I. — LEs CONGREGATIONS ROMAINES
§ der. — Opinion de certains membres de la S. C. des Evéques et Régutiers
Vous avez entendu, dites-yous, des membres de la S. CG. des Evéques et Réguliers se plaindre de ce que certains prétres voudraient faire communier toutes les religieuses d’une communauté généralement tous les jours, Et vous en concluez quwil n’est pas vrai que les Congrégations Romaines poussent les religieuses 4 communier le plus souvent possible, ou méme tous les jours.
R&PONSE. — Q@) Si vous aviez pris la peine d’interroger tous les membres de la dite Congrégation, vous auriez pu en entendre d’autres parler absolument comme ces certains prétres qui ont été blamés par leurs collégues ; c’est-a-dire exprimer le désir que la généralité des religieuses soit admise, autant que possible, 4 la communion trés fréquente ou quotidienne. Si vous en voulez une preuve, vous n’avez qu’a vous reporter a la lettre de Son Eminence le cardinal Agliardi, en réponse a la note de Mgr Amédée Curé, sur la communion fréquente des religieuses !.
" Voyez-en un extrait dans VAmi du Clergé du
1et mars 1900, p. 188, 1° col.
Vous avez entendu d’autres membres de la méme Congrégation parler dans un sens oppose. — Qu’est-ce que cela prouve ? Que les hommes, méme les plus savants, ne partagent pas tous la méme maniere de voir. De méme parmi les évéques. Vous vous rappelez le livre de Mgr Isoard sur Le systéme du moins possible. I
semble bien hostile & la tendance moderne qui
pousse les Ames a Ja communion fréquente ou quotidienne. Et cependant,, il n’a rien trouvé a reprendre dans nos articles de 1897 et 1898 sur ce sujet. Qui sait si vos théologiens romains n’auraient pas dit la méme chose que lui, si vous leur aviez développé les arguments que nous avons fait valoir et qui ont fait impression méme sur Mer Vévéque d’Annecy ? Il y a des hommes qui ont des idées faites depuis longtemps, et qui n’ont point de raison de les modifier, tant qu’on ne leur montre pas qu’elles pechent en quelque chose, mais qui les modifieraient volontiers si on leur faisait voir en quoi elles s’écartent de la vérité. Vous ne pouvez donc rien conclure de ce que quelques théologiens, membres de la Sacrée Congrégation des Evéques et Réguliers, ont parlé comme yous le dites. C’était la leur opinion. Vous auriez pu la combattre et voir ce quwils auraient répondu. Vous ne l’avez pas fait. Vous ne savez donc pas si vos arguments les auraient ébranlés.
Mais méme s’ils ne s’étaient pas laissé ébranler par ce que nous avons dit, vous en auriez été quitte pour choisir entre levir opinion et celle de la trés grande majorité des évéques, des théologiens et des Souverains Pontifes, corroborée par les déclarations expresses d’un concile cecuménique et du Catéchisme du Concile de Trente.
Le choix ne semble pas difficile a faire.
b) Vous avez entendu, dites-vous, parler contre’
cette prétention de certains prétres de vouloir faire communier toutes les religieuses d’une communauté tous les jours. — Avez-vyous bien compris dans quel sens on combattait cette prétention ?
Sil s’agit de prétres qui voudraient faire de la communion quotidienne une regle géncrale pour
‘ toutes les religieuses d’une communauté, sans
exception, nous-méme nous les combattrions.
Reportez-yous 4a ce que nous avons dit sur ce sujet. On doit, en général, pousser toutes les religieuses & la communion aussi fréguente que possible, mais toutes ne sont pas oependant capables d’y étre admises, et, par /conséquent, on ne peut pas les y admettre toutes. C’est Vaffaire du confesseur de déterminer celles qui peuvent faire utilement la sainte communion tous les jours, ou tous les deux jours, ou trois, quatre, cing fois par semaine, et par suite, de leur accorder ce nombre de communions. Mais alors ce n’est pas une régle pour toutes. En vouloir faire la régle générale serait empicter sur le droit exclusif du confesseur, et commettre une 1Imprudence, en exposant beaucoup d’ames 4 ne pas
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faire la sainte communion aussi bien qu’il le faudrait.
Donc, dans ce sens, vos théologiens romains ont eu raison de condamner cette prétention.
Si, au contraire, ils avaient voulu blamer les confesseurs qui, sans faire une régle générale de la communion quotidienne, pour toutes les religieuses, y poussent cependant autant que possible, et y admettent toutes celles qui leur en semblent capables et dignes, quand méme elles Seraient toutes dans ce cas-la, quoique ce ne soit pas dans leur régle, ils seraient en opposition avec la doctrine formelle de I’Kglise, et en particulier avec les réponses toutes récentes de la S. C. des Rites et de la Sacrée Pénitencerie, qui, elles, ne trouvent rien a blamer dans la permission accordée a toutes les religieuses d’une communauté de faire la sainte communion tous les jours, pouryu qu’elles en soient jugées dignes par leur confesseur, et qui méme trouvent cette coutume tres louable et trés recommandable, puisqu’elle n’est que Papplication du décret du Concile de Trente sur la communion, que I’Kglise désire voir faire chaque jour a ses enfants.
Voyez donc si vous n’avez pas fait une confusion, entre le blame décerné a la pratique de la communion quotidienne accordée individuellement a toutes les religieuses d’une communauté, et le blame décerné a ceux qui voudraient faire de cette communion quotidienne une régle générale et obligatoire pour toute la communauté,
La pratique de la communion quotidienne par toutes les religieuses d’une communauté avec la permission du confesseur est louable, et elle est approuvée et recommandeée par l’Eelise.
La clause, insérée dans la regle ou méme dans le coutumier, que toutes les religieuses d’une communauté devraient faire la sainte communion tous les jours, serait justement a blamer, payce qu’elle ferait d’un acte éminemment saint et. qui demande des dispositions particulieres dont le confesseur seul peut étre juge, un article de reglement obligatoire pour toutes, méme pour celles qui n’en sont pas dignes ni capables, ce qui serait un abus absolument répréhensible, car il donnerait lieu a une quantité de communions imparfaites ou méme indignes, ce que le prétre doit empécher a tout prix.
Voila pour la difficulté provenant de ce que vous ayez entendu dire a des membres de la S. C. des Evéques et Réguliers. S’ils pensent comme l’Kglise, et nous n’avons pas de raison de supposer le contraire, ils ont raison ; s’ils pensaient différemment, ils auraient tort.
§ 2. — Diminution des communions de régle dans une congrégation de religieuses
I. KrupE Du Farr. — Venons-en au fait que vous nous signalez de cette congrégation francaise qui avait primitivement quatre communions de régle par semaine, et qui maintenant, depuis
Vapprobation définitive de ses constitutions par la S. Congrégation des Evéques et Réguliers, n’en a plus que trois. Vous concluez de 1a, que maintenant les religieuses de cette communauté ne peuvent plus faire la sainte communion que trois fois par semaine, tandis qu’auparavant elles pouvaient la faire quatre fois. Et vous trouvez que cette réduction du nombre des communions de regle n’indique pas une tendance de la 8. Congrégation & pousser vers la communion fréquente ou quotidienne, bien au contraire.
Réponse. — C’est ici surtout qu’il nous importe de signaler l’erreur involontaire dans laquelle
yous tombez, et dans laquelle pourraient aussi tomber les religieuses de cette congrégation.
Vous semblez croire que par le fait méme que la S. Conerégation n’impose plus aux religieuses que trois communions de régle par semaine, elle ne leur en permet plus non plus que trois. Ces religieuses, dites-vous, depuis Vapprobation de leurs constitutions, ne doivent plus faire la communion que le dimanche et deux fois par semaine, et vous dites gue la Superieure générale aurait ajouté que, puisque Rome avait parleé, il fallait bien se soumettre, mais que si on faisait bien les trois communions qui restaient, on pourrait tout de méme se sanctifier comme auparavant.
Cette maniére de parler démontre que vous re-~ gardez le retranchement de la quatriéme communion de régle comme une interdiction de faire cette quatriéme communion, et 4 plus forte raison les autres que le confesseur pourrait y ajouter. — Or, il n’en est rien absolument.
Les communions de régle sont des communions prescrites, qu’on ne doit pas omettre 4 moins d’une raison grave.
Il y avait, dans la congrégation dont il s’agit, autrefois quatre communions prescrites, maintenant il n’y ena plus que trois. Mais cela ne touche en rienaux communions permises par leconfesseur, ni aux communions supplémentaires introduites par l’usage, avec approbation des superieurs et des confesseurs. Celles-la, rien n’oblige de les supprimer. La regle dit seulement qu’il n’y a plus que trois communions obligatoires (et nous dirons tout & ’heure pourquoi le nombre des communions obligatoires est diminué), mais elle ne dit pas qu'il n’est pas permis d’en faire davantage.
JI. R&PONSE AUX OBJECTIONS. — 4te Objection : « Cependant, n’est-ce pas la le sens naturel du texte? »
Réponse. — Non. Le sens naturel du texte est que les seeurs devront, & moins d’empéchement grave, faire trois cCoOmMMUNIONS par semaine, Mais il n’est pas qu’elles ne devront en faire que trois.
Lorsque Vliglise prescrivait trois communions par an, a Paques, a la Pentecdte et a Noél, elle ne voulait pas dire aux fidéles de ne faire que ces trois communions par an, mais bien de les faire toutes les trois. Celles-la étaient obligatoires, les autres étaient facultatives. De méme dans la régle modifiée : au lieu de quatre communions obliga-
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toires, il n’y en a plus que trois, mais les autres communions facultatives ne sont pas touchées.
2e Objection. — « Crest la votre opinion a vous, mais ce n’est pas l’opinion du Saint-Sitge. »
Réponse.— Pardon! C’est parfaitement Popinion du Saint-Siége. Lisez seulement, pour vous en convaincre, la réponse de la 8. C. des Evéques et Réguliers 4 l’archevéque de Bordeaux.
Il avait demandé si I’on devait prendre dans un sens limitatif le nombre des communions fixées par la régle, de telle sorte qu’on ne pit pas en faire plus que la régle ne dit; ou bien si, au contraire, on devait regarder ce nombre comme obligatoire, de telle sorte qu’on ne ptt pas en omettre, sans raison grave, une seule de celles qui étaient déterminées. La Sacrée Congrégation lui a répondu que ce n’était pas dans le premier sens, mais bien dans le second, qu’il fallait prendre la fixation du nombre des communions par la régle; par conséquent, qu’on métait pas obligé de s’en tenir au nombre fixe par elle, si le confesseur en permettait davantage, mais qu’on était obligé, au contraire, de n’en pas omettre une seule de celles qui étaient fixées par la régle, 4 moins d’avoir une raison grave pour s’en dispenser.
Vous voyez que cette réponse semble avoir été donnée exprés pour vous et pour la congrégation dont vous nous parlez.
3° Objection. — « Mais alors, pourquoi diminuer le nombre de ces communions de régle, si on peut toujours faire autant de communions qu’autrefois et méme plus? »
Réponse. — On ne peut en faire autant qu’autrefois et méme plus, qu’avec la permission expresse du confesseur, tandis qu’autrefois la permission du confesseur était implicitement accordée pour toutes les communions de régle. Ces communions de régle ne pouvaient étre retranchées alors que par un acte exprés du confesseur, tandis qu’a présent les communions supplémentaires ne peuvent étre faites qu’avec une permission expresse du méme confesseur.
Il y a donc une grande différence. Le pouvoir du confesseur est beaucoup plus étendu qu’autrefois. Il était borné autrefois par le nombre des communions de régle, il ne pouvait guére en retrancher sans motif grave, et on n’avait pas besoin de sa permission pour faire la quatriéme communion de régle. A présent, pour qu’on puisse faire cette quatriéme communion autrefois de régle, il doit en accorder la permission: on ne pourrait pas la faire sans cela. Et si Von désire en faire davantage, il faut encore sa permission, comme il la fallait déja autrefois. Le pouvoir du confesseur est donc augmenté et le pouvoir des pénitents est diminué, ce qui contribue 4 faire pratiquer Vhumilite au pénitent, qui est obligé de demander chaque fois une permission pour la quatriéme communion qu’il faisait autrefois sans permission, et qui peut essuyer chaque fois un refus trés mortifiant, s'il n’a pas été sage, ou si le confesssur veut simplement l’éprouver. Le pénitent est donc beaucoup
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plus sous la main du confesseur, et cela est bon pour le tenir dans ’humilité et dans l’obéissance, et aussi pour le porter a faire des efforts soutenus, qui permettent au confesseur de lui accorder les communions supplémentaires qu’il désire et auxquelles sa régle ne lui donne plus droit.
Cette raison déja suffirait a expliquer pourquoi
la Sacrée Congrégation diminue le nombre des
communions de régle, si réellement elle les diminue, tout en permettant au confesseur d’en faire faire autant, et méme plus que par le passé, s’il le juge 4 propos. Mais il y a d’autres raisons plus graves encore, que nous dirons tout 4 Vheure. Pour le moment, contentons- nous de vous demander si vous admettez ou non cette explication. Si vous ne l’admettez pas, veuillez bien nous en dire les raisons.
4¢ Objection. — « Je ne veux pas entrer dans des discussions théologiques, ce n’est pas mon fait. Je ne connais que le texte de la régle, qui est assez clair par lui-méme et qui n’a pas besoin d’interprétation. Or, ce texte ne parle que de trois communions par semaine, une le dimanche et deux dans la semaine. Les supérieures doivent donc veiller & ce que ce point de leur régle soit observé a la lettre, c’est-a-dire & ce que l’on fasse trois communions par semaine, ni plus ni moins. »
Réponse. — Oui, elles doivent faire observer ce point de leur régle a la lettre. Mais quelle est la lettre? C’est que les religieuses fassent chaque semaine trois communions et qu’elles n’en omettent aucune par leur faute. C’est a cela que les supérieures doivent veiller, qu’on n’omette pas une seule communion de regle, sans raison grave. Mais la régle ne parle pas @interdire d’autres communions, elle ne le pourrait méme pas sans aller contre les réponses formelles des Congrégations romaines.
5e Objection. — « Toutes les communions dont la régle ne parle pas, sont en dehors de la régle. Or une religieuse ne doit rien faire en dehors de la régle; elle doit s’en tenir scrupuleusement a ce que sa régle lui dit, et ne rien y ajouter, ni en rien retrancher. »
Réponse. — Les communions non prescrites par la régle, ne sont pas en dehors de la régle ; elles sont encore moins opposées a la régle; elles sont simplement endehors des communions prescrites par la régle, mais elles ne sont pas en dehors des communions permises par elle.
6e Objection. — « Cette distinction ne doit pas avoir lieu. La régle ne parle pas d’autres communions permises en dehors des trois communions prescrites. Done il ne doit pas y en avoir d’autres que ces trois-la. »
Réponse. — Il n’est pas nécessaire que la régle parle de ces autres communions non prescrites. Car cest lA Vaffaire du confesseur, et non pas de la régle, ni des supérieures, qui n’ont absolument rien a y voir dés lors que le confesseur les a permises.
Dire qwil ne doit pas y avoir Vautres communions que celles que la régle prescrit, c’est nier le
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droit du confesseur que le décret de 1890 a affirmé plus catégoriquement que jamais. C’est aussi s’‘inscrire en faux contre la réponse de la S. Congrégation 4 Varchevéque de Bordeaux, disant que la faculté de s’approcher plus souvent de la Sainte Table doit étre laissée exclusivement au jugement du confesseur, sans qu’il soit besoin du consentement du supérieur ou de la supérieure : « Faculiatem relinquendam esse privative judicio confessoris, excluso consensu superioris vel superiorisse. » (4 aotit 1888).
7€ Objection. — « Ce serait de V’orgueil pour une sceur que de vouloir se mettre au-dessus de la régle; par conséquent, de vouloir faire plus de communions que la régle ne lui en accorde, »
Réponse.— Ce serait de Vorgueil, si elle se croyait digne de faire plus de communionsque ses sceurs ou plus que la régle n’en indique; ce serait aussi de Porgueil, si elle se les permettait d’elle-méme, sans l’assentiment de son confesseur. Mais si elle croit avoir besoin de ces communions, elle peut trés bien les demander sans orgueil. Elle peut aussi trés bien les demander, soit parce qu’elle a le désir de répondre a Vamour de Notre-Seigneur, soit parce qu’elle s’efforce de devenirmeilleure ; et personne ne peut l’accuser d’orgueil pour cela.
Se Objection. — « Si elle demande plus de communions que ses swurs, elle semble condamner celles qui n’en font pas autant. C’est bien de Vorgueil, cela. »
Réponse. — Sielle avait la pensée de condamner ses scours qui ne font pas autant de communions quelle, ou de se croire meilleure qu’elles, elle se rendrait par la-méme indigne de la communion et le confesseur devrait la lui. retirer. — Mais si, sans juger ni condamner personne, elle se contente de demander ce gw il lui faut, a elle, ou bien ce qu’elle sait qui fera plaisir a Notre-Seigneur, personne ne peut y trouver raisonnablement a redire, ni l’accuser pour cela d’orgueil.
Une personne faible de santé, ou un malade en convalescence, a qui on a recommandé de manger souvent pour se fortifier, condamnent-ils, parce qwils mangent plus souvent, ceux qui mangent moins souvent qu’eux ? Ont-ils méme la pensée que cela les rende supérieurs 4 eux? De méme, ceux qui communient plus souvent, n’ont pas le droit (et probablement pas méme la pensée) de se croire meilleurs que ceux qui communient moins souvent.
9e Objection. — « Néanmoins les autres sceurs, quicommunient moins souvent, se trouveronthumiliées par la comparaison avec leurs scours plus favorisées. Et cela ne peut pas manquer de les indisposer contre elles. »
Réponse. — 1 ne tient qu’a elles de ne pas subir cette humiliation, si elle leur est pénible. Elles n’ont qu’a demander la méme faveur a leur confesseur, et pour les mémes motifs, c’est-a-dire : 40 parcequ’elles ont besoin d’une communion plus fréquente pour éviter le péché ou pour pratiquer la vertu; 2° parce qu’elles ont un grand désir de
communier, pour répondre a l’amour de Notre- Seigneur, qui désire encore plus se donner a elles qu’elles ne désirent se donner a lui : Desiderio desideravi hoc Pascha manducare vobiscum.
10¢ Objection. —« Mais si ces sceurs le demandent a leur confesseur et que celui-cine leleur accorde pas? »
Réponse. — Ceci est l’affaire du confesseur. S’il a des raisons pour ne pasl’accorder aux swurs qui veulent imiter les premiéres déja admises a une communion plus fréquente, elles devront naturellement se soumettre, et leur humilité pourra leur valoir une bonne partie des graces que leur aurait procurées la communion plus fréquente.
S’il n’a pas de raison de la leur refuser et quil
.comprenne son devoiral’égard de Notre-Seigneur, qui brile de se donner, et des Ames, qui ont un trés grand besoin de le recevoir, il leur accordera volontiers cette permission; il sera méme content qu’on la lui ait demandée, parce qu'il y verra une preuve qu’on tend a une vie plus fervente et plus parfaite.
11° Objection. — « Il faudrait done demander chaque fois 4 son confesseur cette permission? Ne pensera-t-il pas qu’on est trés prétentieux ou trés exigeant ? »
Réponse.— Sil pense que celles qui luidemandent cette permission sont réellement prétentieuses ou exigeantes, et qu’elles ne la méritent pas, il la leur refusera, et ce sera pour elles l’occasion d’un bon acte @humilité trés méritoire. Mais si, sans se laisser rebuter, elles reviennent a la charge plusieurs fois, toujours tres humblement et trés modestement, il verra bien que ce n’est pas de la prétention ni de l’exigence, et il finira par la leur accorder.
Un directeur de grand séminaire nous citait un jour exemple d’un séminariste de ses pénitents qui, ayant demandé la permission de faire la sainte communion et ayant éprouvé plusieurs refus de sa part, sétait trainé a genoux depuis la porte de la chambre jusqu’a la fenétre, en suppliant son directeur, les mains jointes et les larmes aux yeux, de lui accorder cette grande faveur. A la fin, le directeur n’avait plus osé la lui refuser, et le jeune homme avait manifesté une telle joie et une telle reconnaissance que le directeur s’était fait un reproche de lui avoir tenu si longtemps rigueur.
Pourquoi les sceurs, si elles tiennent a la sainte communion, ne reviendraient-elles pas plusieurs fois 4 la charge, méme quand elles auraient déja recu plusieurs refus, trés durs peut-étre et trés mortifiants ?
12e Objection. — « Faudra-t-il donc qu’elles demandent de nouveau chaque semaine la permission pour les communions qu’elles désirent ajouter aux communions de regle? »
Réponse. — Cela dépend du confesseur. Quand le confesseur connait suffisamment la vertu d’une seur et le soin qu’elle met a se préparer chaque jour 4 la sainte communion, il peut lui accorder
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une fois pour toutes la permission de faire une, deux ou trois communions de plus que la régle n’en prescrit, ou bien lui permettre Ja communion tous les jours. Il n’y a pas besoin alors de renouveler sa demande chaque fois; ou bien il suffit de demander au confesseur si lon peut continuer a faire les communions qu’il a permises. — Mais si le confesseur a des raisons de douter de la vertu de sa pénitente, il lui accordera seulement pour une semaine ou deux, plutét que pour un plus long temps, la permission qu’elle sollicite, et il Vobligera a la redemander chaque fois, se réservant de lVaccorder s’il l’en trouve digne, ou de la refuser si elle n’a pas fait assez d’efforts pour la mériter.
13¢ Objection. — « Ne faut-il pas, avant de demander au confesseur les communions supplementaires qu’on désire, s’adresser d’abord a la supérieure et en obtenir la permission de faire cette demande? Car elle pourrait voir de mauvais cil qu’on lait faite sans qu'elle le sache. »
Réponse. — I n’y a aucune obligation de s’adresser a Sa supérieure pour avoir la permission de faire cette demande. C’est au confesseur seul qu'il appartient de juger de ce qui convient a ses pénitentes. Seulement, s'il accorde a une religieuse la permission de faire habituellement une ou plusieurs communions en dehors de la régle, celle-ci doit en prévenir sa supérieure, afin qu'il n’y ait pas de froissements, comme il y en aurait peutétre si on la voyait communier sans qu’on sache qu’elle a une permission spéciale de son confesseur.
a) Mais prévenir sa supérieure que l’on a une communion de plus, n’est pas lui demander la permission de la faire. On n’a pas besoin de sa permission une fois qu’on a celle du confesseur : on n’a besoin que de l’avertir de cette permission. Si la supérieure croit avoir des objections a faire, elle devra les faire au confesseur, mais non ala sceur qui a regu la permission de son confesseur.
b) I n’est méme pas nécessaire de prévenir sa supérieure pour une ou deux communions qu’on fait en plus par exception, mais seulement si on a recu la permission de faire habituellement et comme réguliérement ces communions en dehors de la régle. Alors, s’il y a vraiment des raisons pour que la swur ainsi favorisée ne fasse pas si souvent la communion, de crainte de scandale, la supérieure doit faire part de ses craintes au confesseur et lui demander de changer sa décision. Mais si le confesseur persiste, la supérieure n’a plus rien a dire, etce n’est pas elle qui est responsable. Crest la la doctrine du R. P. Perger luiméme, quoiqwil soit trés hostile 4 ce que Von accorde des communions en dehors de la régle.
Voila pour ce qui concerne le droit strict. Il n’y a pas d’obligation de s’adresser 4 sa supérieure pour en obtenir la permission de faire & son confesseur la demande de quelques communions supplémentaires. Il n’y a pas méme d’obligation de la prévenir qu’on veut faire cette demande. I] nya
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besoin de Vavertir que quand on a recu la permission de faire une ou plusieurs communions en dehors de la régle, et encore si cette permission n’est pas exceptionnelle, pour une fois ou deux seulement, mais réguliére et habituelle.
c) Néanmoins, en dehors du droit strict, il yala question de convenance et aussi celle de prudence.
Si l’on sait que la supérieure n’aura rien 4 objecter 4 ce que l’on fasse cette demande au confesseur, qu’au contraire elle en sera bien aise, il sera convenable de la prévenir qu’on veut la faire. Crest un acte de déiérence et de respect qui ne peut que lui étre agréable et qui lui donnera peutétre l'occasion de faire, par avance, quelques observations maternelles sur des points de conduite a corriger, sur des dangers a éviter, sur des vertus a cultiver, etc. e
Si, au contraire, on savait d’avance que la supérieure verra de mauvais ceil que l’on fasse au confesseur la demande de quelques communions de plus, il ne serait pas prudent de faire cette demande sans mettre d’abord le confesseur au courant des dispositions de la supérieure, afin qu'il juge, dans sa prudence, s’il peut malegré cela accorder cette permission, ou si, au contraire, il vaut mieux qwil la refuse pour le bien de la paix. Ce n’est pas alors a la supérieure qu’il faut s’adresser d’abord pour en obtenir la permission de faire une demande quelle condamnerait presque a coup str (quoique sa permission ne soit nullement nécessaire pour cela), mais c’est au confesseur gu’il faut exposer, en toute simplicite, d’une part le désir qu’on a de communier plus souvent et le besoin qu’on en éprouve, et d’autre part la crainte que cela ne mécontente la supérieure et peut-étre d’autres scours encore.
Alors le confesseur pésera les raisons pour et contre, et sil juge quil vaut mieux, au moins pour le moment, attendre un changement de dispositions de la supérieure, on attendra. Si, au contraire, il croit que malgré cela la communion sera plus utile, et qu’il la permette, on peut user de sa permission sans scrupule : sil’on a a en souffrir, c’est pour Notre-Seigneur que l’on souffrira.
14° Objection. — « En général, est-il mieux pour une Sceur de demander ou de ne pas demander la permission de communier en dehors des communions de regle? »
Réponse. — Cela dépend des motifs qui font agir. Il peut y avoir plus de vertu 4 ne pas demander. Habituellement, il y en aura plus 4 demander.
15¢ Objection. —« Ce que vous dites, qu’habituellement il y aura plus de vertu a demander la communion qu’a ne pas la demander, est formellement opposé a ce que saint Frangois de Sales a enseigné 4 ses religieuses de la Visitation. Dans son treiziéme entretien spirituel : De l’espril des régles, il insiste beaucoup pour qu’on observe ponctuellement la régle dans toutes ses prescriptions et pour qu’on n’entreprenne rien de plus, sous quelque prétexte que ce soit.
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Crest, dit-il, le moyen de conserver la religion en son entier et en sa premiére ferveur, tandis que le contraire est ce qui la détruit et la fait déchoir de sa premiére perfection.
Vous me demandez s'il y aurait plus de perfection 4 se conformer tellement a la communauté, que méme Von ne demandast point a faire de communion extraordinaire.
Qui en doute, mes trés chéres filles? si ce n’est en certains cas, comme serait és festes de nostre patron ou du saint auquel nous avons eu dévotion toute nostre vie, ou quelque nécessité fort pressante. Mais quant a certaines petites ferveurs que nous avons aucunes fois, qui sont passagéres et qui, pour l’ordinaire, sont des effets de nostre nature, lesquelles nous font désirer la communion, il ne faut point avoir esgard a4 cela, non plus que les mariniers n’en ont point a un certain vent qui se léve ala pointe du jour, lequel est produit des vapeurs qui s’eslévent de la terre et n’est pas de durée, ains cesse tout aussi tost que les dites vapeurs sont un peu surlevées et dissipées; et partant, le patron du
“navire qui le cognoist, ne crie point au vent et ne des-
ploye point les voiles diceluy.
De mesme nous autres, il ne faut pas que nous tenions pour un bon vent, c’est-a-dire pour inspiration, tant de petites volontés qui nous viennent, ores de demander a communier, tantost de faire oraison, tantost une autre chose, car nostre amour-propre, qui recherche toujours sa satisfaction, demeurerait entiérement content de tout cela, et principalement de ces petites inventions, et ne cesserait de nous en fournir toujours de nouvelles. Aujourd’huy que la communauté communie, il vous suggérera qu'il faut que, par humilité, vous demandiez de vous en abstenir, et lorsque le temps de s’humilier viendra, il vous persuadera de vous resjouir et de demander la communion pour cet effet, et ainsi il ne serait jamais fait. I] ne faut point tenir pour inspiration les choses qui sont hors de la régle, si ce n’est en cas si extraordinaires que la persévérance nous fasse cognoistre que e’est la volonté de Dieu, comme il s’est trouvé, pour ce qui est de la communion, en deux ou trois grandes saintes, les directeurs desquelles vouloyent qu’elles communiassent tous les jours. Je trouve que c’est un trés grand acte de perfection de se conformer en toutes choses 4 la communauté et de ne s’en départir jamais par notre propre choix ; car outre que cest un trés bon moyen pour nous unir avec le prochain, c’est encore cacher a nous-mémes nostre prope perfection.
pour voguer a la ferveur
« Vous ne m’en voudrez pas de vous avoir transcrit tout ce passage. Sans doute, il est un peu long; mais d’abord il est charmant comme tout ce qui sortait de la bouche du saint; et puis surtout, il est trés significatif, et 4 lui seul il suffirait pour renverser votre thése, qu’il y aura habituellement plus de vertu 4 demander Ja communion qu’a ne pas la demander. Saint Frangois de Sales dit, au contraire, qwil y aura plus de perfection a se conformer tellement a la communauté que méme l’on ne deraande point a faire de communion extraordinaire, si ce n’est dans quelques cas trés rares.
« Comment pouvez-vous expliquer votre opposition avec un si grand saint? »
Réponse. — Personne ne vénére plus que nous Vaimable et incomparable saint dont vous nous citez les paroles. Voila pourquoi il est de notre devoir de prévenir les conséquences erronées et facheuses que vous pourriez tirer de son enseignement mal compris.
Si quelqu’un a eu le sens catholique, dans toute la force du terme, c’est bien le grand évéque de Genéve, l’auteur de l’/ntroduction a la vie dévole et du Traité de Vamour de Dieu. Si, par conseéquent, il efit regardé comme possible, de son temps, d’introduire, au moins parmi ses religieuses, la pratique de la communion quotidienne, si fortement recommandée par le Concile de Trente et par le Catéchisme du Concile, nul doute quwil ne Veit insérée dans sa régle sinon comme précepte, au moins comme conseil.
Nous savons que lui-méme a fait communier tous les jours, pendant trente et un ans, la sainte fondatrice de la Visitation, sainte Jeanne-Francoise de Chantal. Nous savons que lui aussi avait prescrit a sa fille tres aimée, Mére Marie-Aimée de Blonay, plusieurs communions par semaine en dehors de la régle. Si done il avait jugé que la généralité de ses religieuses ftit capable de faire la communion quotidienne, ou trés fréquente, il les aurait certainement mises a ce régime.
Mais a) de son temps, c’efit été une innovation qui eit tranché avec tous les usages (on pourrait presque dire avec toutes les lois exislantes), qui elit, par conséquent, soulevé des protestations, des récriminations, des murmures et peut-étre amoncelé des orages sur son Ordre naissant. Par prudence, il ne pouvait pas ’exposer a ce danger. Il devait donc se contenter de lui prescrire un certain nombre de communions suffisant pour entretenir ses religieuses dans la ferveur, surtout avec la préparation parfaite qu’il exigeait d’elles, mais assez modéré pour ne pas sembler excessif aux adversaires, alors si nombreux, de la communion fréquente.
b) Avec des religieuses encore presque toutes novices en fait de perfection, toutes pleines de bonne volonté, mais encore insuffisamment formées.a la vertu, il regardait comme plus important, pour la formation de leurs ames, d’appliquer a toutes une régle uniforme proportionnée aux dispositions et aux besoins de la plus grande partie d’entre elles, que d’user de mesures particuliéres vis-a-vis de chacune. De la la recommandation qwil leur fait de s’appliquer a4 observer la rien entre-
régle dans tous ses points et a ne prendre de plus, sous quelque prétexte que ce soit.
De la, comme conséquence, le conseil de ne pas méme demander de communion extraordinaire, si ce n’est dans des cas trés rares, et de ne pas s’en rapporter pour cela a certaines ferveurs passagéres qui feraient demander aujourd’hui de communier parce qu’on en sent le désir, et demain de ne pas communier, parce qu’on a le désir de shumilier. Agir ainsi, serait faire dominer le sentiment, ou la fantaisie, a la place de la régle, et cela, saint Francois ne peut pas le permettre.
Qu’on s’attache donc a bien observer sa régle, et cela suffira pour les besoins de la tres grande généralité des religieuses. S’il y a des exceptions a faire, comme pour sainte Chantal ou pour la Mére
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Marie-Aimée de Blonay, ce n’est pas a elles a en juger, cest A lui ou bien a celui qui tiendra sa place auprés d’elles.
Un tel enseignement est évidemment la sagesse. méme. Et dans les mémes conditions, nous ne pourrions pas parler autrement.
Concevrait-on que lorsqu’un saint, comme saint Francois de Sales, a sérieusement pesé ce que la prudence lui permet d’accorder a ses religieuses, eu égard d’un cOté au temps et au milieu ot elles vivent, de ’autre cété au plus grand avantage et aux besoins réels de leurs ames, et qu'il a trouvé ce qu’il peut regarder, 4 bon droit, comme le régime normal qui leur convient (deux ou trois communions par semaine, c’était beaucoup pour ce temps-la), concevrait-on, disons-nous, qu’il leur dit ensuite : Malgré la régle qui détermine vos communions, vous pouvez en demander d’autres toutes les fois que vous vous sentirez un peu plus de ferveur, de sorte que ce sera vous-mémes qui déterminerez en réalité le nombre de vos communions, et non pas votre confesseur qui ne sait pas tous les différents mouvements qui se passent dans votre coeur ?
Que résulterait-il de cette permission générale ou de ce conseil donné aux religieuses de la Visitation ? Il en résulterait ceci, qu’aujourd’hui Pune dentre elles viendrait nous dire: « Mon Pére, voulez-vous m’accorder une ou deux communions de plus? — Pourquoi? — Parce que cela me dit de communier. » Ht demain la méme viendrait nous dire : « Mon Pére, voulez-vous me permettre de laisser une ou deux communions de régle ? — Pourquoi? — Parce que cela ne me dit pas de communier. » Et si le confesseur se prétait 4 ces caprices, il n’y aurait plus de régle, ce serait le regne de la fantaisie, et non pas méme de la fantaisie des supérieurs ou des confesseurs, mais de la fantaisie des religieuses, qui n’en feraient plus qu’a leur téte. Quel est l’Ordre, quelle est la Congrégation qui pourrait subsister avec de tels principes ?
Il fallait done que le saint tint trés sérieusement a Pobservation de la régle, dans tous ses points, et qu'il ne la laissAt pas tourner au gré des différentes fantaisies de ses religieuses. Il a mesuré exactement ce quil est bon de leur accorder, c’est la le régime qui leur convient : qu’elles s’en contentent donc et quwelles ne demandent pas autre chose.
On ne peut pas étre plus sage que notre bon saint. Mais remarquez-le : tout cela vient de ce que, dans son temps et pour ses religieuses, il ne croyait pas que le régime de la communion quotidienne fit possible, ni qu’il fit profitable. S’il vivait dans un autre temps, comme le nétre, par exemple, il ne regarderait plus ce régime comme impossible, et dés lors qu’il saurait que d’autres communautés le pratiquent déja avec l’approbation et encouragement du Saint-Siége, il se demanderait sil ne vaut pas mieux lintroduire aussi dans son Ordre, conformément au désir de
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l’Kglise, plutdt que de s’en tenir a la mesure si étroite quil avait d’abord adoptée pour ne pas choquer ses contemporains.
Kt une fois entré dans cette voie, aurait-il difficile de reconnaitre qu’il ya:
4o Plus de respect et de soumission pour YEglise a faire la communion tous les jours qu’a
ia faire deux ou trois fois seulement par semaine?
2° Plus de plaisir pour le Cour de Jésus 4 se donner tous les jours qu’a se donner seulement de temps en temps?
30 Plus @avantages pour les Ames 4 se nourrir pieusement chaque jour du corps de Notre-Seigneur qu’a ne s’en nourrir que deux ou trois fois par semaine?
De ces considérations, qui sont vraiment élémentaires , que conclurait-il-? — Que ses religieuses peuvent demander quelquefois une communion supplémentaire quand elles se sentent de la ferveur? — Non. Mais que toutes devraient demander et supplier avec instance qu’on leur accorde la communion, autant que possible, quotidienne, non pas parce qu’elles ont un moment de ferveur passagére (il ne l’accorderait pas pour cela et il aurait raison), mais parce qu’elles veulent se conformer aux intentions de l’Eglise, qu’elles veulent répondre aux désirs du Coeur de Jésus, et aussi qu’elles veulent se procurer a elles-mémes, le plus souvent possible, tous les trésors contenus dans la sainte communion et que Notre-Seigneur ainsi que V’Eglise mettent a notre disposition tous les jours.
Alors, ce ne serait pas 4 l'une d’entre elles seulement qu’il permettrait cette communion, comme il la permettait a sainte Chiantal ou ala Mére de Blonay, ce serait 4 toutes celles qu’il en trouverait capables, c’est-a-dire a toutes celles dont il saurait qu’elles s’y préparent bien et qu’elles en retirent du profit, c’est-a-dire enfin que ce serait 4 la généralité des religieuses. Il he ferait d’exception, comme nous l’avons fait, que pour certaines catégories d’Aames qui s’en seraient rendues indignes par leur nonchalance ou par leurs fautes, ou que leur tiédeur rendrait incapables d’en profiter.
Il n’y aurait plus alors 4 tenir compte de ces petites ferveurs passagéres que le saint raille si agréablement. Mais il y aurait dans toutes, ou a peu prés toutes, une volonté résolue, énergique, de faire la communion le plus parfaitement possible, et de la faire le plus souvent possible.
Alors la communion n’aurait plus besoin d’étre demandée de temps en temps, par lune ou par Vautre. Elle serait le régime commun de toutes ou presque toutes les religieuses, et elles ne laisseraient leur confesseur en paix que quand il leur aurait accordé 4 toutes, ou a peu pres, la communion quotidienne ou presque quotidienne.
Et nous pouvons affirmer que le saint, s’il revenait sur la terre, n’y trouverait certainement rien a redire, mais qu'il répéterait plutot, en’ constatant le progrés réalisé dans son Ordre depuis
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quwil est lui-méme entré au ciel, la parole de la Sacrée Congrégation : « C’est 1a vraiment une coutume louable et un usage qwil faut hautement recommander a toutes mes chéres Filles de la Visitation et a toutes les Ames qui veulent réellement aimer Notre-Seigneur. »
L’objection tirée de saint Francois de Sales étant ainsi résolue, nous en revenons a notre réponse de tout a Vheure.
Mais quoiqu’il y ait habituellement plus de mérite 4 demander la communion qu’a ne pas la demander (nous parlons naturellement des maisons ou ne se pratique pas encore la communion quotidienne, ou presque quotidienne), cependant il peut y avoir aussi, dans certains cas, plus de mérite 4 ne pas la demander qu’a la demander.
C’est ce que nous allons examiner en détail.
WI. COoNVIENT-IL QUE LES SG:URS DEMANDENT DES COMMUNIONS EN DEHORS DES COMMUNIONS DE REGLE ? — Nous allons répondre a cette question par plusieurs propositions successives.
41° Il peut y avoir parfois plus de vertu a n’en pas demander.
a) Si, par exemple, on est tellement pénétré du sentiment de son indignité qu’on ose 4 peine faire les communions de regle, on osera encore bien moins en demander de supplémentaires, quelque désir qu’on puisse en éprouver du reste. Mais si le confesseur s’apercoit que c’est par un vrai sentiment d’humilité qu’on n’ose pas lui demander des communions, il peut trés bien, de son propre mouvement, en offrir lui-méme; et alors ce ne serait plus de ’humilité, mais de la sottise, de ne pas les accepter.
b) On peut aussi étre persuadé de bonne foi quwil y a plus de perfection 4 ne pas s’écarter de la régle, méme pour demander la communion, comme nous le disait tout 4 Vheure saint Francois de Sales. Avec cette persuasion, on regarderait comme une présomption de sa part de vouloir en faire plus que la régle ne dit.
Cette persuasion serait erronée, caril ne peut pasy avoir plus de perfection a suivre une régle particuliére qu’a suivre la régle générale indiquée par VKglise. La régle particuliére n’est préférable que dans les cas ot la régle générale ne peut pas s’observer, a raison des temps, des lieux ou des circonstances (comme, par exemple, du temps de saint Francois de Sales, le désir de ’Eglise de voir ses enfants communier chaque jour, en assistant a la sainte messe, n’eit pas pu prudemment étre réalisé). Mais quand le désir de l’Eglise peut étre réalisé sans inconvénient, il y a évidemment plus de perfection a s’en rapprocher qu’a s’en éloigner. Quelque respect que méritent les réglements tracés par un saint, ils le cédent cependant évidemment a ce que l’Eglise elle-méme a recommandé 4 tous ses enfants dans un concile ccuménique, c’ést-a-dire 4 la communion quotidienne.
Mais une religieuse qui ne saurait pas cela et qui croirait qu’elle fait mal de s’écarter de sa régle, devrait plutdt agir selon sa persuasion
ay
erronée, et par suite ne pas demander de communion, puisqu’elle croit que c’est moins bien. Omne quod non est.ex fide, peccatum est. Seulement, son confesseur devrait la détromper et lui apprendre la différence qu’il y a entre les régles particuliéres et les régles générales de |’Kglise et lui dire que celles-ci sont bien préférables.
c) Dans certaines maisons oti les charges sont multiples et les religieuses en trop petit nombre, il peut arriver qu’on soit tellement surchargé d@occupations et qu’on ait si peu de temps libre qu’on ne puisse se préparer convenablement a la sainte communion, si ce n’est les jours de communions de régle. Alors, tant que les choses restent dans cet état, il est mieux de ne pas demander de communions supplémentaires, puisqu’on ne pourrait pas s’y préparer. Mais si on pouvait se procurer un peu plus de liberté, il serait évidemment mieux de demander des communions de plus.
d) On peut aussi avoir remarqué que, quand on -
fait la sainte communion plus souvent que d’autres scours, on est regardé par elles de mauvais ceil, qu’on leur donne Voccasion de s/irriter, de se scandaliser, de parler ou d’agir contre la charité, et ainsi de commettre bien des fautes quelles éviteraient si elles n’avaient pas ce spectacle sous les yeux. Dans ce cas, par compassion pour la faiblesse de ses sceurs, et pour leur éviter ces fautes dont elle est Voccasion involontaire, une sceur fera bien de s’abstenir, pendant quelque temps, de demander des communions supplémentaires, ou méme elle priera le confesseur de ne plus lui en accorder.
Si cependant le confesseur ne juge pas a propos de condescendre a la faiblesse des scours mécontentes et jalouses, et qu'il continue a lui accorder la communion, elle n’a plus de raison pour refuser Ja faveur qui lui est offerte, et elle peut se contenter de prier pour celles qui en prennent une occasion de pécher, la ou elles devraient se réjouir avec elle dans le Seigneur.
é) Il peut se trouver aussi des supérieures soit locales, soit majeures, qui, abusant de leur position et ne sachant pas s’arréter dans les limites de leurs attributions, s’arrogent le droit de défendre a leurs inférieures de demander au confesseur aucune communion supplémentaire. Une telle défense serait évidemment un abus de pouvoir criant, et les inférieures ne seraient pas tenues a l’obéissance dans ce cas-la. Mais néanmoins beaucoup préféereront obéir 4 ces ordres injustes, pour le bien de la paix et pour ne pas mettre leur confesseur en conflit avec leur supérieure, et dans ce cas on ne peut pas leur en faire un crime. Mais il serait de Vintérét commun de dénoncer de telles supérieures a Jautorité ecclésiastique, parce qu’elles sont indignes d’exercer une charge dont elles abuseraient a ce point-la ’.
* On nous a cité un diocése, dans une contrée trés chrétienne, ot l’évéque a cru devoir interdire aux différentes religieuses soumises 4 sa juridiction de faire la commu-
a Nt
Dans ces différents cas, et dans d’autres semblables, il peut y avoir plus de vertu a ne pas demander la communion qu’a la demander. L’humilité, le respect, la charité, Pobéissance sont dexcellents motifs pour s’en abstenir.
Mais il ne faut pas se le dissimuler, ces cas-la sont rares. Habituellement, presque toujours, il y aura plus de vertu et plus de mérite 4 demander la communion qu’A ne pas la demander, quand méme on devrait essuyer plus d'une fois des refus.
20 Quand est-ce qwil y a plus de verlu @ demander la communion qua ne pas la demander ?
C’est quand on la demande par un motif surnaturel quelconque, de foi, de respect, d’humilité, d’amour, etc., se rapportant a sa propre personne, ou a la personne de Notre-Seigneur, ou a celle de la trés sainte Vierge, des anges, des saints, ou a celle des Ames du purgatoire, ou a celle du prochain en général.
a) Par rapport a sa propre personne. On peut la demander :
— Tout simplement pour recevoir une augmentation de grace sanctifiante, car la communion confére un nouveau degré de grace chaque fois qu’on la fait bien, et c’est le degré de notre grace sanctifiante qui servira a mesurer notre degré de gloire au ciel ;
— Pour obtenir des graces actuelles en plus erande abondance, afin de surmonter plus facilement les tentations, ou de pratiqucr les actes de vertu qu’on n’aurait pas la force de faire sans cela. Ainsi pour surmonter les tentations de
nion en dehors des jours marqués par leurs régles, et a, du méme coup, enlevé aux confesseurs la faculté de leur permettre des communions supplémentaires sils le jugeaient a propos, restreignant ainsi le pouvoir de ses prétres que le décret de Léon XIII leur reconnait formellement.
Du temps du pape Sixte-Quint, certains évéques s’étaient arrogé le méme droit de marquer les jours ot la communion serait permise, et les autres jours ou elle serait interdite. La Sacrée Congrégation du Concile, saisie de cette question, porta un décret qui cassa ces ordonnances comme contraires aux recommandations du Concile de Trente. En effet, dit le cardinal Caraffa dans son vote : « Exclure les fidéles de la communion 4 certains jours, serait les frapper d’une sorte d’excommunication mineure : or cette peine suppose un péché mortel.-Et puis le Concile de Trente exhortant 4 communier tous les jours, on rendrait, par une telle ‘mesure, l’exécution de son yoeu impossible. » Ce décret du Concile est de 1586. :
Un siécle plus tard, en. 1679, le pape Innocent XI portait un décret plus célébre encore, dans lequel il disait : Si le Concile n’a voulu ni prescrire ni défendre de faire la sainte communion 4 certains jours fixes du mois ou de la semaine, ila du moins marqué ce quil désirait : « Nihil preecipiens, quod cuperet tantum indicavit, cum inguiét : Optaret... » Et il ajoutait : « Que la vigilance des pasteurs s’emploie donc, avec grand soin, non point a prescrire ou 4 défendre uniformément la communion fréquente ou quotidienne, non point non plus 4 en prescrire ’usage général a certains jours seulement, laissant 4 chaque curé ou confesseur de donner 4 chacun selon qu’il juge bon; mais qu'elle semploie a ce que personne ne puisse étre détourné de communier souvent, ni méme chaque jour, et en méme temps a ce que chacun puisse gotiter la douceur du céleste banquet plus ou moins souvent selon sa dévotion ou sa préparation. »
colere ou d’impatience, de jalousie ou d’antipathie, Vorgueil ou de vanité, de gourmandise et de sensualité, de négligence et de paresse, d’affections sensibles et trop humaines, d’impureté surtout (ici la communion tres fréquente est presque indispensable). Ou bien pour pratiquer des actes de vertu pour lesquels on éprouve beaucoup de répugnance et de difficultés : actes de charité a Pégard des personnes qu’on n’aime pas, actes d’obéissance dans les choses difficiles, actes d’humilité quand on est humiliée ou grondée, actes de détachement des personnes ou des choses que l’on aime, actes de pardon généreux quand on a été offensée, actes de courage pour entreprendre ce dont on ne se sent pas la force et que l’on sait cependant voulu de Dieu, etc., etc.;
— De méme pour obtenir quelqu’une des vertus du Cceur de Jésus que Von n’a pas encore, mais que l’on désire : douceur, humilité, charité, obéissance, abnégation, patience, mortification, confiance, abandon, pureté, etc., etc.
b) Par rapport a la personne de Notre-Seigneur : pour lui témoigner son amour; pour en obtenir un plus grand amour; pour le consoler des outrages qu’il recoit; pour obtenir qu’il soit plus connu et plus aimé; pour que tous ses prétres soient saints; pour que toutes ses épouses lui soient fidéles; pour que tous les pécheurs cessent de l’offenser (empécher un seul péché mortel dans la journée par ses priéres, quelle grace !); pour que son Eglise ne soit plus persécutée; pour que la franc-maconnerie et toutes les sociétés secrétes qui l’outragent soient détruites; pour gue toutes les ceuvres entreprises en son honneur réussissent et prospérent, etc., etc.
¢) Par rapport ala personne de la trés sainte Vierge, des anges et des saints : pour leur procurer le supplément de gloire accidentelle que leur apporte une communion faite en leur honneur ; pour remercier Dieu par la des graces qu’il leura faites ; pour remercier Dieu des graces qu’il a faites aux hommes par eux; pour mettre entre leurs mains et leur permettre de distribuer, a leur gré, les fruits de la messe et de la communion qu’on leur offre. Le cardinal de Bérulle et le Pére de Condren faisaient dire chaque samedi une messe aux intentions de la trés sainte Vierge. M. Olier en faisait célébrer trois chaque jour a la méme intention. A défaut de messe, les religieuses peuvent offrir une ou plusieurs communions.
d) Par rapport @ la personne des dmes du purgatoire : pour obtenir leur délivrance ou au moins leur soulagement (on peut offrir une communion pour chaque personne dont on apprend la mort); pour remercier Dieu, & leur place et avec elles, de les avoir sauvées ; pour obtenir que leurs priéres en faveur des vivants qui les secourent soient exaucées.
e) Par rapport au prochain en général : pour lui obtenir les graces dont il peut avoir besoin ; pour ses parents (on peut communier pour chacun
LVVAMI DU CLERGE
d’eux en particulier); pour ses amis; pour ses bienfaiteurs ; pour ses supérieurs spirituels ou temporels; les malades (en général ou en particulier); les mourants; les Ames tentées ou exposées ; pour les Ames tombées et tous les pécheurs, en général ou en particulier (souvent, en Espagne, on fait la sainte communion et des priéres publiques pour les criminels que l’on va exécuter) ; pour ses ennemis et les personnes dont on a eu & se plaindre (ces communions surtout sont trés avantageuses a ]’Ame qui les fait, encore plus qu’a ceux pour qui elle les fait); pour tous ceux qui se sont recommandés 4 nos priéres, ou qui nous ont été recommandeés, etc., etc.
Pour quelque cause que ce soit, de celles que nous venons d’énumérer, ou pour wm iniporte quelle autre cause semblable que l’on veuille demander la sainte communion, on peut étre sir que l’on sera trés agréable 4 Notre-Seigneur, et que, si on obtient la permission de faire les communions que l’on désire, on y recevra beaucoup de graces. Que si on ne V’obtient pas, la libéralité infinie de Dieu saura en donner au moins une compensation trés appréciable, surtout si l’on fait avec ferveur la communion spirituelle, a la place de la communion sacramentelle qu’on aurait voulu faire.
30 Quand est-ce qwil serait mal de ne pas demander la communion, si on peut espérer que le confesseur Vaccordera?
Nous avons déja dit qu’on peut la demander bien humblement, et méme a plusieurs reprises, lors méme qu’on n’aurait pas lieu d’espérer que le confesseur l’accordera. D’abord parce qu’on n’en sait rien : Dieu peut tout a coup changer son ceur, méme lorsqu’il Vaurait refusée déja plusieurs fois. Ensuite, parce que, méme si on essuie un ou plusieurs refus, on aura tout de méme le mérite de sa bonne volonté et de lacte d’humilité qu’on sera obligé de faire pour bien accepter le refus. ;
Mais s'il y a la moindre probabilité que le confesseur accordera la permission demandée, ce serait mal de ne pas la demander si on s’en abstient :
a) Par orgueil : parce qu’on n’est pas stir de ne pas essuyer un refus et qu’on ne voudrait pas le supporter ; ou bien parce qu’on se fait gloire d’étre plus serupuleux observateur de la régle que d’autres qui demandent des communions en dehors de la régle‘* ;
‘ Qwil puisse y avoir de l’orgueil dans le culte qu’on affecte de professer pour les anciennes régles et coutumes, surtout si on les défend avec hauteur et Apreté, on le voit par l’exemple des compagnes de la bienheureuse Marguerite-Marie, a qui la sainte aurait tant voulu communiquer son désir d’honorer le Sacré Cceur de Jésus et qui la renvoyérent bien loin dés la premiére proposition qu’elle leur en fit, sous prétexte que ce n’était pas a elle, et encore moins 4 de petites novices, a établir des nouveautes et des régles dans les régles mémes.
La Bienheureuse ne faisait cependant qwobéir a un ordre de Notre-Seigneur lui-méme, et il y avait déja dix ans qu’elle avait regu cet ordre et qwelle en avait fait
ns
b) Par paresse ou par indifférence : si Von aime mieux ne pas faire la communion que de prendre la peine de la demander ; ou bien si l’on ne veut pas s’astreindre aux efforts qwil faudrait faire pour se bien préparer ala communion, soit par les actes de vertu que le confesseur demande a cette intention, soit par les priéres et exercices de dévotion qui doivent la précéder ;
c) Par tiédeur et nonchalance : sion ne va a la communion qu’avec répugnance et avec dégott les jours ow elle est prescrite par la régle, ou bien si on s’estime heureux chaque fois qu’on peut se dispenser d’une communion, et que l’on se regarde ainsi comme dispensé d’une corvée. Cela peut se rencontrer chez les Ames qui ménent une vie toute naturelle, molle, sensuelle, une vie d’amourpropre ou de fantaisie, une vie pleine d’affections sensibles, d’amitiés particuliéres, peut-étre méme de liaisons profanes ;
d) Par affection au péché : si lon ne voulait pas rompre avec de mauvaises habitudes, avec des affections dangereuses, avec des rancunes ou des inimitiés que l’on nourrit dans son ccur ou que l’on montre méme extérieurement ; ou bien surtout sion retombait fréquemment dans le péché impur, et qu’on n’etit pas le courage de recourir a la confession chaque fois qu’on en a besoin.
Si pour une ou l’autre de ces causes, ou pour quelque autre semblable, aussi peu raisonnable et surtout aussi peu surnaturelle; on aime mieux se contenter des communions de régle que d’en demander d’autres dont on aurait cependant grand besoin pour s’exciter a la ferveur, il est certain qu’on n’entre pas dans les desseins du Coeur de Jésus, ni dans les intentions de l’Kelise, ni méme dans la pensée de sa propre regle. Car le désir de Notre-Seigneur et celui de l’Kelise, et méme celui de toutes les régles religieuses, c’est que les
part au Vénérable Pére de la Colombiére, son directeur, qui l’avait approuvée. Hlle avait attendu de 1675 a 1685, jusqu’a ce qu’ayant été nommée maitresse des novices elle avait cru pouvoir commencer a introduire la dévotion du Sacré Ceeur dans sa petite communauté. C’était bien simple et bien inoffensif. Une petite image dessinée a la plume et placée sur un petit autel, devant lequel les novices venaient se prosterner et prononcer une consécration au Sacré Coeur, écrite par la Bienheureuse. Seulement elle avait fait inviter plusieurs anciennes Scurs, sur la vertu et piété desquelles elle croyait pouvoir compter, Avenir se joindre a ses novices. Kt cest la qu’il y eut une protestation générale: « Allez dire a votre maitresse, dit a la novice qui Vinvitait la Swur Marie-Madeleine des Escures, qui cependant était trés amie avec la Bienheureuse, que la bonne dévotion est la pratique de nos régles et constitutions, et que cest ce quelle doit vous enseigner, et vous autres, bien pratiquer. » La. novice n’osait pas rapporter ce message 4 la Bienheureuse Marguerite ; celle-ci devina tout et dit : « Elles ne veulent pas, mais le Sacré-Cceur les y fera bien rendre. Il veut towt par amour et rien par force. Ainsi il faut attendre le temps qu’Il a destiné. »
En attendant, elle eut a subir les plaintes de toutes les anciennes Sceurs et la réprimande de la Supérieure,
ui lui défendit de parler de cela et de mettre aucune
e ces représentations en évidence. Ce fut seulement Vannée suivante que le Cceur de Jésus changea les dispositions de ces religieuses, qui embrassérent spontanément la dévotion qu’elles avaient d’abord repoussée avec tant de hauteur. (16 juin 1686).
membres des différentes communautés religieuses — prennent tous les moyens les plus propres 4 les rendre saintes, et par conséquent recourent a la sainte communion aussi souvent que cela peut leur procurer un accroissement d’amour de Dieu et de zéle a le servir. ,
C’est ce que ne comprennent pas ceux qui croient que le nombre des communions marqué par la régle, ne doit pas étre dépassé, si ce n’est rarementet tout 4 faitexceptionnellement. Prendre la régle dans ce sens, c’est s’attacher a la lettre et non pas a l’esprit : or la lettre tue et Vesprit vivifie. Vouloir interdire 4 une 4me toute communion en dehors de la régle, c’est tres souvent la condamner 4 végéter, quelquefois méme a mourir, tandis que lui permettre la communion chaque fois qu’elle lui fera du bien, c’est lui donner la vie et lui faire produire toute sorte de fruits de vie.
Il y a done une grande différence, pour le résultat, entre ces deux maniéres d’envisager la régle, et l’on comprend que la Sacrée Congrégation ait si catégoriquement répondu que le nombre des communions fixé par la régle ne doit pas étre pris dans un sens limitatif, mais qu’il appartient au confesseur exclusivement, indépendamment de tout consentement du Supérieur ou de la Supérieure, d’accorder une communion plus fréquente, selon qwil le juge a propos.
C’est ce que ne comprendraient pas les supérieurs qui voudraient restreindre leurs inférieurs au nombre des communions fixées par leur régle, sans permettre qu’ils en demandent d’autres, ou méme qu’ils fassent celles que leur confesseur leur a permises. Nous avons déja dit que ce serait un abus de pouvoir trés grave, qui devait étre dénoncé aux supérieurs ecclésiastiques.
IV. RAISONS POUR LESQUELLES LE NOMBRE DES COMMUNIONS DE REGLE A ETE DIMINUE. — Maintenant, il faut enfin aborder la question principale.
S’il y a un si grand avantage a ce que les religieuses fassent la communion le plus souvent possible, pour se maintenir dans la ferveur ou pour s’élever a la perfection, pourquoi la S. C. des Kvéques et Réguliers a-t-elle restreint lenombre des communions de régle, qui était d’abord de quaire, dans la congrégation dont nous avons parlé, et Va-t-elle fixé 4 trois seulement par semaine ?
Tout Vabord, deux observations préliminaires.
40 D'aprés des renseignements pris 4 bonne source, la question qu’on nous pose n’est pas exacte dans ses termes. La S. C. n’a pas diminué le nombre primitif des communions de régle : car il avait toujours été de trois par semaine, une le dimanche et deux dans la semaine. Seulement, comme il y ayait dans le cours de l’année une cinguantaine de circonstances ou il était permis de faire une communion supplémentaire, par exemple, en l’honneur de certaines fétes ou de certains anniversaires, ou des premiers vendredis du mois, etc., il était passé en régle qu’au lieu de faire toutes ces communions au jour méme ot elles
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tombaient, au risque d’en avoirplusieurs dans une semaine et de ne pas en avoir du tout dans dautres, on les répartissait également entre toutes
les semaines, de maniére 4 avoir une quatriéme communion de plus chaque semaine. C’est ainsi que la régle primitive avait été modifiée par Vusage. Mais cette quatriéme communion n’ayant
pas étéinserite dans la régle primitive, la‘S. C.
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n’avait pas besoin de la supprimer et elle n’y a méme pas pensé. Elle s’en est tenue simplement au texte primitif des constitutions, trouvant ce nombre de trois communions prescrites par semaine tout a fait raisonnable. Elle n’a pas eu a parler de la quatriéme communion introduite par usage, puisque les supérieures et les confes-
Seurs étaient toujours libres de la garder.
Envisagée ainsi, la question est bien différente de ce que nous l’avait présentée notre honorable correspondant. Cependant, nous répondrons a sa question dans le sens ot ill’a posée, parce que si elle n’est pas exacte dans ce cas-ci, elle pourrait Tétre dans un autre.
Et du reste, plusieurs des supérieures et plusieurs confesseurs Vont comprise ainsi, c’est-adire dans le sens d’une suppression et par suite @une interdiction : c’est cette erreur qu'il importe avant tout de réfuter ici. Nous parlerons donc dans tout ce qui suit, comme si réellement la 8. C. avait effacé une des communions inscrites dans la régle et les avait reduites de quatre a trois. Comme nous savons qu’il n’en est pas ainsi, nous comprendrons encore bien mieux combien sont erronées les conclusions qu’on avait tirées de cette prétendue modification des constitutions.
20 Sila S. C. avait réellement voulu restreindre le nombre des communions primitives et qu'elle efit pensé qu’on verrait dans cette restriction du nombre des communions de régle une interdiction d’en faire davantage, il est probable qu’elle se serait expliquée clairement et qu’elle aurait condamné cette interprétation erronée. Mais, réellement cela n’était pas nécessaire. La réponse du 4A aott 1888 était encore présente a toutes les mémoires. Il était donc superflu de la renouveler et de l’insérer dans le texte méme des constitutions de la dite congrégation.
Les congrégations romaines ne se contredisent pas, surtout 4 un si court intervalle. Et vraiment, il faut avoir ’esprit bien peu logique pour mettre permetire a la place d’ordonner, pour dire par exemple : Notre régle ne nous permet plus que trois communions par semaine, lorsqu’il faudrait dire : Notre régle ne nous ordonne plus que trois communions par semaine. Sachant donc que personne, au courant de la question, ne pourrait se meprendre sur le sens de l’article concernant les communions de régle, la Sacrée Congrégation a jugé mieux de ne pas en imposer quatre, mais seulement trois par semaine. En cela, elle a imité la législation de l’Eglise qui, de trois communions auparavant prescrites chaque annee, n’en a plus
conseryé qu’une, la communion pascale.
L’Hglise n’a pas voulu, pour cela, qu’on communiat moins souvent, mais ellea voulu qu’on ne fit pas obligé de communier si souvent, 4 cause des graves inconvénients qui pouvaient en résulter, en particulier a cause des péchés trés nombreux qu’auraient commis ceux qui n’auraient pas accompli les trois communions prescrites, et aussi a cause des nombreuses communions mauvaises quauraient pu faire ceux qui n’y seraient allés que par force et sans préparation suffisante.
De méme, dans les constitutions de la congrégation dont nous parlons, si la S. C. n’a inséré que trois communions de régle au lieu de quatre, a-t-elle voulu par la qu’on ne communiat plus que trois fois au lieu de quatre? — Nullementy mais elle a voulu qu’on ne fit plus obligé de communier que trois fois, et non plus quatre.
Pourquoi? Pour les mémes raisons pour lesquelles l’Eglise a restreint le nombre des commu- | nions prescrites aux fidéles.
4° Beaucoup de religieuses, peu ferventes, trouvant ce nombre de quatre communions trop grand pour elles, en auraient omis une ou deux ou peutétre méme trois par semaine. Hlles se seraient par la mises en opposition avec la regle, et si elles n’avaient pas eu une raison suffisante pour se dispenser de la communion, elles auraient commis chaque fois une faute. Sans doute, ce n’etit pas été une faute mortelle, comme quand on omet sans raison la communion pascale. Mais c’ett été, en tout cas, un péché véniel. Et si ce péché véniel se renouvelait souvent, elles auraient eu au bout d’une année une charge déja bien lourde sur la conscience : d’abord a cause des nombreuses violations de la regle ; ensuite a cause du scandale qu’elles auraient donné, en portant peut-étre leurs scours au méme relachement ; enfin surtout par leur négligence coupable des moyens de salut que Dieu voulait leur donner. En imposant une communion de moins, la Sacrée Congrégation supprime une partie des fautes qui auraient été commises de ce chef, et des graves conséquences qui s’en seraient suivies.
20 De plus, en obligeant les sceurs a quatre communions par /semaine (car il est entendu que quand elles sont de régle, elles sont obligatoires : statuta vroecepta), elle aurait exposé les swurs a faire quelquefois mal la communion, ou au moins a la faire trés imparfaitement.
Voyons en effet ce qwil y a a craindre dans une maison ou la supérieure tiendrait mordicus a la régle et ou les scours n’oseraient pas se dispenser.de la communion, méme quand elles ne s’y sentent pas disposées.
a)Il y ena quin’y vont qu’avec dégout et en se faisant violence, soit parce qu’elles sont dans un état de sécheresse involontaire, soit parce qu’elles sont dans un état de tiédeur coupable. Cette violence, elles peuvent se la faire une fois, deux fois, trois fois par semaine, mais au-dela elles n’en ont plus le courage; et alors, si elles doivent faire encore la communion, elles la feront machinale-
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ment, sans préparation, par conséquent sans fruit, et elles sentiront de plus en plus augmenter leur dégotit pour elle. Ne vaut-il pas mieux ne pas les exposer 4 ce danger, en ne les obligeant pas 4 autant de communions? Personne alors ne peut s’étonner ni se scandaliser qu’elles ne fassent pas d’autres communions que les communions de régle, mais au moins elles font celles-la comme toutes les scours.
b) Ily en a d’autres qui ont la conscience embarrassée. Elles ne savent pas si elles sont ou non en état de grace, si elles n’ont pas commis quelque péché grave depuis leur derniére confession. Si elles pouvaient recourir au confesseur avant la communion, elles seraient tranquilles ; au besoin, il leur donnerait l’absolution. Mais elles ne peuvent pas y recourir, et personne ne peut les rassurer comme lui. Faut-il done les condam- her, parce que la régle prescrit quatre commu-
nions, 4 aller quatre fois a la sainte table avec ces troubles de conscience, qui leur font perdre toute dévotion, et qui méme leur rendent la communion trés pénible et presque odieuse ? Hvidemment, si on peut leur retrancher une de ces causes de tourment, en ne les obligeant a communier que trois fois au lieu de quatre, on leur rendra un trés grand service. C’est ce que la Sacrée Congrégation a voulu obtenir, en diminuant le nombre des communions prescrites.
c) ly a enfin des scours qui, par faiblesse, ou par ignorance, ou par surprise, peuvent tomber dans le péché mortel dans l’intervalle d’une confession 4 l’autre. Certains tempéraments ardents ont des passions si violentes, surtout dans les pays du Sud, gue la vue d’un plaisir défendu, présenté a ’imagination sous une forme enivrante, peut entrainer tout a coup l’assentiment de la volonté, sans presque quwil y ait eu de résistance. Le consentement une fois donné au mal, l’Ame se réveille comme d’un songe, et elle se désespére en se voyant en état de péché mortel. Cependant la regle lui prescrit encore une communion, peutétre méme deux, avant qu’elle puisse se confesser. Aura-t-elle le courage de s’abstenir et de dire « Non, je ne puis pas communier avant de m’étre confessée » ? Oui, sans doute, la plupart des sceurs le feront. Mais n’y en aura-t-il pas qui seront trop timides pour cela, et qui préféreront s’approcher de la sainte table, pour ne pas se faire remarquer ? Celles-la auront la mort dans lame. Mais elles n’auront pas le courage de se tenir a Vécart, pour qu’on ne puisse pas leur faire d’observation sur leur éloignement de la sainte communion.
Quelquefois peut-étre elles auront la franchise davertir leur supérieure et de lui dire qu’elles ne peuvent pas communier avant de s’étre confessées. Mais la supérieure, qui croira que cest un scrupule, puisqu’elle ne connait pas l’état de leur conscience, leur conseillera de passer par dessus ce scrupule et de ne pas s’éloigner de la sainte communion les jours ot: la régle la prescrit. — Et
les malheureuses, intimidées, n’oseront pas résis-. ter. Et elles feront la sainte communion avec la persuasion qu’elles commettent un sacrilege.
N’est-ce pas épouvantable de condamner de pauyres Ames 4 un malheur aussi affreux? Et si on peut le leur épargner, en ne les obligeant plus qu’a trois communions au lieu de quatre, de maniére que personne ne puisse s’étonner qu’elles ne font pas la communion aussi souvent qu’auparavant, et qu’elles n’aient de compte a rendre 4 personne, n’est-ce pas un trés grand bienfait pour elles ?
Il était donc trés juste que la Sacrée Congrégation, qui connait la faiblesse du coeur humain, méme dans les communautés religieuses, ne sou-— mit pas 4 une telle tentation certaines Ames qui n’y pourraient pas résister et que, pour cela, elle diminuat s’il le fallait le nombre des communions prescrites, tout en avertissant les religieuses de ne pas manguer au moins celles-la, 4 moins d’une
cause raisonnable, nist rationabilis causa obstet,
ce qui les met également plus a l’aise pour s’en abstenir, quand elles ont une bonne raison de le faire. Elles ne sont pas obligées de dire cette raison 4 leur supérieure, il suffit qu’elles la disent a leur confesseur, qui seul a le droit de pénétrer dans leur conscience, et qui leur dira si elles ont bien ou mal fait, et leur donnera aussi des régles pour se conduire a lVavenir dans des cas semblables. |
On voit maintenant pourquoi la Sacrée Congrégation des Evéques et Réguliers, tout en laissant subsister les réponses de 1885 et de 1886 ’, n’a pas jugé a propos @insérer cette recommandation dans les constitutions de la congrégation francaise dont nous parlons, et s’en est tenue au nombre de communions qui y étaient primitivement prescrites, c’est-a-dire a trois par semaine, afin, évidemment, d’éviter les graves inconvénients qui pourraient résulter d’une trop fréquente obligation de communier. La communion est une affaire exclusivement personnelle, a traiter entre le pénitent et le confesseur, 4 l’exclusion de tout supérieur et de toute supérieure; par conséquent la régle elle-méme doit sen méler le moins possible. Et c’est pour cela qu’ayant fixé un minimum auquel on doit tenir, 4 moins qu’on n’en soit empéché par une cause raisonnable, elle laisse au confesseur toute liberté d’en accorder d’autres, autant qwil-le juge 4 propos pour le bien de ses pénitentes, tous les jours méme, s’il pense que cela leur sera utile.
V. Y A-T-IL AVANTAGE OU DESAVANTAGE A SE CON- TENTER DES COMMUNIONS DE REGLE? — Que penser maintenant des paroles qu’aurait dites la supérieure générale de la congrégation lorsqu’elle a
annoncé 4 ses sceurs la triste nouvelle de ce qui
* Consuetudinem (quotidie communicandi) laudabilem esse ac promovendum esse usum frequenter suscipiendi SS. Eucharistiam. (2 dec. 1885)... Laudabilem esse consuetudinem monialium quotidie ad sacram communionem accedendi. (19 dec. 1886).
a été regardé d’abord comme une interdiction de communier désormais plus de trois fois par semaine? « Il faut bien nous soumettre, puisque Rome a parlé. Mais si nous faisons bien les communions qui nous restent, nous pourrons tout de méme encore nous sanctifier comme auparavant.» — Ces paroles, si elles ont été réellement
-prononcées, témoignent dun grand esprit de foi
et d’obéissance au Saint-Siége, et il n’est pas douteux que ces saintes dispositions ne vaillent 4 ces bonnes religieuses la grace de reconnaitre quel est le vrai sens de l’approbation donnée 4 leurs constitutions et quel préjudice il y aurait pour elles a Vinterpréter dans un sens restrictif.
Mais est-il vrai que, si la fixation des trois communions de régle était regardée comme une interdiction d’en faire davantage, ef que, par suite, cette pratique passat dans les coutumes de la congrégation, les religieuses auraient aussi facile de s’y ‘sanctifier qu’auparavant? — Non. Pour le croire, il faudrait ne tenir plus compte des effets que la communion produit ex opere operato, ni de ceux quelle produit ex opere operantis.
Il est vrai quavec une ou deux communions de moins par semaine, on peut tout de méme se sanctifier, et il faut bien qu’il en soit ainsi, puisque Dieu doit toujours aux 4mes les graces dont elles ont besoin (graces suffisantes), et que si c’est sans leur faute qu’elles sont privées de la grace de la communion, il saura la remplacer par d’autres, pouryu qu’elles le lui demandent.
Mais se sanctifieront-elles aussi facilement, aussi stirement et aussi rapidement que si elles avaient plus de communions ?— Non. I] leur manquera un secours de premier ordre dont elles sentiront toujours la privation. Trés souvent, il leur arrivera de constater qu’elles n’ont pas la force de surmonter une tentation, qu’elles n’ont pas le courage de pratiquer une vertu, comme elles l’auraient fait si elles avaient eu quelques communions de plus.
Pourquoi cela? Tout simplement, parce que la communion est un pain, et que, quand on est privé de son pain, on n’a plus de force : Robur panis. Ou bien, si on a encore du pain, mais qu’il soit mesuré trop parcimonieusement, on n’a plus assez de force pour faire tout ce qu’on devrait; peut-étre a-t-on encore la force de vivre, mais on n’a plus la force de travailler, comme il le faudrait, 4. sa sanctification et a la gloire de Dieu. Est-ce donc de Vintérét d’une communauté d’y avoir des &4mes gui se trainent languissantes et impuissantes a faire le bien ?
Vous leur recommandez la charité fraternelle. (C’est toujours la pierre d’achoppement dans les communautés peu ferventes). Elles vous répondent qu’elles ont bien la volonté de lobserver, et qu’en effet les jours ou elles ont fait la sainte communion, elles y réussissent encore asséz, mais que les autres jours, cela leur est impossible, elles ne savent pas assez veiller sur elles etil leur échappe toujours quelque parole ou quelque acte imprudent qui trouble la paix et qui altére la charite.
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Vous leur recommandez l’obéissance. Oui, c’est facile a dire. Quand elles ont fait la sainte communion, elles peuvent encore, sans trop de peine, sacrifier leur volonté et soumettre leur jugement a la volonté et au jugement de leurs supérieures. Mais les autres jours, elles ont beau essayer, leur amour-propre se révolte, leur esprit d’indépendance se souléve et elles ne parviennent pas & les dompter. Pourquoi ne leur donnez-yous pas la communion qui les aiderait 4 se vaincre?
De méme et a plus forte raison s’il s’agit de sensualité, d’affections sensibles, ou bien @’antipathies, de jalousies, de rancunes invétérées. Comment voulez-vous qu’elles en viennent a bout? Elles ont toutes les peines du monde a les déposer aux pieds de Notre-Seigneur quand elles vont 4 la sainte table; mais quand elles n’y vont pas, elles ne s’en donnent plus la peine, parce qu’elles ne s’en sentent pas la force.
Kit si ce sont des ames tentées, pour lesquelles tout ce qu’elles voient, tout ce qu’elles touchent, tout ce qu’elles entendent, est un danger et une occasion de peché, comment résisteront-elles, si elles n’ont pas en elles la chair immaculée de PAgneau qui rend pur, et le vin qui fait germer les vierges? Avec ces pauvres Ames qui auraient besoin de la communion quotidienne, ou presque quotidienne, supprimer une ou deux communions par semaine, c’est les condamner presque fatalement a tomber dans le péché.
Quelles tristes conséquences, on le voit, n’au-° rait donc pas Verreur des confesseurs qui croiraient qu’ils ne doivent plus accorder de communions, en dehors des trois communions de régle! Sans doute, ils seront assez éclairés, assez intelligents et assez consciencieux pour ne pas se laisser imposer une régle qui limiterait arbitrairement leur pouvoir et qui les mettrait dans V’impossibilité, soit de préserver ou de guérir les Ames dont ils ont la charge, soit de les faire avancer, comme ils le voudraient, dans la vertu. Mais supposé cependant qu’ils se rangent a cette opinion et quwils s’en tiennent strictement aux trois communions de régle (quelques-uns pourront le faire par indifférence ou par insouciance; d’autres par complaisance, ou par esprit de conciliation, pour éviter les discussions et pour avoir la paix; d’autres par amour de l’uniformité, ou par respect pour des coutumes qu’ils croiront obligatoires) : qu’arrivera-t-il? IL arrivera : — que des 4mes qui auraient eu besoin de la communion plus fréquente, pour étre stimulées, languiront dans la paresse et Vinaction; — que d’autres 4mes, qui ont a lutter contre des tentations violentes et opinidtres, tomberont peut-étre dans le péché mortel ; — que la plupart des sceurs, on peut méme dire la généralité, ne montreront plus le méme zéle pour arriver a la perfection et pour acquérir les vertus solides de leur état ; — que toutes seront privées des mérites trégs nombreux gu’elles auraient acquis par la communion plus fréquente, et des graces tres précieuses qui en auraient été la suite.
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Voulez-vous vous faire une-idée de ce qu’elles perdront en ne communiant plus si souvent?
Elles perdront ’augmentalion de grace sanclifianie qu’elles auraient recue ea opere operato, c’est-a-dire par l’effet propre-du sacrement, sans coopération de leur part, pourvu qu’elles n’y eussent pas apporté d’obstacle, chaque fois qu’elles auraient fait la sainte communion en état de grace et avec une préparation suffisante, quelque imparfaite qu’elle ett été du reste. Cette perte de Vaugmentation de la grace sanctifiante ne peut pas étre compensée, si ce n’est trés incompleétement, par les communions spirituelles et les autres actes de dévotion ou de vertu qu’elles pourront faire. Car ces actes de dévotion ou de vertu, elles auraient pu les faire également, méme en communiant sacramentellement : par conséquent elles en auraient eu le mérite, et elles auraient eu en plus le bienfait de la grace sanctifiante opérée par le sacrement lui-méme.
Elles perdront toutes Jes grdces actuelles qu’elles auraient pu gagner par suite de leurs dispositions ou de leurs actes (ew opere operantis), si elles avaient di faire la sainte communion. Elles auraient fait des actes de foi et d’adoration, des actes de contrition et d@humilité, des actes d’amour et de désir. Chacun de ces actes leur aurait apporté ume grace en retour, et procuré un mérite.
Il est vrai que si elles sont ferventes, elles ‘peuvent aussi les faire méme lorsqu’elles ne communient pas, si elles veulent seulement faire la communion spirituelle. Oui, elles peuvent les faire, mais les feront-elles? Plusieurs, sans doute, les feront, celles qui sont vraiment ferventes et qui ont un grand désir de la communion. Mais
les autres, c’est-a-dire le plus grand nombre, les
feront-elles? Trés probablement non, parce que, n’ayant pas a se préparer 4 la communion, elles s’accommoderont fort bien de cet état qui leur laisse plus de liberté, et elles en viendront a4 regarder les jours ou elles ne communient pas comme leurs jours les plus agréables, parce quelles n’auront pas autant d’efforts a faire pour s’en rendre dignes, et ceux oti elles communient comme des jours de pénitence, dont elles seront bien aises de voir diminuer le nombre. Tomber dans cet état, c’est tomber dans un état de tiédeur bien‘caractérisée. Or c’est la le sort qui attendra bon nombre de religieuses qui n’auront pas le stimulant de la communion aussi fréquente quauparavant.
Les actes qu’elles auraient faits avant la communion, pour s’y bien préparer, et qu’elles ne feront pas si elles ne communient pas, elles les auraient faits également apres la communion, pour en rendre graces. Et elles n’auront point de raison de les faire, si elles n’ont pas communié. Or, qu’est-ce qui pourrait remplacer pour elles les actes de foi et d’adoration que leur inspire, 4 chaque communion, la présence corporelle de leur divin Maitre dans leur coeur? Qu’est-ce qui
pourrait leur donner les mémes sentiments de reconnaissance, d’amour, de généreux dévouement? Qu’est-ce qui pourrait leur donner la méme assurance d’obtenir toutes les graces qu’elles peuvent demander, soit pour elles-mémes, soit pour les ames qui leur sont chéres? Elles ne feront donc pas ces actes, tandis qu’elles les auraient faits si elles avaient communié. Et par suite, elles perdront tout le mérite et toutes les graces qui en -auraient été la suite. Hst-il possible que dans ces conditions elles fassent les mémes progrés dans la vertu et dans ’amour de Dieu? Est-il possible qu’elles aient le méme zéle, la méme ardeur pour la perfection ? Est-il possible qu’elles fassent autant d’efforts sur ellesmémes et gu’elles remportent autant de victoires sur leurs passions et leurs mauvaises inclinations ou leurs mauvaises habitudes? Est-il possible, en un mot, que dans une communauté ainsi rationnée pour Ja sainte communion, le niveau moral soit aussi élevé que dans une autre communauté ot. les Scurs feront toutes, ou presque toutes, la sainte communion tous les jours ou presque tous les jours ?
A priori, cela ne peut pas étre : ou bien il faudrait nier Vefficacité du sacrement ex opere -operato, et les nombreuses graces qu'il apporte ew opere operantis, en proportion des dispositions de ceux qui communient. :
A posteriori, c’est-a-dire si ?on consulte lexpérience, la méme conclusion s’impose avec bien plus de force encore.
Les ames qui @abord communiaient fréquemment et qui, ensuite, diminuent le nombre de leurs communions, se relachent presque toujours et finissent méme quelquefois par abandonner la fréquentation des sacrements. Cela arrive presque forcément, lorsque ce sont les Ames elles-mémes qui renoncent aux communions qu’elles avaient Vhabitude de faire, et qu’elles auraient encore la possibilité de faire si elles le voulaient. Cela n’arrive pas toujours, mais cela arrive trés souvent, lorsque la diminution du nombre de leurs communions n’est pas le fait de leur volonté, mais seulement effet des circonstances qui leur rendent la communion difficile, ou le fait de leur confesseur qui ne leur permet plus autant de communions qu’elles en faisaient auparavant. Alors, si elles ne veillent pas attentivement sur ellesmémes, pour remplacer, autant que possible, la communion sacramentelle par la communion spirituelle, et pour suppléer aux actes que la communion leur aurait inspirés ou imposés, par Vautres actes volontaires de dévotion et de vertu, il est presque certain qu’elles perdront de leur ferveur, qu’elles se relacheront dans leurs exercices de piété, et surtout dans la lutte avec les mauvaises inclinations de leur nature. :
Au contraire, les Ames qui d’abord communiaient plus rarement, une fois, deux fois, trois fois par semaine, et qui sont amenées progressive-
“ment a communier plus fréquemment, ou méme 4
perfection et dans l’amour de Dieu. Elles les font toujours, lorsque leurs communions sont ferventes, précédées d’une bonne préparation et suivies d’une bonne action de graces. Elles les font 4 un degré moindre, mais cependant d’une maniére appréciable, lorsque leurs communions sont -accompagnées de sécheresse, de dégofit, d’ennui, de distractions presque constantes, pourvu qu’elles ne manquent pas de bonne volonté. Elles les font enfin au moins d’une maniére latente, lorsqu’elles font la sainte communion en état de grace et - avec le désir d’en profiter, mais avec une prépara- -- tion et des dispositions plus imparfaites. Alors, pour elles, le progrés ou plutdt le profit de la communion consiste en ce que, au moins, elles ne rétrogradent pas trop dans la voie de la vertu, quwelles ne font pas autant de péchés véniels, et surtout qu’elles ne tombent pas-dans le péché mortel, dont elles conservent toujours une sainte horreur.
Il n’y a que dans le cas ou elles seraient volon- tairement livrées a la tiédeur, ot elles n’apporteyaient 4 la sainte communion ni préparation, ni -action de graces, ni aucun effort pour s’en rendre dignes, que la communion fréquente leur deviendrait nuisible et devrait leur étre retranchée, parce qu’elles en abuseraient au lieu d’en profiter, et par suite elles tomberaient dans ’aveuglement et dans V’endurcissement, ce qui rendrait leur salut beaucoup plus difficile. Mais en dehors de ce cas, quiest rare, et on peut le dire exceptionnel chez des religieuses, partout ot l’on aura introduit la communion trés fréquente ou quotidienne, on pourra constater, presque immédiatement, dans toute la communauté, une plus grande fer- -yeur, une plus grande régularité, une plus grande charité, en un mot, une élévation tres sensible du niveau moral, et par suite une multiplication extraordinaire des actes de vertu et @amour de Dieu qui se produisaient auparavant.
Cest la surtout ce qui doit rendre la pratique dela communion quotidienne, ou trés fréquente, extrémement chére aux Ames pieuses et surtout aux prétres. Plus la communion est fréquente dans une communauté, plus Notre-Seigneur y est honoré, plus il y est aimé, plus il y trouve ses délices, de sorte que si un prétre peut lui procurer cinquante communions dans un jour, et qu’il ne lui en donne que dix ou quinze, il le prive d’autant de sujets de joie quil lui a retiré de communions. Si nous, prétres, et si tous les supérieurs et supérieures de communauté, nous ‘comprenions le désir ardent qu’a Notre-Seigneur dese donner aux Ames, quil aime d’un amour infini, nous n’aurions pas le courage de lui en soustraire une seule de celles qu’il appelle a Lui!
Il les appelle pour les combler de ses graces et
pour leur témoigner son amour. L’amour qu gi
pour nous est un amour véritablement insatiable, dans toute la force du terme.
"Cette livraison est la suite du no 89 de YAMI DU CLERGH du 27 Septembre 1900
eee ee ee Nea ete eee yes ON en Le eee
la communion quotidienne, font presque toujours des progrés trés sensibles et trés rapides dans la
Une mére qui aime passionnément son enfant ne peut pas se rassasier de le voir, de l’embrasser, de le couvrir de ses caresses et de ses baisers. Bt cependant tout ’amour quwelle lui témoigne ainsi n’est rien auprés de celui qu’elle se sent dans le cour pour lui, et quelle ne peut pas exprimer comme elle le voudrait. De méme l’amour que Notre-Seigneur a pour nous, cherche & se satisfaire par toute sorte de bontés, de graces et de bienfaits. Ce n’est pas méme assez. I faut qu’il se donne a nous Lui-méme, et non pas seulement ses graces. I] faut qu’il se donne a nous, qu’il descende dans notre cceur, qu’il nous presse contre sa poitrine, qu’il sente battre notre ccour contre son cceur. Et encore tout cela ne nous dit pas Vimmensité de son amour ; tout cela est fini et son amour est infini; Lui-méme, tout Dieu
quwil est, ne peut pas nous faire comprendre jus- -qu’a quel point va son amour, car pour le com-
prendre il faut légaler, et nous n’en sommes pas capables, n’étant pas Dieu comme Lui.
I] a done un amour qui cherche 4 se satisfaire par tous les moyens, et qui, malgré cela, ne peut pas se rassasier. Il ne peut pas se rassasier de donner. Il nous donne tout ce qwil a, il nous donne tout ce qu’il est, et lorsqu’il a donné tout, il trouve encore que c’est trop peu. Son amour est plus grand que ses dons. Ses dons ne sont en nous que d’une maniére finie : et son amour est infini.
Ila un désir, ou plutdt un besoin insatiable d’étre aimé de nous a son tour. I] est Dieu, il est infini, et comme tel, il n’a besoin de rien, surtout de notre part a nous, pauvres et chétives eréatures. Dixi Domino: Deus meus es tu, guoniam bonorum meorum non eges. it pourtant, on dirait quil lui manque quelque chose, tant qu’il n’a pas réussi a se faire aimer de nous. I] descend du ciel pour cela, il se fait homme, il se fait enfant, il se fait patvre, il se fait victime, il se fait nourriture. Tout cela pour étre aimé. Ne faut-il pas qu'il ait un désir ardent, insatiable d’étre aimé, comme si notre amour était réellement indispensable a son bonheur ?
Quand il a obtenu de nous un peu d’amour, il s’en empare, il s’en nourrit, il s’en délecte, et en méme temps, il le conserve avec le méme soin que l’avare conserve son trésor. Mais cet amour n’est pourlui qu’un commencement. Il veut toujours qu'il aille en augmentant. Il ne trouve jamais que nous Vaimions assez. Et en effet, nous ne pouyons jamais l’aimer comme il le faudrait, comme il le mérite. J] fait donc tout son possible pour augmenter en nous cet amour, dont il est avide, et dont il n’est jamais content, quoique ce soit sa plus. grande joie apres celle qu'il a @étre un méme Dieu avec son Pére et avec son divin Esprit.
Pour augmenter cet amour de notre part, et pour nous donner peu a peu une idée moins imparfaite de l’immensité de son amour, il a
inventé la communion, par laquelle il se donne a
nous et par laquelle nous nous donnons 4 Lui. De méme qu’il ne peut pas se rassasier de nous montrer son amour, et qu’il ne peut pas non plus se rassasier du peu-d’amour que nous lui donnons, de méme il ne peut pas se rassasier de venir 4 nous, de nous unir a Lui et de se donner a nous dans la sainte communion. « Venite ad me ommes / nous crie-t-il. J’ai une immensité d’amour 4 déverser sur vous. Si vous ne venez pas, je ne puis pas vous en faire part comme je le voudrais. J’ai une soif ardente d’%tre aimé, Vétre désiré de vous. Sitit sitiri Deus. Si vous ne venez pas a moi, vous me laissez mourir de soif, vous me laissez tourmenter par les ardeurs de mon amour. Donnez-moi donc, au moins, une goutte de cet amour dont je suis altéré, pour étancher ma soif brilante. Ne me laissez pas seul avec mon tourment inapaisé, avec ma soif inextinguible. Venez,
encore une fois, venez, je ne Me rassasierai ja--
mais de vous voir, de vous embrasser, de vous sentir 4 mes cétés, de vous combler de mes dons, de vous entendre dire que vous m’aimez; je trouverai toujours que c’est trop peu. Mais si, lorsque vous pouvez venir, vous ne le faites pas, oh ! alors, vous m’infligez le tourment le plus sensible que puisse éprouver un amour comme le mien, le tourment de ne pas pouvoir se soulager en comblant de ses dons ceux qu il aime, et le tourment de ne pas-recevoiy de leur part les marques d’amour dont il est constamment affameé.
« Done, si vous pouvez venir chaque jour a ma table, venez-y : ce sera une joie pour moi, beaucoup plus que pour yous encore. Ce sera presque un bienfait pour moi, tout autant que pour vous,
" parce que vous me procurerez ainsi la seule satis-
faction que recherche mon cur, celle de vous faire du bien, de voir que vous m’aimez un peu, moi qui vous aime tant. »
Nous le demandons 4 nos zélés confréres qui ont 4 s’occuper d’ames religieuses, dévouées et consacrées au service du divin Maitre : ne seraitce pas un crime de lui refuser la faveur qu'il désire si ardemment, et en méme temps de refuser aux dimes les graces dont elles ont tant besoin, en réglementant leurs communions d’une maniére si parcimonieuse, que ni elles ni lui n’y trouvent l’apaisement de leurs désirs et la satisfaction de leur amour ?
Qu’on ne leur impose pas la communion d’une maniére obligatoire, chaque jour, par la régle, pour ne pas les exposer a la faire moins bien qu'il ne faudrait; mais qu’on les laisse libres de la faire toutes les fois qu’elles se sentent en état de la faire et qu’elles en ont un grand désir. Ce désir, s'il vient de ’amour, ne peut venir que de Notre-Seigneur; ¢’est Lui qui le leur inspire, afin que leur désir répondant au sien, il puisse descendre en elles et s’y repaitre de leur amour.
Nous, prétres, facilitons-leur et facilitons-lui ce coeur a cceur qui les rend heureux, et pour cela, conseillons, recommandons, permettons, ordon-
nons méme la sainte communion, le plus souvent possible, 4 toutes les Ames qui sont capables de la faire avec fruit, surtout aux religieuses qui ont a cceur de faire plaisir 4 Notre-Seigneur et d’avancer dans son amour.