FIN
QUESTIONS de science ecclésiastique CONSULTATIONS. DIVERSES
Q. — 1° Ami, page 671 (2¢ col.) : « Pour avoir part a Voffrande du saint sacrifice en tant qu’elle est faite au nom de l’Kglise, et aux priéres liturgiques, il faut appartenir au corps de l’Kglise... »
Je suppose, d’aprés la réponse ad II, qwil s’agit uniquement dans le passage précité, des défunts. D’autant que le vendredi saint l’Kglise dans ses priéres liturgiques prie pro Schismaticis et Heriticis et pro perfidis Judwis. Mais ’Eglise se désintéresserait-elle de ceux qui appartiennent a « l’ame de l’Eglise, » quand il s’agit de défunts ?
20 Je comprends que le prétre ne puisse annoncer officiellement une messe pour un hérétique défunt, mais
: pourquoi, pouvant appliquer de son chef l’oblation du saint sacrifice pour cette Ame, ne le pourrait-il pas « en vertu d’une demande qui lui serait faite ou d’une obligation résultant d’un honoraire recu pour cette application? »
R. — Ad I. Il s’agit, dans le passage précité, non seulement des défunts, mais aussi des vivants qui n’appartiennent pas au corps de l’Eglise.
La raison tirée des priéres que l’Eglise fait le vendredi saint est sans valeur: car ce suffrage est unique dans le Missel et les auteurs font remarquer qu’en cette circonstance I’Kglise déroge & sa pratique. Dvailleurs, dans ces oraisons, comme dans la messe votive ad tollendum schisma, iln’y a pas d’application particuliere du fruit du saint sacrifice, mais seulement une priére faite 4 Dieu pour la conversion des hérétiques,
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des schismatiques ou des juifs. L’application du fruit de la messe 4 tel ou tel infidéle, a tel ou tel hérétique, revét un tout autre caractére.
Prier pour la conversion des paiens, des hérétiques, des schismatiques, des juifs, et offrir a cet effet le saint sacrifice, rien ne le défend : cette priére entre tout a fait dans les intentions de l'Kglise, elle a pour but formel la propagation de la foi et ’extension du régne de Notre-Seigneur.
Il reste done qu’on ne peut appliquer la messe a aucun de ceux gui vivent ou sont décédés hors du corps de l’Kglise, mais qu’on peut prier pour la conversion des vivants. Ce double point de vue et cette double solution sont contenus dans la réponse ‘suivante du Saint-Office : « Utrum possit aut debeat celebrari Missa ac percipi eleemosyna pro Greco schismatico, qui enixe oret atque instet ut Missa applicetur pro ipso, sive in ecclesia astante, sive extra ecclesiam manente? — Rusp. Juxta exposita non licere, nisi constet expresse eleemosynam a schismatico preberi ad impe-.
trandam conversionem ad veram fidem. » (19 april. 1837).
Ceux qui, vivants, appartiendraient a l’Ame de lKglise sans étre du corps de l’Eglise, sont tenus d’entrer dans le corps, et la seule chose pour laquelle on puisse offrir la messe a leur intention, c’est pour obtenir qu’ils entrent dans le corps de lEglise, pour leur conversion.
Quant aux défunts, il est prohibé d’appliquer la messe & aucun de ceux qui sont morts en dehors de l’union externe avec lEglise: ce point a été tranché par deux brefs de Grégoire XVI du 16 février et du 419 juillet 1842. Lehmkuhl, interprétant cette prohibition, dit qu'il s’agit au moins d’une application publique. Pour une application privée, il lui semble quelle pourrait avoir lieu si l’on avait des preuves, des signes probables, et non la seule possibilité, que le défunt serait décédé dans la bonne foi et en état de grace; mais il y met encore des conditions, savoir, que cette application demeurat secréte, occulta, qu’on ne célébrat pas la messe de Requiem, surtout avec l’oraison spéciale pour le défunt. La raison qu’il donne de ces restrictions, c’est que la célébration de la messe ne peut pas ne pas étre une action publique (Lehmkuhl, i, 476), et ainsila célébration de la messe de Requiem et la connaissance qu’on aurait de cette application de la messe la feraient tomber sous la défense de Grégoire X YI.
Clément Marc n’admet pas méme cette interprétation, et ilenseigne qu’en ce cas on ne peut d’aucune maniére offrir la messe pour une personne décédée hors de l’Kglise. Les restrictions que met Lehmkuhl au sentiment qu'il ne formule qu’avec hésitation, font qu’en pratique. on ne pourra jamais user de la latitude trés mesurée qu'il croirait possible.
Ad I. La demande faite de l’application de la messe ne suffirait pas 4 lever la prohibition, et la messe ne pouvant étre appliquée, le prétre ne peut pas accepter d’honoraire pour une application
impossible. S’il en avait accepté, il devrait ou bien le rendre, ou bien, aprés entente avec la personne qui le lui aurait donné, appliquer la messe 4 une intention permise.
Par une réponse du 7 avril 4875, le Saint-Office a déclaré qu’on ne peut offrir la messe pour ceux qui meurent dans lhérésie manifeste, quand méme l’application ne serait connue que du prétre et de celui quia fourni l’honoraire. Le cas est le méme pour tous ceux qui meurent hors du corps de l’Eglise.
Q.— En parcourant un des derniers numéros de PAmi (20 sept. 1900), j’ai rencontré un passage qui m’a surpris. A propos de Vheure qu’il faut suivre pour la récitation du bréviaire, il est dit ceci (page 828) : « On peut ‘s’en tenir a l’heure indiquée dans chaque ordo diocésain et suivre soit le temps vrai, soit le temps moyen, soit l’horaire légal, @ condition quwon suive toujours la maniére qwon aura une fois adoptée. » Je souligne ces derniéres paroles ; car ni dans les décrets du Saint-Siége, ni dans les auteurs que j’ai pu consulter, il n’est question du choix irrévocable dont votre rédacteur parait faire une obligation.
Si prochainement vous aviez l’obligeance de donner un mot d’explication, je vous en serais reconnaissant.
R. — Ce point est réglé par une réponse de la S.C. des Rites 4 ’évéque de Saint-Claude (7 aotit 1875, no 5622, ad IX) que nous avons publiée en 4891 (p. 670). Nous la reproduisons :
« An tam pro recitatione officii divini quam pro jejunio naturali ante communicnem prescripto, vel etiam pro abstinentia a carnibus aut lacticiniis diebus jejunii, conformare se quis possit tempori
dicto medio, aut juxta proprium placitum tempori vero vel medio, ita ut aliquando uni, aliquando alteri adhereat ? — Resp. Standum publicis horologiis. »
Il est implicitement déclaré qu’on ne peut 4 son gré se régler tantét sur une mesure du temps, tantéot sur une autre.
Q. — fl semble que les apdtres: ont observé le sabbatum des Juifs. Quand le dimanche est-il devenu le grand jour des chrétiens? Avez-vous quelque explication autre que celle de ’abbé Fouard sur ce point?
R. — Tant que les apdtres et leurs disciples demeurérent confinés dans le milieu juif, ils continuérent 4 observer les prescriptions mosaiques. Lorsque la prédication apostolique se fut étendue hors des limites de la Judée et eut répandu la religion chrétienne parmi les paiens, la question des observances légales souleva des troubles auxquels le Concile de Jérusalem mit fin en déclarant que les observances mosaiques n’obligeaient pas les chrétiens.
Le repos du sabbat était compris en principe dans les observances abolies, aussi bien que les néoménies et les fétes; en fait il ne tarda pas 4 étre remplacé par la sanctification du premier jour aprés le sabbat, e’est-a-dire du dimanche. Saint Paul le déclarait aux Colossiens : « Que personne done ne vous juge sur le manger ou sur le boire, ou
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Vit es
& cause des jours de féte, ou des néoménies, ou des sabbats » (Col., 1, 16): toutes ces ombres s’étaient évanouies devant la réalité, qui était la religion chrétienne. (I0., 47).
Nous voyons dans les Actes que les chrétiens s’assemblaient le dimanche ad frangendum panem, c’est-a-dire pour la célébration de la messe et la sainte communion (Act., xx, 7); dans la premiére épitre aux Corinthiens, que ce jour-la se faisaiont les collectes pour l’auméne (I Cor., xvi, 2), collectes qui accompagnaient la célébration des saints mystéres. Le dimanche a donc été substitué au sabbat par les apdtres eux-mémes.
Il peut bien se faire que la réunion sabbatique du soir ait servi tout d’abord a préparer la transition du sabbat au dimanche, comme le dit ’abbé Fouard (S. Paul, p. 262), que les priéres, les prédications qui précédaient l’EKucharistie aient conduit A célébrer le souper du Seigneur aprés minuit et a le reculer jusqu’a l’aube. On serait ainsi arrivé par une transition presque imperceptible a célébrer les saints mystéres le lendemain du sabbat. Et l’on peut apporter en confirmation de ce sentiment ce que fait remaquer l’abbé Duchesne, que les vigiles se célébraient tous les dimanches sous une forme qui nous a été conservée dans les offices du samedi saint et de la veille de la Pentecdte. (Fouard, Jdid., en note). é
Mais, si cette explication est fondée, et elle est assez plausible, le choix méme qu’auraient fait les apdétres de la réunion sabbatique du soir, qui était moins importante pour les Juifs que celle du matin, prouverait que leur dessein était dés le principe d’en venir 4 substituer le dimanche au sabbat. Ils avaient d’ailleurs d’excellentes raisons pour le faire, ne fit-ce que le souvenir de la résurrection de Notre-Seigneur, des apparitions principales du Sauveur a ses disciples et de la descente du Saint-Esprit, arrivées toutes le dimanche.
Q.— L’Ami n’ignore pas qu’en l’année 1900 le premier vendredi du. mois de novembre échoit a la Gommémoraison des fidéles trépassés. Les priviléges de la messe du Sacré-Cceur sont-ils transférés au 9 novembre ?
R. — Les priviléges accordés pour le premier vendredi du mois ne sont pas transférés au vendredi suivant.
Le 2 novembre on ne peut pas dire la messe du Sacré-Coeur, parce que toutes les messes, sauf une messe conventuelle dans les cathédrales, doivent étre des messes de Reguiem. (S. R. C., 10 mai 4895).
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INIPRIMATUR Lingonis, die 24 octobris 1900.
}. SEBASTIANUS, Hpiscopus Lingonensis.
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