GE QUI EST DEFENDU
Benoit XIV Vexprime en ces termes : A/ferre nempe carnes in mensam cum piscibus 2. Ailleurs, il parle des mets permis et des mets interadits, epulee licttee et epule interdicte. Saint Alphonse dit carnes et cibum legalem.
I. — En somme, il s’avit dans les deux cas de chair proprement dite, et non de legumes, comme le prouve la décision suivante delaS. Pénitencerie du 8 février 1828 :
Utrum tempore jejunii liceat mixtio carnis cum leguminibus ?
Resp. Carnes cum quibuscumque leguminum speciebus misceri posse, extra dubium est.
Ballerini ajoute a cette décision la remarque suivante : « Quasi vero legumina sint pisces et non possit eadem omnino shea au moveri pari ratione de pane, sale, aqua, etc *
II. — Toute la chair du régne age est partagée en deux classes, dont l’une est permise et lautre défendue, comme on peut le voir par la réponse suivante du 10 juin 1745:
IV. Quenam sunt epule licite, que vetantur cum interdictis iis conjungi?
Resp. Epulas licitas pro tis quibus permissum est carnes comedere, esse carnes ipsas; epulas interdictas esse pisces, ideoque utrumque simul adhiberi non posse. Piscibus tamen edendis non interdicuntur tw, quibus datur tantum facultas adhibendi ova et lactecinia.
Dans tous les documents que nous avons parcourus, dans tous les auteurs que nous avons étudiés, nous n’avons trouvé nulle part un mot permettant de conclure qu'il y efit des animaux neutres, si nous pouvons employer cette expression, dont on put faire usage en toute occasion, Nous appuyons sur cette remarque, parce qu’elle nous fournira les moyens de résoudre la difficulté qui a motivé cette étude.
III. — Quelle est la ligne-de démarcation entre les deux classes, entre les animaux permis et les ani-
4 Const. Non ambigimus, § 1.
2 Const. Libentissime, § 3.
® Ballerini, J. c., p. 796, n. 23.
‘VVAMI DU CLERGE
maux défendus? — II ne faut certainement pas la chercher dans une classification rigoureuse des genres et des espéces, mais bien dans l’estimation commune, comme dit saint Alphonse: « Ad discernendum que-animalia reputanda sint carnes, quamvis non leve indicium sit attendere an illa diu extra aquam vivere soleant; magis tamen attendenda est communis cestimatio fidelium ac judicium medicorum, si reputent carnes vel pisces. »
Ballerini expose la méme pensée. Aprés avoir cité le passage de saint Alphonse que nous venons de donner, il conclut : « Hine ait cum pluribus, non vetari carnes limacum, testudinum, ranarum, locustarum et concharum; quia equiparantur piscibus. Idem, inquit, Millante et Tamburini aiunt de viperis, que similes sunt anguillis. »
Crest d’ailleurs la doctrine de la S. Pénitencerie:
Utrum tempore jejunii, cui licitus est usus carnium liceat miscere testacea marina, que improprie fructus maris dicuntur, sed vulgo pisces censentur (id est ostriche, telline, patelle, canolicchi, cappe, granchi, elG.)'?
Resp. die 16 januarii 1834: Testacea marina, que improprie fructus maris dicuntur, sed vulgo pisces censentur, vetari miscere cum carnibus, quoties carnis et piscium mintio vetita sit.
IV. — Sous le nom de chair des animaux, on entend la chair proprement dite.
En conséquence il est permis, guand le gras ou Vassaisonnement au gras sont aulorisés :
1° De prendre dans le méme repas du poisson et du potage gras, ou des légumes cuits avec le jus de la viande. ,
Saint Alphonse est de cet avis : « Scribit autem Angelus Franzoia... quod dispensatus ad carnes, si pulmentum vulgo Minestra carnium jure coctum comedit, licite vesci potest non tantum lacticiniis et ovis, sed etiam piscibus. Ratio, ut puto, quia prohibitio Pontificis non miscendi carnes et pisces, stricte intelligenda est, nempe cum comeditur proprie ferculum carnium, sed jus carnium, magis quam edulii, condimenti rationem habet. »
D’aprés Lehmkuhl, il faut appliquer 4 ce cas la décision suivante de la S. Pénitencerie ! :
Illi, quibus licita est cibi qualitas, possuntne diebus jejunii vesci solo jusculo carnis, ut sue prospiciant valetudini ac preterea uti cibis esurialibus, ut obtemperent,
quantum fieri possit, ciborum precepto ?
Resp. die 8 februarii 1828 : Affirmative.
20 De manger avec du poisson des ceufs et du laitage, qui cependant sortent de l’animal et sont défendus par la loi ordinaire : « Piscibus tamen edendis non interdicuntur ii, quibus datur tantum facultas adhibendi ova et lacticinia, » dit la déclaration du 40 juin 1745.
De méme le mélange des ceufs et du laitage avec les assaisonnements au gras est permis :
An illi, quibus licitus est esus carnium diebus, qui-
‘ Lehmkuhl, Theologia moralis, t. 1, n. 1214, 5.
bus utuntur tantum lacticiniis, possint uti condimento
laridi liquefacti.
Resp. 8 februarii 1828 : Affirmative.
V.— Sous le nom de poissons, on comprend tout ce qui est réputé poisson, en quelque état qu'il soit servi, méme comme assaisonnement.
La premiére partie de Ja proposition se trouve prouvée par la décision de 1834 rejative aux tesiaceis marinis que improprie fructus maris dtcuntur, sed vulgo pisces censentur.
Voici la preuve de la seconde dans une autre partie de cette méme décision :
Utrum lege vetite permixtionis cum carnibus, comprehendantur pisces sale siccati (vulgo salumi, id est acciughe, mosciame, caviale, aringhe, tarantelle aliaque his similia); an potius misceri possint ad instar condimenti alterius ferculi?
Resp. 16 januarii 1834 : Pisces sale siccatos... vetartr
miscere cum carnibus, quoties carnis et pisctum mixtio vetita est.
Comme tous les auteurs rangent les escargots, limaces, parmi les aliments de nature animale qui sont permis les jours d’abstinence, il s’ensuit que leur usage est interdit avec la viande 1.
Devant cette unanimité, nous ne pensons pas qu'il soit au pouvoir d’un particulier de déclarer carnes les escargots et d’en manger avec de la viande dans le méme repas.
Vous pensez le contraire et nous demandez si votre opinion est probable; 4 vous de juger d’aprés ce que nous venons de dire.