CHAPITRE Il
Culte dt aux saintes reliques
Cing articles : 1° notions générales sur le culte et ses diverses espéces; 2° légitimité; 30 utilité ; 4o nature; 50 mode du culte di aux saintes reliques en général et aux reliques particulieres de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des saints.
Art. I, — NOTIONS GENERALES SUR LE CULTE ET SES DIVERSES ESPIGES
§ der. — Définition du culte
Le culte, pris dans un sens trés universel, consiste dans la connaissance et la manifestation de Vexcellence que nous reconnaissons dans une personne. Il renferme en lui-méme trois éléments : 4° un acte de l’intelligence qui reconnait Vexcellence dans la personne; 2° un acte de la volonté qui vent rendre hommage a cause de cette excellence; 3° Vhommage lui-méme, soit interne, comme l’admiration, les félicitations, etc., soit externe, manifesté par les paroles ou les actes.
Appliqué 4 Dieu et pris dans un sens religieux, le culte est défini: Honor, signum scilicet exis-
1 Cf. Santi-Leitner, Preelectiones juris canonici, lib. Ltt. xiv, 0. 53.92 ed.
2 Decreta auth., n. 400.
timationis, quod cum sui ipsius subjectione homo tribuit Deo vel sanctis ob eorum supernaturalem excellentiam *.
§ 2. — Diverses espéces de culte
On distingue : 19 Le culte supréme et le culte inférieur. — Le culte supréme est rendu a Dieu comme a notre fin derniére a cause de ses perfections infinies, de son souverain domaine sur toutes les créatures. On Vappelle encore culte de latrie : « Est enim latria adoratio stricte dicta, que soli Deo exhibetur, ut supremo rerum omnium Domino et fini nostro ultimo, ob increatam et infinitam ejus excellentiam, » dit Jungmann.
Le culte infériewr est celui rendu a la sainte
Vierge et aux saints; on l’appelle encore le culte de dulie. Le mot dulie était autrefois synonyme de servitude ; aujourd’hui il sert 4 dénommer la vénération que nous témoignons aux saints parce qwils sont les amis de Dieu.
Comme la sainte Vierge les a surpassés tous dans Vamitie de Dieu, elle a droit a un culte supérieur a celui des saints, mais au fond de méme nature, qu’on appelle hyperdulie.
R0 Le culte absolu et le culte relatif. — Le culte absolu vise une qualité intrinséque a lobjet : « Cultus absolutus est, dit encore Jungmann, si perfectio supernaturalis propter quam ens ali-
quod colitur est ipsi insita. » Le culte relatif.
s’adrese a des choses externes qui ont des relations avec l’objet et qui recoivent une certaine excellence de ces relations. Ainsi le culte rendu aux saints 4 cause de la grace surnaturelle qui brillait dans leur Ame est un culte absolu, tandis que les honneurs rendus a leurs reliques ou a leurs images ne sont qu'un culte relatif.
30 Le culte interne et le culte externe. — Le premier reste dans le secret de Ame, tandis que
le second se manifeste au dehors par des paroles
ou des actes.
ho Le culte privé et le culte public. — Le culte privé est celui que chaque particulier rend en son nom propre, tandis que le culte public est celui qui est rendu au nom de l’Kglise d’aprés des lois quelle a fixées. Le culte public est toujours externe ; car, bien que la nature des choses exige, sous peine Vhypocrisie, que les sentiments intérieurs répondent aux actes extérieurs, |’Kglise n’a porté aucune loi sur ce point, se contentant de régir les actes externes.
Le culte public se divise en culte ecclésiastique et en culte litwrgique. Cette distinction est trés importante pour l’étude que nous faisons,.
a) Le culte liturgique comprend les fonctions que remplissent les prétres et les ministres en vertu de imposition des mains. Pour les saintes reliques, le culte liturgique comprend la célébra-
4 Ephemerides, xu, p. 200; Jungmann, De Verbo incarnato, n. 303.
tion du sacrifice de la messe et la récitation de Voffice divin en leur honneur ‘.
bd) Les autres fonctions religieuses faites par des prétres Vaprés les régles fixées par lHglise constituent le culte ecclésiastique *.
Art. IJ. — L&GITIMITE DU CULTE DES RELIQUES
La preuve que le culte des saintes reliques est légitime se trouve dans le passage du Concile de Trente oti il est prescrit de dire aux fideles :
Sanctorum quoque martyrum et aliorum cum Christo viventium sancta corpora, que viva membra fuerunt Christi et templum Spiritus Sancti, ab ipso ad wternam . Vitam suscitanda et glorificanda, a fidelibus veneranda esse ; ita ut affirmantes, sanctorum reliquiis venerationem et honorem non deberi... omnino damnandos esse, prouti jam pridem eos damnavit et nunc iterum damnat Ecclesia *.
Le concile donne trois motifs de raison pour justifier les honneurs rendus aux reliques des saints: leurs corps ont été les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit et ils sont appelés a la vie glorieuse.
De-fait, ce qui produit la sainteté, c’est l’abondance de la grace sanctifiante dans lame; mais pendant la vie, 4 raison de l’unité de nature et de substance, le corps recoit par participation l’influence de cette méme grace. De méme, le corps dont les ossements sont sur la terre pendant que ame est au ciel, doit ressusciter un jour dans son identité numérique et individuelle, se réunira VPame-et pénétrer avec elle au ciel. C’est a cause de ces relations profondes avec l’Ame que 1]’Kglise honore les reliques des saints et leur rend un culte relatif, et non direct.
On s’est demandé s’il n’y avait pas dans ces mémes reliques une excellence surnaturelle intrinséque pour motiver un culte direct. Quelques auteurs lont affirmé; mais Jungmann le nie en s’appuyant sur l’autorité de Lugo ¢.
Les preuves théologiques de cette thése sont empruntées :
4o A VKeriture Sainte, ot l’on trouve les -exemples de la femme qui voulait seulement toucher le bord du vétement de Notre-Seigneur pour étre guérie ; des personnes qui exposaient leurs
* Ad cultum liturgicum stricte pertinere dicende sunt ille tantum functiones, que a sacerdotibus ministrisque, vi potestatis quam per manuum impositionem acceperunt, peraguntur; quie functiones si relative ad Sanctorum venerationem considerantur, ad Eucharistie Sacrificium et officium, quod intimam cum illo connexionem habet, reducuntur.
* Alive functiones que a sacerdotibus juxta formulas ab Heclesiastica auctoritate adprobatas, peragi solent ut v. g. in Heclesiis Rosarii recitatio vel via Crucis, ut Sanctorum Imaginum vel Reliquiarnm expositio, aliaque hujusmodi, inter liturgicos actus adnumerari non, valent, quia nullam habent ad Hucharisticum Sacrificium relationem, et licet a Sacerdotibus peragi soleant, hoc non ex potestate in ordinatione accepta fit, sed ex OS eee dispositione. (Analecta LHccles., 1898, p. 315).
* Sess. xxv, De invocatione...
‘Jungmann, De Verbo Incarnato, n. 379, note.
malades au contact de ’ombre de saint Pierre; des infirmes qui se faisaient apporter les vétements de saint Paul et obtenaient par la leur guérison.
20 A la tradition, qui nous montre les chrétiens fort empressés dés le principe a recueillir et a conserver tout ce qu'ils purent des reliques de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des apdtres et des martyrs.
30 Enfin aux conciles. Le Concile de Gangres, dans son canon 20°, porte anathéme contre ceux qui mépriseront les temples ou sont gardées les reliques des martyrs. Il’ est défendu dans le Ive Concile de Carthage, canon 14¢, de batir des autels sans y placer des reliques des martyrs. Le ure Concile de Prague veut que dans les proces-— sions les reliques soient portées par les évéques ou les prétres. Le second Concile de Nicée prescrit de déposer les clercs et les évéques et de priver de la communion les moines et les laiques « qui audent spernere vel projicere sanctas reliquias martyris. » On trouve dans le rve Concile de Latran des régles au sujet des honneurs 4 rendre aux saintes reliques. Le Concile de Constance les a défendues contre les Hussites et celui de Trente contre les protestants.
Art. II]. — UTILITE DU CULTE DES RELIQUES
4° Cette utilité, ’Eglise la constatée plusieurs fois par des décisions solennelles. Le second Concile de Nicée : « Servator noster Christus fontes salutares Sanctorum reliquias nobis reliquit, multis modis beneficia in debiles fundentes,...atque id per Christum quiin ipsis habitat. » Le Concile de Trente est aussi précis; il déclare que par les reliques des saints « multa beneficia hominibus prestantur, » et condamne ceux qui disent « eas aliaque sacra monumenta a fidelibus inutiliter honorari, atque eorum opis impetrandz causa Sanctorum memorias frustra frequentari. »
20 Il répond admirablement aux besoins de notre ame: a) en développant en nous la foi a larésurrection de la chair, puisquwils sont morts pour affirmer cette foi; }) en nous donnant d’ad-— mirables exemples de charité, de foi, d’espérance, de zéle, de patience jusqu’au martyre, comme le dit saint Jean Damasceéne :
Horum omnium intuentes conversationem, imitemur fidem, dilectionem, spem, zelum, vitam, passionum tolerantiam, patientiam usque ad sanguinem, ut earumdem ac illi gloris coronarum consortes et participes efficiamur.
3° Enfin des miracles nombreux, qu’on peut lire dans l’Evangile, les Actes des apdtres et l’histoire de l’Kglise, ont été obtenus par le culte des saintes reliques. Déja de leur temps saint Jéréme et saint Ambroise avaient recours a cet argument pour prouver l’utilité du culte des reliques 1.
*Pesch, Prelectiones, t. iv, n. 6538.
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Art. IV. — NATURE DU CULTE DES SAINTHS RELIQURS
Quelle est la nature du culte rendu par I’Eglise aux saintes reliques? — L’Kelise leur rend un culle relatif, de méme nature mais inférieur a celui qu’elle rend aux personnes a qui elles appartiennent.
Crest un culte relatif, parce que, au dire de la majorité des théologiens, les reliques n’ont pas en elles-mémes une excellence surnaturelle intrinséque qui mérite nos hommages; on les honore seulement a cause de leurs relations avec la personne.
Ce culte doit étre infériewr a celui rendu a la personne, mais de méme nature; c’est pour cela que les théologiens l’appellent secundum quid.
Il suit de la que le culte rendu aux reliques de Notre-Seigneur sera un culte de latrie, relatif et secundum quid ; celui rendu aux reliques de la sainte Vierge et des saints, un culte V’hyperdulie ou dedulie, relatif et secundum quid’.
Ar?T. V. — MopDE DU GULTE RENDU AUX SAINTES RELIQUES
§ der. — Régles générales
I. — Quels sont les actes par lesquels V’Eglise témoigne son culte aux reliques des saints?
40 Les uns se rapportent au culte liturgique, comme la célébration de la sainte messe et la récitation de l’office en ’honneur de ces reliques.
20 Les autres se rapportent au culte ecclésiastique; tels sont : l’exposition, l’encensement, le baiser, les processions, la bénédiction, le luminaire, la place dans les autels, le choix comme patron, etc.
Tous ces honneurs ne conviennent pas a toutes les reliques ; il ya méme des différences dans la maniére de rendre les mémes honneurs a des reliques diverses qui y ont droit.
Voici, par ordre, les diverses classes de reliques : 4° reliques de Notre-Seigneur ; 2° de la sainte Vierge ; 3° des saints dont les noms sont au Martyrologe romain; 4° des saints dits baptisés ; 5o des saints qui ne sont pas au Martyrologe romain; 6° des bienheureux. Nous étudierons chacune de ces classes en particulier.
Il y a toutefois quelques régles générales, qui se manifestent sous forme de défenses et qu’il est utile d’exposer a lavance.
II. — Quelles sont les défenses générales relatives au culte des saintes reliques ?
40 Jl est défendu de plonger dans l’eau, en temps de sécheresse, pour obtenir la pluie, les
‘ Cultus qui a Catholicis reliquiis prestatur est, uti diximus, cultus relativus, qui etiam imperfectior est quam cultus ipsis Sanctis priestitus , sed analogice et reductive pertinet ad speciem ejus cultus, qui Sanctis debetur. Talis cultus igitur proprie nec hyperdulia est nec dulia, que soli naturz intelligenti tribuuntur, sed cultus inferior, qui dici potest pro varietate reliquiarum cultus dulice vel hyperduliz secundum quid. (Jungmann, De, Verbo incarnato, n. 381).
reliques de la S. Croix et des saints; Pusage contraire est un abus qu'il faut réprimer :
Nullo modo licere sub pretextu cujusvis consuetudinis, imo yerius abusus, Lignum SS. Crucis et Sanctorum Reliquias ad impetrandum a Deo pluviam tempore Siccitatis in aquam immergere aut madefacere, censuit S. R.C. die 19 jan. 1619 '. :
20 Tl est défendu de les plonger dans les eaux des fleuves pour arréter le débordement :
Ex parte Capituli, Canonicorum universique Cleri, Senatus et populi Civitatis Dertusen. apud S. R. C. expositum fuit, quod cum flumen Iber Dertusam praterflauens nimis intumescit, et omnis generis fructibus et bonis detrimenta minitatur, ab immemorabili tempore per ipsos servatum fuisse morem ad priedicti fluminis ripam processionaliter accedere, afferendo Reliquiam S. Candide ejusdem Civitatis Patron argentez urne ipsius S. Imaginem referenti-inclusam, eamque, universo spectante populo, in Iberi fluminis aquam. integere, hac spe ut Deus Opt. Max. Sancte Candide intercessione intumescentem flumen intra ripam cohibere dignaretur. At vero cum hisce novissimis temporibus graviter dubitatum fuerit, an legitimus sit et decens prenarrati ritus et ceremoni:e usus, vel potius indecens et superstitiosus, eo magis quia synodali Constitutione hujusmodi ritus omnino prohibeantur : eapropter huic S. R. C. universus Clerus et populus Dertusensis humillime supplicavit, ut declarare dignaretur : Utrum prefatus ritus haclenus servatus ab iisdem in supplicationibus fieri solitis ad arcendas Iberi fluminis irruptiones, in posterum uti licitus et ab omni superstitione yacuus retineri possit ; an vero tamquam irrationabilis, indecens et superstitioni proximus aboleri penitus debeat? — Et S.R. C. rescribendum censuit : « Servetur Constitutio synodalis. » Et ita
declaravit ac servari mandavit. Die 12 septembris 1769*.
30 Le 17 décembre 1591, la 8. C. des Evéques et Réeguliers a défendu de racler les ossements des saints pour donner aux malades, en guise de reméde, la poussiére ainsi obtenue 3.
§ 2. — Régles spéciales aux diverses reliques
L’Eglise distingue six classes parmi les reliques pour diversifier les hommages qu’elle leur rend. Il y ales reliques : 49 de Notre-Seigneur ; — 2° de la sainte Vierge; — 8° des saints inscrits au Martyrologe; — 40 des saints baptisés ; — 5° des saints non inscrits au Martyrologe romain; — 6° des bienheureux.
1° Reliques de Notre-Seigneur
I. — Définition des reliques de Notre-Seigneur. — Qwentend-on ici par reliques de
Notre-Seigneur ? On comprend sous ce titre les”
instruments de la Passion. Les décrets du Saint- Siége parlent spécialement de la vraie Croix, mais ils doivent s’entendre aussi des autres reliques de la Passion’. D’ailleurs le décret de la S. C. des Rites du 12 mars 1836 parle des reliques de la vraie Croix vel allerius instrumenti Domi-
2S. BR. C., n. 2486 (4850).
3 Adone, Synopsis lib. 1, n. 484.
4 Maugere, Le Bréviaire Romain. p. 522 ; Ephemerides, t. XI, p. 236.
994 oS. FAN eDU
CLERGE
nice passionis, les mettant toutes sur le méme pied. Enfin on peut encore citer cette réponse de la S. C. des Rites, du 17 septembre 1897, qui confirme la précéedente :
Stetur Decretis, preeserlim Decreto im Tridentina, d. d. 12 martii 1836, aliisque respicientibus cultum exhibendum ac prescriptum pro reliquiis vivifice Crucis aliorumgque instrumentorum Passionis Dominice’.
Il s’agit évidemment ici des instruments de la Passion qui ont touché le corps de Notre-Seigneur lui-méme, et non d’instruments semblables qui auraient été faits postérieurement par les fidéles, lors méme qu’ils auraient été sanctifiés par le contact avec les reliques authentiques.
Quod dictum est de SSme Passionis instrumentis coarctum intelligi debetad vera prefata instrumenta ; nam si agatur v. gr., ut in casu quoque innuitur, de clavis qui ex contactu cum illis, quibus fuit. Cruci Christus affixus, sanctificati fuerunt, cum decidat ratio specialis venerationis, que ad cultum relativum latrize veris debitum requiritur, non amplius verificatur inconveniens de quo locuti sumus, ut proinde optime inter ceteras Reliquias collocari valeant, et cultum, qui illis Sanctorum tantummodo debetur, sibi vindicare 3%.
Il. — Nature du culte rendu aux reliques de Notre-Seigneur. — Quels honneurs VEglise rendelle aux reliques de Notre-Seigneur ? L’EKglise ne rend pas aux reliques de la Passion les honneurs
qwelle rend a Jésus-Christ lui-méme dans le
Saint-Sacrement; mais elle leur rend des honneurs supérieurs a ceux qu’elle accorde aux reliques des
- saints, 2 cause de la dignité et de l’excellence de
Jésus-Christ qui les a consacrées par l’attouchement de son corps sacré. « Vera Christi Crux, dit Vasquez, ipsum tetigit, attue nostre Redemptionis fuit instrumentum, ratione cujus in honore habetur *. »
Dans le Saint-Sacrement, Jésus-Christ se trouvant présent réellement a droit au culte de latrie au sens strict, tandis que les instruments de la Passion n’ont droit qu’au culte de latrie respectif ; ils ont droit au culte de latrie, parce qu’ils représentent Notre-Seigneur et lui ont été unis de quelque maniere ; mais comme leur excellence est tout 4 fait extrinséque, ils n’ont droit gqu’au culte de latrie respectif 5.
D’autre part, les reliques des saints n’ont droit qu’au culte de dulie, qui est tout différent du culte de latrie respectif dans ses manifestations extérieures.
In Heclesia enim solemne semper fuit, ut varia cultus objecta variis prosequamur venerationis et reverentice signis, pro vario eorum excellentie gradu ; et sicut quam maxime interest ut nulla in hoe confusio apud
*S. R. C., Decreta auth., n. 2740 (4777), ad I.
2 Ami du Clergé, 1898, p. 62.
* Ephemerides, xu, p. 500.
4 Vasquez, De cultu adorationis, lib. 3, c. 2.
* SS. Crucis reliquic latricee cultu adorande sunt, cultu nempe latrie respectivo : cultu latrie, quia Christum repreesentant et ei fuerunt aliqualiter conjunctsx, respectivo quia non habent excellentiam propriam, sed extrinsecam. (Ephemerides, t. x1, p. 287).
fideles existat, quia tandem aliquando confusio in externis ritibus errorem in fide gignere posset, saltem apud rudes, qui seepe swepius ex his quee vident principaliter notitias attingunt suas, sancta Mater Meclesia, vigil fidei custos, sapientissimis legibus, a liturgico cultu omnino excludere nititur que hac in materia fidelibus erroris occasionem preebere possent*.
C’est pour cela que l’Eglise réserve pour l’exposition des reliques de la Passion une place au milieu de l’autel, tandis que les reliques des saints peuvent étre placées au milieu des candélabres ; qu’elle défend de mettre les reliques des saints et celles de Notre-Seigneur dans le méme reliquaire et de les porter ensemble sous le méme baldaquin; qu’elle ordonne d’encenser de trois coups celles de Notre-Seigneur et de deux coups celles des saints.
— Quels honneurs VEglise rend-elle aux rex — liques du Précieux Sang ? On distingue deux sortes de reliques du précieux sang de Notre-Seigneur : les unes que l’on dit émanées du corps méme du Sauveur, et les autres qui sont le produit d’un miracle qui a transformé en sang le contenu du calice aprés la consécration.
49 Parcelles de sang émances du corps de Notre- Seigneur.
Il y en a eu sur tous les instruments de la Passion. On en vénére des gouttes a Bruges, en Belgique 2,4 Mantoue 3, et a Valpolicella, dans le diocése de Vérone*. A Saint-Jean de Latran, on garde du sang et de eau qui coulérent du cdté perce du Sauveur.
Quel culte doit-on a ces parcelles de sang émanées du corps méme du Sauveur ? — « Les mémes honneurs qu’aux autres reliques de la Passion, » a répondu la 8. C. des Rites, le 22 septembre 1827. A Valpolicella, au diocése de Vérone, on gardait dans le méme reliquaire une goutte du sang de Notre-Seigneur, le voile de la sainte - Vierge imprégné de ce sang et une petite croix faite avec du bois de la vraie Croix. Quand venait la solennité de l’exposition, le. célébrant aprés s’étre agenouillé encensait les reliques de trois coups, bénissait le peuple comme on le fait avec le Saint-Sacrement, puis les reposait dans le tabernacle ou se trouvait la sainte Eucharistie. La 8S. C. des Rites interrogée sur la valeur de ces pratiques les a condamneées :
Citra approbationem Reliquiarum, scribatur’ Rmo Ordinario, juxta mentem. Mens autem est : ut permiltat tantummodo illas venerationis et cultus significationes, quee conveniunt Reliquiis de Cruce D.N. J. C.; prudenter vero suaviterque, per se vel per alios Sacerdotes, curet populum docere et erudire, ne scandalum patiatur ex prescripta indebiti cultus reformatione. Kt ita decrevit. Die 22 septembris 18275.
Au point de vue théologique, il est facile de comprendre le motif pour lequel ’Eglise défend Vaccorder a ces reliques le culte de latrie direct.
* Hohemerides, t. x1, p. 236.
*Maugére, Le Bréviaire, p. 518.
3 Amt du Clergé, IX, p. 590.
“S.R. C., 22 sept. 1827, n. 2660 (4634).
°S. BR. C., n. 2660 (4686).
Tout d’abord, il faut rappeler que beaucoup de théologiens pensent, avec le P. Faber, que le sang répandu par Notre-Seigneur pendant la Passion fut repris 4 la résurrection, et qu’en attendant il demeura’ hypostatiquement et immédiatement uni au Verbe.
Si Notre-Seigneur a ainsi repris tout le sang qui avait coulé de ses plaies augustes, il faut avouer que les précieuses reliques conservées ca
et la proviennent d’autres sources, par exemple
de celui qui sortit miraculeusement,a Beryte, d’un crucifix percé par les Juifs, en si grande abondance que les églises en recurent de notables - quantités.
Mais il n’est pas interdit de supposer que, tout en reprenant la masse du sang répandu a la Passion, Notre-Seigneur en aurait laissé quelques parties, par exemple celles qui adhéraient aux instruments de la Passion. Ces varcelles auraient conservé l’union hypostatique tant qu’elles auraient gardé la nature du sang; mais les
agents naturels leur ayant enlevé cette nature, Lunion hypostatique aurait alors cessé, comme cesse la présence réelle lorsque l’altération des saintes espéeces est substantielle. C’est par un travail analogue que le Précieux Sang, pendantla vie temporelle de Notre-Seigneur, perdait sans cesse quelque chose de lui-méme et se renouvelait a Vaide de la nourriture.
Dans ce sentiment, il faut ne pas prendre ayec une rigueur physique absolue le principe commu- -nément admis que Notre-Seigneur a repris tout le sang qu il avait perdu’.
20 Parcelles de sang provenani dun miracle.
— Nous venons de mentionner celui de Beryte.
En voici un autre exemple mentionné dans une réponse de la S. C. des Rites, du 27 juin 1868, in - Celsonen*. Un prétre ayant concgu des doutes sur
la présence réelle pendant qu'il célébrait la messe,
le précieux sang se mit tout 4 coup a bouillonner “dans le ¢alice et il vint bientét 4 déborder, cou-
lant sur le corporal et la nappe avec les appa-
rences complétes du sang. Le Saint-Siége, invitéa vérifier ce miracle, le déclara authentique par une bulle de Sergius IV.
Aujour@hui on conserve encore dans un reliquaire ces linges imbibés d’un sang vermeil, et de tout temps on leur a rendu le culte de latrie direct. Toutefois l’évégue, aprés avoir lu le décret du 22 septembre 1827 que nous avons cité, demanda si on pouvait continuer cette pratique. La Sacrée Congrégation répondit qu’on doit n’accorder 4 ces reliques que les honneurs dus a la sainte Croix : <
S. Congregatio rescribendum censuit ad tramitem Decreti in una Veronen. diei 22 septembris 1827, nimirum: « In casu de quo agitur, permittende tantummodo sunt ille venerationis et cultus significationes que conveniunt Reliquiis de Cruce D. N. J. G.»
‘ Ami, t. IX, p. 590.
2S, BR. G., n. 3176 (5402).
TVAMI DU CLERGE ' 925,
A une question identique dans le fond, mais un peu dissemblable dans les termes, la Sacrée Congrégation avait répondu, le 23 septembre 1837: Ad Sacram Congregationem Inquisitionis '.
Ill. — Mode du culte rendu aux reliques de Notre-Seigneur. — Quelles sont les régies pour les différents honneurs a rendre aux reliques de Notre-Seigneur ? Les reliques de Notre-Seigneur ont droit au culte liturgique et au culte ecclésiastique.
I. — Messe et office. — Toutes les reliques de Notre-Seigneur sont recardées comme insignes et ont droit 4 la messe et 4 office. On doit prendre pour cela les messes et les offices approuvés par la 8. C. des Rites. -
II. — Exposition de la vraie Croix et des instruments de la Passion. — 1° Liew.— A) On ne doit pas exposer ces reliques sur le tabernacle ou est renfermé le Saint-Sacrement :
Quum juxta Decretum Generale Sacre Rituum Congregationis in responsione ad dubium 6, sub die 31 martti
, 1821, eliminanda sit consuetudo apponendi Sanctorum |
Reliquias pictasque Imagines super tabernaculo in quo Sanctissimuin Eucharistie Sacramentum assérvatur, adeo ut ipsum Tabernaculum inserviat pro basi ; queritur : An hoe Decretum vyaleat etiam pro reliquiis Sanctissime Crucis vel alterius Instrumeénti Dominice Passionis publics venerationi expositis? — Rusp. Ad I. Affrmative. (S. R. C., 12 mart. 1886). ?
Le 17 septembre 1898, la méme Congrégation a déclaré qu’on ne pouyait ni approuver ni méme tolérer ’usage plusieurs fois séculaire d’exposer une relique de la sainte Couronne @épines sur le tabernacle oti est renfermé le Saint-Sacrement 3.
B) Défense de placer les reliques de la Passion sur Vautel ou est exposé le Saint-Sacrement *. « Il serait (méme) plus convenable qu’aucune relique ne flit exposée spécialement a la vénération des fidéles dans une partie quelconque de l’église, pendant que le Saint-Sacrement est lui-méme spéclalement exposé a Vadoration des fidéles. Les convenances, en effet, semblent exiger que l’attention des fidéles ne soit pas détournée de l’objet principal par des objets accessoires 5. »
Il n’est pas permis non plus d’exposer la relique de Ja vraie Croix le Vendredi Saint a l’autel ot a reposé la veille le Saint-Sacrement’.
Si les reliques sont exposées sur un autel et qu’on veuille y exposer ensuite le Saint-Sacrement, il faudra ou enlever les reliques, ou du moins éteindre les cierges allumés & cété’.
Si cependant le reliquaire est loin de lautel, on peut laisser les deux cierges allumés; mais il faut veiller 4 ne pas détourner de ce cdté Vattention des fidéles 8.
4 Tbid, n. 2769, ad X, 6°.
2S. RB. C.,.2740 (4777).
3 Ami du Clergé, 1898, p. 62.
4 Maugére, Op. cit., p. 529.
5 Nouv. Revue Théol., x1v, p. 225.
6 Palise, S. Rituum Cong. Decreta, V° De feria vt Parasceves, n. 2; Nowvelle Revue Théologique, x11, p. 672.
7 Ami, 1893, p. 80.
8 Ibid., p. 510.
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On peut exposer les reliques pendant la messe oti le Saint-Sacrement n’est pas exposé }.
C) On ne doit pas les placer entre les chandeliers de Vautel. Aucun décret ne le commande ou ne le défend positivement. Toutefois les liturgistes déclarent que cette place ne leur convient pas. Voici leurs motifs :
a) D’aprés les Rubriques, les reliques des saints sont admises parmi les chandeliers pour plusieurs raisons, dont lune est de servir d’ornement. Or, de méme qu’il serait inconvenant d’employer a cet usage l’ostensoire, qui cependant ferait bon effet avec ses richesses, de méme y a-t-il inconvenance & employer pour ornements les reliques de la Passion qui ont été imprégnées du sang de Notre- Seigneur 2.
b) Les Rubriques prescrivent d’encenser de trois coups les instruments de la Passion ; d’autre part, pour l’encensement a la messe solennelle, on ne peut donner que deux coups per modum unius a toutes les reliques qui sont entre les candélabres ; il s’ensuit donc que si les reliques de la Passion s’y trouvaient, on ne pourrait pas leur rendre les honneurs spéciaux et distincts auxquels elles ont droit.
c) Leenseignement commun des auteurs, qui est une preuve de la pratique commune des prétres et des fideles. On ne trouve aucun auteur déclarant
qu’on peut placer les reliques de la Passion entre .
les candélabres.
D) La place pour exposer les reliques de la Passion est done le milieu d’un autel ot: ne se trouve pas le Saint-Sacrement. Toutefois s'il ne s’agissait que @une exposition passagére, comme celle qui aurait lieu pendant le chemin de la Croix, on pourrait déposer ces reliques sur un autel ou se trouve le Saint-Sacrement ;.
20 Temps. —Le Vendredi Saint, les reliques dela Passion ne doivent étre exposées qu’apres la messe des Présanctifiés. La coutume contraire est un abus qu il faut faire disparaitre, ainsi que l’a déclaré la 5. C. des Rites, le 29 juillet 1780, in Firmana :
An consuetuedo exponendi Feria vi in Parasceve Sacratissimam Spinam Domini Nostri Jesu Christi, ante Missam Preesanctificatorum et consummationem SSmi Sacramenti, sit retinenda; vel potius eadem Sacra Reliquia sit proponenda venerationi fidelium, post peractam dictam Missam et consummatum SSmum Sacramentum ? — Negative ad primam partem; <A ffirmative ad secundam. Kt ita declaravit et servari mandavit. Die 29 julii 1780‘.
3° Mode. — A) Quand on porte les reliques au lieu de l’exposition, cette fonction, disent les liturgistes, doit étre remplie par un prétre revétu du surplis et de l’étole. Plusieurs synodes en font une obligation expresse. On lit dans les statuts de
‘ Ami, 1895, p. 462.
* Quod de Hucharistia evidens est, habita proportione dicendum est etiam de Reliquiis SS. Crucis, que non solum Christum representant, sed etiam pretioso ejus sanguine fuerunt consperse et Christo ipsi aliqualiter conjunctee. (Hphemerides, x1, p. 280; cf. xu, p. 497).
3 Ami, x, p. 378, et xx, p. 528.
4S. BR. C., n. 2518 (4399).
Bologne de 1698: « Nullus laicus audeat easdem de loco ad locum transferre ; sed sacerdotis munus — erit, superpelliceo et stola indutus, de loco ubi asservatur ad altare deferat et de altari pariformiter ad repositorium revehat. » Il faut deux clercs en surplis, portant des flambeaux.
B) Le synode de Cologne en 1622 ordonne de faire garder les reliques exposées par un clere dans les ordres majeurs qui, revétu du surplis, leur fera toucher les objets pieux, chapelets et médailles, présentés par les fidéles.
Quamdiu insignes reliquis sacre in altari vel alio loco erunt palam exposite, tamdiu candele accense due ibidem colluceant, atque ad earumdem custodiam adsit clericus majoribus initiatus ordinibus, vite morumque honestate comprobatus, et superpelliceo indutus : hujus enim, non laici opera ministeriove adhibito, licet christifidelibus pietatis et religionis causa, rosaria seu numismata ad sacrarum reliquiarum capsulas oculosve admovere et attingere vel aliquas sacras reliquias fidelibus osculandas porrigere '.
Un décret du 12 juin 1660 reconnait qu’une »
relique peut étre gardée par des laiques *.
C) Quand les reliques de la Passion sont exposées, il est permis de s’asseoir au choeur, la téte couverte. C’est ce que dit formellement la 5. C. des Rites dans le décret in Lucionen., du 23 mai 1835. —
D) Génuflexion. — Lorsqu’on célébre sur un autel oti est exposée une relique de la vraie Croix, les officiants se comportent de la méme maniére que sils célébraient devant le tabernacle fermé contenant le Saint-Sacrement. Par conséquent ils ne suivent point les cérémonies prescrites pour la messe devant le Saint-Sacrement exposé; ils fléchissent un seul genou en arrivant 4 l’autel et en se retirant, et toutes les fois quils passent devant le milieu de l’autel, ou d’un cété a Pautre?:
...le An cxeremoniz in Missa coram Sacre Crucis Signo palam exposito, differant ab iis que in Missa coram Sanctissimo Sacramento adhibentur ?
Resp. Ad I. Affirmative ; et solum est genuflectendum in accessu et recessu, et quoties opus sit transire ante medium Altaris, seu alatere ad latus, ut in incengatione.
Atque ita rescripserunt ac servari mandarunt. Die 23 maii 1835 *.
Ceux qui passent devant l’autel ot: sont exposées les reliques de la Passion ne doivent eux aussi fléchir qu’un seul genou, et la génuflexion 4 deux genoux est contraire aux décrets de la S. C. des Rites. Nous citons deux décrets dans ce sens :
.. 7 Utrum transeuntes ante expositam Reliquiam Sanctissime Crucis, debeant genu usque ad terram flectere, vel sufficiat semigenuflexio, uti solet fieri coram Episcopo? Et num eadem genuflexio facienda sit ante predictam Reliquiam Sanctissime Crucis, quee, licet non sit exposita, asservatur tamen occlusa in aliquo altari : aut etiam quando exposita est sed non apparet, quia pars, que respicit populum, habet figuram Christi Crucifixi ? :
Resp. Ad VII. Si loco principe Reliquia Sanctissime Crucis super Altare fuerit exposita, tunc transeuntes
' Nouvelle Revue, 1876, p. 824.
SP RAC re nelho: ;
> Maugére, Le Bréviaire Romain, p. 522.
*S. RB. C., n. 2722 (4948).
ante illam unico genu usque ad terram flexo venerare debent ; sola vero capitis inclinatione, si preefata Reliquia recondita erit in custodia. Et ita declaravit. Die 7 maii 1746".
...2° Quum coram Sanctissimo Sacramento palam exposito omnes in Choro stant nudo capite, nec transeunt ante medium Altaris, quin genua flectant, queritur : Anne idem observari debeat coram Signo Sanct Crucis palam exposito ?
Resp. Ad Il. Negative ad utrumque; sed tantum unico genu in transitu. Die 23 maii 1885 *.
EF) Quand la relique est exposée dans une custode, on incline seulement la téte, comme il est dit dans la décision du 7 mai 1746.
Ff) Luminaire. Quand on expose pour un certain temps les reliques de Notre-Seigneur, on allume devant elles une lampe et deux cierges. Nous reverrons cette loi plus en détail.
Le nombre de deux cierges n’est pas limitatif, on peut en mettre davantage. Toutefois il est bon de rappeler cette recommandation insérée dans le Compendium rubric. des Peres Jésuites : « Quocumque tandem loco exponatur imago etiam Domini, illud cavendum erit ne ea, numero luminum et reliquo cultu, magis honorari videatur quam expositum SS. Sacramentum. »
III. — Hncensement des reliques de la Passion.—1°HEncensement des reliques exposées. Quand les reliques de la Passion sont exposées, on doit les encenser de trois coups : « Novimus sacram Rituum Congregationem decreto diei 23 septembris 1837 statuisse, tam reliquiam Sanctissime Crucis, quam ceteras Passionis debere thurificari triplici ductu *. » Le décret du 20 mars 1869 est trés explicite a ce sujet :
Detur Decretum Sacre Rituum Congregationis im Varsavien. 7 maii 1746 ad VII et im Lucionen. 23 maii 1835 ad J et II. Signum vero Sancte Crucis thure adoletur
triplici quidem ductu a sacerdote non genuflexo, sed stante, etiam Feria VI in Parasceve, juxta Decretum
Sacre Rituum Congregationis 23 septembris 1837 in
Mutinen. ad X *.
Mais il est expressément défendu de les encenser & genoux, méme le Vendredi Saint :
An saltem in dicta Feria (VI in Parasceve) incensari debeat eadem reliquia (Sanctissime Crucis) a sacerdote genuflexo ? — Resp. Negative, juata Decreta *.
L’encensement des reliques de la vraie Croix se fait donc debout entre deux génuflexions °.
290 Encensement des reliques de la Passion pendant la messe et les vépres. — a) Quand on chante la messe 4 un autel sur lequel se trouve exposée une relique de la vraie Croix, le célébrant encense d’abord la croix de Vautel, puis la
relique, suivant un décret du 23 septembre 1885 :
Quum in altari sit exposita Reliquia Sanctissime Crucis, Celebrans in Missa cantata incensare debet
RB. G., n. 2722 (4748).
RG. Seo 430) Soke Gan: 5 ; S.R. C., in Mutinen., 23 sept. 1837, n. 2769, ad X, 1°. Ami, 1898, p. 480.
modo solito imaginem Crucifixi in principe loco positam, et postea Reliquiam 8S. Crucis '.
Dans le cas ot la relique serait renfermée dans la croix qui lui formerait reliquaire, il suffirait dencenser de trois coups per modum unius la croix et la relique 2. « Non enim distincta objecta tunc efformant crux altaris et crucis reliquia; sed hee quodam modo sanctificat aliam et nil novi addit, nisi majorem vyenerationem, ut proinde requiratur genuflexio ex parte quoque celebrantis, thurificantis, etc. »
6) On doit suivre les mémes régles pour les vépres : « Extra dubium vero manet, ex identitate rationis, quod dicitur de missa intelligi debere etiam de vesperis. » «
IV. — Baisement des reliques de la Passion. — 1° Il est permis, du moins ou Vusage existe, de donner a baiser aux fidéles les reliques de la Passion. Ainsi l’a déclaré la 8. C. des Rites, dans la décision du 23 septerabre 1837 : « An admittendi sint fideles ad osculum dict Reliquix (Sanctissime Crucis)? — Rasp. Servetur consuetudo *. »
Les liturgistes d’autre part, regardant cet acte comme un honneur rendu aux reliques, l’autorisent en toutes circonstances *.
Nombreux sont les synodes qui déclarent cet usage louable.
20 Qui peut présenter les reliques a baiser ? — I] n’est pas nécessaire que celui qui donne la. relique a baiser soit prétre ; il suffit qwil soit dans les ordres sacrés. Pour le diacre, nous ne trouvons aucune difficulté, puisqu’en assistant le prétre a Vautel il a le droit de toucher l’ostensoire contenant lV’hostie sainte, le saint ciboire rempli de particules consacrées, le calice avec le précieux sang : ce droit est bien supérieur a celui de prendre en main un reliquaire et de le faire baiser au peuple. Aussi croyons-nous que le sous-diacre jouit égale- ~ ment de la prérogative que nous venons de reconnaitre au diacre, quoiqu’il ne puisse toucher les vases sacrés que lorsqwils sont vides.
30 Quels ornements sont nécessaires ou permis ? —a) Le surplis. [est indispensable. Le-surplis est en effet le vétement ecclésiastique de rigueur dans toute fonction a l’église. Non seulement le prétre doit porter un surplis quand il administre des sacrements, mais le clerc ou ecclésiastique qui ’accompagne et qui l’assiste dans ces cérémonies doit aussi nécessairement porter le
4 Analecta Eccles., 1898, p. 484.
2 Analecta, 1898, p. 434; Ephemerides, 1898, p. 503.
3S. BR. C., n. 2769 (4815), ad X, 4°.
“ «Sanctorum Reliquias Ecclesia Dei semper est venerata : cujus venerationis initium ab apostolicis usque temporibus repetendum esse infinita prope modum monumenta evincunt. Jure ergo meritoque in eorum festivitatibus aliisque diebus exponuntur, ac etiam fidelibus ipsis ad osculandum exhibentur. Hoc autem, sicuti ex Concil. Trident. sess. xxv, plurimum valet excitande eorum fidelium pietati ac devotioni. » (Nouv. Revue Théol., VIII, p. 822). — « Poterunt reliquiz super altare exponi fidelium venerationi, iisdemque osculande exhiberi, » dit Cuppini. (Instruct. Liturg., Bononie, 1781, p. 228).
surplis. Telle est la disposition formelle du Rituel Romain. A plus forte raison le ministre sacré qui présente une relique 4 baiser devra-t-il porter le surplis.
b) L’étole. Hst-elle nécessaire au prétre qui donne les reliques 4 baiser? Malgré lautorité que nous reconnaissons aux liturgistes et aux synodes que nous avons cités, nous pensons que non, avec le synode de Cologne. Cette cérémonie n’est pas de celles qui sont rangées par le Rituel au nombre des fonctions qui requiérent le port de 1’étole. Sans doute, si elle était unie 4 une procession gu’elle terminerait, ou 4 une bénédiction qu’elle précéderait, nous admettrions que l’officiant ne put se passer de l’étole; mais quand elle est seule et isolée, il nous parait que l’étole n’est nullement nécessaire. Quant aux synodes et aux canonistes qui nous paraissent opposés, nous ferons remarquer qwils supposent l’exhibition et le baisement des reliques comme unis 4 une procession ou a une bénédiction, et que partant ils ne nous sont pas réellement contraires.
De quelle couleur sera Vétole en un jour ow les messes votives sont permises ? — Est-ce l’étole de la couleur qui convient au saint dont on possede la relique ? Est-ce l’étole de la couleur du jour? Cette derniére est exigée pour la distribution de la sainte communion, quoique le blanc convienne spécialement au Saint-Sacrement. Mais, ainsi que chacun le sait, il y a entre la célébration de la messe et la communion une connexité de droit qui nexiste pas pour le baisement d'une relique.
D’autre part, le port de Vétole n’étant pas requis pour cette fonction, il ne parait pas qu’une couleur doive étre plutdt exigée que l’autre. Cest pourquoi nous estimons qu’on pourra, a son choix, prendre soit ’étole de la couleur du jour, soit celle qui convient au saint dont on fait baiser la relique. Le lecteur comprendra quwil est difficile de donner une solution catégorique en un point qui n’est pas traité par les auteurs et sur lequel la S. C. des Rites n’a pas été amenée a se prononcer !.
Pourrait-on donner une relique a baiser revétu des ornements sacrés immédiatement apres la messe ? — Lorsque la cérémonie se fait 4 Pautel méme ot l’on a célébré et ot. sans doute on a fait Vexposition de la relique, rien ne s’oppose 4 ce que celle-ci soit donnée a baiser par le prétre encore revétu de la chasuble. Mais si elle se fait a un autre autel, comme il n’y a nulle liaison entre la messe et la fonction qui suit, nous estimons qu’il est nécessaire d’dter au moins la chasuble et le manipule. Nous tirons cette solution de l’analogie qu'il y a entre cette cérémonie et la distribution de la sainte communion. On sait qu’aux termes du Rituel romain, pour distribuer la sainte communion a l’autel ou il vient de célébrer, le prétre conserve la chasuble et le manipule, mais qu'il les d6te quand il donne la communion a un autre autel. Pourquoi n’en serait-il pas de
‘ Nouw, Rev. Théol., vit, p. 3828.
méme quand il s’agit de faire baiser des reliques ? Au surplus, la 8. C. des Rites s’est prononcée sur le premier point, et elle autorise le célébrant a donner, a l’issue d’une messe basse, quelque relique & baiser sans éter la chasuble et le manipule :
Utrum sacerdos in missa privata, sacris indutus paramentis, possit cineres distribuere, et sanctorum reliquias deosculandas prebere, uti mos est in Veronensi dicecesi, expleta missa? — Rusp. Affirmative. Die 16 martii 1883 *. :
4o Cérémonies du baiser. — a) Les auteurs recommandent de ne pas présenter la relique a nu aux baisers du peuple, mais de la recouvrir d’un eristal ou d’un verre. « Nude nunquam deosculantium pateant occursui, verum sub crystallo, seu solidiori vitro fideli populo preparentur ad osculum, » dit Cuppini, cité a la page précédente.
b) Bragalia insiste pour que chaque fois le prétre essuie le reliquaire avec un linge, pour ménager la susceptibilite de ceux qui viennent a la suite : « Toties vero sacerdos cum panno lineo reliquiam absterget quoties deosculandam prebebit, ne alterius deosculatio nauseam faciat. »
c) Quelle formule employer 2 Rien de prescrit a ce sujet. Il en est qui donnent les reliques a baiser en silence. Bragalia conseille la suivante : Per merita Passionis, aut Infantic D. N. J. C., liberet te Deus ab omni malo. Le synode de Liege de 1851 impose celle-ci pour le diocése : Per signum Crucis de inimicis nostris libera nos, Deus nosier *. Ceest aussi celle que nous avons conseillée 3.
a) Y a-t-il des indulgences accordées ad ceux qui baisent une relique de la vraie Croix? La Raccolta n’en mentionne aucune *.
V. — Procession avec les reliques de la Passion. — 1° Officiants. C’eest le célébrant lui-
.méme qui porte les reliques de la Passion, comme
on porte l’ostensoire *, en se couvrant les mains de Vécharpe. Elles peuvent étre précédées de deux thuriferaires 5,
29 Ornements. — L’évéque peut garder la mitre pour porter dans une procession les reliques de la Passion : « Quum licitum sit Episcopo incedere — cum mitra quando defert reliquiam Signi Sanctissimee Crucis in processionibus...’ » Le simple prétre revét le surplis, ’étole, la chape et le voile huméral, pour porter les reliques de la Passion 8,
3° Baldaquin ou dais. — D’aprés le Cérémonial des évéques, le Rituel romain et les autres livres liturgiques, ’usage du baldaquin est réservé a la sainte Kucharistie. Aussi la S. C. des Rites a-t-elle, dans le principe, déclaré que e’était un abus de
* Nouv. Rev. Théol., vit, p. 326.
2 Statula diecesis Leodien., n. 270.
* Ami, 1895, p. 861.
‘Ci. Nowo, Rew. th., xx, prool-
> Amt, VI, p. 840.
®° Maugére, Le Bréviaire, p. 522.
7S. R. C., mn: 2769 (4815), ad TV:
8 Ami du Clergé, t. v1, p. 340.
Cette livraison est la suite du no 43 dé VAMI DU CLERGE du 25 Octobre 4900 - 920
porter sous un baldaquin soit les reliques des saints, soit méme celles de la Passion, et elle a
invité les évéques a le faire disparaitre.
Mailgré tous les efforts de l’épiscopat, la pratique continua d’une maniére presque universelle.
La Sacrée Congrégation crut devoir user de tolérance, mais pour les seules reliques de la Passion. Le motif, c’est que ces reliques ayant été sanctifiées par le contact physique du corps de Notre-Seigneur et imprégnées de son sang, ont été sanctifiées @une maniére particuliére et ont droit - a des honneurs spéciaux, différents de ceux qu’on rend aux saints. :
Malgré cela, ’abus de porter les reliques des saints sous un baldaquin ne disparut pas complétement. Quelques-uns méme trouyérent un ingé- - nieux moyen de tourner la loi: quand ils voulaient z porter des reliques de saints sous un baldaquin, ils plagaient au-dessus de ces reliques une relique de la vraie Croix, pour faire profiter les premiéres des honneurs accordés 4 la seconde. ;
‘Sur des plaintes nombreuses émanées des évéques, la S.C. des Rites porta un décret général daté du 27 mai 1826, qui relate tous les faits que nous venons d’exposer, défend d’une maniere expresse de porter les reliques des saints sous un
-baldaquin, et accorde cet honneur aux reliques de la Passion, 4 condition qu’elles seront seules :
Dandum esse decretum generale, quo juxta alias resoluta, caveatur et per modum regule ubique servande preefiniatur, ne in posterum alicubi per quoscumque, quolibet sub prietextu solemnitatis, devotionis, pietatis, privilegii, indulti, concessionis, tolerantie, consuetudinis licet immemorabilis, quam abusum non ferendum
-declararunt, liceat unquam Sanctorum Reliquias processionaliter sub baldachino circumferre ; tolerari tamen posse et permitti, quod Signum SSme Crucis aliaque Instrumenta Dominice Passionis, peculiari horum attenta veneratione habitaque ratione fere universalis consuetudinis, deferantur sub baldachino, dummodo tamen id fiat seorsim et disjunctim a Sanctorum Reliquiis, quibus distinctivum hoc honoris omnino non con- -yenit ; et ad Secretarium cum SSmo *.
VI. — Bénédiction avec les reliques de la Passion. — 19° Peul-on donner la bénédiction - avec les reliques de la Passion? Oui. Cette réponse va ressortir de tout ce que nous allons dire ?.
Rien n’empéche de donner la bénédiction avec les reliques de la Passion 4 un office ott l’on doit donner la bénédiction du Saint-Sacrement : ce sont deux cérémonies distinctes qui peuvent se faire toutes deux *.
20 Quand ? La bénédiction doit se donner toutes les fois qt’il y a eu exposition ou procession-avec les reliques de la Passion :
An post expositionem vel processionem Reliquie S. Crucis, quando reliquia reponitur, benedicendus sit ‘populus cum illa? — Resp. Affirmative a
30 Avec quels ornements ? — a) Il faut le sur-
49. BR. G., n. 2647 (4620). | 2 Cf. S. BR. G., n. 2769 (4815), ad X.
2 Ami, 1898, p. 416. a
‘ ot C., 15 pope. 1736, n. 2824 (4051), ad T.
plis, qui est le vétement ecclésiastique de rigueur dans toute fonction a l’éclise.
6) L’étole est obligatoire, 4 cause dé la bénédic+ tion *. .
c) La chape n’est pas obligatoire, mais on peut certainement s’en servir 2.
d) Le voile huméral est obligatoire *.
La S.C. des Rites a déclaré, le 23 septembre 1837,’
qu’on pouyvait suivre la coutume pour la couleur de la chape : « Cujus coloris debeat esse pluviale pro tali benedictione? — Resp. Servetur consuetudo *. » Il s’agissait la d’une bénédiction donnée le Vendredi Saint. Le 2 septembre 1871, la S. C. des Rites a étudié le cas ot la bénédiction serait donnée un autre jour en dehors des fonctions du choour et elle a déclaré que le rouge était obligatoire : In casu paramenta esse debere coloris rubei
L’évéque qui donne la bénédiction avec les reliques de la Passion doit avoir la téte nue:
Je An possit episcopus benedictionem solemnem populo impertire cum dicta reliquia (SS. Crucis), retenta mitra? 2° An saltem cum pileolo? — Rusp. Quoad 1, Benedictionem, capite detecto, impertiendam esse in casu. — Quoad 2, Negative °.
49 Cérémonial. — Voici le cérémonial 4 suivre par le simple prétre :
Il fléchit un genou devant la relique, met de l’encens, fléchit encore un genou, puis se tenant debout et non a genoux, méme le Vendredi Saint, il encense trois fois la relique. Ensuite il se revét de V’écharpe, fait la génuflexion devant Ja relique, la prend avec l’écharpe et signe le peuple comme sil bénissait avec le Saint- Sacrement, sans rien dire ’.
Aucune formule de prieére n’est obligatoire avant cette bénédiction. Toutefois on peut, le Vendredi
Saint, réciter &4 genoux ou debout V’oraison Respice, yuesumus : ;
Num oratio Respice quesumus, in eadem feria vi, recitanda sit ante benedictionem a sacerdote erecto vel genutlexo? — Resp. Servetur consuetudo *.
Pendant la bénédiction, le célebrant garde le silence comme pendant la bénédiction du Saint- Sacrement, et il ne peut dire nila formule Benedicat vos omnipotens Deus, ni aucune autre :
... 8° Quum in hac Dicecesi, sicut in multis Galliarum Diacesibus, Sacerdos benedicendo populum cum Sanctissimo Sacramento dicat cum cantu verba : Benedicat vos omnipotens Deus, Pater, ete.; queritur : An possit aut debeat idem ritus servari etiam in benedictione cum Signo Sanctissimee Crucis? — Rmsp. Ad III. Neutrum licere; jumta Decretum in una Caputaquen. diei 9 februarii 1762.
Atque ita rescripserunt ac servari mandarunt. Die 23 maii 1885 °.
1 Nouvelle Revue Théol., vit, p. 3820; Ami, 1897, p. 607. 2a" BR. C., n. 2769 (4815), ad X, 2°.
® Maugére, Le Bréviaire Romain, p. 528.
4 Thid.
®S. BR. C., in Fabrianen., 2 sept. 1871.
6S. RB. C., 23 sept. 1837, n. 2769 (4815), ad LV, 1o ef 2°. 7 Maugére, Le Bréviaire Romaim, p. 528.
‘8S, R. C., nm. 2769 (4815), ad X, 3°.
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VII. — Patronage pour les reliques de la Passion. — II n’est pas permis de choisir comme patron la Couronne d’épines de Notre-Seigneur. Toute élection de cette sorte est nulle de plein droit, et ’évéque doit obliger 4 recommencer. Le 20 septembre 1680, in wna Celsonen., la 8. C. des Rites déclara :
Non licuisse eligere in Patronas Sacras Spinas Coron Domini Nostri Jesu Christi; et ideo mandavit scribi Episcopo Celsonen., qui declararet nullitatem electionis factze ab Universitate Castri Tarrage Celso-
nensis Dicecesis, et doceat de executione. Die 20 septembris 1680 '.
2° Reliques de la sainte Vierge I. — Enumération des reliques de la sainte Vierge
40 Cheveux de la sainte Vierge. — Contre l|’authenticité de ces cheveux, on peut objecter que la sainte Vierge, en montant au ciel avec son corps ressuscité, y a emporté ses cheveux. A cela les Ephémérides répondent : « Dici potest verum esse in resurrectione B. Virginem capillos servasse, sed quid mirum si eorum pars a devotis ejusdem B. Marie dissecta et servata putetur ? 2 »
Les Analecta en parlent ainsi : « Quamvis B. Maria Virgo capillos suos in resurrectione servaverit, optime dari potuit quod fideles aliquos ex illius capillis praciderint et servaverint, et reapse plures sunt Ecclesie, inter quas et Vaticana Basilica, in quibus Reliquiw ex capillis B. Mariz publice Fidelium venerationi exhibentur. »
Ainsi on trouve des cheveux de la sainte Vierge ala basilique Vaticane, a Saint-Jean de Latran, a Sainte-Marie in Trastevere, a Saint-Roch, 4 Saint-Marc, a Saint-Jean et Saint-Paul, toutes églises de Rome. Il y en a aussi a Frascati °.
20 Tuniques de la sainte Vierge. — On ena gardé plusieurs.
Il y en a une a Aix-la-Chapelle. Les Lphémerides la décrivent ainsi :
Peculiari mentione digna judicanda Camisia Beatie Mari Virginis. Illa creditur, quam Deipara gestabat, uti fert traditio constans, in Christi Filii sui nativitate. Textilis est coloris albidi, ex gossipio, altitudinis metr. 1 m. 60, latitudinis vero 1, vestibusque mulierum orientalium plane similis.
On en vénére une aussi a Chartres. Mer Barbier de Montault dit a ce sujet :
La cathédrale de Chartres se flattait de posséder la chemise que la sainte Vierge portait lors de l’Annonciation et au moment de la naissance de son divin Fils. En réalité, cette prétendue chemise n’était quwun « voile. » En tout cas, dans les fac-simile qui en furent faits, on lui donna, en dernier lieu, la forme de ce vétement étendu, c’est-a-dire les bras déployés horizontalement et le corps plus large que Vencolure. Le chapitre la mit sur son sceau en 1450 et sur ses armes en 1514.
* Ephem., xu, p. 20.
* Barbier de Montault, Guvres complét th p. 238-287. | Wienate One meae oe
Le Rosier de Marie concilie ainsi la tradition et la science: « Le voile ou vétement intérieur de la [rés. sainte Vierge regut de la voix populaire le titre de gainte tunique ou de Sancta camisia : de 1a, la forme qui lui est donnée sur les armes du chapitre. Cest quwen effet ce voile en tenait lieu, jusqu’a un certain point, chez les femmes de la Judée, puisqu’aprés avoir couvert la téte, il se croisait sur la poitrine et enveloppait aussi le corps 4 V’intérieur, sous le manteau dont les Juives avaient coutume de se couvrir. Le tissu de ce voile est d’une étoffe de soie écrue. Un savant en renom, consulté par Monseigneur de Lubersac, déclara, a la seule inspection, sans connaissance préalable de Vobjet, que ce tissu venait d’Orient, qu'il était d’usage pour les femmes dans ces contrées, et que son antiquité devait étre de prés de deux mille ans ‘. »
30 Voiles de la sainte Vierge. — On conserve a Valpolicella, au. diocése de Vérone,.un voile de la sainte Vierge couvert du sang de Notre- Seigneur 2. On rencontre des parcelles de voile dans la plupart des églises de Rome.
ko Ceinture de la sainte Vierge. — D’aprés Mer Barbier de Montault, la vraie ceinture de la sainte Vierge est restée a4 Constantinople. Quant . aux ceintures qu’on montre 4a Loches, au Puy et ailleurs, ce ne sont que des fac-simile d’un original inconnu °.
Il. — Honneurs dus aux reliques de la sainte Vierge
40 Les reliques de la sainte Vierge sont regar-. dées comme insignes, a cause de sa dignite de mere de Dieu. Aussi ont-elles droit au culte liturgique, c’est-a-dire ala messe et a loffice, comme celles de Notre-Seigneur.
20 Kes ont droit 4 un culte supérieur a celui accordé aux reliques des saints. Aussi ne doit-on pas les méler dans le méme reliquaire avec celles des saints. Pour la place, on doit leur accorder la premiére apres celle laissée aux reliques de la Passion.
Instamus in distinctione, que sempet manet, non obstante wqualitate juris in thurificatione, specialis cultus exhibendi Reliquiis B. Marie, nempe hyperdulie, ex quo requiritur, uti ex extrinseco patet, ut locus princeps in altari ipsis tribuatur, nec cum ceteris sanctorum tribuatur +.
30 I] ne convient pas de placer les reliques de la sainte Vierge entre les candélabres; la place la plus digne pour elles, c’est au milieu de l’autel, devantla croix *.
40 Pour ’encensement, il ne se fait que de deux coups et debout, comme pour les saints «6 « B. Marie V. reliquie, quoad incensi honorem, non discriminantur ab aliis sanctorum. »
1 Ibid., p. 322.
* Guvres completes, t. vi, p. 817-321.
“ Hphem., xu, p. 500.
* Quoad reliquias B. Marie Virginis haud conveniens esse videtur illas inter altaris candelabra exponere, propter specialem cultum hyperduliz scilicet quie ad illas spectat, ex quo requiri videtur ut nonnisi in precipuo Altaris loco, in medio seilicet ante Crucem exponantur. (Anal. Eccles., 1898, p. 484).
° Nouv. Rev. Théol., xm, p. 672; Ephem., xu, p. 500.
3° Reliques des saints inscrits au Martyrologe
On rend a ces reliques, avons-nous dit, un culte de dulie que I’Kglise reconnait et par le culte liturgique en certains cas et par le culte ecclésiastique. Nous allons en expliquer les manifestations.