I. — Des pénitences médicinales communes ou générales
Les principales pénitences médicinales communes ou générales sont :
4° La priére. Une priere humble, confiante et souvent reitérée est un moyen tout-puissant pour
; * Repoussée en 1875 et 1876, Vamnistie pleine et entiére fut votée, le 13 février 1880, par 316 voix contre 114. 2 In atroci martyrio evelavit.
; : ] éviter toute espéce de péché. Sous le nom de priére, il faut entendre tous les actes de religion, oraisons jaculatoires, dévotion au Saint-Sacrement, au Sacré Coeur, a la sainte Vierge, a l’ange gardien. « Le plus efficace et le plus nécessaire de tous les remédes contre les tentations, et par conséquent contre le péché, dit saint Alphonse, cest d@invoquer le secours de Dieu, et de continuer 4 prier tant que la tentation dure. Souvent le Seigneur attache la victoire non a la premiére priére, mais ala seconde, 4 la troisiéme, ala quatriéme. Il faut se persuader en un mot que tout notre bien dépend de la priére ; de la priére dépend le changement de vie; de la priére depend la victoire sur les tentations ; dela priére dépend la grace de Vamour divin, de la perfection, de la persévérance et du salut éternel.» (Pratique de Vamour envers. Jésus-Christ, ch. Xit).
20 La pensée dela présence de Dieu. « O Dieu de mon ccur, dit sainte Thérése, quel funeste ravage ne fait point dans le monde Voubli de cette vérité (de la présence de Dieu), et la folle pensée que des offenses commises contre vous peuvent rester secrétes ! J’en suis convaincue, nous éviterions de grands maux si nous comprenions que
Vintérét supréme pour nous n’est pas de nous dé-
rober a l’ceil des hommes, mais de ne rien faire qui blesse la sainteté de vos regards. » Quiconque veut éviter le péché doit donc se rappeler la preésence de Dieu de temps en temps pendant la journée, et principalement au moment de la tentation.
30 La pensée des fins dernieres: In omnibus operibus tuis memorare novissima tua et in ceternum non peccabis. Un pécheur fameux refusait, sous divers prétextes, les pénitences. que son confesseur lui proposait et quil n’avait que trop justement méritées. Celui-ci lui donna un anneau d’or sur lequel étaient gravés ces deux mots latins : « Memento mori, souviens-toi que tu mourras, » et lui enjoignit,pour toute pénitence, de porter au doigt cet anneau et de lire une fois par jour la sentence quiy était gravée. Cette lecture quotidienne lui — inspira les plus salutaires réflexions ; il changea bientét de vie et se livra jusqu’a la mort aux exercices de la pénitence la plus austére.
40 Prendre chaque matin la ferme résolution déviter le péché et renouveler fréquemment cette résolution pendant la journée; puis, le soir, aprés un examen sérieux et détaillé, s’exciter 4 la contrition des fautes commises et s’imposer une pénitence déterminée ; enfin, persévérer dans ces pratiques avec une grande générosité, car en ce point rien de plus nuisible que l’inconstance.
50 La fréquentation des sacrements de pénitence et d’EKucharistie. C'est un fait certain qu’atteste Vexpérience de chaque jour: le pécheur le plus enracine dans le mal arrive stirement et rapidement a la conversion entiére de sa vie par le bon et fréquent usage de la confession. « Toutefois il né serait pas prudent, dit Gousset, n. 459, d’obliger un penitent a la fréquentation des sacrements; on doit
seulement l’y exhorter, comme au moyen le plus efficace contre le péché. » C’est aussi lenseignement de l’Kglise: Rarius autem vel serius confitentibus, vel in peccata facile recidentibus, utilissimum fuerit CONSULERE ut scepe, puta semel in mense, vel certis diebus solemnibus, confiieanwr, el si expediat, communicent.
6° La fuite des occasions : tous les saints ont regardé la sévérité A écarter Poccasion du pécheé comme la pierre angulaire de la persévérance, la condition indispensable du salut, et le secret divin des plus hautes victoires. En particulier, il faut fuir la société des méchants et fréquenter les gens de bien. — Les occasions de péché varient selon les lieux, les coutumes, le tempérament, l’dge, la condition, etc. Au confesseur d’apprécier ces diverses circonstances.
7° S'imposer aprés chaque rechute une péni- tence précise, déterminée a lavance, est un reméde tres efficace pour s’amender. Mais il faut l’apnliquer avec persévérance et non seulement une fois ou deux ou par intervalles.
8° Enfin, il importe de ne pas se décourager, méme apres des rechutes nombreuses. Le découragement, la persuasion gqu’il nous est moralement impossible de nous corriger, nous livrent a la merci de nos ennemis et nous exposent a toutes les rechutes. Défions-nous de nous-mémes, mais placons notre confiance en Dieu: il est toujours prét a nous secourir, et il ne permet ces chutes réité- -rées que pour nous dépouiller de toute confiance en nous-mémes, nous amener a recourir a lui, et nous délivrer de nos péchés. .
Il. — Des pénitences médicinales particultéres ou spéciales
Curet (confessarius), dit le Rituel, quantum feri potest, ut contrarias peccalis peenilentias injungat, veluti avaris eleemosynas, libidinosis
jejunia, etc. Rien de plus juste que cette recommandation. Le médecin ne doit-il pas proportionner le reméde au mal? Les maladies du corps sont aussi nombreuses que variées; non moins nombreuses ni moins variées sont les maladies de Vame. De plus, les unes et les autres empruntent au tempérament et aux dispositions personnelles du malade des caractéres particuliers dont il faut tenir compte dans leur traitement. I] est donc nécessaire gue le confesseur ait sous la main et applique 4 chaque maladie spirituelle le reméde propre qui lui convient.
Ces remédes propres et particuliers sont en grand nombre. En voici quelques-uns appliqués aux péchés capitaux : il sera facile d’en faire Vapplication aux autres péchés, qui découlent presque tous des PYEMLORY, comme de leur source originelle.
40 A Vorgueilleux, le confesseur prescrira des actes d’humilité ; la considération attentive de son néant et de ses miséres; son ame pleine de ténébres, sujette 4 mille faiblesses, agitee par des
passions furieuses, écrasée sous le poids de péchés sans nombre, et peut-étre en ce moment ennemie de Dieu; son corps, par lequel il ressemble aux animaux, n’est qu’un amas d’ordures, un vil fumier ; bref, sa personne enticre est, selon l’expression de saint Ignace, un ulcére et un abcés dou sont sortis et sortent encore d’innombrables péchés, crimes et souillures honteuses. Il lui imposera la méditation fréquente des opprobres du Christ, unique modéle du chrétien, de sa vie pauyre, abjecte et méprisée. Il lui recommandera la simplicité et la modestie dans le vétement, la table, le langage, etc., selon sa condition. II insistera sur la pratique de ’obéissance qui convient 4 tous et qui est un excellent exercice d’humilité. Enfin, il le fera réfléchir sur les précieux avantages de Phumilité : elle nous procure stirement
les faveurs divines, la paix avec le prochain et
avec nous-mémes, et ’entrée au paradis :
pas une 4me humble en enfer.
20 A Vavare, on impose des. aumdnes proportionnéesa son superilu, les restitutions auxquelles il est obligé, le souvenir de la mort qui le dépouillera de tout, du sort du mauvais riche dont il est parlé dans PEvangile, de la vie pauvre du Sauveur : sil y avait une autre voie plus stre pour aller au ciel, il n’aurait pas manqué de nous l’enseigner.
Afin de préevenir tout soupcon dintérét ou d’avarice, un confesseur n’imposera jamais de pénitences dont il lui reviendrait quelque profit ; par exemple des messes qu’il célebrerait lui-méme, des aumones ou des restitutions incertaines qu’il se chargerait de distribuer aux pauvres. Crest la recommandation expresse de l’Kelise : Penitenlias pecuniarias sibi ipsis Confessarii non applicent. (Rit. Roman., h. U., n. 20).
30 Au luxurieux, le confesseur prescrira la fuite des occasions prochaines, la rupture des liaisons dangereuses, l’éloignement des spectacles et des divertissements qui seraient un écueil pour lui, et généralement de tout ce qui le porte fortement 4 des actes intérieurs ou extérieurs contraires 4 la chasteté. Il lui ordonnera de fuir Voisiveté et de s’appliquer assidiment a un travail convenable. I luiimposera, sinon des jetines ou d’autres austérités, du moins quelques actes de mor- | tification dans le boire, le manger, le sommeil. 1 lui interdira usage immodéré de boissons enivrantes : Luauriosa res vinum. Il lui prescrira une grande vigilance sur ses sens, et particuliére- ment sur ses yeux. Il remplacera la lecture des romans ou autres écrits dangereux par des lectures plus sérieuses, instructives ou édifiantes.
Une priére humble et persévérante, le recours continuel 4 la Reine des vierges, la pratique de Vhumilité et de l’obéissance, et surtout Pusage fréquent des sacrements de pénitence et d’Hucharistie, d’aprés les avis dun méme confesseur pieux, docte et prudent, sont des remédes trés efficaces contre le vice impur: la chasteté est un don de Dieu. Plusieurs ont réussi a briser leurs
inya
chaines et & triompher des tentations par la recitation matin et soir de cette courte invocation a Marie : « O ma souveraine, 6 ma mére, souvenezyous que je vous appartiens! gardez-moi, défendez-moi comme votre bien et votre propriété. »
4o A celui qui péche par exces dans le boire ou le manger, on lui prescrira l’exactitude 4 obserser les jetines et les abstinences commandés par l’Kglise, autant du moins que ses forces et ses occupations le lui permettent. Observer, pour la nourriture et la boisson, une mesure convenable, fixée 4 ’avance, mesure que l’on ne dépassera pas, et que l’on n’atteindra méme pas chaque fois que l’aiguillon de la gourmandise se fera sentir; ne rien manger ni boire, sans utilité vraie, en dehors des repas; s’abstenir de tout ce qui, en réalité, ne sert qu’au plaisir,comme les primeurs, les patisseries fines, les liqueurs ; manger de tout ce qui est servi, sans distinction, sauf ce qui serait vraiment nuisible 4 la santé; manger et boire peu a4 la fois, lentement, et de maniére a contrarier Vappétit ; s’imposer a chaque repas quelque privation, si petite soit-elle : telles sont les principales pratiques que le confesseur pourra conseiller et méme imposer, par intervalle, pour détruire le vice honteux et dégradant de Vintempérance.
5° « Pour l’envieux, dit Gousset, on l’obligera de réparer le tort qwil aura fait au prochain dans sa réputation, son honneur ou sa fortune; de prier pour ceux-la mémes auxquels il est tenté de porter envie; de dire deux, dans l’occasion, le bien qu’il en sait. » Le confesseur lui rappellera que Venvie est le péché du démon, que l’envieux est son propre bourreau, et que se réjouir du bonheur des autres, c’est y participer soi-méme.
6° Au pénitent porté a la colére, le confesseur prescrira la fuite des occasions de tomber dans ce vice, comme le jeu, l’excés dans le boire, etc. Quant aux occasions inéyitables, il devra s’accoutumer peu a peu a s’y conduire avec calme et douceur. I] s’efforcera de ne rien dire, de ne rien faire tandis qu’il sera sous Vinfluence de |’émotion. Celui qui ne sait pas se contenir dans ces moments pénibles, se crée mille miseres plus tristes les unes que les autres. L’>homme qui se laisse dominer par la colere ou la mauvaise humeur, désobéit 4 Dieu, multiplie ses fautes, se rend insupportable au prochain, devient 4 charge a soi-méme et se fait le plus grand tort.
70 Pour combattre la paresse spirituelle, le confesseur prescrira au pénitent infesté de ce mal de mener une vie réguliére, surtout en ce qui regarde les exercices de piété. La régularité n’est pas la ferveur, mais elle y conduit presque infailliblement. Quwil persévére courageusement dans la priere, malgré les dégoiits et les répugnances quwil éprouve. Cette persévérance généreuse est le meilleur signe dela bonne volonté d’une Ame, elle est incompatible avec la paresse et la tiédeur. Qu’il se rappelle et qwil considére attentivement la briéveté et la rapidité du temps, afin de n’en
perdre aucun moment. Chaque jour nous pouvons nous amasser d’immenses trésors pour l’éternité: | Ausurplus, ne pas amasser c’est dissiper, puisque, — dans la vie spirituelle, celui qui n’avance pas recule, etc.
Si cette paresse spirituelle est invétérée, le con-— fesseur procédeia avec lenteur, douceur, mais aussi avec fermeté; il exigera d’abord. de petits sacrifices, puis d’autres plus sérieux, jusqu’a ce qwilarrive a faire aimer le travail et la peine.
§'7. — DES CAUSES QUI AUTORISENT LE CONFESSEUR A DIMINUER LA PENITENCE SACRAMENTELLE
La pénitence sacramentelle doit étre propor-tionnée 4 la qualité des péchés et aux facultés physiques et morales du pénitent. Voila la régle générale. Pour Vappliquer, le confesseur se rappellera que la fin principale du sacrement de pénitence est l’amendement et le salut éternel du. pénitent, et que le saint tribunal est un tribunal de miséricorde. Il devra donc, tout bien pese, enjoindre les pénitences qu’il jugera, dans sa prudence, les plus utiles au salut de chaque pénitent. De la plusieurs causes qui lautorisent a diminuer la pénitence et méme ala supprimer. Ces causes. peuvent se ramener a trois catégories, a savoir : celles qui autorisent le confesseur 4a donner l’absolution sans imposer aucune pénitence ; celles qui ’autorisent a enjoindre pour des fautes graves une pénitence absolument légére; enfin, celles qui lui permettent d’imposer une pénitence grave en elle-méme, mais non proportionnée au nombre et ala griéveté des péchés accusés.
I. — Causes qui autorisent le confesseur a donner Vabsolution sans imposer aucune pénitence
Ces causes sont au nombre de trois.
4o Le danger de mort imminente. Cependant saint Alphonse ajoute qu’il est utile méme alors de prescrire au moribond une pénitence trés légere, s'il peut Paccomplir sans une trop grande difficulté, comme de baiser le crucifix, Vinvoquer au moins mentalement les saints noms de Jésus et de Marie, etc.
20 La perte de lusage de tous les sens: il est manifeste qu’un moribond privé de tous ses sens est incapable de recevoir aucune pénitence sacramentelle.
30 Les scrupules. Voici un pénitent scrupuleux, tourmenté, inquiet, qui revient plusieurs fois, 4 de trés courts intervalles, accuser un péché oublié, et quia besoin d’étre absous: le confesseur peut vabsoudre sans lui imposer une nouveélle- pénitence a chaque absolution. Qu’il se contente, dans ce cas, de lui prescrire de nouveau la pénitence qu'il lui a enjointe précédemment ; ou plutdt qwil commue cette pénitence antérieure, de telle sorte quelle serve de satisfaction sacramentelle pour tous les péchés accusés,
Il. — Causes qui autorisent le confesseur a imposer pour des fautes graves une pénitence absolument légére
Il y en a trois : une maladie trés grave, une
contrition extraordinaire, et une grande faiblesse -spirituelle.
4° Une maladie trés grave: la raison, c’est que le pénitent atteint d’un pareil mal est incapable d’accomplir une pénitence grave.
2° Une contrition trés vive et vraiment extraordinaire. I] est certain, en effet, que plus la contrition est vive, et plus étendue est la remise de la peine temporelle ; par conséquent le confesseur peut dans ce cas diminuer la pénitence sacramentelle, dont une des fins principales est la remise de la peine temporelle. Mais cette contrition vraiment extraordinaire ne peut que trés rarement €tre supposée ou constatée. De plus, le pénitent qui est ainsi disposé acceptera de bon cur une satisfaction grave proportionnée a ses fautes.
30 Une grande faiblesse spirituelle. Voici un pénitent gravement coupable, qui a bien le regret et le bon propos suffisants pour recevoir labsolution, mais qui n’a pas encore assez de force morale et spirituelle pour faire tout ce que réclame la justice divine. Si vous lui imposez une pénitence
proportionnée a ses fautes, il ne lacceptera
qu’avec beaucoup de {peine, et trés probablement ne l’accomplira pas; peut-étre méme tombera-t-il dans le découragement, et abandonnera-t-il les sacrements. Dans ce cas, le confesseur peut et méme doit ne lui enjoindre qu’une pénitence -absolument légére: « Il vaut mieux, dit Gerson, envoyer un pénitent en purgatoire avec une légére ‘pénitence qu'il accomplira, que de le précipiter en enfer avec une plus grande qu'il n’accomplira pas. » Au surplus, saint Alphonse indique un moyen facile d’obtenir de ce pénitent une satisfaction proportionnée a ses péchés. Ce moyen con- -siste 4 ajouter, comme pénitence sacramentelle, a V’ceuvre légére enjointe, ceuvre libre en elle-méme et nullement obligatoire, d’autres ceuvres que le pénitent est obligé d’autre part Vaccomplir, comme l’assistance 4 la messe Je dimanche, Vabstinence le vendredi, etc.
Jil. — Causes qui autorisent le confesseur a imposer une pénitence grave en elle-méme, mais non moralement proportionnée au nombre et a la griéveté des péchés accusés
Lehmkuhl en énumere six.
40 Une grande contrition, mais qui n’a rien d@extraordinaire. « La pénitence sacramentelle, dit Gousset, peut étre diminuée en faveur du pénitent qui parait vivement touché de ses péchés. » (11, n, 405).
20 Le gain d’un jubilé ou d’une. indulgence pleéniére. Anciennement plusieurs théologiens enseignaient que le confesseur pouvait absoudre le pénitent qui se disposait a gagner le Jubilé ou une indulgence pléniére, sans lui imposer aucune penitence. Mais Benoit XIV a expressément con-
damné cette doctrine et déclaré que, méme dans ce cas, il fallait enjoindre une pénitence, moindre sans doute, mais suffisamment grave.
3° La srainte fondée que le pénitent, en raison de la faiblesse de sa foi et de son peu de générosité, nomette, a sa sortie du confessionnal, la juste et convenable satisfaction quwil avait tout d’abord acceptée. Il ne faut pas l’oublier, l’Eglise se préoccupe bien plus dans le sacrement de pénitence de VYamendement et du salut du pénitent que de l’expiation compléte des péchés. Aussi veut-elle que les confesseurs enjoignent des pénitences salutaires, @est-a-dire propres a procurer le bien spirituel des pénitents. Or, imposer des pénitences qui surpassent les forces morales des pénitents et qwils n’accompliront pas,c’est leur causer un grave dommage spirituel.
40 L’espoir sérieux d’amener, par des pénitences mitigées, les fideles 4 une réception plus fréquente des sacrements, et partant 4 amasser de plus riches trésors de graces. Un des principaux motifs qui ont déterminé, de nos jours, |’Hglise 4 se relacher de sa sévérité des anciennes regles de la pénitence, semble avoir été de porter ses enfants a user plus souvent et plus volontiers du sacrement de pénitence.
50 La résolution du confesseur de satisfaire pour son pénitent. C’est un dogme de la foi catholique qu’en vertu de la communion des saints nous pouvons satisfaire les uns pour les autres. Saint Francois de Xavier et beaucoup d’autres confesseurs explaient par des disciplines sanglantes et par d’autres austérités les crimes de leurs pénitents. Mais un pénitent ne peut pas de sa propre autorité charger un autre d’accomplir la penitence qui lui a été imposée; il doit ?accomplir personnellement: autrement elle ne serait pas sacramentelle.
6° Le confesseur peut encore adoucir et mitiger la pénitence, quand il espére par ce moyen déterminer le pénitent 4 s’en imposer une plus forte de lui-méme, volontairement.
Dans tous les cas ot' la prudence et la charité demandent que la pénitence sacramentelle soit plus ou moins adoucie, diminuée, le confesseur fera bien : 40 d’avertir le pénitent de l’insuffisance
de la pénitence qui lui est enjointe; et 20 de lui -
proposer, sous forme de conseil et comme moyen de suppléer a cette insuffisance, certaines couvres ou pratiques faciles et propres a faire naltre et a entretenir en lui l’esprit de pénitence, comme Voffrande 4 Dieu, en satisfaction pour ses péchés, des ennuis, des peines, des travaux de son état, offrande qu'il renouvellera tous les jours pendant une semaine, un mois, ou encore la récitation attentive, matin et soir, de lacte de contrition durant un certain temps, etc.
§ 8. — De LA PENITENCE SACRAMENTELLE