célébre docteur et en faisant valoir les arguments qu’il a mis en avant, que la primauté du pape ‘nest pas d’institution divine, mais seulement dinstitution ecclésiastique, et que la communion entre l’Eglise anglicane et l’Hglise romaine Dest pas rejetée en principe etd’une maniére définitive, mais seulement suspendue de fait par des événe-
ments malheureux dont les anglicans d’aujourd’hui ne sont pas responsables et contre lesquels leur conscience ne saurait leur faire un devoir de protester en abandonnant leur Eglise.
Nous ne pouvons nous expliquer, nous autres Frangais, impression que cette théorie, dont la faiblesse saute aux yeux d’un catholique de naissance, produit sur l’esprit des anglicans méme les plus intelligents et les plus instruits.
L’union en corps désirée, espérée, poursuivie, est le point d’appui nécessaire, le substratum in-
. dispensable de cette théorie de la « suspension. »
Supprimez cette perspective d’une union avec Rome, sans sortir de lEglise anglicane, et le ritualisme perdra son dernier retranchement. Il ne verra plus sa voie et se trouvera désorienté.
Malheureusement cette condition : sans. sortir de VEglise anglicane, c’est-a-dire sans reconnaitre que cette Hglise est schismatique et hérétique, fait de ce réve d’une union en corps la plus chimérique et la plus dangereuse des utopies.
Si du moins ’Encyclique Satis cognitum pouvait ouvrir les yeux des anglicans sur ce. point! Léon XIII déclare dans cette Encyclique que « de par la volonté et Pordre de Dieu, l’Eglise est établie sur le bienheureux Pierre comme I’édifice sur son fondement. » Puis il ajoute :
« Par ot Pon voit clairement que les évéques perdraient le droit et le pouvoir de gouverner, s’ils se séparaient sclemment de Pierre ou de ses successeurs. Car, par cette séparation, ils s’arrachent eux-mémes du fondement sur lequel doit reposer tout Védifice, et ils sont ainsi mis au dehors de Védifice lui-méme; pour la méme raison ils se trouvent exclus du bercail que gouverne le pasteur supréme, et bannis du royaume dont les clefs ont été confiées 4 Pierre seul. »
Voila contre le schisme. Voici maintenant contre V’hérésie ou, si l’on veut, contre la demihérésie de ces ritualistes qui, en fait de doctrine, admettent presque tuut ce que nous admettons :
« Rien ne saurait étre plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste lintéorité de la doctrine, par un seul mot, comme par une goutte de venin, corrompent la piété et la simplicité de la foi que nous avons recue de la tradition dominicale, puis apostolique. »
Aprés comme avant l’Encyclique Satis cognitum, le ritualisme poursuit la trés chimérique entreprise de ramener l’Eglise anglicane a lunité gangs la ramener-é une pleine et entiere soumission au-pape, et a une parfaite intégrité de la doctrine.
§ 2. — Ejforls des ritualistes pour donner a VPEglise anglicane la note de la sainteté
Les ritualistes n’ont pas fait moins WVefforts pour arriver 4 rendre a leur Kglise la note de la sainteté que pour lui restituer celle de Vunite.
Non seulement ils admettent les sept sacre-
ments, mais ils s’appliquent 4 en retirer tous les fruits de sanctification quils sont de nature a produire. Les ministres ritualistes célébrent tous les jours ce qu’ils croient étre la sainte messe. Is se confessent réguliérement. Ils exhortent les fidéles 4 s’approcher souvent, et en d’excellentes dispositions, des sacrements de pénitence et d’eucharistie. De fait ces deux sacrements sont fréquentés parmi eux.
Ce ne sont pas seulement des pratiques de dévotion empruntées au catholicisme qu’on a vu reparaitre parmi les ritualistes, des pratiques telles que le chemin de la croix et le mois de Marie, ce sont des pratiques de mortification et de pénitence, le jetine, l’usage de Ja discipline. Non seulement ils étudient nos livres de spiritualité, saint Francois de Sales, le Pére Faber, mais ils s’appliquent a pratiquer leurs conseils. Ils ne se bornent pas a lire les Hxercices de saint Ignace : ils 1és suivent. Ils donnent des retraites. Ils connaissent et apprécient la méthode d’oraison de Saint-Sulpice.
Un certain nombre de ministres ritualistes pratiquent la continence. Bien plus, les ritualistes ont institué des ordres. religieux d’hommes et de
femmes. Les religieux anglicans sont encore peu |
nombreux, mais ils vivent en communaute,
suivent une régle et ressemblent beaucoup 4 nos.
religieux. Il existe méme une congrégation religieuse : La société des saintes missions, vouée aux missions anglicanes. (Voir Ami, 1899, p. 967).
Le Church Times publiait dans son numéro du 24 novembre dernier une lettre du révérend Quilter qui était un chaleureux appel en vue d’arriver a fonder « un ordre anglican de Dominicains, an anglican dominican order. » Ces Freres Précheurs anglicans seraient comme les Fréres Précheurs catholiques « soumis aux trois youx d’obéissance, de célibat, et de pauvreté, wrder the threefold-vow of obedience, celibacy and poverty. » :
Dans la lettre assez longue du révérend Quilter la cause des dominicains anglicans est plaidée éloguemment, habilement et solidement. Et ce nest pas la premiére fois. I] est probable que cette cause finira par triompher.
Enfin les ritualistes ont copié nos confréries et nos wuvres de toutes sortes, refuges, orphelinats, smurs garde-malades, scours des pauyres, oeuvres de préservation, etc., etc. S’il peut étre intéressant pour les abonnés de Ami du Clergé de connaitre ces ceuvres en détail, il nous sera facile de les satisfaire. Pour le moment nous nous bornons a dire que ces muyres sont nombreuses.
Ces quelques traits suffiront, croyons-nous, pour donner une idée du mouvement ritualiste en vue de ne pas laisser plus longtemps 4 l’Eelise catholique le monopole de la mole de la sainteté.
§ 3. — Prétentions des ritualistes a la catholicité
Tous-les efforts dont nous venons de parler ne sont rien en comparaison de ceux que les ritua-
LAMI DU C
apparence de catholicité. Catholiques ils sou-
tiennent qu’ils le sont autant que nous, plus que | nous. Ils affectent de s’en arroger le nom. Is y
mettent une ostentation bruyante et une insistance extraordinaire.
« Nous sommes baptisés, disent-ils, dans la
sainte Hglise catholique. Dans nos offices nous faisons profession d’étre catholiques. Nous renouvelons cette profession chaque fois que nous faisons la sainte communion *. »
« Depuis bien des années nous ne cessons de réclamer nos droits 4 la catholicité. Kn cela nous ne discutons pas sur une bagatelle, au moins. Il n’y a qu’une Kglise et cette Eglise est lEglise catholique. Si nous ne sommes pas catholiques, nous n’appartenons sommes chrétiens que de nom.
listes ne cessent de tenter pour se donner une |
pas a lEglise, nous ne
« La croyance en une Eglise sainte, catholique,
et apostolique est un des articles du Credo. Il vient immédiatement aprés la profession de foi en Dieu, ce qui indique assez sa haute importance. -
«Le nom de catholique remonte jusqu’au temps"
de saint Ignace le martyr, et a été constamment employé pour désigner la véritable. Eglise, et la distinguer des hérétiques ou des sectes qui font profession de croire en Jésus-Christ, mais qui mélent a cette foi des sentiments et des pratiques qui leur sont propres...
« Kt maintenant quelle est la position de l’Kglise d’Angleterre relativement a la catholicité? Les Romanistes nient nos droits a la réclamer pour
nous, mais leurs objections étant simplement ba-
sées sur notre refus de reconnaitre les prétentions déplacées de la papauté, nous les méprisons comme frivoles 2.»
On vient d’entendre un des grands avocats de la cause ritualiste, le Church Times.
C’est ainsi que ce nom de catholique qui, pen-
dant trois siécles, fut considéré en Angleterre™
comme une injure, a été réhabilité dans ce pays par les anglicans eux-mémes. Sans doute aujour- @hui encore, dans plusieurs parties de l’Angleterre, les gens de la basse classe se servent de ce mot comme d’une expression injurieuse. Mais en retour, dans beaucoup d’endroits, notamment dans les grandes villes, 4 Londres surtout, ce mot de catholique est employé pour désigner des anglicans qui sont fiers de s’entendre désigner ainsi. Les ritualistes n’aiment point qu’on leur donne ce nom de ritualistes. Ils ne le prennent jamais euxmémes. Le nom qu’ils se donnent et qwils aiment, c’est le nom d’anglo-catholiques, ou mieux encore de catholiques.
Ce mot de catholique fait partie d’un dialecte nouveau qu'il est nécessaire de connaitre gous peine de ne rien comprendre a certaines revues.
+ The protestantism of the English Church, the Aidan Hibbert. The Church. Times, 18 janvier 1899. * The Church Times, no du 27 janvier 1899.
Lisez par exemple cet article nécrologique de l’un | - des derniers numéros du Church Times, le numéro du 5 janvier de cette année 1900 :
«Le révérend John Going fut dix-neuf ans curé de Saint-Paul, Lorrimare-Square, Walworth, qui peut certainement étre considérée comme Véglise dot est parti le mouvement catholique dans la partie méridionale de Londres... Monsieur Going fut ordonné en 4849. Aprés avoir rempli pen- . dant deux ans office de chapelain, il fut nommé ala cure de Saint-Paul. Il se mit immédiatement a sa grande mission d’exposer l’enseignement catholique... En 1874 il quitta Londres pour deve- - nir recteur de la paroisse de Hawk. II servit cette paroisse pendant vingt ans comme un prétre fidéle et plein d’amour, enseignant 4 son peuple les belles vérités de la foi catholique. »
Vous croyez, n’est-ce pas, que M. Going était ; un prétre catholique? Vous vous trompez. M. Going - était un ministre anglican.
§ 4. — Prétentions des ritualistes a Vapostolicité Les ritualistes ne tiennent pas moins a la note - de Vapostolicité qu’a celle de la catholicité. Ils comprennent aussi bien que nous que sans apos- - tolicité il n’y a pas d’Eglise. Voici comment le ma- nuel The catholic religion s’exprime a ce sujet: - «ta prétention @une partie quelconque de l’E- - glise 4 faire vraiment partie de l’Hglise catholique est entiérement subordonnée a la succession apos- - tolique. En dehors de cette succession il n’y a pas de ministére chrétien. La possession d’un ministére uni en droite ligne aux apdtres et le maintien de la foi catholique constituent la différence entre une Eglise et une secte. Il arrive ainsi que la 4 question de la validité de nos ordres, c’est-a-dire la question de savoir si les évéques et le clergé de )Eglise d’Angleterre ont été validement ordonnés, est d’une importance vitale 1. »
-- On sait comment cette question de la validité des ordinations anglicanes a été réecemment réso- ~lue par Léon XIII : « Nous prdnongons et déclarons, dit le Saint-Pére dans la Bulle Apostolice Cure, que les ordinations conférées selon le rite anglican ont été et sont absolument vaines, entié- -rement nulles. » La question de l’apostolicité de lEglise anglicane est par la manifestement tranchée.
- D/*ailleurs cette question est résolue d’une autre maniére encore. En se séparant du chef de I’iglise les évéques anglicans, eussent-ils été validement ordonnés, se sont par la-méme séparés de lKglise et sont sortis de la ligne apostolique.
Ce sont la des vérités évidentes, mais que les -ritualistes aveuglés par les préjugés anglicans ne voient point. « La succession apostolique, disentils, fut continuée sans rupture, les évéques étant sacrés pendant la période de la Réforme par des : évéques appartenant a la période qui avait précédé
4 The catholic religion, Part. 1, ch. v, p. 103.
Pe ae AMI DU CLERGE
et par la-méme 4 la ligne apostolique. Les sacrements qui empruntaient leur valeur a la succession apostolique furent continués. L’appel 4 l’antiquité, comme criterium de la doctrine, fut plus clair que jamais. Ht ainsi l’Hglise d@Angleterre qui est sortie de la Réforme est une branche vraie et
vivante de ’Eglise du Christ, une, sainte, catho-
lique et apostolique 1. »
L’evéque Bramhall avait déja dit:
« Ce n’est pour moi Vobjet daucun doute que l’Eglise d’Angleterre d’avant la Réforme et lKelise d@Angleterre d’aprés la Réforme, ne soient une seule et méme Kglise, absolument comme un jardin avant qwil ait été sarclé et un jardin aprés quwil a été sarclé est le méme jardin, et comme une vigne avant qu’elle ait été taillée et débarrassée de ses branches iuxuriantes et aprés qu’elle a été taillée, est bien la méme vigne 2. »
On ne saurait mieux exprimer la conception ritualiste de Papostolicité de ’Eglise d’Angleterre. « Nous prétendons, disent-ils, étre les membres de l’Hglise que le Christ est venu fonder ici-bas, qui a été établie dans ce pays depuis le temps de saint Augustin, de saint Aidan et de saint Chad, et nous repoussons les prétentions de la mission italienne a étre l’Kglise catholique *. »
« L’EKglise d’Angleterre, disent-ils encore, a conservé la succession apostolique essentielle pour la validité du ministére. Ce n’est point elle qui a commencé le schisme. C’est le pape lui-méme qui Ya commencé en excommuniant la reine Elisabeth et ses adhérents +. »
Cet argument est souvent répété par les ritualistes. Ils protestent énergiquement contre cette idée que ’Hglise d’Angleterre est une institution nationale établie par le pouvoir séculier. « Notre Eglisé a-t-elle été faite par Etat, disaitsir Watter Phillimore a une desréunions del’Englisch Church Union au mois de mai dernier, ou bien est-elle celle qui existait déja et a laquelle l’Ktat a prété son aide et sa protection? Si PEeglise a été faite par l’Btat, elle n’a pas plus de titres a notre respect
-que son auteur, elle n’est qu’une institution hu-
maine sans origine divine, et personne n’a a croire en elle. Elle ressemble 4 la piece de bois dont parle lécriyain classique, et dont le sculpteur se dit’: En ferai-je un escabeau ou un dieu? Mais si cette Eiglise enseigne la religiou qui a été révélée par Dieu lui-méme, elle ne peut étre l’euvre de Etat. »
Si l’Eglise anglicane est la continuation ininterrompue de l’Kglise de saint Augustin, de saint Anselme et de saint Thomas Becket, il suit de la que la seule Eglise schismatique qui se trouve en Angleterre, c’est l’Hglise dont Léon XIII est le chef et que les anglicans appellent dédaigneusement « la mission italienne. » Les ritualistes ne reculent
4 Ibid., Chap. tv, p- 100.
2 Archbihop. Bramhall’s Works, 1, 2.
3 Article déja cité du Réy. Aidan Hibbert dans le ne du 13 janvier 1899 du Church Times.
4 The Church Times, n° du 27 janvier 1899.
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point devant cette conséquence. Dans le sermon douverture ducongrés annuel de l’Kglise anglicane tenu en octobre 1896 4 Shrewsbury, l’archevéque @ York, bien connu pour ses opinions ritualistes, ne craignit pas de dire que la Bulle Apostolice Cure est « une déclaration du pape en faveur de ceux qui pendant les cinquante dernieres années (c’esta-dire depuis le rétablissement de la hiérarchie en Angleterre) ont créé un schisme romain dans le royaume d’Angleterre. »
Mais alors pourquoi les ritualistes se donnentils tant de peine pour arriver 4 une réunion en corps avec, ces schismatiques et ces intrus? Ne les pressons pas trop. C’est ici surtout quil faut dire avec Bossuet : « Je ne crains ici qu’une chose : c’est, s'il m’est permis de le dire, c’est de faire trop voir 4 nos fréres le faible de leur réforme. »
Les ministres anglicans, quand ils sont devenus catholiques, n’apportent pas toujours dans leurs réfutations des prétentions des ritualistes a l’apostolicité les ménagements de forme qu’y apportait Bossuet. On sent qu’en voyant qu’on les a trompés et qu’on en trompe tous les jours un grand nombre d’autres par des théories sans valeur, des systémes qui ne se tiennent pas debout et des raisons qui ne supportent pas l’examen, Vindignation les emporte.
Un Ventre eux, M. Marshall, a publié deux ouvrages : La comédie du protestantisme anglais et La comédie de la convocation (sorte de synode anglican) ol a une verve caustique se mélent parfois des philippiques d’une singuliére éloquence. Dans La comédie du protestantisme anglais il suppose une discussion au cours de laquelle le président de la réunion pose cette question « N’est-il pas possible de regarder la continuité catholique comme élant Vhéritage de l’Eglise anglo-catholique ? » Alors un certainM. Armytage se leve et répond avec emportement :
« Non, Monsieur, cela est. impossible a tous égards... Les membres modernes de la Haute Eglise, du haut du tréne de leur insularisme, regardent en face l’Kglise catholique et lui disent : « Vous étes dans lerreur. Nous sommes seuls les
.suprémes arbitres de la vérité catholique. Nous sommes seuls les héritiers de la primitive Eglise. Notre infaillibilité va jusqu’a pouvoir juger notre propre Kglise, et bien entendu celle du moyen Age, et, tout naturellement, le Saint-Siége, et dans la plenitude de notre sagesse apostolique, nous prononcons que nous possédons l’apostolicité... » Je demande qu’on veuille bien me dispenser de répondre sérieusement a tet argument. Je ne puis pas renverser mon intelligence. Je ne puis pas voir de continuité dans. la succession des choses les plus opposées. Je ne puis admettre que l’obéissance soit continuée par la désobéissance, l’infaillibilité de ’EKglise catholique indivise par l’infaillibilité personnelle et individuelle, le supréme Pontificat de saint Pierre par la primauté spirituelle de la reine Victoria, de son parlement et de
son conseil privé, le saint sacrifice de la messe par une forme parlementaire du service divin, la dévotion a la sainte Vierge par le manque de respect envers elle, la doctrine des sept sacrements par une doctrine mutilée qui n’en admet que deux, un clergé célibataire par un clergé marié, la confession habituelle parla suppression de la confession..., les conciles généraux par les XXxIx articles... Tant que le chaos ne sera pas Ja continuation de l’ordre divin, ou le contraire la continuation de Videntique, l’Kglise d’Angleterre ne peut établir sa prétention a son identité catholique avec l’Rglise une, sainte et indivisible du Christ *. »
Les ministres anglicans voient clairement et sentent vivement ces choses quand une fois la lumiére de la grace a brillé 4 leurs yeux. Jusquela, quelle que soit leur intelligence, quelle que puisse étre leur instruction, quelques preuves. qu’on leur expose, ils ne les voient pas. M. Kegan. Paul, trés connu du public anglais, qui, apres avoir occupé diverses positions, et entre autres celle de ministre anglican, et avoir passé par toutes les phases de l’hérésie et de Jincroyance, a fini par se convertir au catholicisme, vient de publier un volume in-12 de 3941 pages, quwil intitule ses Mémoires. Cet ouvrage trés intéressant. et tres instructif, dont nous entretiendrons peut-étre un jour les abonnés de PAmi du Clergé, se termine ainsi :
« Les heureuses larmes que je répandis au tribunal de la pénitence au jour de ma conversion, et la ferveur de ma premiére communion n’étaient rien en Comparaison de ce que j’éprouve maintenant. Chaque jour le mysteére de ]’autel me parait plus grand, le monde invisible plus. rapproché, Dieu un meilleur Pére, Notre-Dame une mére plus tendre, la grande société des saints plus amicale, si je puis m’exprimer de la sorte, et mon ange gardien se tient plus prés de moi... On dira, et on aura raison, que je suis plein de confiance. Mon expérience ressemble a celle de Vaveugle de PEvangile : lui aussi avait la certitude. Il ignorait beaucoup de choses et ne pouvait expliquer complétement comment Jésus avait ouvert ses yeux, mais il était une chose qu’il pouvait affirmer avec une certitude exempte de toute défaillance : « Je ne sais qu’une chose, Cest que j’étais aveugle, et que maintenant je vois *. »
C’est tout a fait cela. Les ritualistes sont des aveugles de naissance. Pour qu’ils puissent voir ce que nous voyons, nous catholiques, il faut que le divin Sauveur leur ouvre les yeux de Vesprit par sa grace. Cette grace nous pouvons et nous devons la leur obtenir par nos priéres. “Voila pourquoi le grand pontife a qui Dieu a confié la mission de gouverner son Eglise et de nous diriger tous, nous exhorte si vivement 4 prier pour la conversion de l’Angleterre.
: The Comedy of English Protestantism, p. 286. Memories by C. Kegan Paul, chap. x1, p. 377,
LVAMI DU CLERGE — | 108
Ce ne sont pas les hommes qu’il faut écouter en pareille matiére : c’est Notre-Seigneur nous parlant par ’organe de son Vicaire.
Ce ne sont pas les torts du peuple anglais qu’il faut considérer : ce sont les dommages qu’il cause a lHglise et les services qu'il serait capable de lui rendre.
Il s’agit de propager l’Eglise et de sauver les ames.
Nous voudrions que cette rapide étude sur le ritualisme ptit inspirer 4 chacun des prétres qui la liront la résolution de porter tous les jours au saint autel cette grande intention de la conversion de l’Angleterre, et de la recommander tous les jours aussi par la récitation d’un Ave Maria a cette Vierge puissante qui détrwit toutes les hérésies.
QUESTIONS de science ecclésiastique
CONSULTATIONS DIVERSES
Q.— Ilya parfois des questions bien embarrassantes pour un prétre. On vient, par exemple, lui signaler ce fait :
« Une personne pieuse a le don, en récitant certaines formules de priéres, connues d’elle seule, de faire disparaitre les verrues. On cite des faits ou l’imagination, ce semble, n’a rien 4 voir. »
Et ce don n’est qu’un spécimen d’autres dons attribués a d’autres personnes.
« Est-il permis, demande-t-on au prétre, d’avoir confiance dans ces personnes ? Comment et de qui ont-elles pu recevoir ce don? »
D’abord on est tenté de résumer toutes les réponses dans un éclatde rire. Mais, 4 bien réfléchir, peut-on renvoyer ces braves gens aussi lestement, sans tenir compte de leur bonne foi et de cette confiance qui ne peut étre qualifiee de superstition si elle est basée sur des faits? Donc, je vous demande :
1° Quelle. attitude prendre au simple récit des faits ?
2° Faut-il défendre, sous peine de péché grave, de recourir 4 ces moyens de guérison, quelque efficaces quwils aient parus ?
8° Peut-on admettre aux sacrements les personnes qui emploient ces formules de priéres pour obtenir de pareils résultats?
Autres cas similaires :
— Lorsque, dans une famille, il y a ou bien sept garcons, ou bien sept filles, le septi¢me a certains dons.
— Une personne qui aurait élé atteinte déja d’un mal appelé vulgairement « le cintre, » aurait le pouvoir de guérir une autre personne atteinte du méme mal, en la portant sur son dos.
— D’autres personnes pieuses guériraient les entorses avec certaines priéres accompagnées de gestes déterminés, etc., etc.
BR. — Posons d’abord quelques principes avec les déductions a en tirer.
I. Il faut distinguer soigneusement deux sortes de superstition : la superstition proprement dite, od il y a recours explicite au démon, comme dans la sorcellerie et les pactes, ou implicite, comme dans la consultation sérieuse de devins, de tireurs de cartes, etc., dans le but de connaitre certaine-
ment l’avenir: il y a la évidemment péché mortel, si la chose est faite avec connaissance de cause, et ignorance seule ou Virréflexion peuvent en excuser; et la suspertition improprement dite, ou l’on attribue une trop grande importance 4 certaines priéres ou pratiques, ou bien a des bagatelles ou 4 des niaiseries dans lesquelles il n'est pas sérieusement a croire que le démon intervienne directement, soit parce que Dieu ne lui a pas donné tout pouvoir, soit parce quwil n’y a la rien d’important a gagner pour lui.
II. On doit regarder comme superstitieuses les guérisons fondées sur des pratiques gieuses, des signes de croix a l’envers, des priéres impies ou insensées auxquelles on attribue une vertu infaillible. Il y aurait méme la superstition proprement dite, tandis qu'il n’y aurait que superstition improprement dite a attribuer une puissance infaillible en matiére temporeile a de bonnes priéres : s’il est en effet certain qu’une priére bien faite obtient toujours quelque chose, il ne l’est pas moins qu'elle n’obtient pas toujours la chose précise qu’el!e demande, surtout en matiére temporelle.
III. Mais si les priéres ou pratiques employées ne sont pas superstitieuses par elles: mémes, ou du moins ne peuvent pas étre prouvées telles et ne le semblent pas, on peut y avoir foi, pourvu que cette foi ne soit pas absolue : 49 quand elles sont fondées sur quelques principes médicaux, comme sont par exemple certains remédes tenus comme secrets et transmis dans certaines familles, et ‘si l’on y ajoute des priéres qui, par elles-mémes, ne sont pas superstitieuses, l’effet n’en peut étre que meilleur encore. — Il y en a qui arrivent presque toujours a couper les fiévres, au moyen d’une veine dont ils font remonter le sang. Je ne vois rien de superstitieux la-dedans. — Il y en a aussi qui arrivent 4 arréter une brilure en soufflant et en prononc¢ant certaines paroles. Il peut trés bien n’y avoir aucune superstition la-dedans, pourvu qu’on n’ait pas une foi absolue dans les paroles elles-mémes : un prétre m’a assuré étre arrivé luiméme au méme résultaten changeant entiérement les paroles pour d’autres insignifiantes, et il l’attribuait au souffle fait A des intervalles égaux. I peut en étre de méme des verrues, des entorses, que certaines personnes guérissent vraiment bien ;
— 20 quand elles sont fondées sur la confiance et .
la foi en certains saints, comme par exemple a saint Hubert pour la rage, a saint Phocas pour la morsure des serpents (voir le Martyrologe romain au 5 mars); — 30 quand elles sont fondées sur la croyance raisonnable en certaines faveurs gratuites accordées par Dieu 4 telle ou telle personne. Il y a, dit saint Alphonse, des choses qui, & premiére vue, peuvent paraitre superstitieuses, et qui cependant peuvent aussi étre attribuées raisonnablement ou a la nature, ou 4 une grace ou faveur accordée libéralement par Dieu 4 telle ou telle personne. — Ainsi il est admis que les rois de France avaient le privilége de guérir les
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écrouelles, comme le reconnaissent saint Thomas et Boniface VIII eux-mémes (voir bulle de canonigation de saint Louis), et les rois d’Espagne les scrofules : c’est une grace que Dieu leur accordait pour le bien public en vertu de leur sacre : ali
gratia sanitatum, comme dit saint Paul. — Saint
Alphonse encore, aprés Viva, n’ose pas rejeter les Marcou : quand une femme amis au monde sept garcons de suite, le septiéme s’appelle Marcou, et ale privilége, dit-on, de guérir les humeurs froides au nom de saint Marcou. Ne peut-on pas en effet admettre que Dieu accorde cette grace, comme pour encourager et récompenser les nombreuses familles ? — Enfin saint Alphonse n’ose pas nier non plus qu’il ne soit donné a quelqu’un la faveur de guérir certains maux par des priéres ou par le souffle, Mais dans tous les cas il ne faut pas attribuer d’infaillibilité proprement dite 4 telle ou telle parole de priére, ni 4 tel ou tel signe.
IV. Il est admis par tous les théologiens. que dans le doute de la provenance d’un effet quelconque, il faut plutot Vattribuer a une cause naturelle, et que cependant il est bon de protester au moins intérieurement qu’on repousse toute ingé-
“rence diabolique ; mais que, quand il est bien
constant que la cause ne peut étre naturelle, il faut lattribuer plutét au démon, Dieu n’ayant rien promis de semblable. Toutefois, devons-nous ajouter, si les priéres sont bonnes par elles-mémes, siles personnes qui les font sont confiantes, et a plus forte raison si elles sont pieuses, si la gloire en est attribuée 4 Dieu, s'il y a augmentation de dévotion, on peut trés bien atiribuer ces effets a Dieu lui-méme, qui s’est toujours plu a répondre a la confiance des simples ; et d’ailleurs le diable consentirait-il jamais, sans y étre forcé, a contribuer a la glorification de Dieu ?
Je crois que ces principes et ces déductions éclairent suffisamment les cas proposés et les cas similaires. J’ajouterai seulement que je ne connais aucunement la maladie du cintre, et que le fait de porter une personne sur son dos peut plus d’une fois étre contraire 4 la décence, et que ce n’est pas a lui que semble pouvoir étre attribuée une guérison naturelle ou divine de cette maladie.
Cela posé, je réponds briévement :
Ad I. Ilest bon de ne laisser paraitre aucune surprise, ni aucun étonnement. Il ne faut pas non plus repousser ces personnes, ni s’en moquer, mais interroger pour savoir quelles sont les priéres qui se disent et les pratiques qui se font, afin de pouvoir discerner s'il y a quelque chose de vraiment superstitieux.
Ad II. Assurément non. Le confesseur qui agirait ainsi serait bien imprudent et outrepasserait singuliérement ses droits. Il doit d’abord examiner sérieusement la chose, et sil s’agit de pratiques superstitieuses par elles-mémes et assez graves pour constituer certainement un péché mortel, il doit encore voir si la personne qui les emploie est de bonne foi ou ne l’est pas. Si elle'ne l’est pas, il est évident qu’il doit lui défendre strictement d’y
recourir 4 l’avenir. Si elle lest, il doit lui faire — encore la méme défense, mais seulement dans le cas ol il serait moralement stir qu’elle s’y soumettra; autrement il faut la laisser dans la bonne. | foi, 2 moins, ce qui n’est guére supposable ici, quwil n’y ait un vrai scandale a l’y laisser.
Si, au contraire, il ne s’agit que de superstitions douteusement graves, 4 plus forte raison encore s'il sagit seulement de superstitions improprement dites, comme nous l’avons expliqué, il ne peut pas les défendre sous peine de péché mortel.
Ad III. Non, si, ce qui est bien rare, il s’agit de personnes qui recourent 4 des pratiques superstitieuses certainement mortelles et qu’elles savent étre telles, et ne veulent pas y renoncer. Ou, s'il s’agit de personnes qui sont dans la bonne. foi, de laquelle on ne peut pas les tirer sans danger pour leur propre conscience et dans laquelle on peut les laisser sans un vrai scandale. Owz, a plus forte raison, s'il ne s’agit, comme c’est assez l’ordinaire ici, que de superstitions improprement dites et de — péché véniel, et surtout @ fortiori encore s'il n’y a pas de péché véniel certain. Mais il est toujours bon et méme quelquefois nécessaire de les instruire en leur faisant voir que la confiance qu’elles y mettent ne doit pas étre absolument infaillible, — puisgqu il n’y a point 1a promesse de Dieu. De plus, sil restait quelque crainte d’ingérence démoniaque, il faudrait leur recommander de faire, au moins intérieurement, et méme de renouyeler de temps en temps une protestation contre elle.
Rappelons enfin qu’a notre époque il serait bien dangereux de refuser les sacrements, surtout a Paques, aux personnes contre lesquelles il n’y a pas pour cela des raisons bien certaines.
Q. — De ce que les escargots, comme les poissons, Vix sanguinem habent et frigidum, vous concluez que les escargots sont poissons.
Ne faudrait-il pas conclure seulement qu’ils ont ce qui fait Valiment maigre, Via sanguinem et frigidum (loi de labstinence), et se réserver pour étudier s’ils ont oui ou non ce qui fait les poissons? (loi qui défend le mélange).
Or, qui dit poisson dit vivant dans l’eau; c’est vrai, méme aprés la question du 16 janvier 1834, ou Von donne pour exemple les huitres et les écrevisses. Et les escargots sont des pulmonés terrestres s’enfoncant 4 certaines époques dans la terre et jamais dans les eaux. Qui done osera dire que les escargots de nos vignes sont des poissons?
Pourquoi étendre la loi qui défend, au dela des expressions du législateur : poissons, testacea marina, fructus maris ?
Me permettrez-vous de croire mon sentiment au moins probable ?
R. — Pour répondre a votre difficulté, nous allons reprendre la question ab ovo. De fait, une’ étude d’ensemble pourra seule nous donner I’esprit de la législation canonique sur ce point.